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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 13:20

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

LE NOMBRE DE CHIRURGIENS CARDIOLOGUES PEDIATRIQUES

 AU MAROC

 CARDIOLOGUES-copie.jpg

Le Maroc dispose :

- 1 seul chirurgien cardiaque pédiatrique : qui opère les bébés de 5kg à cœur ouvert

- 10  chirurgiens cardiologues pédiatriques

5 spécialistes en cardiologie fœtale

 

L’avis de l’apothicaire

C’est simplement anormal au vu du nombre de cas de CIV, on en recense rien qu’au niveau de notre officine 3 cas.  C’est une situation ambiguë dans un pays qui investit des sommes colossales dans des infrastructures (ports, autoroutes, TGV …Etc.)  et qui dilapide de façon honteuse ses ressources et potentialités humaines.

Sans faire de sensationnalisme ni d’humanisme de salon, cela nous fait penser à une terrible phrase dite déjà l’aube de l’indépendance :

 « Dans notre pays tout est devenu cher à part une chose …l’être humain »    

 

Source : S. Ejjennann* in LE SOIR ECHOS, n°507, du 15/02/10, page 8, * Cardiologue & Président de l’association des œuvres du cœur 

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 07:00

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

P A R A C E T A M O L

LE CHOIX RATIONNEL ENTRE LA VOIE ORALE & LA VOIE RECTALE

 

Source : La Revue Prescrire mai 2010/Tome 30 N°319. Page 371- 372

        La lecture de cet excellent article paru dans la revu Prescrire de ce mois de mai répond à des questions relatives au paracétamol qu’on se pose depuis un certain temps. Des questions auxquelles on n’avait jusqu’à présent aucune réponse véritablement concluante

Exemple de remarques :  

à la dose unitaire de 100 mg  le paracétamol est utilisé

                       - par voie rectale pour des poids de 3 à 8 Kg

                       - alors que par voie orale c’est pour des poids de 6 à 8 Kg  

à la dose unitaire de 300 mg le paracétamol est utilisé

                       - par voie rectale pour des poids de 15 à 24 Kg

                       - alors que par voie orale c’est pour des poids de 16 à 30 Kg  

Autrement dit 100 mg de paracétamol en  sachet n’a pas exactement la même cible en terme de poids que le suppositoire.   

100 supp STS

Ceci est intimement lié au profile pharmacocinétique de chacune des formes. En effet le paracétamol pris par voie orale conduit à une absorption rapide au niveau digestif: la concentration plasmatique maximale est atteinte en 10 à 60 minutes [1,2,3,4]. Alors que par  voie rectale la concentration plasmatique maximale n'est atteinte qu'en 2 à 4 heures [5].

 

Questions :

- Ces différences pharmacocinétiques ont-elles des conséquences pour atténuer les symptômes ?

- Pour traiter la fièvre ou la douleur chez les enfants, la voie rectale est-elle aussi efficace et rapide que la voie orale?

Des éléments de réponses à ces questions sont apportés à travers une méta-analyse [6] et un essai [7]

 

Au sujet de l’action antipyrétique :

Une méta-analyse de 4 essais randomisés a comparé l'effet antipyrétique du paracétamol par voie orale versus voie rectale

         -  Méthode : 

- Etude portant sur 241 patients, dont 158 enfants âgés de 3 mois à 13 ans dont la température rectale était supérieure à 38,5 °c. Le paracétamol n'était pris qu'une fois.

- La dose orale de paracétamol était de 15 mg/kg à 20 mg/kg.

 - La dose administrée par voie rectale a été de 15 mg/kg à 20 mg/kg chez 61 enfants, et de 30 mg/kg à 35 mg/kg chez 40 enfants (6).

 - La dose utilisée pour la voie rectale était soit la dose orale (1 essai), soit le double (4 essais) (6).

          - Résultats :

La diminution de la température rectale 1 heure et 3 heures après la prise médicamenteuse n'a pas été statistiquement différente selon la voie d'administration,  même dans l'essai où le doses rectales et orales étaient les mêmes.(6).

 

Au sujet l’action antalgique : 

          - Méthode :

- C’est un essai randomisé portant sur 100 enfants au total,

- Une dose (élevée) de 40 mg/kg de paracétamol a été administrée dans l'heure précédant une amygdalectomie, soit par voie orale, soit par voie rectale [7].

- La douleur a été évaluée par une échelle visuelle allant de 1 à 10

         - Résultats :

Trente minutes après l'intervention, la douleur était statistiquement moindre chez les enfants ayant reçu le paracétamol par voie orale.

Au même moment, la concentration plasmatique moyenne de paracétamol était inférieure dans le groupe voie rectale: 0,05 mmolll versus 0,15 mmolll dans le groupe voie orale [7].

 

En pratique selon l’article de la revue prescrire :

- Lorsque la voie orale n'est pas possible ou semble devoir être évitée (nausées, vomissements, etc.). le paracétamol par voie rectale est une option efficace pour traiter la fièvre.

- Mais à dose unique équivalente, la voie rectale semble moins efficace que la voie orale sur la douleur aiguë.

- La voie rectale n'expose pas à des effets indésirables importants spécifiques de cette voie.

- Selon le Martindale, un ouvrage de référence en pharmacologie clinique, la posologie maximale recommandée pour le paracétamol est de 60 mg/kg par jour, répartie en 4 prises de 15 mg/kg.

