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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 19:11

LA PROBLEMATIQUE DE
 LA GESTION DU RISQUE SANITAIRE 
R  E  F  L  E  X  I  O  N

« Ne priez pas pour être protégé des dangers mais pour pouvoir les affrontés »

Rabindranath Tagore (1861-1941)  Compositeur, écrivain, dramaturge, peintre et philosophe indien, prix Nobel de littérature en 1913

 

Avant-propos :

Contrairement à ce qu’on a cru (lire LA VACCINATION CONTRE LA GRIPPE H1N1 AU MAROC) et au vu des informations non confirmées* qui nous parviennent, les Marocains boudent apparemment le vaccin H1N1, et ce pour les raisons suivantes nous semble-t-il :

- La circulation d’informations contradictoires au sujet des effets de la vaccination
- L’extrême dangerosité annoncée de la grippe H1N1, parait avec les jours, beaucoup moins catastrophique et le rapport bénéfice / risque du vaccin devient alors discutable pour une bonne partie de notre population. En particulier avec la généralisation de la vaccination à toute la population.

Grippe.JPG
 Notre propre avis, sur ce sujet, rejoint en tout point celui de la Revue Prescrire lire : CHIFFRES & REPERES : GRIPPE A/H1N1 L'AVIS DE LA REVUE PRESCRIRE  
Cette situation pose une question de fond, qui à notre avis est extrêmement importante c’est : la problématique de la gestion du risque sanitaire.
Cette question stratégique peut être abordée de 2 points de vu : la gestion politique et la gestion technocratique strictement rationnelle.

  ***********************************************************************************

- La gestion politique du risque sanitaire :

         Elle obéit à une règle, devenue quasi universelle, le fameux «principe de précaution». Le non respect de ce principe peut coûter politiquement très cher pour un ministre, on se souvient tous de l’image de ministre français de la santé en tenue de vacance lors de l’épisode de la canicule.

Le «principe de précaution» a pour finalité, plus ou moins déclarée, d’amener par touts les moyens, la probabilité de survenue d’un incident sanitaire à zéro. Ce qui est une pure utopie.
Il s’agit en fait d’un vœux purement politique avec consonance populiste qui répond au besoin primaire de la population de se sentir en totale sécurité par rapport au futur [nous sommes décidé à régler tous vos problèmes]. L’Homme politique prend des décisions qui visent d’abord le ressenti de ses électeurs amalgamant de façon harmonieuse et crédible des études scientifiques plus ou moins fiables, des images médiatiques sensationnalistes et une communication opportuniste efficiente. On retrouve en fait, ici, les ingrédients classiques de la réussite en politique.

Mais revenons, un moment, à ce besoin primaire de la population de se sentir en totale sécurité vis-à-vis du futur, ce besoin trouve son origine, me semble-t-il, dans les comportements religieux et parareligieux (horoscope …) qui visent à déterminer le futur pour la population en terme de certitudes et non en terme de probabilité. Et c’est là ou se situ un des grands écueils des technocrates mêmes les plus chevronnés.    

- La gestion technocratique du risque sanitaire :

          Il s’agit d’une gestion rationnelle qui se base sur des statistiques de l’existant et des probabilités sur le futur. Ces probabilités étant elles mêmes extrêmement difficiles à quantifier, pour avoir une approche relativement objective on propose généralement aux décideurs 3 scénarii : une évolution à minima, une évolution médiane et une dernière à maxima. A charge au décideur le choix de l’option idoine.

La grande difficulté avec ce genre de méthodologie c’est la communication avec la population, avec tout ce que cela comporte comme gestion des peurs, des mouvements de foules voir des fantasmes communautaires.

Il est politiquement suicidaire d’arriver face à ses électeurs avec un discoure rationnel type « Oui nous savons qu’il y a des risques qui vont engendrer des morts, chose insupportable en soi dans l’absolu, mais vu les options pour y remédier qui comportent elles-mêmes des risques autant humains que financiers, nous avons fait le choix sans être pour autant certain à 100% de tempérer notre réponse et de réagir en fonction de l’accumulation des données vérifiables en notre possession. Cela demande à notre population un effort intellectuel pour rationaliser sa réaction qui sous-entend l’acceptation de cette prise risque avec ce que cela engendre».

De tels propos peuvent signer l’autodafé politique de leur auteur. Demander à une population, plus ou moins impactée par la religiosité ou même l’absolutisme, de réagir rationnellement face à un risque paraît à juste titre une hérésie.

 

       Au final, quelque soit l’évolution future de l’épidémie de la grippe H1N1, elle aura de toute façon montré encore une fois la difficulté d’allier la gestion politique et la gestion technocratique rationnelle du risque sanitaire. Cette difficulté trouve son origine comme dit plus haut dans les caractéristiques socioculturelles d’une population donnée.

Cette difficulté peut être atténuée par l’éducation qui doit comportée en son sein l’étude de l’appréciation rationnelle de la prise de risque. Chose plus facile à dire qu’à réaliser au vu de la facilité avec laquelle l’être humain tombe dans l’irrationnel face l’incertitude du futur, Mitterrand homme de grande culture et d’une intelligence aiguisée n’était-t-il pas attiré par le parareligieux ?                                              

Cette difficulté peut être atténuée aussi si dans les analyses rationnelles classiques qui se basent uniquement sur des vérités avérées on incluait l’incertain comme une composante à part entière de l’analyse et non comme simple aléa. Malheureusement là aussi, autant en France que dans les pays du sud, les intellectuels de tout bord cultivent des concepts basés sur des « vérités » présentées comme absolues.

