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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 18:40


Traduction : DECADRON DCI dexaméthasone un corticoïde, utiliser en pharmacomarocologie pour favoriser la prise de poids ?!?!
Il s’agit bien entendu d’une attitude stupide et dangereuse, cette prise de poids est due à la rétention de l’eau (plus exactement c’est une rétention hydrosodée) avec des effets secondaires sur le moyen terme catastrophiques de type :

- Hypertension artérielle (due à la rétention hydrosodée)
- Ostéoporose
- Diabète
- Risque de mort en cas d’arrêt brutal par choc hypocortisolique (rien que ça)

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 19:00

à propos d’un cas
de syphilis secondaire

 

       Il y a quelques jours, un de nos patients s’est présenté à nous pour information et conseil. IL nous a présenté d’abord 3 documents qui concernent sont neveu âgé de 30 ans qui présentait des « lésions » cutanées au niveau de la peau et en particulier au niveau de la paume des mains. Ces 3 documents comprenaient             

1er    document : Une demande d’analyse VDRL & TPHA
2ème document : Le résultat de cet analyse qui était positif, en plus de celui de l’hépatite C : négatif et du VIH négatif
3ème document : L’ordonnance du médecin traitant avec : la Pénicilline G  et une oxytetracycline en Cp.


Selon notre interlocuteur, le patient a très bien répondu au traitement.
Une première constatation s’impose, il s’agit visiblement d’une syphilis secondaire classique. Et notre interlocuteur ne s’avait visiblement pas la nature réelle de cette pathologie

       Mais ce qui amena en fait notre interlocuteur à s’informer, c’est que quelques mois après cet épisode, la sœur du patient a présenté les mêmes symptômes que son frère, et il se posait la question s’il fallait administrer le même traitement à la sœur ? 
Sur le coup on est resté très perplexe, s’agit-il d’une de ces histoires pas très catholiques de relation incestueuse …Notre attitude a été de deux niveaux : il fallait d’une part répondre honnêtement à notre interlocuteur (il y va de notre crédibilité) tout en ménageant les susceptibilités. Chaque mot devait être bien jugé et bien jaugé comme si on avançait sur un terrain miné. Mais avant cela il fallait bien s’informer nous-mêmes sur la contagiosité de la syphilis secondaire.

En effet la syphilis secondaire va s’exprimer entre autre par des syphilides qui sont de petites élevures brun rougeâtre infiltrées souvent macérées voire suintantes. Ces syphilides sont en effet très contagieuses d’autant plus qu’elles siégent le plus souvent au niveau du visage dans plantes des pieds et des paumes des mains. Si la syphilis est à 95 % de transmission vénérienne, il reste néanmoins 5 % de cas de transmission non vénérienne (cf. source n° 1 n° 2 et n° 3)     
Il est donc probable (à hauteur de 5 % des cas) que dans notre cas le mode de contagion ait été cutané ou plus vraisemblable cutanéo-muqueux  (sauf informations dont on ne dispose pas).
Nous avons donc pu expliquer dans la sérénité à notre interlocuteur la nature vénérienne de cette pathologie et son mode de transmission pourcentages à l’appui. Bien entendu il fallait impérativement pour le cas de  la sœur consulter le médecin traitant avant toute démarche.

Reste une question pourquoi en a arrivé au stade de syphilis secondaire ?



                                                                                  Un chancre

La syphilis est une infection sexuellement transmissible due à une bactérie le tréponème pâle. Les stades de la syphilis e
n bref : 
        - le stade primaire est caractérisé par l’apparition d’un chancre (petite ulcération de 3 à 5 mm le plus souvent indolore reposant sur une base ferme à la palpation). 
        - Cette syphilis male ou non traitée va évoluer vers la syphilis secondaire caractérisée par une éruption cutanée suivie quelque temps par les fameux syphilides de notre patient.
        - Ce stade non ou mal traité va évoluer vers la syphilis tertiaire caractérisée par les complications neurologiques extrêmement graves (dont on a eu à apprécier la gravité dans un autre cas réel dans notre quartier en souffrance encore jusqu'à aujourd’hui)       

La responsabilité du pharmacien :

Cette responsabilité est énorme vu que généralement l’officine est la première porte franchie en cas de lésion génitale. L’attitude de l’officinal sera déterminante et on la résumera en une phrase :

Face à toute lésion génitale il est irresponsable voire criminel de la part du pharmacien d’officine d’opter pour un quelconque traitement sauvage que ça soit par voie cutanée ou par voie orale et ce quelque soit les conditions matérielles ou autres du patient.  