- En cas de symptômes sévères chez les enfants de plus de 3 mois, la dose journalière peut atteindre 90 mg/kg pendant 48 heures (sans risque d'intoxication), puis être réduite à 60 mg/kg par jour [4].

- En cas de symptômes sévères, la dose initiale (dose de charge) est augmentée, voire doublée lorsqu'elle est administrée par voie rectale [4].

 

L’avis du pharmacien :

- Cet article remarquable pour notre pratique quotidienne, démontre de façon rationnelle pourquoi, à 100 mg de paracétamol, le suppositoire est utilisé à partir de 3 kg alors que le sachet de même dosage est lui utilisable qu’à partir de 6 kg   

- Malgré la qualité et le sérieux indéniables de cet article, les méthodes d’évaluation de la douleur (Dans cette étude c’est une échelle visuelle allant de 1 à 10) laissent une certaine marge subjectivité du fait de l’impossibilité actuelle de quantification de la douleur par des mesures biologiques indépendantes de l’appréciation personnelle du patient.

- Cette remarque n’enlève rien aux conclusions de cet article qui vont impacter certainement notre pratique quotidienne vers plus d’efficience.  

Réflexion : pour obtenir la même efficacité entre forme sachet et forme suppositoire il aurai fallu : soit  augmenter le dosage des suppositoires soit réduire la dose des sachets. Au niveau marketing cela aurai eu un effet contre-productif vu  qu’il allait compliquer la gamme pour ceux qui se basent dans leur prescription que sur les noms commerciaux (…)          

 

       

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 11:11

ETAT DE L’OSTEOPROSE AU MAROC

 

 

Source :  Déclarations lors une rencontre organisée par La Société marocaine de rhumatologie, jeudi 13/05/2010 à Casablanca, sous le thème «L’ostéoporose, qu’en est-il aujourd’hui au Maroc ? Actualités et perspectives de la prise en charge», S. L. Aboudrar, rhumatologue et présidente de la Société marocaine de rhumatologie. F. Allali, directrice de l’unité de pathologie osseuse à l’hôpital Ayachi. In LE SOIR n°572 page 08 du 17/05/10.

 

       « Dans le monde, on estime qu’une fracture de hanche survient toutes les 20 secondes. Cette fréquence sera amenée à augmenter à l’avenir et on considère que l’augmentation la plus nette se produira dans les pays en voie de développement.  L’impact économique de l’ostéoporose est majeur : le coût annuel de la fracture du col fémoral est de 20 milliards de dollars aux Etats-Unis, de 30 milliards de dollars et de 800 millions d’euros en France en 2009. A ces chiffres, il convient d’ajouter les coûts indirects comme la réduction de l’activité, les pertes de revenus… »,

  

       Au Maroc, les études réalisées ont conclu à une prévalence de 35 % chez les femmes de plus de 50 ans et de 60 % chez les plus de 60 ans «L’ostéoporose survient 10 ans plus tôt que la moyenne mondiale estimée par l’OMS. Ce profil en fait une affection encore plus préoccupante au Maroc. On devrait s’attendre à une explosion des fractures ostéoporotiques dans moins de 20 ans»

       Au Maroc, la carence en vitamine D  concerne 95% des femmes. La Société marocaine de rhumatologie conseille une supplémentation en calcium associée à la vitamine D.

« Par de simples mesures hygiéno-diététiques. Une alimentation saine et équilibrée favorise des os sains. Il est recommandé un apport suffisant en calcium et vitamine D.».

 

 

Les règles hygiéno-diététiques qui contribuent considérablement à la prévention de la perte osseuse impliquent : 

- La pratique d’une activité physique régulière, des séances de marche à pieds quotidiennes de 30 à 60 minutes.

- Le sevrage tabagique,

- La diminution de la consommation d’alcool

- La maîtrise du poids.

 

L’avis de l’apothicaire :

         - On retrouve en fait là aussi les règles hygiéno-diététiques classiques. Et c’est de la responsabilité de l’officinal de réitérer ce discours autant de fois que nécessaire, il doit en outre être capable d’adapter ces directives au contexte socioculturel « difficile» de ses patientes et on peut vous assurer que c’est tout un art. Dés qu’il s’agit de femmes tout devient compliqué, mais … on y arrive quand même.          

         - A propos de calcium, il est important de faire la part des choses - lire à ce sujet : Calcium & cancer de la prostate - par ailleurs nous devons être vigilants car ces informations émane d’une rencontre  scientifique. Ce genre de rencontres est souvent sponsorisé par des multinationales du lait qui visent par essence à favoriser la surconsommation de produits lactés, attention aux excès. Restons vigilants mais sans tomber dans la « complotite ».

          - A propos de l’ostéoporose lire aussi :  IMPACT SUR LA SANTE DES BOISSONS GAZEUSES : OSTEOPOROSE & CANCER DU PANCREAS       

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 17:38

entre le traitement de l’information

et le temps de la réflexion

 

L-idee.jpg 

 

Source : Saâd A. Tazi, « Calendrier », LE SOIR, n°573, page 2, du 18/05/10

              Dans l’éditorial du journal Le Soir de ce mardi 18 mai 2010, on a relevé une phrase remarquable qui synthétise parfaitement une réflexion pertinente tout à fait d’actualité     

« ..., dans ce tourbillon sans fin, le temps de la réflexion, bien que comprimé, devient de plus en plus vital. Les nouvelles technologies entretiennent l’illusion de l’ubiquité et du savoir à profusion, mais ceux qui s’en sortent vraiment sont ceux qui savent synthétiser l’information, après l’avoir vérifiée

Lire l’édito complet dans LE SOIR

L’avis de l’apothicaire :

Cette phrase est en soi une ligne de conduite absolument d’actualité, dans notre rapport aux crises et à l’immédiateté du traitement de l’information.