A défaut d’atténuer ces difficultés, tout l’art du politique du 21ème siècle serait de gérer les risques futurs et leur corollaire d’irrationnel collectif (que cet irrationnel soit le fruit des peurs, ou qu’il soit alimenté par des théories religieuses) sur des bases rationnelles tout en ménageant ses propres ambitions politiques personnelles légitimes.  
              

Post-scriptum du 13/01/2010

       D’après des informations recueillies auprès de médecins de santé publique, les dépenses occasionnées par la mise en place gratuite du vaccin de la grippe H1N1 auraient impactées l’approvisionnement des dispensaires marocains en médicaments, cette situation paraît dramatique particulièrement pour l’insuline distribuée depuis longtemps gratuitement aux populations les plus démunies. Il y a fort à parier qu’au Maroc, quand on est démuni, on risque beaucoup plus de mourir bêtement de diabète par manque d’insuline que de grippe H1N1, dans un pays qui produit l’insuline et qui en plus l’exporte.
Ce sont là les prémisses des « dégâts collatéraux » d’une gestion purement politique d’un risque sanitaire.     
        Dans l’immédiat on espère que cela  va être un problème conjoncturel, mais à longue échéance et concernant en particulier le cas de l’insuline  la solution à notre avis ne réside pas dans la gratuité totale de l’insuline, gratuité qui correspond plutôt à une gestion « humano populiste » non viable, mais :

- Dans la pratique de prix  raisonnés
- Dans la mise en place d'une véritable assurance maladie bien ciblée
- Dans l’appui structurel des industriels afin de randomiser le plus les procédés de fabrication
- Dans une recherche volontariste d’autres marchés avec l’appui massif des structures de l’Etat, recherches ayant pour objectif de faire des économies d’échelles à même d’assurer un rendement convenable pour notre industrie tout en faisant baisser les prix pour le patient         
                     Rectificatif du 23/01/10 : le budget alloué à la grippe H1N1 émane en réalité de la primature et n’affecte donc pas le budget du ministère de la santé, cela n’empêche pas le fait que l’effort et la mobilisation consentis pour la grippe H1N1 a sérieusement handicapé la marche des autres programmes de la santé. De ce fait les problèmes liés à l’approvisionnement des dispensaires en médicaments sont tout à fait conjoncturels


Post-scriptum du 15/01/2010

          Selon le dernier communiqué en date du ministère de la santé (30/12/09) on eu 2935 cas confirmés de grippe a H1N1 et 53 décès. Source : Le journal Le Soir N° 486 du 15/01/2010
lire à ce sujet aussi : GRIPPE A H1N1 vs ACCIDENTS DE LA ROUTE AU MAROC


*
Post-scriptum du 21/01/2010
 
         C’est confirmé, les marocains ont boudé  la vaccination H1N1. Cette vaccination a mobilisé 1258 centres sur l’ensemble du territoire, en plus de 600 unités mobiles pour les régions reculées, avec comme objectif la vaccination de toute la population. La campagne de vaccination n’a drainé que très peu de monde, notamment parmi le personnel de la santé.   
En tout, à peine 800 000 personnes au Maroc se sont présentés pour se faire vacciner, alors que les objectifs établis par les cadres de l’OMS préconisent la vaccination de 60% de la population.      

Source : O. El Menzhi, Directeur du Centre d’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la santé, in le journal Le Soir Echo, auteur K. SKALLI, « Grippe A : Le ministère de la santé décrète le silence radio » n° 488, du 19/01/2010, page 1 et page 8       

LIRE ABSOLUMENT : L'OMS RECONNAÎT DES ERREURS DANS LA GESTION DE LA GRIPPE H1N1

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 18:55

LAIT & CANCER DE LA PROSTATE

E T A T   D E S   L I E U X 

    
Lait---Cancer-de-la-prostate-copie.jpg

Avant-propos : 

                        Ce travail a été initié il y a bientôt 2 ans suite à la remarque d’un ami médecin (Dr Si Amin) qui après avoir lu le livre polémique de Thierry Souccar « Lait, Mensonges et Propagande » nous a interpellé au sujet de l’implication de la consommation de lait dans l’apparition du cancer de la prostate. Ce livre s’en prend directement à l’un des plus gros segments du marché de l’agroalimentaire : les produits laitiers. En insistant sur le fait que le lobby des industriels voudrait étouffer le débat vu les enjeux commerciaux colossaux.

Habituellement à PHARHAMSTER on est plus sensible aux arguments plausibles qu’à la « complotite » sans être dupe sur le fait que les industriels ne sont pas, non plus, des enfants de cœur.
                        Face au manque de documentation sérieuse en notre possession à l’époque, on a préféré créer un dossier et laisser le sujet « fermenter » (accumulation de lectures au gré des publications). On a réactivé ce dossier à la suite :  

- de la publication sur ce Blog de l’article qu’on a consacré à la doxazocine
- d'une information publiée, avec une crédibilité relativement bonne, dans le site canadien Extenso [17]
- de  la publication de l’avis de l’Institut National du cancer en France publié le 17 février 2009 et notamment sa fiche repère dans sa page 42 [16]   
- sans trouver, pour autant, d’articles ou d’avis qui correspondent exactement à ce sujet dans la revue Prescrire.