Faire la différence entre un chancre mou, une balanite ou un simple eczéma est du ressort strict du médecin, tout traitement hasardeux d’une lésion génitale peu avoir des conséquences désastreuses sur le patient et son entourage comme on vient de le voir dans ce cas.

                   

 Source 1 :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Syphilis#Syphilis_secondaire

«  On retrouve des syphilides, au niveau du visage, des paumes des mains et des pieds, et en périorificiel, petites papules brun cuivrée, polymorphes, très contagieuses : un simple contact d'une muqueuse syphilitique ou d'une syphilide contre une peau ayant une forme de lésion quelconque (grattage, coupure, brûlure ou autre forme de plaies) suffit à être contaminant »

 Source 2 : http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie/syphilide-4454.html

« La syphilis est particulièrement contagieuse pendant la phase primaire et secondaire. Étant donné que le tréponème peut traverser la peau qui n'est pas abîmée, son passage vers l'intérieur de l'organisme se fera par l'intermédiaire d'une muqueuse (couche de cellules recouvrant l'intérieur des organes creux en contact avec l'air et tout particulièrement la bouche le rectum) par l'intermédiaire des baisers ou des contacts corporels intimes) ou par l'intermédiaire d'une peau lésée. Une fois que le tréponème a pénétré à l'intérieur du corps il envahit le système lymphatique où on le retrouve dans les ganglions lymphatiques quelques heures après son inoculation (introduction dans l'organisme). À partir des ganglions lymphatiques, le tréponème va se répandre dans la circulation sanguine (voie hématogène). Dans plus de 95 % des cas, la transmission se fait par voie sexuelle. Néanmoins il est nécessaire que le microbe (spirochète) pénètre dans l'organisme par des écorchures des muqueuses. Le contact sexuel avec une personne infectée, quelquefois n'est pas contaminant si la muqueuse du partenaire est saine. »

 Source 3 : Treponema  http://www.microbe-edu.org/etudiant/Treponema.html

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 19:05

Cas d’officine

Intoxication au paracétamol : conduite à tenir en officine

Présenté par Dr Mouna Pharmacien d’officine

 

    Il y a quelques jours, on a eu à faire face à une situation d’urgence qui nous a mis les nerfs à rude épreuve, heureusement, les suites ont été simples.
Il s’agit d’un nourrisson de 6 mois pesant 7kg à qui la grand-mère a administré pour cause de poussée dentaire, 1 suppositoire  de DOLIPRANE 1 g au lieu de 100mg !
Après le lui avoir introduit (tant bien que mal ! ), elle est venue à la pharmacie, 30mn après, s’enquérir du bien fondé de son acte ayant été tout de même alertée par la taille du suppositoire.
      - Le bébé ne présentait pas de signes de toxicité qui apparaissent d'ailleurs assez tardivement,
      - On a téléphoné à un réanimateur en pédiatrie avec qui on a coordonné la conduite à tenir, conduite confirmée sur un site de réanimation pédiatrique suisse.
      - On a administré au bébé 140 mg x 7 kg = 980 mg de N-acétylcystéine soit 5 sachets d'exomuc et on a "ordonné" aux parents de l'évacuer vers le centre anti-poison et de leur expliquer (médicaments à l'appui) ce qui s'est passé et les gestes déjà faits.
      - Les parents n'étaient pas du tout alarmés, ils étaient même étonnés devant notre attitude, ils trouvaient que le bébé barbotait comme d'habitude et qu'ils ne voyaient pas la nécessité de l'emmener, de toute façon, ils ont ajouté que le suppositoire n'a pas été administré totalement et correctement ! Il faut dire que la famille évolue dans un contexte psychologiquement fragile ...
      - Malgré notre insistance presque maladive, ils ont campé sur leur position ! Finalement, on leur a recommandé la dose d'entretien de 70 mg x 7 kg = 490 mg de N-acétylcystéine soit 2 sachets et demi de l'EXOMUC toutes les 4 h .
      - durant toute la semaine suivante, on a prêté attention tant bien que mal à l'évolution de cette fille : elle se portait comme un charme, son contexte familial était assez spécial : père absent depuis des mois, mère sous neuroleptiques, grand-mère désemparée !