C’est un sujet dissertation capital qui, sur le fond, rejoint une remarquable tribune Klaus SCHWAB, fondateur et executive chairman du Forum de Davos, publiée le 27/01/2010 : lire LE FORUM DE DAVOS & NOUS    

Cela rejoint aussi, mais avec beaucoup plus d’humilité, notre propre analyse ANALPHABETISME, DEMOCRATIE & RELIGION   

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 19:30

Débat sur le prix des médicaments au Maroc,

Transparency Maroc s’y invite

 

joute-copie.jpg

Sources :

1 - Ana Lopes « Gouvernance et transparence dans le secteur du médicament. Appel à une régularisation urgente » AUFAIT, n°745, page 4, du 13/05/10

2 - S.T. BENNANI «  Nouveau pas vers la transparence » LES ECHOS QUOTIDIEN  N°127, page 21,  du 13/05/2010

3 - K. SKALLI « Prix du médicament Parlementaires et industriels sur le ring » LE SOIR, N°570, page 8 du 13/05/10

 

         Nous avons déjà consacré à ce sujet plusieurs articles sur ce blog, et on pensait qu’il n’y avait pas grand-chose à ajouter, et que le temps était plutôt aux tractations en coulisses et au travail des groupes de pression.

1 - PRIX DES MEDICAMENTS : LE SCANDALE 
2 - PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE 
3 - PRIX DU MEDICAMENT : NOUVELLES CONFIRMATIONS 
4 - LE PRIX DU MEDICAMENT AU MAROC : L'ARGUMENTAIRE DES INDUSTRIELS 
 

5 - PRIX DES MEDICAMENTS : LES GRANDES MANOEUVRES

Neuf mois après la publication du rapport parlementaire, Transparency Maroc vient de raviver le débat public en organisant une table ronde pour débattre de la gouvernance et de la transparence dans le secteur médicament, tenue mardi 11/05/2010 à Casablanca,

 

Cette table ronde a eu l’intérêt de rassembler les divers protagonistes de ce dossier et qui selon le journal le soir « s’est transformée, sans grande surprise, en un véritable ring, chaque partie a brandi ses armes pour défendre ses intérêts ». AUFAIT parle lui « d’une table ronde aux allures de règlement de comptes »

Ont pris part à cette rencontre, qui avait pour objectifs de proposer “une politique cible pour édifier un système de régulation efficace, transparent et juste” :

- M. Khalid El Hariry , rapporteur de la mission parlementaire sur le prix du médicament,

- M. Rahal Mekkaoui Secrétaire Général du Ministère de la Santé,

- M.Abdelaziz Adnane, Directeur général de la Caisse Nationale des Organismes de prévoyance Sociales CNOPS,

- M. Ali Sedreati, Président de l’Association Marocaine des Industries Pharmaceutiques-AMIP

- M. Rachid Filali Meknassi , Secrétaire Général de Transparency Maroc

 

Nous vous rapportons ici les déclarations des un et des autres tel qu'elles ont été rapportés par quelques journaux de la place.

      M. Ali Sedreati AMIP :  

- « La technologie développée par les opérateurs industriels du médicament et la qualité infaillible de leurs produits ont fait du Maroc l’un des pays les plus avancés dans le domaine. Le Maroc n’a rien à envier aux pays d’Europe dans la fabrication du médicament» 

- « Il faut comparer le comparable. La comparaison avec la Tunisie et la France n’a pas de sens, elle n’a pas lieu d’être» [3]

- Au Maroc, il existe près de 10.000 pharmacies pour à peu près 30 millions d'habitants et selon les industriels, le chiffre d'affaires des pharmacies marocaines est 35 fois moins important qu'ailleurs. [1]

 

      M. Khalid El Hariry , rapporteur de la mission parlementaire sur le prix du médicament

- « La problématique de la gouvernance dans le secteur du médicament était un sujet tabou et méconnu et grâce à notre rapport, il ne l'est plus heureusement. A ce jour, l'ensemble des conclusions restent valables et la mise en œuvre des recommandations est encore plus urgente aujourd'hui. » [1]

     Abdel Majid Belaiche, Le consultant de l’AMIP, qui a réalisé l’étude des industriels, s’emporte et lance sur un ton cru au parlementaire  Khalid Hariri :

«Les chiffres contenus dans votre rapport sont faux. Vous auriez dû confier l’enquête à un cabinet d’étude spécialisée dans le domaine. De cette façon, vous auriez évité les reproches»

     M. Khalid El Hariry

 Le rapporteur de la mission parlementaire, gardant son calme et sa courtoisie habituels, réitère son appel à l’urgence de la révision des procédures de fixation du prix du médicament    

     M. Rahal Mekkaoui , Secrétaire général du ministère de la Santé

A ce même sujet le Secrétaire général du ministère de la Santé rétorque qu’une nouvelle formule basée sur un benchmarking international fait actuellement l’objet de discussions entre le ministère et les industriels. L’homme fort du département de Baddou rappelle également qu’une agence du médicament est en cours de création

     M. Khalid El Hariry & M. Abdelaziz Adnane, directeur général de la CNOPS (Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale)

Lors des discussions, la question de l’emprise des industriels pharmaceutiques sur les médecins a été soulevée avec acuité par M. Khalid Hariri et M. Abdelaziz Adnane. Les opérateurs industriels n’ont pas réagi sur ce point épineux.