 

Le lait & cancer de la prostate, état des lieux :

              Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme de plus de 50 ans. Au sujet de l’évolution naturelle du cancer de la prostate, une suédoise cohorte [15] a montré que sans traitement 6 patients sur 10 n’ont pas d’aggravation de leurs cancers diagnostiqués 20 ans plus tôt et sur la même période 16% seulement des patients suivis sont décédés des suites de ce cancer. Cette information nous incite à nuancer notre appréciation globale de ce cancer.   
Les causes sont multiples et encore mal connues. Mais quelques facteurs de risque ont été identifiés, comme la vieillesse et des antécédents de cancer de la prostate dans la famille.

              Le lait est également pointé du doigt depuis que des chercheurs [1], dans les années 70, ont observé une fréquence plus élevée du cancer de la prostate chez les populations buvant beaucoup de lait. Trente ans plus tard, les scientifiques ont des avis plus ou moins partagés sur la question.
En 2004, une équipe de chercheur a analysé 11 études cas-contrôle examinant le lien entre le cancer de la prostate et la consommation de lait. Les résultats de cette analyse soulèvent l’inquiétude : une grande consommation de lait augmenterait de 68 % les risques de développer le cancer de la prostate!

Mais attention aux conclusions trop hâtives : Les chercheurs soulèvent plusieurs limites de l’étude qui auraient pu biaiser leurs résultats. Par exemple, ce type d’analyse ne tient pas compte des autres facteurs qui peuvent influencer les résultats. Est-ce que les grands buveurs de lait ont des comportements autres (obésité, faible consommation de légumes et de fruits, faible niveau d’activité physique) qui augmentent leurs risques de développer un cancer de la prostate ?

De façon générale, les résultats des études scientifiques menées jusqu'à présent se contredisent. Sur 28 études d'association (cas-contrôle et de cohorte) publiées jusqu'à aujourd'hui, 14 observent une augmentation des risques chez les grands buveurs de lait et autant d'études ne font aucun lien entre le lait et le cancer de la prostate.
Pour ajouter à la confusion, chaque étude a sa propre définition de ce qu'est un grand buveur de lait. Difficile alors de comparer les études entre elles et de déterminer quelle quantité de lait serait potentiellement à risque.


Enfin, sur la base du rapport d'experts du World Cancer Research Fund et de l'American Institute for Cancer Research publié en 2007 [13], selon la lecture des rédacteurs du site Extenso il y a actuellement trop peu d'études scientifiques rigoureuses menant aux mêmes résultats pour conclure que le lait est une des causes du cancer de la prostate. Cependant l’Institut National du cancer en France se basant sur la même étude nuance cette lecture en fonction des sexes et apporte les éléments suivants : 

- chez l’homme et chez la femme, la consommation de lait et de produits laitiers est associée à une diminution de risque de cancer du côlon rectum.
- Cependant, chez l’homme, une consommation importante de lait et de produits laitiers, pouvant contribuer à des apports élevés en calcium, peut être indirectement associée à une augmentation du risque de cancer de la prostate.

Autrement dit le lait est tout avantage pour la femme, alors que pour l’homme « une consommation importante » de lait et de laitage favorise le cancer de la prostate via un apport excessif en calcium. Encore faut-il spécifié la notion de « consommation importante » ?    


L’avis du pharmacien : 
              Au vu des données actuelles, l’apport de lait paraît globalement nécessaire pour être en bonne santé.
Le grand danger reste avant tout est de mal s'alimenter. Pour mettre toutes les chances de son côté et réduire les risques de développer des pathologies graves il faut rappeler d’abords les recommandations classiques :
     - Adoptez une alimentation riche en fibres, en légumes et en fruits, et faible en matières grasses en sel et en sucres rapides.
     - Bannir le tabac et l’alcool de ses habitudes de consommation
     - Adopter la pratique régulière de sport comme une nécessité et le maintient d’un poids santé convenable.
     - Eviter dans la limite du possible l’alimentation industrielle y compris les sauces et autres rehausseurs de goût industriels et
     - Bannir les produits dits « allégés » non pas à cause de l’aspartam, mais à cause de l’effet d’appel qu’ils engendrent comme l’a démontré une étude irlandaise (dont ont n’a pas les références bibliographiques)        

Plus spécifiquement pour le lait et les laitages : modérée sa consommation paraît logique pour plusieurs raisons :
- Un apport excessif en calcium serait néfaste pour l’homme, car pour la femme aucun effet délétère n’a été démontré à l’heur actuelle.   
- Un apport excessif en lait et dérivé implique un apport en en sucre et matières grasses corollaires ce qui est illogique pour une bonne hygiène de vie.
- Plus précisément pour les laitages qui sont le plus souvent le résultat des transformations industrielles du lait. Transformations qui impliquent le plus souvent l’incorporation d’intrants peu surs (gélatines et épaississants d’origine douteuse, des colorants, des édulcorants et aromes industriels … etc.). Un apport excessif de ces intrants industriels paraît peu cohérent avec la santé (voir néfaste dans certains cas). Pour être pratique, on préconisera par exemple pour les yaourts : un yaourt nature sucré, cela permet d’éviter à notre avis beaucoup d’intrants, à consommer sans excès non plus.

Plus généralement, il paraît logique d’une part de choisir ses aliments (qu’ils soient industriels ou préparés à la maison) avec le minimum d’intrants possibles, et d’éviter, d’autre part, les excès en tout genre sans se priver.

« Ne mange que lorsque tu as faim, et lève ta main alors que tu en a encore envie » ce precept qui existe dans la plus part des religions préconise la modération dans le comportement alimentaire. Il faudra user de beaucoup d’efforts, de persuasion et de lutte contre les publicités abusives pour traduire des orientations divines en un comportement de bon sens citoyen tout simplement.                          