In fine, notre attitude illustre bien toute la difficulté à mettre en place une conduite à tenir normalisée. Face à certaine situations, l’officinal marocain a l’obligation de s’investir (ce qui implique une prise de risque oui mais calculée) en fonction de son contexte socioculturel, en mettant au centre de sa réflexion l’intérêt du patient mais sans oublier les principes fondamentaux de la toxicologie et de la  pharmacologie     


Intoxication au paracetamol les points importants à retenir :

- Dose toxique du paracétamol chez l’adulte : 150 mg / kg ; chez l’enfant 200mg / kg
- L’antidote est la N-acétylcystéine :
MUCOMYST, EXOMUC ou FLUIMUCIL (sachets à 100-200 mg) ; d’autant plus efficace qu’il est donné dans les 8h qui suivent l’ingestion.
- Dose de charge  de 140 mg / kg puis 70 mg / kg toutes les 4 h pendant 72h.

Pourquoi précisément la N-acétylcystéine ? Rappel du mécanisme d’hépatotoxicité du paracétamol et du mode d’action de son antidote la N-acétylcystéine :

- Le paracétamol (ou acétaminophène) est détoxifié principalement par conjugaison au niveau du foie.
- Une faible fraction est transformée en un métabolite réactif qui est le principal dérivé toxique du paracétamol. Il est détoxifié par une réaction avec le capteur de radicaux glutathion (donneur de SH) dans le foie.

- Si le glutathion n'est pas disponible en quantité suffisante ou que la réserve dans le foie est épuisée, le métabolite réactif provoque des lésions hépatotoxiques.

- Un risque accru d'hépatotoxicité existe dans tous les états caractérisés par un manque de glutathion (malnutrition, anorexie, éventuellement maladies du foie) et/ou une formation accrue du métabolite toxique (éthylisme chronique, médication inductrice comme p.ex. les antiépileptiques ou la rifampicine).

- La N-acétylcystéine prend la place du glutathion comme donneur de radicaux SH pour détoxifier le paracétamol. Le traitement par NAC permet donc de reconstituer les réserves de glutathion et de poursuivre l’élimination du métabolite toxique.

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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 16:12

Cas d’officine 

Cataflam et Nalgesique pour un enfant de 8 ans

 

On a reçu dans notre officine l’ordonnance suivante, pour Abdelali un enfant de 8 ans, datée du 16/09/2009

 

 

Rappels déontologiques : 
- les coordonnés du médecin traitant, du service et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.       
- Loin de nous tout côté « donneur de leçons », Pharamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. - Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

On retrouve dans cette ordonnance les médicaments suivants :

      - Cataflam 25 mg cp             1 cp x 3 par jour
DCI diclofénac anti-inflammatoire non stéroïdien dérivé de l'acide phénylacétique du groupe des acides arylcarboxyliques. 
      - Nalgesic cp                         1 cp x 3 par jour
DCI fénoprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien, appartenant au groupe des propioniques, dérivé lui aussi de l'acide arylcarboxylique
      - Aclav Sachets enfant           1 sts x 3 par jour
Générique de l’Augmentin, c’est une association d’amoxicilline / acide clavulanique (1/8). Par sachets enfant il faut comprendre la forme sachets dosés à 500 mg

 

Analyse critique : 

- L’association de 2 AINS est absolument injustifiée, ce sujet a été déjà traité dans un autre cas d’officine (Ponstyl & Brexin). Dans le cas présent les 2 AINS appartiennent en plus au même groupe chimique
- Le Nalgesic est, tout simplement, contre-indiqué chez l’enfant de moins de 15 ans, Abdelali lui a 8 ans

 
Notre attitude :
C’est simple, en absence des coordonnés téléphoniques du médecin traitant, on décidés de ne délivrer que le CATAFLAM et l’ACLAV 
 

Discussion :

