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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 19:20

RHINOFLUIMUCIL

Attention à l’usage abusif

 

Les Laboratoires SOTHEMA ont dernièrement lancé sur le marché marocain une nouvelle spécialité, qui existe en France depuis 1983, : Le RHINOFLUIMUCIL solution pour pulvérisation nasale au prix de 22,00 DH

RHINOFLUIMUCIL.jpg 

Composition pour  100 ml de solution  

        Acétylcystéine (DCI) ou N-acétylcystéine  --------------     1.0000   g
        Tuaminoheptane (DCI) sulfate                   --------------      0.5000   g
        Benzalkonium chlorure (DCI)                    --------------       0.0125  g

Ce produit est donc une association de 3 molécules :
 
        - le sulfate de tuaminoheptane, un sympathomimétique alpha, c’est un vasoconstricteur décongestionnant par voie nasale
        - le chlorure de benzalkonium, un ammonium quaternaire, c’est un antiseptique 
        - et la N-acétylcystéine qui est un mucolytique,.

 

Analyse critique :

        Classiquement l’acétylcystéine est utilisée par voie orale comme mucolytique dans les toux grasses retrouvée dans plusieurs spécialités notamment l’EXOMUC, et le Mucomyst.
Par voie locale on la retrouve en collyre dans EURONAC comme cicatrisant cornéen. L’utilisation de l’acétylcystéine dans le  RHINOFLUIMUCIL aurait pour objectif de fluidifier les secrétions nasales afin de faciliter leurs écoulement
        L’utilisation du chlorure benzalkonium par voie nasale est à l’heure actuelle discutable  
- si l’objectif est l’antisepsie : cette utilisation est dépassée à l’aune des recommandations de l’AFSSAPS qui visent à supprimer toute utilisation non justifiée des antibiotiques et des antiseptiques par voie locale               
- si l’objectif est une meilleure conservation de la solution de RHINOFLUIMUCIL,  le chlorure de benzalkonium sera considéré alors comme excipent avec un effet notoire et non comme principe actif.
        Mais des trois molécules du RHINOFLUIMUCIL celle qui a le plus d’impact et qui donne le plus d’effets secondaires c’est le Tuaminoheptane : il s’agit d’une amine sympathomimétique volatile donnant une vasoconstriction nasale par ses effets sur les récepteurs alpha.


Il existe plusieurs molécules similaire au tuaminoheptane [éphédrine et apparentés] qui sont tous des sympathomimétiques alpha où on retrouve : Phénylpropanolamine [RUPTON, DENORAL CP], phényléphrine [RINOMICINE] , pseudoéphédrine [RHUMIX, ACTIFED, HUMEX, DOLIRHUME, RHUMAGRIP]
Toutes ces molécules sont destinées notamment à décongestionner le nez, mais elles exposent à des effets secondaires importants  et en particulier
        - Des palpitations, tachycardie, poussée hypertensive, par conséquent produit contre-indiqué en cas d’hypertension sévère
         - Crise de glaucome par fermeture de l'angle par conséquent : produit à éviter chez les personnes âgées ou en cas de doute  
         - Troubles urinaires à type de dysurie et de rétention urinaire.
         - En cas d'administration réitérée (répétée) ou abusive, le sulfate de tuaminoheptane peut provoquer chez l'enfant, par passage systémique : hypothermie, sédation, perte de connaissance, coma ou dépression respiratoire.
         - L’utilisation de façon prolongée est catastrophique, en raison d'un risque de rebond et de rhinite iatrogène. Ce qui entraîne une forme « d’accoutumance » avec un usage abusif. Par ailleurs des instillations répétées et/ou prolongées peuvent entraîner un passage systémique non négligeable des principes actifs.


Le rôle du pharmacien :

Le RHINOFLUIMUCIL peut paraître comme un produit bénin, qui certes apporte un véritable soulagement au patient, cependant il s’agit aussi d’un produit qu’on utilisera avec énormément de précautions
     C’est un produit réservé à l’adulte et l’enfant de 30 mois. A ce sujet l’AFSSAPS précise «Les données concernant l'efficacité chez l'enfant sont, à ce jour, limitées. En raison de leur sensibilité particulière aux sympathomimétiques (vasoconstricteur) il est recommandé de n'utiliser Rhinofluimucil chez les enfants de plus de 30 mois, qu'après échec de la désobstruction mécanique par mouchage et lavage au sérum physiologique»
Autrement dit chez l’enfant il faut utiliser d’abord et avant tout l’aspirateur nasal et le sérum physiologique avant toute médication agressive. En claire, même si légalement l’usage du Rhinofluimucil chez les enfants de plus de 30 mois n’est pas contre-indiqué, l’intérêt du patient impose de bannir son usage chez l’enfant.                  
       Les patients doivent être informés que la survenue d'une hypertension artérielle, de tachycardie, de palpitations ou de troubles du rythme cardiaque, de nausées ou de tout signe neurologique (tels que l'apparition ou la majoration de céphalées) impose l'arrêt du traitement.
De même, la surveillance du traitement doit être renforcée en cas d'hypertension artérielle, d'affections cardiaques, d'hyperthyroïdie, de psychose ou de diabète.
       Il est impératif de respecter strictement la posologie, la durée de traitement de 3 à 5 jours