     Abdelaziz Adnane,

- «La part des génériques est très faible par rapport aux princeps dans nos dépenses. Pour mettre fin à la complicité des médecins avec les industriels, il faut institutionnaliser la prescription de l’ordonnance par DCI (Dénomination commune internationale) et mettre en place un cadre légal pour asseoir des règles juridiques qui assurent la transparence dans les relations prescripteurs/industriels», insiste le patron de la CNOPS,

- «La pérennité du régime est menacée si le prix du médicament reste élevé et le générique très peu utilisé»

- Il propose aussi : «l’interdiction d’importer des médicaments princeps quand son générique existe au Maroc» et de «s’orienter vers des licences obligatoires pour casser le monopole des spécialités pour lesquelles il n’ya pas d’alternatives thérapeutiques»

     M. Abdelaziz Adnane, et la marge des pharmaciens :

Le patron de la CNOPS a proposé d’adopter une marge dégressive en fonction du prix du médicament, à l’instar de la France. Une proposition qui a suscité la colère des pharmaciens présents dans la salle.

     Un membre du Syndicat des pharmaciens de Casablanca présent dans la salle :

«Cette mesure adoptée par la France fait l’objet actuellement de débat. Elle est contestée par les pharmaciens français qui revendiquent son annulation et de revenir à l’ancien mode de calcul de la marge», lance sur un ton coléreux, un membre du Syndicat des pharmaciens de Casablanca.

      M. Walid Amri Le président Syndicat des pharmaciens de Casablanca

Lui ajoute que «les pharmaciens sont prêts à réduire leur marge de 5% pour les médicaments très coûteux notamment ceux utilisés contre le cancer et qui échappent actuellement à leur circuit».

      Rachid Filali Meknassi Secrétaire général de Transparency Maroc & universitaire

«La marge était auparavant justifiable quand les pharmaciens avaient des laboratoires et fabriquaient des produits. Cependant, actuellement ils ne sont que des commerçants qui vendent des médicaments fabriquées par l’industrie», note-t-il

       Les pharmaciens présents dans la salle :

Réduire les pharmaciens à de simples commerçants n’a pas plu aux professionnels. Mais ce qui a provoqué un tollé dans la salle est le fait que M. Meknassi compare leurs officines à des boutiques. Rachid Filali Meknassi a par ailleurs souligné que le marché du médicament est déterminé par l’offre et non la demande. «Ce sont donc les industriels qui décident du médicament à mettre sur le marché et non l’administration ni le patient»

 

L’avis de l’apothicaire du coin :

        Que peut-on retenir de ces joutes verbales ? Si la réaction des industriels était conforme aux prévisions (comme on dit dans la bourse), si la réaction du directeur de la CNOPS était elle aussi prévisible vu ses positions précédentes au sujet de la marge des pharmaciens. On note la réaction plutôt sereine des parlementaires qui malgré les attaques virulentes n’ont pas modifié leurs conclusions, il faut dire qu’ils sont appuyés en cela par l’appréciation très positive du rapport parlementaire par les analystes économiques, qualifié d’«excellent » par un journal comme L’ECONOMISTE.

        La véritable nouveauté de ce débat réside en fait dans la position publique exprimée par Rachid Filali Meknassi Secrétaire général de Transparency Maroc.

En réalité ce que dit le Secrétaire général de Transparency Maroc n’est pas tout à fait nouveau, cette position a été explicitée de façon plus académique et plus nuancée par Jacques Attali  dans un rapport sur « les freins à la croissance »  remis à Nicolas Sarkozy le 23 janvier 2008.

C’est en fait la position d’une bonne partie de notre intelligentsia qui a du mal à comprendre l’utilité de l’officinal.

Face à ces attaques les pharmaciens souvent se barricadent derrière des textes de lois et au mieux ils osent des concepts : une fois c’est « l’opinion pharmaceutique » et une autre fois c’est l’ETP « l’éducation thérapeutique du patient » pour justifier leurs émoluments.

Nous pensons, de bonne foi et sauf erreur, qu’il est nécessaire d’opérer un changement de repère radical pour l’officinal en mettant le patient au cœur de son métier au lieu du médicament ou pire encore la caisse.

Cela veut dire, prendre des positions courageuses et irréfutables en faveur de ce patient qui est notre véritable donneur d’ordre. L’industrie reste un partenaire stratégique face à qui on doit marquer notre indépendance intellectuelle et scientifique en osons donner notre avis en toute liberté sur le fond des thérapeutiques et en étant une force de proposition critique et constructive dans l’intérêt de nos patients.

Dans cette optique, l’officine devient alors une véritable plateforme de proximité à même de collecter les doléances de nos patients, (voire les exigences de nos médecins), toute en étant un acteur effectif de la santé.

Mais ne soyons pas dupe, cela nécessitera un effort colossal, au début et permanent par la suite, en terme de mise à niveau des connaissances de l’officinal (chimie, pharmacologie, biologie). Combien sont-ils les officinaux prêts à faire cet effort ? Nos intenses sont-elles prêtes à se libérer intellectuellement de la domination scientifique des industriels ?                                

En fait c’est le genre de discoure tenu par Rachid Filali Meknassi et autres, qui nous a poussé à rédiger « Le rôle du pharmacien » et à développer par le suite PHARHAMSTER qui est une modeste contribution sans grande prétention, qui vise à monter simplement le quotidien d’une officine de quartier en toute humilité.