L’enfant Abdelali, 8 ans, soufrait visiblement d’une otite très douloureuse. Face à cette douleur le médecin traitant, cherchant à être le plus efficace, voulait certainement associer un AINS et un antalgique, sauf que là le 2ème produit prescrit est aussi un AINS même si les représentants des laboratoires le présentent d’abord comme un antalgique. (et ce pour attaquer prioritairement le marché des paracétamols)
Les alternatives au fénoprofène dans ce cas existent : soit du paracétamol, soit en cas de douleur très intenses la codéine (un opiacé connu comme antitussif et qui est un excellent antalgique) qui existe avec une présentation pédiatrique sous le nom de CODENFANT. Un produit à notre avis stratégique très peu « promotionné » et donc peu prescrit. Parfaitement adapté aux douleurs ORL et même dentaire de l’enfant
Comme tout dépresseur opiacé il faut éviter tout surdosage et l’utilisation en cas d’insuffisance respiratoire ou d’asthme est à proscrire absolument.     


Conclusion :
Les conditions désastreuses dans lesquelles travail nos médecins urgentistes, l’absence d’une formation continue libre et indépendante de l’argent des laboratoires,  expliquent largement ce genre d’ordonnances.
L’officinal quant à lui doit être extrêmement vigilant, lors de la délivrance d’AINS aux enfants. Et de façon générale les posologies de la tranche d’âge dite des grands enfants (entre 9 et 13 ans) sont assez compliquées et les risques d’utilisation de produits destinés à l’adulte sont réels          

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 17:20

Pour une perle, c’est un bijou que l’on vous offre :

Traduction : Toplexil un sirop antitussif et antihistaminique à base d'oxomémazine

Ah ! Les noms de médicaments c’est toujours compliqué avec toutes ces « t »  qui ressemblent à des « p » elles-mêmes ressembles à des « b » ou des « e ». En plus les majuscules et les minuscules ne s’épousent-ils pas ?  
Sur ces bases orthographiques « marocofrancologiques » le terme poblexil est tout à fait correcte   

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 18:42

Remise sur le marché marocain des spécialités

NOVALGINE & BARALGIN

 

On avait annoncé avec grande satisfaction sur pharamster dans un article  (à lire absolument) daté du 27 avril 2009 la décision de la direction du médicament de supprimer les spécialités NOVALGINE & BARALGIN.

Le 22 juin 2009 un courrier du laboratoire fabriquant adressé aux pharmaciens annonce la décision du ministère de la santé de remettre sur le marché marocain ces deux spécialités à partir de la mi-juillet 2009 moyennant 2 conditions : 

Le rajout au niveau du conditionnement secondaire de la notice la mention suivante en rouge "produit soumis à prescription médicale". 

  Le rajout au niveau de la notice des mises en garde concernant les accidents immuno-allergiques (agranulocytose et choc) sic


L’avis du pharmacien :
              La noramydompyrine (DCI de ces deux spécialités) est une molécule dont le bénéfice / risque est largement défavorable (lire en particulier la deuxième partie de notre article du 27 avril 09). Elle a été tout simplement mise à l’écart voire supprimée dans plusieurs pays en Europe.
              Le fait de rajouter, au niveau du prospectus, la mention « produit soumis à prescription médicale » ne changera certainement en rien les pratiques de délivrance de ces spécialités au Maroc où on vend facilement des produits tableau C ou A sans prescription (pour différentes raisons notamment économiques)  d’autant plus que le NOVALGINE et le BARALGIN constituent  des spécialités largement utilisées en automédication, elles sont de facto très peu prescrites par les médecins.
              Le fait de rajouter sur la notice la possibilité de survenue d’accidents immuno-allergiques sans préciser qu’il s’agit d’agranulocytoses mortelles dans 10 % des cas n’aura non plus aucun impact sur l’utilisation de ces produits.

              Il est clair que le marché de ces deux spécialités est suffisamment gros pour que le laboratoire fabriquant  mette autant de pression pour leurs remise sur le marché marocain malgré les risques encourus par les patients.
Par ailleurs il y a eu une succession d’événements assez troublante, dont on vous laisse juge, à savoir

    - Au mois d’avril 2009 la direction du médicament annonce le retrait des spécialités précitées

    - Un mois plus tard, Pr. Agoumi, qui était jusquà là à la tête de cette direction, est limogé.