 

Sources :
1 - Armstrong B, Doll R. Environmental factors and cancer incidence and mortality in different countries, with special reference to dietary practices. Int J Cancer 1975;15(4):617-31.
2 - Bosetti C, Micelotta S, Dal Maso L, Talamini R, Montella M, Negri E, Conti E, Franceschi S, La Vecchia C. Food groups and risk of prostate cancer in Italy.
Int J Cancer. 2004 Jun 20;110(3):424-8.
3 - Chan JM, Stampfer MJ, Ma J, Gann PH, Gaziano JM, Giovannucci EL. Dairy products, calcium, and prostate cancer risk in the Physicians' Health Study. Am J Clin Nutr 2001;74(4):549-54.
4 - Colli JL, Colli A. International comparisons of prostate cancer mortality rates with dietary practices and sunlight levels.
Urol Oncol. 2006 May-Jun;24(3):184-94.
5 - De Stefani E, Fierro L, Barrios E, Ronco A. Tobacco, alcohol, diet and risk of prostate cancer.
Tumori. 1995 Sep-Oct;81(5):315-20.
6 - Ganmaa D, Li XM, Wang J, Qin LQ, Wang PY, Sato A. Incidence and mortality of testicular and prostatic cancers in relation to world dietary practices.
Int J Cancer 2002;98(2):262-7.
7 - Giovannucci E, Liu Y, Stampfer MJ, Willett WC.
A prospective study of calcium intake and incident and fatal prostate cancer. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2006 Feb;15(2):203-10.
8 - Grant WB. A multicountry ecologic study of risk and risk reduction factors for prostate cancer mortality. Eur Urol. 2004 Mar;45(3):271-9.
9 - Qin LQ, Xu JY, Wang PY, Kaneko T, Hoshi K, Sato A. Milk consumption is a risk factor for prostate cancer: meta-analysis of case-control studies.
Nutr Cancer. 2004;48(1):22-7.
10 - Sonoda T, Nagata Y, Mori M, Miyanaga N, Takashima N, Okumura K, Goto K, Naito S, Fujimoto K, Hirao Y, Takahashi A, Tsukamoto T, Fujioka T, Akaza H. A case-control study of diet and prostate cancer in Japan: possible protective effect of traditional Japanese diet.
Cancer Sci. 2004 Mar;95(3):238-42.
11 - Tavani A, Bertuccio P, Bosetti C, Talamini R, Negri E, Franceschi S, Montella M, La Vecchia C. Dietary intake of calcium, vitamin D, phosphorus and the risk of prostate cancer.
Eur Urol. 2005 Jul;48(1):27-33. Epub 2005 Apr 8.
12 - Tseng M, Breslow RA, Graubard BI, Ziegler RG.
Dairy, calcium, and vitamin D intakes and prostate cancer risk in the National Health and Nutrition Examination Epidemiologic Follow-up Study cohort. Am J Clin Nutr. 2005 May;81(5):1147-54.
13 - World Cancer Research Fund/ American Institute for Cancer Research.
Food, Nutrition, Physical activity and the Prevention of Cancer: a global perspective. Washington DC: AIRC, 2007.
14 - Zhang J, Kesteloot H. Milk consumption in relation to incidence of prostate, breast, colon, and rectal cancers: is there an independent effect?
Nutr Cancer. 2005;53(1):65-72.
15 - « Acinar adenocarcinomas ». In : Eble JN et coll.
“ Word Health  Organization Classification of tumors. Pathology and genetics of tumours of urinary system and male genital organs” IARC Press, Lyon 2004 : 162-192
16 - http://www.e-cancer.fr/la-sante-publique/prevention/nutrition-et-cancers
 la repère de l’Institut National du cancer en France Nutrition et prévention des cancers (PDF - 162 Ko)
17 - Extenso: http://www.extenso.org/ .

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 18:24

CAS D'OFFICINE
ASSOCIATION DE LIOMETACEN & PONSTYL

 

Là on vous présente une nouvelle ordonnance qui présente encore une association d’AINS.

  Liometacin-et-Ponstyl.jpg

Rappels déontologiques : 

   - les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.        
   - Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharHamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous
   - Loin de nous toute stigmatisation de n’importe qu’elle spécialité, l’objectif étant de clarifier une situation afin favoriser l’émergence d’une concurrence saine à même de consolider notre industrie qui sera poussée à plus de rigueur et d’efficience managériale ce qui ne manquera d’être un atout considérable dans son expansion sur le marché international.


Lecture de l'ordonnance

      - LIOMETACIN inj             1 inj  par jour
DCI Indométacine de méglumine : un anti-inflammatoire non stéroïdien dérivé indolique autres spécialités DI-INDO, IDOL, INDOLAN, INDOPHARM. C’est un AINS aux effets secondaires très marqués (Cf. VIDAL, BIAM ou autres)  
      - BAUME ALGIPAN      1 application 2 fois par jour
Une pommade à base de 
                - Nicotate de méthyl : un vasodilatateur périphérique 
                - Capscine et Histamine : des rubéfiants locaux 
                - Salicylate de glycol : un analgésique salicylé (comme l’aspirine)
                - Mephénesine : un myorelaxant local (jadis dans le DECONTRACTYL et le RELAXYL) 
On retrouve ici le schéma classique des topiques cutanés à visée antalgique où on attaque la peau avec des rubéfiants (voir même des vasodilatateurs comme ici) afin d’augmenter la pénétration de l’antalgique et du myorelaxant   
      - NEOFORTAN 80 mg    1 Cp Eff x 3 par jour
DCI : phloroglucinol un antispasmodique musculotrope qui existe depuis longtemps sous la marque SPASFON 