PHARHAMSTER est en soi un cri de passion pour notre métier et un cri de tristesse pour notre profession.     

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 18:00

C A S   D ' O F F I C I N E  

HEXAPNEUMINE & DOLIPRANE

 

 C’est une ordonnance reçue le 29/04/2010 prescrite pour un enfant de 1 an (environ 9.7 kg) 

 10 04 29 PARCETAMOL II

 

Rappels déontologiques : 

  - les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.       

  - Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharHamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

- Loin de nous toute stigmatisation de n’importe qu’elle spécialité, l’objectif étant de clarifier une situation afin favoriser l’émergence d’une concurrence saine à même de consolider notre industrie

- Les données présentées ont été établi par nos soin de bonne foi, sauf erreur ou omission

 

    -  Hexapneumine Supp N : un supp x 3 par jour  

                    - Composition par suppositoire 

                          Biclotymol : 40 mg, Eucalyptol ou cinéol : 35 mg, Paracétamol : 100 mg 

                    - PPM : 12.95 DH

    -  Doli pédiatrique  Soluté buvable : une càc x 3 par jour

                    - Composition : Paracétamol  30 mg  par ml

                    - PPM : 17,50 DH

    - Ibuphil suspension : une càc x 3 par jour

                    - Composition : Ibuprofène    20 mg par ml

                    - PPM : 16,50 DH

L’analyse de cette ordonnance devient relativement simple quand on prend en considération les DCI. A noter qu’on avait déjà traité un cas similaire chez l’adulte intitulé : ATTENTION AUX PARACETAMOLS CACHES

 

Rappel :

- La dose quotidienne de paracétamol recommandée dépend du poids de l'enfant : elle  est de 60 mg/ kg/ jour, à répartir en 4 prises, soit environ 15 mg/ kg toutes les 6 heures.

- Chez l’enfant de moins de 40 kg, la dose totale de paracétamol ne doit pas dépasser 80 mg/kg/jour (AFSSAPS)

 

Dans le cas présent pour un enfant de 9.7 kg la dose totale maximale à ne pas dépasser est : 776 mg (80 mg x 9.7)

300 mg est apportée par l’hexapneumine (100 mg x3)

450 mg est apportée par le Doli pédiatrique (30 mg x 5 x 3)

750 mg  est le total de paracétamol prescrit pour Ayman

Au niveau de la dose maximale par prise elle est de : 15 mg / kg toutes les 6 heurs, pour Ayman on ne doit pas dépasser 145,5 mg par prise.

 

Discussion :

       1 - Avec cette ordonnance même en essayant de répartir le plus possible les doses de paracétamol on est en surdosage au niveau des doses par prise. Par ailleurs on frôle de justesse les doses maximales journalières à ne pas dépasser     

       2 - Le principe même d’utilisation du DOLI pédiatrique est d’être administré à la pipette doseuse, le prescrire à la cuillère à café est un nonsense. La présentation du paracétamol en suspension buvable avec  pipette est à notre avis la meilleure présentation assurant au niveau des posologies : la flexibilité, la précision, la sécurité

Malheureusement cette pipette est graduée en Kg dans le DOLI pédiatrique alors qu’elle doit être graduée tout simplement en ml, laissant ainsi l’appréciation de la posologie nécessaire au médecin prescripteur.

D’autres dénominations commerciales de paracétamol existent aussi : EFFERALGAN suspension et PARANTAL suspension qui, sauf erreur de notre part, ne sont pas munies de pipettes

       3 - Concernant l’HEXAPNEUMINE nourrisson (NB la forme nourrisson de l’HEXAPNEUMINE n’a plus d’AMM en France cf AFSSAPS)  outre le paracétamol c’est une association de 

- Biclotymol : dérivé du phénol, à visée antiseptique

- Cinéole: dérivé terpénique, à visée antiseptique. (NB Les dérivés terpéniques peuvent abaisser le seuil épileptogène.)

Une proposition simple pour améliorer la sécurité d’utilisation de l’HEXAPNEUMINE est de préciser dans la dénomination commerciale et en grandes lettres [HEXAPNEUMINE PARACETAMOL] comme pour le [COQUELUSEDAL PARACETAMOL]     

Remarque générale :

En lisant attentivement les textes de l’AFSSAPS ou du VIDAL on remarque l’utilisation pour certaines molécules l’expression « à visée … ». Cette expression exprime en fait pour ces molécules des prétentions pharmacodynamiques qui ne sont pas scientifiquement démontrées (étude contre placebo en double aveugle) mais qui sont plus ou moins admises tant que leurs effets secondaires ne sont pas très importants. 

       4- L’utilisation de l’ibuprofène chez l’enfant de moins de 2 ans est plus ou moins discutable, à ce sujet nous vous rapportons tout simplement l’avis de l’AFSSAPS :  

« La varicelle peut exceptionnellement être à l'origine de graves complications infectieuses cutanées et des tissus mous. A ce jour, le rôle favorisant des AINS dans l'aggravation de ces infections ne peut être écarté. Il est donc prudent d'éviter l'utilisation d'ANTARENE 20 mg/ml NOURRISSONS ET ENFANTS, suspension buvable en cas de varicelle »

Source : RCP de la spécialité ANTARENE 20 mg/ml NOURRISSONS ET ENFANTS, suspension buvable rubrique 4.4 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 19:58

E s c a p a d e

Harry Connick Jr au Maroc

LE 22 MAI 2010

 

  Harry Connick, Jr copie

 

         Dans la foison d’artistes qui vont se produire lors du festival Mawazine 2010 à Rabat, il y a un qui est absolument exceptionnel et qu’on a découvert il y a quelques années déjà sur ARTE : Harry Connick Jr qui se produira le 22 mai 10 au théâtre Mohammed V.