La grosse bêtise du pharmacien
C’est d’associer le Rhinofluimucil avec un autre produit contre le rhume contenant un vasoconstricteur  type : ACTIFED, EPHEDRIL, HUMEX, RINOMICINE, RHUMEX, RUPTON, RHUMAGRIPP, DOLIRHUME.
Le seul produit de cette catégorie qui ne contient pas de vasoconstricteur c’est le RHINOFEBRAL  qui est formulé à base de paracétamol et d’un antihistaminique.

Sources :
- RCP du Rhinofluimucil in AFSSAPS
- Médiquick : Base de données sur le médicament
- BIAM : Banque de Données Automatisée sur les Médicaments
- Mailing Sothema-Zambon : Rhinofluimucil, Mai 2009   
- Autre article sur le même sujet dans ce même blog :

     -  ETUDE  COMPARATIVE  RINOMICINE  VS  RHUMIX

    - LE FROID REND-T-IL MALADE ? Entre idées reçues & physiopathologie 

    - RHUFENE PSEUDOEPHEDRINE & IBUPROFENE   

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 13:11

CAS D’OFFICINE : RANITIDINE & OMEPRAZOLE

 

On a reçu ce samedi 20/06/09 l’ordonnance suivante émanant d’un service de santé publique :


Rappels déontologiques : 
  - les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.       
  - Loin de nous tout côté « donneur de leçons », Pharamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.


Le médecin traitant a prescrit donc à Mr Lahcen, 55 ans, qui se plaint de maux d’estomac les produits suivants :

     - PRAZOL 20 mg   1 CP x 2 / j

DCI Oméprazol : Antiulcéreux, antisécrétoire gastrique, inhibiteurs de la pompe à protons,  

     - EFITAC 300 mg    1 CP EFF / j

DCI Ranitidine : Antiulcéreux, antisécrétoire gastrique, antagoniste des récepteurs histaminiques H2

     - PERIDYS              1 CP x 3 / j  ½ heure avant les repas

DCI : Dompéridone : Antiémétique & prokinétique stimulant la motilité gastro-intestinale      


Analyse :
      L’utilisation d’un prokinétique en cas d’ulcère parait justifiée, par contre l’association de 2 antisécrétoires gastriques, même avec des mécanismes d’action différents, parait illogique sauf information dont on ne disposerait pas actuellement. [lire absolument le Post-scriptum du 30/06/09 à ce sujet] 


Notre conduite :

      En absence de moyens (Téléphone, Email) pour contacter le médecin traitant, on a expliqué au patient, touten évitant strictement toute invective à l’égard du médecin prescripteur*, et en toute bonne foi qu'il vaut mieux se limiter à un seul antisécrétoire en plus du prokinétique  


*  Toute invective à l’égard d’un prescripteur (soit entre médecin ou pire encore entre pharmacien et médecin) constitue une attitude catastrophique dont le patient en payera un lourd tribut et pour cause, ce comportement qui en plus d’être condamnable déontologiquement nuit à la relation patient - médecin et installe un climat de méfiance qui se répercute sur tout le corps médical. La grande victime de tout cela est malheureusement le patient  qui va multiplier les consultations inutiles et collectionner les effets secondaires voir retarder le diagnostique.         


Post-scriptum du 30/06/2009 :

De la part de K.S. qui nous a apporté la précision suivante :  

« La prescription d'un IPP associé à un anti-H2 est possible dans les cas suivants:
- Pour les patients qui ont besoin du maintien d'un PH gastrique elevé pendant la nuit difficile à obtenir avec un IPP seul à dose habituelle (oméprazole 20 mg) »
Réf: S. XUE, P. O. KATZ, P. BANERJEE, R. TUTUIAN & D. O. CASTELL - Bedtime H2 blockers improve nocturnal gastric acid control in GERD patients on proton pump inhibitors Aliment Pharmacol Ther 2001; 15: 1351±1356

Notre avis : Ce cas démontre que la formation continue porte parfaitement son nom, un grand merci à K.S. 

Post-scriptum du 04/07/2009 :

Aux dernières nouvelles Mr Lahcen, avait en fait une lithiase biliaire révélée suite à une simple échographie …, pour le moment il est dans l’attente d’une intervention.

En attendant, il faut faire attention dans ce cas aux produits contenant du sorbitol comme excipent (Exp. Phosphalugel) ou comme principe actif (Exp. Sorbhepatique) , Le sorbitol qui a un effet cholagogue va en effet exacerber les douleurs   

 

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 19:18

Cas d’officine : Attention aux paracétamols cachés !!