       - PONSTYL SUPP    1 Supp x 2 par jour
DCI : l'acide méfénamique c'est un anti-inflammatoire non stéroïdien, de la famille des fénamates. Effets secondaires notables : ulcérations digestives avec ou sans hémorragie. Les hémorragies sont d'autant plus fréquentes que la posologie est élevée

 

Analyse critique :

     - 1ère  remarque au sujet du coût du NEOFORTAN :
Le fait de présenter le pholoroglucinol sous une forme effervescente ne paraît pas justifier, nous semble-t-il,  son coût par rapport à la spécialité  princeps le SPASFON, et en particulier le SPASFON LYOC en CP oro-dispérsibles.

SPECIALITE

PRESENTATION

PPM

SPASFON –LYOC 80 MG

10 CP

ORO-DISPERSIBLES

35.40 DH

NEOFORTAN 80 MG

 

10 CP EFFERVESCENT

72.80 DH

Variation nette de coût

37.40 DH

Soit + de100%

 

Sachant que les différences en terme de pharmacocinétique entre les deux présentations sont insignifiantes, le coût du NEOFORTAN  paraît, sauf erreur, difficilement défendable.

Reste le problème inhérent aux ruptures de stock à répétition du SPASFON face auxquelles le NEOFORTAN est une solution de réserve en particulier chez la femme enceinte.   
     POST-SCRPITUM  DU 26/01/2010 :
               lire à ce sujet Phloroglucinol effervescent Vs Phloroglucinol Lyoc

Phloroglucinol effervescent Vs Phloroglucinol Lyoc

Mise au Point au sujet de l’intérêt de la forme effervescente    

 

     - 2ème remarque au sujet de l’association d’AINS :
Bien entendu, l’association concomitante de deux AINS n’est absolument pas justifiée, l’argumentaire pharmacologique a déjà été développé dans les articles suivants : (Ctrl+Clic  pour afficher) 

- CAS D'OFFICINE : PONSTYL & BREXIN     
- CAS D'OFFICINE : CATAFLAM 25 MG & NALGESIQUE

Le fait qu’un des AINS soit en suppositoire et l’autre en injectable ne change en rien la finalité pharmacologique. Par ailleurs le Vidal dans sa rubrique « Références Médicales Opposables » retrouvée à la fin des monographies des AINS on peut lire ce qui suit :    

 

« Thème 1 - Prescription des antiinflammatoires non stéroïdiens, paragraphe 1.8 : Il n' y a pas lieu d'associer deux AINS par voie générale, y compris l'aspirine (Sauf lorsque celle- ci est prescrite à visée antiagrégante à des doses < 500 mg). Cette recommandation concerne toute la classe des AINS, qu'ils soient prescrits comme antalgiques, antipyrétiques ou anti-inflammatoires »

L’utilisation de l'acide méfénamique (PONSTYL) ne peut être envisagée, donc, qu’en traitement relais de l’indométacine injectable.

On peut considéré, dans le cas présent, qu’il s’agit d’un oubli de la part du prescripteur. Un oubli qui doit être rattrapé par l’officinal. Sans stigmatiser, en aucun cas, l’auteur de l’ordonnance, car cela induit une perte de confiance dans la relation médecin – patient ce dernier aura tendance alors à multiplier les consultations et à collectionner inutilement les effets secondaires.
Au contraire l’officinal, dans l’intérêt du patient même, doit veiller à consolider les rapports de ce dernier avec son médecin pour une bonne observance du traitement et pour avoir de bons résultats - éviter le plus possible les effets nocebo délétères - .                

Cela exige de la part de l’officinal dans certains cas, comme dans le cas de la présente ordonnance, non seulement des connaissances pharmacologiques mais aussi du doigté intellectuel et relationnel afin de remplir pleinement sa mission.

Rappel : il est absurde, voir suicidaire, qu’un professionnel de la santé voulant étaler sa compétence charge un confrère et ce pour les raisons suivantes :
- La 1ère victime de ce comportement stupide, c’est le patient qui perd toute confiance dans l’ensemble du corps médical     
- La 2ème victime c’est le corps médical dans son ensemble qui va perdre au final l’estime et le respect du citoyen.

 

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 11:00

Escapade en Chalon-sur-Saône

Avec Jeanne Parent


On commence cette année, en guise de cadeau, avec une jolie escapade sur la base d'une information publiée par les journaux marocains.   

Source : Le journal Marocain LE SOIR du 23/12/2009 page 32

             Mais c’est qui Jeanne Parent ? C’est une officinale à Chalon-sur-Saône qui à la fin de sa vie, à 90 ans, a légué 3,87 millions d’euros à sa commune. Cette somme a été affecté à divers travaux (adaptation des locaux communaux aux personnes à mobilité réduite,  création d’une garderie communale, etc.)

             Le pharmacien individualiste et asocial trouve ici le contre-exemple parfait. Pour nous c’est quasiment le rêve, d’une part un pharmacien soucieux du bien-être de sa commune mais d’autre part une commune digne de la confiance de l’un de ses contribuables, mon Dieu … .