        Chanteur, auteur, compositeur, pianiste Harry Connick Jr. a vendu plus de 25 millions d'albums de part le monde et remporté trois Grammy Awards.

H. Connick Jr .est un excellent crooner qui rappel Sinatra au sommet de son art et en mieux encore car Harry Connick Jr. est à la base un musicien, un pianiste de jazz hors paire, avec une voix loin de celle cassée d’un  Sinatra à la fin de sa vie.

 

L’avis de l’apothicaire (encore ici…) 

Quelques uns des titres exceptionnels à notre avis

-          For Once In My Life  : -Album Only you-  avec au début un rythme à contretemps extraordinaire, le piano par la suite ne faisant que faire avancé la percussion. 

-          Moondance : Magnifique

-          I'll Be Home For Christmas : une balade de fin journée géniale

-          Man in the Moon :  un titre avec uniquement des voix et une chorale d’enfer, à conseiller pour toutes les écoles de chant 

-          Carol Of The Bells : un instrumental très jazz, une pure merveille, un bijou à écouter sans modération

-          Blue Skys : un autre instrumental très jazz, avec un piano qui swingue en fleuretant par moment avec du tango   

     

Loin de la cohue, Harry Connick Jr. se produira dans un lieu plus propice à la bonne musique. Espérons qu’il y sera accompagné avec un vrai Big Band.

 

Mais pour y assister, il faudra d'abord supporter la grogne de votre belle-mère qui doit garder vos enfants ce 22 mai avec le classique «  je me suis occupé toute ma vie de mes enfants je ne vais pas en avoir encore avec les enfants de mes enfants »

Passer cette étape cruciale, il fraudera convaincre votre femme dont le pole d’intérêt oscille entre, au mieux « Femme Actuelle » et au pire « Bigdil » (on a rien contre cette chaîne de magasins, mais bon …). Mais pour arriver à votre fin prévoir pour votre femme un resto, cela va de soit, et mieux encore lui faire comprendre que Harry Connick Jr. c’est la classe, le top de l’élégance, de quoi frimer pour toute une année et ça lui rappellera Kaftan 2010.

Une chose est sure, à la première ballade elle commencera à bailler, à la deuxième ballade elle sera pile point dans les bras de Morphée. Vous allez enfin vous régaler avec des titres magnifiques comme Booker ou Swinging on a Star.

Récapitulons, pour profiter de la soirée de Harry Connick Jr. il faut

-          Assumer la grogne de votre belle mère

-          Prévoir un resto pour votre femme

-          Et 300,00 DH c’est le PPM, enfin c'est le prix du ticket (chasser l’apothicaire par la porte il revient par la fenêtre) 

PS 1 : à toute fin utile, toute ressemblance avec des personnages, ayant existés ou qui existes encore est purement fortuite.   

PS 2 : En Homme avertis (qui ne vaut pas forcément deux) ne vous avisez pas, comme dans ce texte, à faire des caricatures grossières de la gent féminine, il y a des risques que votre moitié, tombant sur une photo de Harry Connick Jr. tombe littéralement sous son charme. Et là … durant toute cette soirée du 22 mai c’est elle qui aura les yeux écarquillés face à la scène et c’est vous qui alliez commencer à bailler trouvant le temps très long, tout en marmonnant « mais qu’est qu’il a ce Harry Connard Jr de plus que moi ». Là-dessous votre compagne qui a l’oreille attentif vous rétorque « mais non chéri, tu es très bien aussi » le genre de phrase toute faite qui vous glace les orteils et vous réduit à l’état de géniteur en fin carrière. Bonne soirée              

NB : Un autre artiste d’exception dans cette cuvée de Mawazine c’est bien entendu Sting, qui a en réalité explosé non pas avec le groupe Police mais avec les musiciens jazz qui l’accompagnent depuis très longtemps. Le jazz a apporté à Sting une liberté incroyable lui permettant de butiner dans divers styles. Reste que pour l’apprécier réellement un concert acoustique aurai été un événement extraordinaire. Mais bon, tout est question de goût …              

 

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 18:00

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

HYGIENE DE VIE & DIABETE

 10-05-08-Diabete.jpg

             Dans un article intitulé « Facteurs de risque liés au mode de vie et diabète type II d'apparition récente chez les personnes âgées*» paru dans les Archives of Internal Medicine du  27 avril 2009, les auteurs montrent que les conditions de vie (lifestyle factors) chez des personnes, hommes et femmes, de plus de 65 ans peuvent réduire d'une façon considérable l'incidence du diabète, défini par le recours à un médicament antidiabétique.

Il s’agit d’une évaluation prospective de l’incidence du diabète sur une période de 10 ans impliquant 4883 hommes et femmes âgés de 65 ans et plus

Ces facteurs protecteurs sont selon les résultats de cette étude :

- La pratique de l'exercice physique,

- Le régime alimentaire riche en fibres, pauvre en acides gras saturés et en acides gras trans  par rapport aux acide gras polyinsaturés,

- Une faible consommation d'alcool (meilleure que l'absence de consommation),

- Ne pas fumer,

- Avoir un indice de masse corporelle inférieure à 25, un tour de taille inférieur à 88 cm chez les femmes et 92 cm chez les hommes.