Ce cas m’a été envoyé, est présenté par une consoeur de Salé 

 

On a reçu aujourd’hui l’ordonnance suivante émanant du secteur public :

           - RELAXOL                              2 CP 3 x / j
             [Thiocolchicoside 2 mg + Paracétamol 500 mg] 

           - VOLTARENE CPS  50mg      1 CP 3 x / j
             [Diclofénac 50 mg ]

           - DIANTALVIC                          2 CP 3 x / j 
             [Dextropropoxyphène 30 mg + Parcétamol 400 mg]

           Le malade, Mohammed, est âgé de 45 ans et  déclare souffrir de douleurs articulaires intenses ; il suit par ailleurs un traitement chronique pour une HTA, à base de LOPRIL 25 ( captopril )et de AVLOCARDYL (propranolol).
Or, en consultant la composition de chacun des produits de l’ordonnance, on constate qu’il y a un dépassement de la dose journalière et par prise du paracétamol.
DIANTALVIC : association d’un antalgique opiacé faible le dextropropoxyphène (30mg) et du paracétamol (400mg). Les 6 gélules / j préconisées sont indiquées dans les algies rebelles comme dose max quotidienne à savoir, 2.4g de paracétamol en plus du dextropropoxyphène.

VOLTARENE : AINS le diclofenac (50mg) : la dose de 150mg/j est indiquée dans les poussées aigues comme dose max.

RELAXOL : association d’un myorelaxant le thiocolchicoside (2mg) et de paracétamol (500mg) et oui le paracétamol encore une fois glissé ici malicieusement et malencontreusement ! La posologie telle que  préconisée par le médecin apporte 1g de paracétamol 3 fois par jour ce qui donne une dose journalière de   3g de paracétamol (constituant ainsi à elle seule la dose max quotidienne) ;

Mais au total, cette dose additionnée à celle rapportée  par le DIANTALVIC, confère au  malade, selon cette prescription 5.4g de paracétamol / j, soit  presque le double de la dose max recommandée.

Avis du pharmacien :  
Quand on connaît le risque auquel expose un surdosage en  paracétamol : hépatotoxicité grave et parfois mortelle, on ne peut que se demander s’il ne vaudrait pas mieux  de faire suivre les  noms de spécialités, par la mention au paracétamol. Cette démarche toute  simple, aiderait les médecins dans leurs prescriptions ; par extrapolation ceci concerne aussi les associations contenant de la codéine , la caféine etc..


Notre conduite :

Au final et n’ayant pas pu attirer l’attention du médecin (ordonnance d’hôpital et sans n° de tel°), j’ai conseillé au malade de réduire les doses de RELAXOL et du DIANTALVIC de moitié.


Dr Mouna

 

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 12:09

Escapade avec Mohamed Laroussi
" PAM  PAM HOURRAH " 



Il s’agit de la chronique de M Laroussi publiée dans le journal LE SOIR du 15/06/2009, un petit texte très bien réussi qui exprime ce que pense une certaine partie de l’opinion marocaine  (dite bien informée). Rien à rajouter, rien à retrancher, que du bon à déguster sans modération.    


« J'ai fauté. Oui, je n'ai pas voté. J'ai été à côté de la plaque. J'avais tout faux. D'abord, première faute : je n'ai pas retiré ma carte d'électeur. Et moi, contrairement à mon ami et néanmoins confrère ARB*, personne ne me l'a ramenée jusqu'à chez moi. J'ai attendu en vain que le Moqadem frappe un jour à ma porte et me l'apporte en mains propres pour pouvoir le coincer en flagrant délit. Mais, il n'est pas venu. Je crois qu'il avait senti le piège et s'était rétracté. Par contre, dès qu'il avait su que j'étais en voyage, il avait ramené la carte de ma fille qui, comme ARB*, ne s'était jamais inscrite. (Je vous jure que c'est authentique). Deuxième faute : étant tout le temps à l'écoute des murmures de la rue et du brouhaha de la foule, j'avais cru comprendre qu'à l'instar de 2007, ça va être le fiasco total : des bureaux déserts, des urnes vides et des candidats sonnés. J'avais tout faux. 52,4 % ! Plus de la moitié de la population, malgré la chaleur suffocante et la moiteur ambiante, est allée voter, sûrement sans motivation et sans illusions, juste pour me narguer, me contredire, et, en définitive, m'humilier. Oui, je me sens ridicule. Confondu. Avili. Ah ouili ! D'ailleurs, troisième faute impardonnable : moi qui croyais que le peuple allait enfin prendre le pouvoir et que c'en était fini de tous ces politicards ringards qui nous racontent depuis une éternité les mêmes bobards, il a décidé et même voté pour tous les garder... Pire, juste pour me ricaner au nez et me démentir, il a mis qui vous savez en tête de file**. Dernier lancé, premier arrivé ! C'est simplement mi-ra-culeux. De là, à penser que c'est la bombe de Bouknadel qui aurait fait exploser les suffrages, c'est un pas sympa que je ne franchirais pas. Au fait, quelqu'un peut-il me filer l'adresse de sa pharmacie*** ? J'ai une de ces migraines... ».