    - Un mois encore plus tard, on annonce la remise sur le marché marocain des spécialités susmentionnées


Pr. Aziz Agoumi
 : pharmacien de formation et il est  enseignant chercheur à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat
Mr Omar Bouazza son remplaçant, est pharmacien de formation avec un master de gestion d’entreprise de l’ISCAE, ex pharmacien chef à la délégation de Sidi Kacem et de l’hôpital semi-publique Cheikh Zaid
En claire on a remplacé un homme de la recherche par un homme de l’entreprise, on peut facilement prévoir l’orientation des décisions futures en matière de médicament au Maroc                 

 
In fine :
 

               Les décisions concernant les médicaments sont souvent complexes, et largement obscures pour le commun des citoyens, car elles impliquent :

     - d’une part la maîtrise de connaissances pharmacologiques trés poussées
     - elles impliquent d’autre part de faire des compromis avec de gros intérêts financiers, économiques et industriels qui constituent de véritables groupes de pressions fort puissants aux effets spectaculaires sur les appréciations et les décisions des fonctionnaires de l’Etat.

Malgré cet état de fait lourd et pesant, le corps médical peut encore réagir à 2 niveaux :  
     - Au niveau individuel : en mettant en avant son éthique et sa conscience professionnelle, cette conscience doit être appuyée par une formation continue pertinente et indépendante
     - Au niveau collectif : là c’est le rôle des institutions représentatives (Ordre et syndicats), qui ne peuvent se recroqueviller uniquement sur des considérations corporatistes. Elles doivent investir impérativement le champ scientifique et technique et donner leurs avis en mettant le patient au cœur de leurs préoccupations        

  
                 

 

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 20:09

EFFERALGAN VITAMINE C & EFFERALGAN 500 MG CP
Attention aux posologies à l’aveugle


Au Maroc la spécialité EFFERALAGAN est disponible sous 3 formes

-          En sirop pédiatrique

-          En cp effervescent sécables à 500 mg

-          Et en cp effervescent sécables à la vitamine C mais qui sont dosés à 330 mg en paracétamol

Ce dernier dosage n’est mentionné que dans la formule du médicament alors que logiquement il doit apparaître en premier sur le packaging.

Au lieu du dosage en paracétamol, le packaging met l’accent sur la vitamine C, qui est dosée à 200 mg seulement, ce qui en fait un argument purement marketing sans importance pharmacologique notable.

La bêtise du pharmacien :

C’est de conseiller l’EFFERALGAN Vitamine C à un adulte à la posologie de 1 Cp 3 fois par jour soit 330 mg de paracétamol 3 fois par jour ce qui est la dose d’un enfant de 16.5 kg (sur la base des 60 mg/kg/jour).

« L’EFFERALGAN vitamine C » est en fait une forme pédiatrique destinée aux grands enfants (de 16 à 40 kg soit entre 4,5 ans et 13 ans). Pour l’utiliser chez l’adulte il faut prendre 2 cp 3 fois par jour ce qui en fait, du coup,  l’un des paracétamols les plus chers du marcher Marocain !!!                 

La bêtise des pharmaciens :

C’est de se comporter comme de vulgaires petits apothicaires à l’esprit strictement mercantile sans avis critique, ni aucun recule, par rapport aux produits qu’ils vendent.

Dans le cas précis de l’EFFERALGAN, le pharmacien en tant qu’officinal doit (oui c’est un devoir) non seulement donner son avis mais aussi peser de tout son poids (à travers ses instances représentatives oh combien absentes) afin de changer la mention « EFFERALGAN VITAMINE C » en « EFFERALGAN 330 MG A LA VITAMINE C » ce qui montrera son attachement sans faille aux intérêts des ses patients en terme de sécurité et d’efficacité des produits qu’il vend  (c’est une attitude que ni Mr J. ATTALI et encore moins Mr E. LECLERC n’ont prévu dans leurs analyses)   

Les officinaux deviendrons ainsi, à travers leurs instances représentatives, un véritable groupe de pression et un Think tank pour les institutions chargées de réglementer le secteur de la santé en général et du médicament en particulier (AFFSSAPS en France, Direction du médicament au Maroc …). Alors qu’aujourd’hui ils ne sont rien d’autre que de simples petits coursiers focalisés sur de petits intérêts mercantiles.

Mais, me diriez-vous, c’est quand même simple de changer une mention sur un carton, encore faut-il le faire … Bon courage.               