Chacun de ces facteurs pris isolément a un effet protecteur mais lorsqu'ils sont présents simultanément le risque d'incidence du diabète est réduit de près de 90 %.

 

L’avis de l’apothicaire :

             Cette étude confirme encore une fois l'importance des facteurs hygiéno-diététiques dans la prévention du diabète et montre qu'il faut les mettre en œuvre avant et pendant tout traitement médicamenteux.

Dans le diabète type II, le médicament n’est pas la panacée mais outil de dernier recourt après l’échec des règles hygiéno-diététiques classiques. Et on retrouve là encore le rôle primordial de l’officinal du fait de sa facilité de contacte avec la population. Ce rôle se traduit concrètement par l’incitation volontariste et répétée à l’adoption des règles basiques d’hygiène de vie.              

 

* Traduction PHARHAMSTER

Source :

- Titre : Lifestyle Risk Factors and New-Onset Diabetes Mellitus in Older Adults

- Auteurs : Dariush Mozaffarian, MD, DrPH; Aruna Kamineni, MPH; Mercedes Carnethon, PhD; Luc Djoussé, MD, ScD; Kenneth J. Mukamal, MD; David Siscovick, MD, MPH

- Revue :  Arch Intern Med. 2009;169(8):798-807

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 22:42

A propos de la suspension d’AMM

  pour les spécialités à base de kétoprofène gel

en France

  Spécialités concernées au Maroc

 KETUM gel - KETOFLEX gel - PROFENID gel

  Rédigé en collaboration avec Dr Maria, médecin à Casablanca 

  10-05-07-Ketoprofene-Gel.jpg

L e s   f a i t s  :  

      

         Les prodromes : Selon l'AFSSAPS

 

       - Le kétoprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) commercialisé en France sous forme de gel depuis1993. Soumis à prescription médicale, le gel est appliqué sur la peau et est utilisé en rhumatologie et en traumatologie bénigne, pour ses propriétés antalgiques. 22 spécialités contenant du gel de kétoprofène étaient autorisées en France.

       - Des cas de photoallergie (réactions cutanées exagérées et/ou anormales à la lumière), souvent graves, ont été rapportés chez des patients traités par des gels contenant du kétoprofène.

       - Ces réactions se présentent le plus souvent sous forme d’eczéma et de bulles pouvant s’étendre au-delà de la zone d’application. Leur gravité peut conduire à des hospitalisations et à des arrêts de travail.

       - Cet effet indésirable a conduit l’Afssaps à modifier l’information de ces médicaments à deux reprises en 1996 et en 2001, à l’issue de deux enquêtes nationales de pharmacovigilance. De plus, un pictogramme incitant les patients à ne pas s’exposer au soleil même voilé avait été ajouté sur les conditionnements en 2001. Malgré ces mesures d’information, les données de sécurité d’emploi montraient que ces réactions étaient toujours rapportées. 

       - En 2003, l’Afssaps a adressé une lettre aux professionnels de santé afin de leur rappeler les précautions d’emploi inhérentes à l’administration des gels contenant du kétoprofène. 

       - La persistance de la survenue et de la déclaration de cas de photoallergie, malgré la prise de ces nombreuses mesures, a conduit l’Afssaps à déclencher la réévaluation du rapport bénéfice/risque des gels de kétoprofène. 

       -. Dans ces conditions, l’Afssaps a décidé de suspendre l’AMM de toutes les spécialités sous forme de gel contenant du kétoprofène dans l’attente des résultats de la procédure de réévaluation européenne. Cette mesure a pris effet le 12 janvier 2010 et s’est accompagné d’un retrait des lots disponibles sur le marché.

 

         1er  Round décembre 2009

       - Le 18 décembre 2009. En raison, selon l'AFSSAPS, de l’efficacité faible à modérée de ces médicaments et de l’existence d’alternatives thérapeutiques, l’Afssaps a considéré que le risque lié à l’utilisation des gels de kétoprofène, (photoallergie au kétopprofène proprement dit mais aussi allergie découlant de l’interaction entre le kétoprofène et l’octocrylène, substance utilisée comme filtre solaire), était supérieur au bénéfice attendu et qu’aucune mesure supplémentaire à celles prises précédemment ne pouvait garantir davantage la sécurité des patients

Sur la base de ces arguments, l’Afssaps suspend les autorisations de mise sur le marché (AMM) de tous les médicaments contenant du kétoprofène sous forme de gel destinés à être appliqués sur la peau. Cette mesure impliquait qu’il ne sera plus possible de se procurer de gel de kétoprofène en France à compter du 12 janvier 2010.

      - Cette décision faisait suite aux avis défavorables de la commission d’autorisation de mise sur le marché (AMM) du 24 septembre 2009 et du 3 décembre 2009 quant au maintien sur le marché des spécialités à base de kétoprofène gel.

En effet, à partir des données de sécurité disponibles au moment de cette réévaluation :   

371 cas d’effets indésirables dont 62% étaient graves (en raison d’une hospitalisation ou d’un arrêt de travail), ont été rapportés de janvier 2001 à février 2009 chez des patients traités par kétoprofène gel.

Dans la très grande majorité des cas, il s’agissait d’un effet indésirable cutané. Parmi les effets indésirables graves, 44% étaient des réactions de photoallergie. L’exposition solaire est un facteur déterminant et la plupart des cas est observée entre les mois de juin et septembre. Aucun décès n’a été signalé.