        *   Ahmed Reda Benchemsi : Rédacteur en chef de TELQUEL 
        **  Il s’agit du PAM : Parti Authenticité et Modernité de ALI EL HIMMA  
        *** Il s’agit d’une consoeur de BOUKNADEL, candidate aux élections communales pour le PAM, qui a défrayé la chronique en menant sa campagne avec un gros décolleté mettant en exergue des mensurations plutôt généreuses …      


Post-scriptum

 Au cours de ces élections, du 12 juin 2009, les citoyens marocains avaient le choix entre voter pour ceux qui n’ont rien fait ou bien alors voter pour ceux qui ne vont rien faire. C’est une démocratie sans enjeux réels, une telle démocratie constitue est en fait un excellent logiciel avec des données erronées ; il en sort donc des résultats qui n’ont aucun intérêt.
Les données de base d’une démocratie réelle comportent au minimum deux éléments
       - De la part du futur élu : présenter un véritable projet de société cohérant et réalisable 
       - De la part de l’électeur : un sens de la citoyenneté et un niveau d’éducation à même de lui donner les moyens d’apprécier les divers projets de société qu’on lui présente.

Du coup on est face à une véritable question et à un véritable dilemme déontologique :
Sachant qu’une démocratie avec un citoyen sans éducation mène inéluctablement à des catastrophes, n’est-il pas pertinent de chercher des systèmes temporaires permettant d’abord le renforcement de l’éducation du citoyen suivie d’une période d’apprentissage de la démocratie (le sens de la vie commune, l’intérêt général, le respect de différence des idées et des convictions) avant d’entamer la mise en place d’une véritable démocratie? Quitte à susciter temporairement le courroux des ONG.
L’objectif étant que, dans des cas d’éviter l’émergence de courants extrémistes et populistes, et dans d’autres cas d’éviter la médiocrité d’une démocratie de forme sans chalenges ni de véritables alternatives socio-économiques.            

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 21:04

Nouvelle circulaire de la direction du médicament et de la pharmacie
Au sujet du Métoclopramide & de l’azythromicine

 

      Une récente circulaire de la direction du médicament et de la pharmacie [réf. N° 23 DMP/21/CPV], datée du 25 mai 2009, destinée aux industriels et qui concerne les spécialités à base de métoclopramide & azythromicine a été diffusée.  
      Cette circulaire fait suite à l’avis émis par la Commission Nationale Consultative de Pharmaco-Toxico- Réacto-Matériovigilance et Essais Thérapeutiques réunie le 6 mai 2009 au sujet du métoclopramide et de l’azythromicine

Pour les spécialités à base de métoclopramide* elle demande :

    - Le respect de la posologie par prise usuelle et de la posologie maximale journalière
    - Le respect de l’intervalle temps d’au moins 6 heures entre les prises, même en cas de vomissement et de rejet partiel ou total de la dose ;
    - Si la prescription est destinée à l’enfant, il faut prendre en compte le poids de l’enfant et l’indication.
    - Le métoclopramide est désormais inscrit au tableau A, de ce fait, il est soumis ainsi à une prescription médicale non renouvelable sans avis médical.                                              
* PRIMPERAN, CLOPRAM, METAGLIZ, VOMISTOP, DIGESTINE                                              

Avis du pharmacien :

     - Effectivement, cet avis s’explique parfaitement, le métoclopramide est d’abord un neuroleptique antidopaminergique utilisé comme antiémétique et prokinétique.
On retrouve dans ce même cas le bromopride [MEPRAMIDE] qui ne diffère du métoclopramide que par la substitution d’un atome de chlore par un autre de brome, substitution qui ne change rien aux caractéristiques pharmacologiques de ces deux molécules.
Cette circulaire aurait due donc inclure le bromopride dans ces dispositions 
      - Le métoclopramide comme le bromopride sont des dérivés des orthoanisamides et on retrouve dans cette famille entre autre : le sulpiride [DOGMATIL et ses génériques] et l’amisulpiride [SOLIAN]    

      - Rattacher le métoclopramide à ses origines chimiques permet facilement de comprendre les diverses interactions médicamenteuses de cette molécule, d’autant plus qu’elle est largement associée dans divers traitements*.       
      - La banalisation de l’usage, voir l’utilisation abusive, de ces produits conduit à l’apparition entre autre de symptômes extrapyramidaux à type de dystonies aiguës pouvant se manifester par des mouvements anormaux de la tête et du cou (spasmes faciaux, trismus, crises oculogyres, révulsion oculaire, protrusion de la langue, difficultés de déglutition, dysarthrie, torticolis).
      - Dans la pratique la majorité des ordonnances qu’on reçoit indiquent comme posologie du PRIMPERAN sirop ou du CLOPRAME sirop : une cuillère à soupe (15 ml) 3 fois par jour 
Cette posologie expose le patient à un surdosage évident de 33% par rapport à la dose utile.         
En fait la posologie requise pour le métoclopramide en sirop est la suivante : 1 à 2 cuillères à café par prise (càd 5 à 10 ml), 3 fois par jour.