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:58

ESCAPADE ENTRE LES LIGNES DES JOURNALISTES

 

Dans un article du journal arabophone AL JARIDA AL AOULA du 1-2/08/09 on pouvait lire la déclaration suivante de Abdel Bari Zemzmi, un imam et parlementaire casablancais d’obédience islamiste :

« La femme enceinte, qui a des envies, a le droit de boire du vin »

Réplique dans le journal francophone LE SOIR du 03/08/09 :

« Rouge si elle attend une fille, rosé si c’est un  garçon »

PS : Si un jour vous rencontrez un jour une femme voilée entrain de se taper un bon rouge de GUEROUEN avec de délicieux  tapas, ne soyez pas étonné ce ne sont que des envies de femmes enceinte.     

Plus sérieusement : L’abus d’alcool est extrêmement dangereux pour la santé, et chez la femme enceinte en particulier c’est à proscrire de façon stricte car il expose le fœtus à un danger réel (retard de croissance, séquelles neurologiques …).

Plus généralement, En matière de santé la bonne attitude c’est de ne pas se fier ni aux imams, ni aux rabbins, ni aux papes (affaire du préservatif), il vaut mieux se contenter de notre bonne médecine actuelle avec ses incertitudes et ses risques que de livrer son corps (et plus grave sa conscience) aux promoteurs des vérités absolues et des solutions radicales.

A propos d’incertitudes : Savoir admettre par le corps médical, et faire admettre à nos patients, les incertitudes de la médecine et de nos thérapeutiques en général n’est pas aisé mais c’est paradoxalement un gage en soi de leur sérieux et de leur sécurité                      

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 20:08

Cas d’officine : Dextropropoxyphène & Bromazépam

 

Ci-après la présentation d’un cas concret qui démontre les risques d’une polymédication incluant du dextropropoxyphène  



Rappels déontologiques :
  - les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.      

  - Loin de nous tout côté « donneur de leçons », Pharamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

 

       Il s’agit d’une ordonnance émanant du secteur libéral datée du 02/07/2009, pour Mme Izza, une patiente de plus de 50 ans avec :

       - Carboline                     1 CP x 3 / Jour
                   Charbon végétal 
       - Digestine                     1 CP       / Jour 
                   Métoclopramide sous forme de résinate 
       - Diantalvic                     1CP x 3 / Jour
                   Dextropropoxyphène + Paracétamol
       - Vastarel 35 LM             1 CP X 2 / Jour 
                   Trimétazidine Médicament à visée anti-angineuse utilisé dans les vertiges et acouphènes 
       - Anxiol 6 mg                  1 CP     le soir
                   Bromazépame

 

Analyse :

      Au-delà de la discussion autour de l’intérêt réel de la Trimetazidine qui est tout à fait discutable, en effet selon la revue Prescrire (N° 295, page 339, mai 2008) « La trimétazidine (Vastarel° ou autre) est commercialisée depuis plus de 45 ans en France, malgré une balance bénéfices-risques défavorable. Son efficacité n'est pas solidement démontrée dans ses diverses indications thérapeutiques, que ce soit en cardiologie (angor), en ophtalmologie (troubles visuels), ou en neurologie (vertiges, bourdonnements et sifflements d'oreilles) ; et elle expose notamment à des risques de syndromes parkinsoniens. »  
     Au-delà du risque de potentialisation des syndromes extrapyramidaux par l’association de Métoclopramide (se rappeler d’abord que c’est un neuroleptique utilisé dans les vomissements) et de la trimétazidine   
     Cette ordonnance pose sérieusement le problème de l’association d’un opiacé dérivé de la méthadone en l’occurrence le déxtropropxyphéne et une benzodiazépine qui a 20 h de demi-vie : le Bromazépame  (plus connu sous la dénomination commerciale de Lexomil)  et ce à divers niveaux : 
    - Il y a un fort risque de dépression respiratoire pouvant être fatal pour la patiente
    - Ce risque est accentué par l’age de la patiente 
    - Ce risque est accentué encore par la présence de métoclopramide (lire simplement les interactions médicamenteuses de cette molécule dans le Vidal) 

Il s’agit là d’un exemple classique de situation

   - Où on banalise, sous l’effet du matraquage marketing des laboratoires, l’usage de produits hautement dangereux       
   - Où on oubli la DCI, et on se contente des noms commerciaux qui n’apportent aucune information technique   
   - Et enfin, où on oubli la filiation chimique et pharmacologique des molécules qu’on utilise ce qui conduit manifestement à l’émergence d’effets secondaires gravissimes.