             Et puisqu’on parle de choses divines, nous avons décidé donc de canoniser*  Me Jeanne Parent qui deviendra alors Sainte Jeanne Parent, Patronne des pharmaciens citoyens. Au revoir Lourde et bien venu à Chalon-sur-Saône qui deviendra le nouveau pèlerinage des pharmaciens désireux de retrouver un esprit citoyen  amen  

             * Une canonisation ? Ben oui , mais à la marocaine SVP, sans passer par Rome et sans avoir les mêmes croyances ! Avec en prime des youyous et couscous à volonté.
              Ah oui, autre chose, pour les pécheurs, les adeptes des plaisirs de la vie, les profanes et autres païens : le terme « canoniser » ne veut pas dire « rendre canon », mais non, voyons ... !
Quoi que … Ah si ce pouvoir ait été du ressort des humains, l'humanité n’en serait que plus heureuse.          

 

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 13:50

Bonne-annee-2010.jpg

            PHARHAMSTER

                   Vous souhaite une très bonne année 2010 avec nos vœux de :

                   Santé   : Pour pouvoir apprécier les êtres et les choses qui nous entoures
                   Argent : Pour avoir le pouvoir d’accéder aux belles choses                    
                   Amour : Pour donner un sens et une raison d’être à tout cela                   

 

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 19:09

LA GRIPPE  A/H1N1
L’AVIS DE LA REVUE PRESCRIRE

 

      L’excellente revue prescrire vient de communiquer son dernier avis au sujet de la grippe A/H1N1 dont les idées principales sont les suivantes 

Cet avis se base sur des données récentes qui datent du 11 décembre 2009

 

- Ces données confirment que la grippe A/H1N1 est de gravité clinique modérée.

- Elle est parfois mortelle, bien sûr, mais à un taux de l'ordre des taux observés lors d'épidémies saisonnières

- Les principaux vaccins spécifiques du virus H1N1 utilisés en France notamment ont des effets indésirables, bien sûr, mais rarement graves.

- Les données confirment aussi que l'antiviral oséltamivir (Tamiflu° ou autre) a des effets indésirables parfois graves. Et que son efficacité clinique reste très incertaine

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 11:18
Source : Le Soir, n° 464, En page une, du 15/12/2009   

09-12-15-Escapade-Logement-social.jpg

Quand un projet à caractère social se retrouve coincé entre la gabegie de l’administration & la cupidité exacerbée de certaines entreprises, dont il est inutile d’évoquer le nom.   

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 15:20

La leishmaniose

Quelques informations en bref  

 

Suite au commentaire suivant de Mr. H A. de Tinejdad, on vous propose un très bref rappel sur la leishmaniose.

salut H. A.* de tinejdad permettait mois de te remercie tout d abord et je souhaite que tes parle  de    leishmaniose  et l absence injustifie de glucontime   en pharmacie et merci beaucoup      

* Note déontologique : Nous avons communiqué ici que les initiales du patient, on recommande vivement à nos patients de ne jamais communiquer sur internet leur nom et prénom afin de protéger leur vie privée. Internet est un média public

On vous propose donc ce texte comme une réponse très simplifiée que nous aurions pu  donner à une requête similaire dans notre officine.

                     Source : « Précis de parasitologie médicale » Pr. A. Agoumi, Ed Medika 2003. Pages 49-63 

 

La leishmaniose  est une maladie due à un parasite protozoaire flagellé : le leishmania

  09-12-11-Leishmania.jpg

Source : - Image de gauche  Dr Laurence Tetley, University de Glasgow
             - Image de droite : www.cdc.gov/Healthypets/diseases/leishmania.htm

 

On a globalement 2 types de leishmanioses : la leishmaniose viscérale et la leishmaniose cutanée

La leishmaniose viscérale ou maladie de KALA-AZAR :
Au Maroc 50 cas environ sont détectés chaque année, ce qui en fait une maladie relativement rare

     Le parasite responsable : le leishmania infantum il est transmis par  un insecte diptère hématophage le phlébotome.

09 12 11 flebotomo

     Région de prédilection : Au nord dans le Rif, au sud dans région d’Agadir et de Tafraout 

     Traitement : on a 2 produits

                     Antimoniate de méglumine GLUCANTIME ®  en injectable
                     Iséthionate de pentamidine PENTACARINAT ® 300  mg en injectable

Pour répondre exactement à Mr H.A. de Tinejdad, L’absence du GLUCANTIME ® des rayons des pharmacie se justifie au vu du nombre de cas. La leishmaniose viscérale est en fait une maladie à déclaration obligatoire au Maroc et sa prise charge devrait, à notre avis, se faire au niveau des structures de la santé publique. Et pour être honnête avec quelques longues années d’expérience nous n’avons jamais eu à délivrer  le GLUCANTIME ® ni à gérer en terme de conseil une leishmaniose viscérale ce qui n’est pas le cas de la  leishmaniose cutanée dont on a eu connaissance et dont l’origine était souvent les régions nord, elles étaient suivies toutes au niveau du CHU d’Avicenne.

 

la leishmaniose cutanée 
Elle est transmise aussi par le  phlébotome.
   Les parasites responsables :

           Leishmania major : dans le rural du le sud et du sud-est de l’Atlas
           Leishmania tropica : dans le versant atlantique de l’Atlas et le Nord du Maroc 
           leishmania infantum : au niveau elle est rare avec quelques cas sporadiques  

  Traitement : Antimoniate de méglumine GLUCANTIME ®  en injectable

 

La prophylaxie*  des leishmanioses :
Elle est basée sur la lutte contre les vecteurs de la maladie à savoir le phlébotome, les chiens errants et certains rongeurs 

* Ensemble de moyens médicaux mis en œuvre pour empêcher l'apparition, l'aggravation ou l'extension des maladies.