      - Cette circulaire rappelle que la prescription chez l’enfant se fait sur la base du poids, et non pas sur la base de l’âge. Cette notion devrait être la règle pour tout médicament pédiatrique.
Les mentions : Sirop enfant et Sirop nourrisson constituent un non-sens pharmacologique, ce sont des spécifications purement marketing qui n’ont pas de place sur le packaging d’un médicament sérieux.        


Rappel des interactions médicamenteuses du métoclopramide :  
Association contre- indiquée :
- Lévodopa   : antagonisme réciproque de la lévodopa et des neuroleptiques. Utiliser un antiémétique dénué d'effets extrapyramidaux.
Associations avec effet additif :
- Antihypertenseurs (tous) : effet antihypertenseur et risque d’hypotension orthostatique majoré (effet additif).
- Autres dépresseurs du SNC   : antidépresseurs sédatifs, dérivés morphiniques (analgésiques et antitussifs), la plupart des antihistaminiques H 1, barbituriques, benzodiazépines, anxiolytiques autres que benzodiazépines, clonidine et apparentés : majoration de la dépression centrale et l'altération de la vigilance qui peut rendre dangereuse la conduite de véhicules ou l'utilisation de machines.

PS : Lire notre mise à jour de ce sujet INTERDICTION DU METOCLOPRAMIDE & SES ALTERNATIVES EN PEDIATRIE   

Pour les spécialités pharmaceutiques à base d’azythromicine :

      - Rappeler aux professionnels de santé qu’il est nécessaire d’insister auprès du patient sur le rythme d’administration de l‘azythromicine
      - Insister sur le rythme d’administration de l’azythromicine auprès des professionnels de santé dans le cadre de la promotion de leurs produits.

 

Avis du pharmacien :

On a déjà traité le sujet de l’azthromicine dans un article consacré au MACROMAX intitulé : MACROMAX LA 6EME COPIE D'AZITHROMYCINE (cliquer sur le titre pour afficher l'article en question)

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 19:39

Peut-on utiliser un corticoïde
chez un diabétique ?

 

Source : H. Boutaleb, I. Adouan, H. El Ghomari A. Chadli, A. Farouqi*, Espérance médicale.mars 2009. Tome 16. n°156, pages 112-114.

*Chef de service d'endocrinologie, diabétologie et maladies métaboliques, CHU Ibn Rochd. Casablanca


       Cette question mérite tout à fait d’être posée quand on sait que les corticoïdes sont d’une part des molécules diabétogènes mais elles sont, d’autre part, d’une grande utilité voir l’unique recoure dans certaines pathologies qui touchent le diabétique

       La réponse à cette pertinente question vient d’un article fort intéressant paru dans le n°156 de la revue « l’espérance médicale » du mois de mars 2009.

 

Effet hyperglycémiant et nature moléculaire des corticoïdes :  


Tous les glucocorticoïdes peu­vent induire une hyperglycémie, cette dernière dépend d’au moins 3 facteurs :

     1- La structure chimique : les molécules oxygénées aux positions 11 et 17 (hydrocortisone) ont les effets hyperglycémiants les plus marqués. La prednisone aurait donc une action hyperglycémiante près de quatre fois supérieure à celle de l'hydrocortisone et 30 fois supé­rieure à celle de la dexamethasone [2,3].

A ce propos, on connaît classiquement la relation structure activité des glucocorticoïdes au sujet de leurs effets anti-inflammatoire et mineralocorticoïde. Cet article relève cette relation au niveau de l’effet hyperglycémiant même s’il ne donne pas un classement précis des corticoïdes en fonction de leur effet hyperglycémiant.    

 

Les glucocorticoïdes

Caractéristiques chimiques

En rapport avec l’effet hyperglycémiant

Cortisone 

Prédnisone 

Prednisolone 

Methylprédnisolone 

Hydrocortisone 

Triamcinolone 

Betamethasone

Dexamethasone

O en 11 et 17   et   // en A

O en 11 et 17   et   // en A

                              // en A

                              // en A

                              // en A

                              // en A

                              // en A

                              // en A

 O : Oxygène       // : Double liaison  

 

      2- l'effet hyperglycémiant dépendra des demi-vies plasmatiques : temps au bout duquel la concentration biologique a diminué de moitié

      3- Il dépendra aussi des demi-vies biologiques : durée de l'inhibition de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien [2]. Ce dernier paramètre permet d'apprécier la durée d'action des glucocorticoïdes qui dépasse souvent la durée attendue en fonction de la demi-vie plasmatique (Tableau I). 