En juin 2009  l'agence européenne du médicament (EMEA) a recommandée le retrait du marché de l'association dextropropoxyphène + paracétamol suivit en cela par les autorités françaises puis après quelques semaines par les autorités marocaines.

Lire à ce sujet : DEXTRAMOL DEXTROPROPOXYHENE PARACETAMOL

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 18:12

Lecture officinale 

Le chocolat noir et la tension artérielle

 

      Le domaine de l’alimentation & la santé constitue un des sujets ou les études approximatives foisonnent, à côté des quelques études sérieuses, menant souvent à des extrapolations faramineuses. Des lectures simplistes retrouvées souvent dans les revues de santé pour grand public et qui font le lit des modes en matière de nutrition.

Une lecture posée et rationnelle de ce genre études permet d’apprécier à leur juste valeur leurs conclusions, voici un exemple avec le cas du chocolat noir et la tension artérielle     


      Une étude hollandaise datant de 2006 publiée dans la revue scientifique Archives of Internal Medicine [1] a observé que les personnes âgées qui consomment du cacao régulièrement, et en quantité relativement élevée, ont une tension artérielle plus basse et 50 % moins de risques de décéder d’un problème cardiovasculaire.
  
      Une autre étude [5] plus récente datant de 2007 a montré, elle, qu'en consommant un petit carré de chocolat noir (6 grammes) par jour pendant 18 semaines, 44 individus d'âge moyen (56 ans à 73 ans) qui présentaient des signes de pré-hypertension ou encore une hypertension au stade I ont vu leur tension artérielle diminuer de 2 ou 3 unités.

Attention aux conclusions hâtives
[sous l’effet du péché mignon de la gourmandise ou de la pression de la publicité] 

       - Ces résultats doivent d’abord être répliqués par d'autres équipes de chercheurs, entre autre parce que cette dernière étude n'a pas été effectuée en double aveugle: les participants savaient s'ils prenaient du chocolat noir (groupe d'intervention) ou du chocolat blanc (groupe contrôle).
       - Il est beaucoup trop tôt pour conclure que les aliments contenant du cacao sont bénéfiques pour la santé cardiovasculaire.
       - Pas question de se ruer aujourd’hui sur le chocolat noir pour diminuer son hypertension artérielle.
       - Même si les quantités de chocolat noir prises par les participants dans la 2ème étude étaient très petites et n'ont pas affecté leurs poids, il ne faut pas oublier que le chocolat est un aliment dense en énergie et qu'il peut être facile de se laisser tenter...


Conclusion : 

        Le chocolat noir, riche en cacao, renferme certainement des éléments bénéfiques pour la santé, mais sa teneur élevée en gras et en sucre en fait tout de même un aliment à consommer avec modération.

        Il existe de bien meilleures façons d’améliorer la santé cardiovasculaire qui sont aujourd’hui bien connues mais que les gens n’appliquent pas.

-  Arrêter de fumer et réduire de façon draconienne sa consommation d’alcool
-  Avoir une alimentation riche en légumes, en fruits et en grains entiers
-  Privilégier les bons gras
-  Consommer du poisson au moins 2 fois par semaine
-  Atteindre ou maintenir un poids santé
-  Faire régulièrement de l’exercice

 

Sources :

1. Buijsse B, et al. Cocoa intake, blood pressure, and cardiovascular mortality. Arch Intern Med 2006 ; 166 : 411-417.
2. Corti R et coll. Cocoa and cardiovascular health. Circulation 2009 Mar 17;119(10):1433-41.
3. Grassi D et al. Short-term administration of dark chocolate is followed by a significant increase in insulin sensitivity and a decrease in blood pressure in healthy persons. Am J CLin Nutr 2005 Mar;81(3):611-4
4. Taubert D et al. Chocolate and blood pressure in elderly individuals with isolated systolic hypertension. JAMA 2003 Aug 27;290(8):1029-30
5. Taubert D et al. Effects of low habitual cocoa intake on blood pressure and bioactive nitric oxide. JAMA 2007; 298:49-60.

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Published by Amster - dans MEDECINE & SANTE
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