Conclusion :

Nous tenons à remercier Mr H A. de Tinejdad de nous avoir permis de plancher sur un sujet qui à priori n’aurait probablement jamais été traité sur ce Blog. Par ailleurs on ne vous cache pas notre fierté d’avoir parmi nos lecteurs aussi bien des internautes de Tinjdad que des Cardiologues australiens, en passant par des moteurs de recherche américains spécialisés et des sites russes, ou encore plus prés de nous des chirurgiens dentistes et des médecins internes de Marrakech ou tout simplement nos confrères pharmaciens au Maroc et en France. Tout cela pour vous dire simplement   merci          

LIRE AUSSI : LA LUTTE CONTRE LA LEISHMANIOSE A ERRACHIDIA S'ORGANISE  

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 13:10

LE DEBUT DE LA VACCINATION
CONTRE LA GRIPPE H1N1 AU MAROC

 

Source : « Grippe A : Comment se déroule la vaccination » Le journal Le Soir n°463, pages 8 et 9 du 14/12/09

 

                    Comme vous le savez certainement la vaccination contre la grippe A a commencé il y a quelques jours ciblant essentiellement la population à risque.

Pour être honnête, on a été très sceptiques quant au déroulement de cette opération connaissant :
- D’une part les habitudes traditionnelles de notre administration (gabegie, laxisme, copinage, clientélisme, gestion douteuse)
- Et les spécificités d’une partie non négligeable de notre population (incivisme, pauvreté et ignorance)

                    Pourtant, les premières informations qui nous sont arrivées montrent que cette opération se déroule plutôt bien. Ces informations on été corroborées par un article paru aujourd’hui dans le journal Le Soir, où on y apprend qu’on a poussé les règles de bonne gouvernance pour cette campagne jusqu’à l’organisation de la collecte des déchets médicaux via des « conteneurs spécifiques », afin d’éviter la réutilisation, volontaire ou involontaire, des outils piquants, coupants ou tranchants utilisés pour cette campagne. Du côté des citoyens les choses se passent globalement dans la sérénité. Pourvu que cela dure   

                    Il faut dire qu’habituellement dans les organisations « à la marocaine » de ce genre d’opérations on a 3 cas :  
     - Soit les citoyens se comportent bien mais l’organisation est catastrophique.
     - Soit l’organisation est correcte mais l’incivisme, la pauvreté et l’ignorance du citoyen font capoter tout l’effort consentit à tel point que vous pouvez réunir la méthodologie des vikings scandinaves, le génie des peuples germaniques et la rigueur des samouraïs nippons, rien n’y fait ça sera toujours un échec.
     - Soit l’organisation est catastrophique et le comportement du citoyen l’est tout autant, ce qui est à notre avis malheureusement, est le plus fréquent, l’un rejetant la faute sur l’autre ; et c’est entre la poule et l’œuf que nos politiciens et nos sociologues tournent en rond depuis de longues années.    

Post-scriptum du 08/01/2010 :
De nouvelles précisions à ce sujet dans un récent article :
GRIPPE A H1N1 & LA PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DU RISQUE SANITAIRE

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 14:04

EUMOXOL - AMBROXOL 

Filiation chimique et pharmacologique de l’ambroxol

 

09 12 10 ambroxol eumoxol copie

Sources :
- « Copie d’ambroxol : l’avalanche » Revue prescrire, n°248, Tome 24, page 188, Mars 2004
- « Ambroxol hydrochloride ». In : « Martindale The Complete Drug Reference 33rd ed. The Pharmaceutical Press, London 2002 : 1084-1085
- Dorvault 23ème ed. Page 87et page 282
- Sites : BIAM, AFSSAPS, ESCULAPE-PRO

             Dernièrement on a reçu un mailing annonçant la mise sur le marché marocain d’une nouvelle spécialité à base d’ambroxol, un expectorant utilisé dans les toux productives. C’est l’occasion pour PHARHAMSTER de vous présenter une analyse critique de l’offre d’ambroxol sur le marché marocain et notre classique filiation chimique et pharmacologique afin de bien situer cette molécule.   
 

Poste- scriptum du 22/02/10

Suite à la mise sur le marché marocain da la spécialité Ambrolys en janvier 2010 une mise à jour de cet article a été effectuée.


 

Rappels déontologiques : 

- Les données présentées ici ont été établi par nos soin de bonne foi, sauf erreur ou omission
- Loin de nous toute stigmatisation de n’importe qu’elle spécialité, l’objectif étant de clarifier une situation afin favoriser l’émergence d’une concurrence saine à même de consolider notre industrie qui sera poussée vers plus de rigueur et d’efficience managériale localement, ce qui ne manquera d’être un atout considérable dans son expansion sur le marché international. Un marché local biaisé peut avoir des effets négatifs sur l'international et impacté même la pérennité des entreprises au vu du démantèlement  des barrières douanières future.   
 

 

Analyse de l’offre d’ambroxol sur le marché marocain :

Cette offre se caractérise par son hétérogénéité

- au niveau de la quantité délivrée qui varie entre 125 ml, 200 et  250 ml

- au niveau des concentrations par ml : 15 mg / 5 ml ou 30 mg / 5 ml

- au niveau des prix

Cette complexité de l’offre rend presque impossible, au médecin prescripteur, d’identifier la présentation la plus avantageuse pour son patient. Ce qui rejoint de facto les conclusions de l’Enquête parlementaire.

Pour clarifier cette offre, et pour comparer ce qui est comparable, on a ramené le PPM sur la base : du prix de 15 mg d’ambroxol (indépendamment du nombre de ml, car ce qui importe le plus c’est la quantité de principe actif délivré).