 

Caractéristiques pharmacocinétiques des glucocorticoïdes communément prescrits [2]

Dénomination commune

Demi-vie plasmatique (mn)

Demi-vie biologique (h)

NATURELS (durée d'action brève)

cortisol

cortisone

 

65-170

110

 

8-12

8-12

SYNTHÉTIQUE : Durée d'action intermédiaire Prednisone

Prednisolone

Méthyl-prednisolone

 

200

200-225

120-200

 

12-36

12-36

12-36

SYNTHÉTIQUE : Durée d'action longue

Triamdnolone

Paraméthasone

Bétaméthasone

Dexaméthasone

Cortivazol

 

200-300

36-54

>300

190-320

> 300

 

12-36

 

36-54

36-54

>60

 

Comment gère-t-on un diabétique soumis à une corticothérapie ?


      1 - En prenant acte des paramètres pharmacologiques susmentionnés à savoir la nature de la molécule et sa  demi-vie biologique       

       2 - Les objectifs glycémiques seront adaptés en fonction de l'âge du patient, de la sévé­rité des complications dégénératives, de la durée prévisible de la corticothérapie et des risques de décompensation aiguë [2].

       3 - L’information du patient (délivrée par le médecin et explicité par le pharmacien) : Le diabétique sera informé de :

 - L'augmen­tation potentielle des taux glycémiques en début de traitement,

 - De la stabilisation ultérieure de ce taux, voire de la diminution de l'insulinorésistance au cours de traitement.

 - Il sera aussi sensibilisé au risque d'hypogly­cémie en phase de sevrage thérapeutique.

Ceci va lui permettre de comprendre l'obligation d'adapter de son trai­tement antidiabétique. Cette adaptation est basée sur l'autocontrôle glycémique et sur les conseil diététiques.


L'éducation rappellera également les risques infectieux qui sont majorés par l'association diabète / corticothérapie. Le patient insulinotraité surveillera tout particulièrement les points d'injection.

 

L’AUTO-CONTROL

On préconise 4 contrôles de la glycémie par jour

La surveillance de l'acétonurie sera régulière :

         Au réveil et si la glycémie est supérieure à 2.50 g/1 [2].

 

Les conseils diététiques chez un diabétique sous corticothérapie

Les conseils concernant les glucides ne sont pas différents de ceux habituelle­ment donnés.

Cependant, au cours d'une corticothérapie, le régime doit être hyposodé, riche en protéines et en calcium, supplémenté en potassium, voire en vitamine D.

 

        4 -  La prise en charge médicale proprement dite : 

Note déontologique : Les pharmaciens, et encore moins les patients diabétiques,  ne doivent en aucun intervenir à ce niveau, il s’agit de la responsabilité stricte du médecin traitant.  

 

        Chez le diabétique de type 1 : les auteurs préconisent d'augmenter les doses d'insuline, en particulier celles de la jour­née si la corticothérapie est administrée en une prise matinale. Les besoins insuliniques de fin de nuit ne seront majorés qu'en cas de corticothérapie à forte dose [1].

        Chez le diabétique de type 2 Lorsque l'on dispose d'une marge thérapeutique chez un patient préala­blement bien équilibré, le renforcement des mesures hygiéno-diététiques et le trai­tement antidiabétique oral (metformine en particulier) peut s'avérer suffisant.
Lorsque l'équilibre glycémique initial est limité ou que la thérapeutique orale est maximale, le passage à l'insu­line est souhaitable, parallèlement à l'ins­tauration de la corticothérapie pour éviter l'installation d'un déséquilibre glycé­mique majeur [1]

      

Le rôle de l’officinal :
          L’officinal ne pourra assurer pleinement et parfaitement son rôle s’il n’a pas assimilé toute la complexité de cette situation. L’écoute du patient, une information fiable, et un dialogue professionnel avec le médecin traitant sont les conditions nécessaires la réussite de ces traitements.      

 

REFERENCES

1- Blickle J-F.   Diabète et corticothérapie.   Rev Prat 2003:53.   
2- Jannot-Lamotte M.F, Raccah D. Corticothérapie : comment adapter le traitement anti-diabétique. Rev. Fr Endocrinol Chir 1999;40, Supp I.                                              
3- Pandit M, Burke J, Gustafon A. Menocha A, Peiris A. Drugs- induced disorders of glucose ditolerance. Annals of Internais Médecine, 1993;!18:529-39.      
4- Charbonnel B, Boivineau C, Chopinet P, Danîsos J M, Brouin P, Durain D, Guyon F, Passa Ph. Recommandation de l'ALFEDlAM.  auto surveillance glvcémique chez le diabétique. Diabète et Métabolisme, 1996; 1:31-6.
5- Recommandation de l'ANAES 1999. Suivi du patient diabétique du type 2 à l 'exclusion du suivi des complications. Diabète et métabolisme, 1999:25
6- American Diabètes Association. Self minotoring of blood glucose (consensus  statement) Diabètes care I996;I9(suppl I):562. Endocrinol Chir 1999;40, Supp I.
7- Wechsler B. La corticothérapie générale et ses complications. Rev Prat 2000; 40(6):521-6.