Par ailleurs, un nouvel élément, est apparu lors de l’évaluation. En effet, les données disponibles [Cf Réf Bibilio.] montrent l’existence d’une allergie associée à l’octocrylène [L’octocrylène est un filtre solaire largement utilisé dans les produits d’hygiène courante et cosmétique] : l’application consécutive d’un produit contenant de l’octocrylène, chez des patients ayant développé une réaction de photoallergie au kétoprofène par le passé, a conduit dans plusieurs cas à l’apparition d’un nouvel épisode de photoallergie (en l’absence d’application concomitante d’un gel de kétoprofène).  

Références bibliographiques :

1 - FOTI C., BONAMONTE D., CONSERVA A. et al. Allergic and photoallergic contact dermatitis from ketoprofen : evaluation of crossreactivities by a combination of photopatch testing and computerized conformational analysis. Curr Pharm Des. 2008.

2 - BONNEVALLE A, THOMAS P. Réactions croisées entre le kétoprofène et l’octocrylène Nouv Dermatol 2008 ; 27 suppl 5 : 64

3 - VEERLE DEVLEESCHOUWER, RIK ROELANDTS, MARJAN GARMYN AND AN GOOSSEN. . Allergic and photoallergic contact dermatitis from ketoprofen: results of (photo) patch testing and follow-up of 42 patients. Contact Dermatitis 2008: 58: 159–166.

4 - DELPLACE D, BLONDEEL A. Octocrylene: really non allergenic ? Contact Dermatitis. 2006 ; 54 : 295.

5 - CARROTTE-LEFEBVRE I, BONNEVALLE A, SEGARD M, DELAPORTE E, THOMAS. Contact allergy to octocrylene Contact dermatitis 2003: 48; 46-7

Liens AFSSAPS :  

1 - AFSSAPS : QUESTION / REPONSES 18 DECEMBRE 2009

2 -  AFSSAPS POINT D’INFORMATION JANVIER 2010

 

       2ème Round janvier 2009

        - Le laboratoire qui commercialise la spécialité Ketum® (MENARINI) a déposé une requête en référé-suspension auprès du Conseil d’Etat à la fin du mois de décembre 2009, pour contester la décision française.

      - Dans l’attente d’une décision définitive (jugement au fond) du Conseil d’Etat, le juge des référés a suspendu le 26 janvier 2010 la décision du Directeur général de l’Afssaps concernant l’autorisation de mise sur le marché du gel Ketum® contenant du kétoprofène.

      - Cette ordonnance, prise dans le cadre d’une procédure d’urgence, intervient dans l’attente d’une décision du Conseil d’Etat sur le fond du dossier. Elle a pour conséquence à ce stade, la possibilité pour le laboratoire Menarini de remettre sur le marché le gel Ketum®. Néanmoins, cette ordonnance ne préjuge pas de l’issue dans le courant du 1e semestre 2010 de la réévaluation communautaire en cours.

 

L ’ a v i s   d u   p h a r m a c i e n   &   d u   m é d e c i n :

      - Ces débats concernent les français aussi bien que les marocains car nous disposons au Maroc (sauf omission de notre part) de 3 spécialités en gel à base kétoprofène.   

      - Face à ces discussions en France, on observe au Maroc un manque de communication pesant sciemment du côté des laboratoires et un manque d’information et de réactivité du côté de l’administration.

Et comme d’habitude on observe la même absence d’implication intellectuelle des organisations professionnelles qui restent généralement embourbées dans des considérations corporatistes certainement légitimes, se délaissant malheureusement par la même occasion de la défense de nos patients qui doivent être au cœur de notre métier.           

Notre propre expérience :

     - En plus de 10 ans d’exercice (officine et médecine) nous n’avons enregistré aucune plainte où le kétoprofène gel aurait été incriminé ; cela dit à notre avis, les laboratoires implantés au Maroc, auraient dû  au moins envoyer un mailing aux médecins et  pharmaciens leur rappelant le risque de survenue de réactions de  photosensibilité (le prospectus et le pictogramme à eux seuls ne suffisent pas ) et les incitant par un sondage par exemple, à relever ce genre de réactions suite à l’administration de ces produits. Une telle transparence leurs fera honneur et leur confèrera encore plus de crédibilité.    

     - Dans l’attente de la réévaluation du rapport bénéfice/risque par une commission de l’afssaps, soyons vigilants auprès de nos patients sous kétoprofène gel : notre conduite à tenir sera de leur recommander  de se protéger contre le soleil pendant le traitement et jusqu'à 2 semaines après son arrêt et de signaler aux médecins et pharmaciens tout effet nocif suite à l’application du produit.

 

Cette affaire est donc à suivre puisqu’il y aura certainement un 3ème round de discussions et de décisions, que nous nous empresserons à communiquer dès qu’il y aura du nouveau.  

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 20:09

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

CHIRURGIE esthétique au Maroc

 

Source : La vie éco n°4557, page 48, du 23 au 06/05/2010

 

- 3 000 personnes se font opérer chaque année au Maroc

- Parmi eux, on compte un tiers d'étrangers. La clientèle est essentiellement féminine.

 - 80 spécialistes exercent aujourd'hui au Maroc
- Le prix de l'acte peut aller de 2 000 à 30 000 DH, selon la complexité du cas.

- Cela représente un marché estimé à 40 MDH par an.

Autre article sur le même thème : MEDECINE POUR VIP

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