Les 15 mg d’ambroxol standard retenus ont été choisis sur la base de la présentation de la molécule princeps (MUXOL)           

 

Spécialité

Flacon

Concentration

PPM

PPM

Par 15 mg

LABO.

MUXOL AD

250 ml

15 mg / 5 ml

38.80

0.776

COOPER

S/L LEURQUIN M

MUXOL EN

125 ml

15 mg / 5 ml

27.10

1.084

BROCLAR

200 ml

15 mg / 5 ml

31.00

0.775

IPHARMA

BROMAX AD.

200 ml

30 mg / 5 ml

33.00

0.412

AFRIC-PHAR

BROMAX EN.

200 ml

15 mg / 5 ml

29.00

0.725

AMBROLYS 30 mg

200 ml

30 mg / 5 ml

33.00

0.412

SOTHEMA

IDEXPHARME

AMBROLYS 15 mg

200 ml

15 mg / 5 ml

27.50

0.687

BRONCOLIBER AD.

200 ml

30 mg / 5 ml

51.00

0.637

AFRIC-PHAR

S/L TECHNIMEDE

BRONCOLIBER EN.

200 ml

15 mg / 5 ml

34.65

0.866

FLUIBRON

200 ml

15 mg / 5 ml

38.85

0.971

PROMOPHARM

EUMOXOL AD.

250 ml

15 mg / 5 ml

34.00

0.680

PHARMA 5

EUMOXOL EN.

125 ml

15 mg / 5 ml

18.00

0.720

 

           - Le coût des 15 mg d’ambroxol standard le plus avantageux est celui de AMBROLYS et du BROMAX AD, ce dernier est fabriqué par le même laboratoire qui fabrique le BRONCOLIBER  avec un coût de plus 35% pour la forme adulte. Certainement cette plus-value est justifiée en partie par les royalties dues à la licence de la marque du laboratoire international mais cela ne justifie absolument pas la présence de ces 2 spécialités à la fois pour le même fabricant.       

          - Le coût des 15 mg d’ambroxol standard le plus élevé est paradoxalement (le fameux paradoxe marocain) n’est pas celui de la molécule princeps. Et je vous laisse volontiers le soin de l’identifier vous-même, un petit effort de votre part, c’est une bonne façon de le retenir afin d’éviter l’écueil éventuel.   

         - Pour le cas d’EUMOXOL dit « enfant » la variation réelle du coût avec le BROMAX enfant et AMBROLYSE 15 mg n’est pas significative même si son PPM de 18,00 DH paraît a priori abordable.       

          - Les formes dites « adulte » ou « enfant » sont, dans la majorité des cas, faites avec les mêmes concentrations. Autrement dit, ces appellations non rien de pharmacologique, c’est juste des astuces marketing, mise à part le BROMAX et le BRONCOLIBER, ce sont en faite juste le petits et les grands models des mêmes produits.

A noter que le nom commercial d’AMBROLYS le dernier ambroxol mis sur le marché est à notre avis plus logique puisqu’il n’introduit plus les substantifs « Enfant » et « Adulte »

 

 

Filiation chimique et pharmacologique de l’ambroxol :

Filiation chimique :

Dénomination chimique : TRANS-((AMINO-2 DIBROMO-3,5 BENZYL)AMINO)-4 CYCLOHEXANOL CHLORHYDRATE

09 12 11 Ambroxol et Bromhexine
         L’ambroxol est donc un dérivé bromé, qui est en fait le métabolite de la bromhexine (Bisolvan CP, Pectryl en association avec le sulfogaïacol). Autrement dit après administration de la bromhexine elle se transforme dans le corps (elle est métabolisée) en ambroxol et au final en terme d’effet pharmacologique c’est la même chose.

  

Filiation pharmacologique :

Il s’agit d’un mucolytique ayant des effets similaires à la carbocistéine (Rhinathiol, Bronchokod …), à l’acétylcystéine (Exomuc …)    

       - L’ambroxol augmente la sécrétion des cellules caliciformes et séromuqueuses bronchiques.
       - Il réduit la viscosité du mucus permettant ainsi une amélioration de la fonction ciliaire.
       - Il favoriserait la formation du surfactant pulmonaire par les pneumocytes de type 2.
 

 

L’avis du pharmacien :

Il faut rappeler les points suivants :

       - Donner un antitussif en cas de toux productive est une absurdité, les crachats sont un moyen de défense de l’organisme qu’il faut respecter  
       - Le traitement de base pour une toux productive reste tout simplement l’eau (la réhydratation) lire à ce sujet CAS D’OFFICINE : A POROPOS D’UN CAS DE TOUX CHEZ UNE FEMME ENCEINTE  
       - En plus de l’eau, nous pensons qu’une toux productive sans fièvre peut être améliorée avec une activité physique modérée. Cette activité qui va créer une demande hydrique et améliorer l’efficience respiratoire 
       - Devant toute demande de médication pour une toux productive, il faut absolument rechercher un tabagisme actif ou passif. Et c’est une occasion idéale et opportune qu’on utilise dans notre officine pour réitérer inlassablement notre message contre le tabac LA CIGARETTE UNE PHARMACOLOGIE DE LA MORT 
       - Attention à l’utilisation des mucolytiques chez l’enfant de moins de 2 ans, à cet age là le nourrisson n’arrive pas à cracher et le seul moyen qui reste (à notre connaissance) est la kinésithérapie respiratoire

 
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