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 11:28

Ce matin à l’ouverture une dame, d’un certain age, accompagnée de sa grande fille s’adressa à nous sur un ton timide en nous disant ma fille, ma fille a un prurit génital et en même temps elle nous présentait un sachet en plastique noir de quelques centaines de gramme. Le genre de sachets où nos client et clientes mettent un flacon d’urine pour les tests classiques de glucosurie. On lui dit d’accord Lalla, mais en voulant faire le test en question on s’est aperçu que le sachet contenait juste des œufs frais.

La dame voulait juste nous offrir des œufs Beldi de sa pauvre petite fermette tout en nous parlant des désagréments de sa fille, un joli malentendu qui démontre simplement que la relation pharmacien - patient quand elle est bien menée dépasse largement le cadre des petites mesquineries commerciales qui parasitent le fonctionnement de beaucoup de nos officines. Le genre de petits calcule médiocres qui sont devenus la norme et qui hypothèquent l’avenir de toute une profession.

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 21:21

Les génériques au Maroc

 

 

Source : A. BELAÏCHE. Les médicaments génériques au Maroc : le prix en question. Espérance Médicale, Tome 16, N° 158, Pages 250-254, Mai 2009

 

              Un article fort intéressant, a été publié dans la revue Espérance Médicale du mois de Mai 2009, signé par le directeur d’une société de promotion médicale de la place, à propos des médicaments génériques. Ci-après les points les plus importants      


Définition du générique :

              Selon le nouveau code du médicament et de la pharmacie [1], une spécialité générique d'une spécialité de référence est une spécialité qui a la même composition qualitative et quantitative en principes actifs et la même forme pharmaceutique que la spécia­lité de référence et dont la bioéquivalence avec cette dernière a été démontrée par des études appropriées de biodisponibilité.
La spécialité de référence et la ou les spécialités qui en sont générique(s) constituent un groupe générique.

 

La part de marché des génériques :

 

Part de marché des génériques en volume

Projection à 2008 des données de l'IMS Health

Dans les appels d'offre de la santé publique

91 %

Maroc

Dans le secteur privé

 

27 %

Maroc

64 %

Royaume-Uni

63 %

USA

56 %

Allemagne

20 %

France

9 %

Espagne

4 %

Italie

 

          - La situation au Maroc est plus satisfaisante que celle de certains pays du Sud de l'Europe. Mais, compte tenu de la faiblesse du pouvoir d'achat moyen des marocains et de la faiblesse relative du taux de couverture de l'assurance maladie, les génériques devraient être normalement au moins à un niveau double de leur position actuelle selon l’auteur.

          - Il ajoute par ailleurs que l'évolution des génériques au Maroc reste faible malgré ce contexte socio-économique et l'encouragement des pouvoirs publics. La principale raison en est les préjugés négatifs dont sont victimes ces médicaments

          - Ceci n'a pas empêché les médicaments génériques de s'implanter en force, entre autres, dans les traitements des maladies chroniques, où leur utilisation n'est pas épisodique mais quotidienne et parfois à vie. L'évolution spectaculaire de ces génériques au niveau de ces segments du marché est une preuve de plus de leur efficacité [2]

 

Le prix des génériques :  Les prix bas des médicaments génériques s'expliquent par les raisons suivantes :

       1- la politique des prix du ministère de la santé qui fixe les niveaux des prix des médicaments génériques par rapport à leurs princeps;

       2- l'absence de frais de recherche à amortir;

       3- la nécessité de s'implanter face à une concurrence bien installée;

       4- la multiplication des fournisseurs de matières premières avec pour corol­laire d'importantes baisses des prix.

 

Economies en Dirham réalisées par les génériques

Au niveau de 4 familles thérapeutiques en 2003 et en 2008 [8]

 

 

2003

2008

EVO

Gain

Gain

Gain /

Dépenses

Gain

Gain /

Dépenses

Antihypertenseurs

15 544 455.00

5,8%

175 864 554.00

32,9%

1 031%

Antidiabétiques oraux

12 467 512.00

15,1%

30 550 294.00

20,3%

  145%

Hypolipemiants

730 957.00

2,6%

53 497 260.00

70,4%

7 219%

Antidépresseurs

7 686 026.00

7,6%

64 578 148.00

34,7%

  740%

 

Le ministère de la santé espère porter la différence de prix entre le premier générique et son princeps à 40%.

 
La prescription des génériques :

            En octobre 2008, une enquête a été réalisée au Maroc [3] par le Centre Marocain Anti-poison et de Pharmacovigilance, sur recommandations de l'OMS et avec son appui financier. L'objectif de cette enquê­te était d'analyser la prescription des médicaments et de l'automédication. Cette enquête a permis de montrer entre autres, les éléments suivants :

        - Les génériques sont plus présents au niveau de la prescription (31,5%) qu'au niveau de l'automédication (22,8%);

        - Les génériques sont plus prescrits par les généralistes (36,3%) que par les spécia­listes (27,1%). En revanche, les chirurgiens dentistes constituent une exception avec un taux de prescription de l'ordre de 46,0%

        - Il n'y a pas de différences significatives entre la prescription des médecins privés (31,4%) et celle du secteur public (32,3%)

        - La prescription des génériques au niveau de Casablanca et de Rabat (respec­tivement 28,0% et 28,7%) est plus faible que celles des autres villes : 37,7% à Fès, 34,2% à Tanger, 33,5% à Oujda et 33,0% à Marrakech;

        - Il n'y a pas de différences significatives entre la prescription des génériques dans le milieu rural (32,2%) et dans le milieu urbain (31,4%);

        - La prescription des médicaments géné­riques est plus importante pour les patients issus d'un milieu socioprofes­sionnel faible (34,8%) que ceux issus d'un milieu moyen (29,9%) ou élevé (28,6%)

 

Références :

1- Code du médicament et de la pharmacie : bulletin offi­ciel N°5480-15 Kaada 1427 (7-12-2006).

2- Belaiche A. La place des génériques dans les patholo­gies chroniques. Journées médicales de Meknès. 17 Février 2007.

3- Enquête nationale sur la prescription et l'automédica­tion Centre Marocain Anti-poisons et de Pharmacovigilance en collaboration avec l'OMS - Octobre 2008. Pré­sentée aux 2èmes  journées scientifiques de pharmacovigilance. 19/20 Décembre 2008. Rabat (en cours de publication).

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 21:37

Traduction :

A première vue on pourrait croire qu’il s'agit de la Péthidine (DCI du DOLOSAL) un antalgique morphinique de palier 3 (...... ).  Pas du tout il faut lire le reste de « l’ordonnance » pour comprendre qu’il s’agit simplement de la Betadine. D’habitude la retranscription des noms de médicaments tend vers la simplification, or là c’est tout le contraire. Par ailleurs on a tendance à retranscrire en principe les « P » en « B », et là c’est l’inverse.
Moralité : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Pour le reste on a Sparadrap & Pansement                

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 17:28

Une nouvelle attaque en perspective
contre les intérêts matériels des officinaux


Source le Soir Echo n° 324 du 26/05/2009 page 14


       Il ne se passe jamais une année sans que l’on remette en question la marge de l’officinal, cette fois-ci c’est le directeur des médicaments au ministère de la santé qui annonce qu’une étude est en cours concernant les déterminants des médicaments.
Des sources bien informées annoncent que ce projet comte réduire la marge des officinaux via l’application de « marges dégressives ».


L’avis du pharmacien :

   Les données de base à savoir :  

- La marge brute de l’officinal est 30 %, la marge nette (toutes charges et pertes comprises) varie en fonction de sa bonne gestion entre 8 à 10 %
- Le secteur de l’officine a été l’un des plus grands contributeurs via les divers impôts dans les finances de l’état après les salariés et ce durant des années.
- Récemment la FNSPM*  a alerter sur le fait que 30 % des officines ont fait faillite, cette situation résulte selon la fédération entre autre aux circuits parallèles qui pullulent et qui s’accaparent 30 % du chiffre d’affaire des pharmaciens.
- Le médicament ne represente que 10 % des dépenses de santé au Maroc**.

                                                * Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc 
                                               ** A. Chaouki, Doctinews, page 24, n°12, Juin 2009

  A propos de cette nouvelle attaque :
      S’attaquer à la rémunération de milliers de pharmaciens pour réduire le prix des médicaments est l’une des solutions les plus facile et pour cause : 
      - Pour beaucoup de nos élites le service rendu du pharmacien pour le système de santé n’est pas en adéquation avec sa rémunération. Cette réflexion est normale vu le manque de visibilité au sujet du rôle réel du pharmacien. (Cliquer pour lire le texte intégral)

      - Les instances représentatives (syndicats et conseil de l’ordre) des pharmaciens sont minées par la lutte des clans et les intérêts personnels voir des enjeux politiques qui sont complètement extérieurs aux préoccupations des pharmaciens de base. 
      - La pratique officinale est entachée par divers dérapages échappant à tout contrôle dont une bonne partie incombe aux officinaux eux-mêmes. Réduire la marge de l’officinal c’est hypothéquer sérieusement l’avenir des pharmaciens honnêtes et privilégier l’amplification des dérapages actuels fruits de l’irresponsabilité d’un certains nombre de mes confrères.


       Pharmacien d’officine est devenu un métier ingrat, et surtout un métier précaire facilement attaquable par n’importe quel gouvernement et n’importe quelle instance. Cette précarité est une donnée capitale, en cela je pense à tout ceux de mes confrères qui ont des crédits : crédit auto, crédits immobilier, crédit à la consommation. L’enfer n’est pas ci loin que cela de nous, dans la mesure où il y a un manque visibilité dans le future, évitons toute situation de surendettement     

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