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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 14:08
La force est dans l'os
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 12:15

Réedition de l'article  http://pharamster.over-blog.com/article-27533587.html
              ANALYSE COMPARATIVE

                     NORLEVO / POSTINOR  VS  MICROVAL

Etonnant et c’est le moins que l’on puisse dire le cas du NORLEVO la fameuse pilule du lendemain récemment mise sur le marcher marocain.
En effet :
      -  Le principe actif du NORLEVO n’est autre que le LEVONORGESTREL

      -   Le LEVONRGESTREL est un progestatif de 2ème génération commercialisé depuis au moins une quinzaine d’années. Et ce n’est rien d’autre que le progestatif utilisé dans le MICROVAL pilule indiquée lors de l’allaitement

 

Entre le NORLEVO et le MICROVAL un petit tableau comparatif s’impose :

NORLEVO

MICROVAL

LEVONORGESTREL  1,5 mg par CP

LEVONORGESTREL 0,03 mg par CP

Boite de 1 CP

Boite de 28 CP

Prix : 94.00 DH

Prix : 13.95 DH

SOTHEMA – HRA PHARMA

MAPHAR – WYETH

 

 Un simple petit calcul :
        1 CP de NORLEVO est équivaut 50 CP de MICROVAL (soit un peu moins de boites)

        1 boite de NORLEVO coûte 94.00 DH       2 boites de MICROVAL coûtes 27.90 DH

Conclusion le NORLEVO coûte 3 fois et demi son équivalent en MICROVAL

Aïe ! Aïe ! Aïe ! à ce prix là la pilule du lendemain sera difficile à avaler ! Cependant ce prix a l’avantage de ne pas transformer le NORLEVO en pilule contraceptive courante, car elle doit être d’abord un moyen de prévention des grossesses non désirées. Le préservatif reste le meilleur moyen contraceptif qui a l’énorme avantage de protéger la population des IST faut-il encore le rappeler.       

10/06/08 

Mise à jour du 11/12/2008
Il faut noter qu'il existe déjà "un pseudo générique" du NORLEVO au Maroc c'est le POSTINOR des laboratoires GENPHARMA disponibe au prix de 90.00 DH
Il s'agit d'une petite différence de 4.00 DH qui n'est pas significative, ce n'est pas véritablement un générique mais plutôt une simple copie. Conclusion c'est sans intérêt   

Mise à jour du 14/10/2009
Le NORLEVO en chiffre (source Sothéma) : 10 000,00 unités ont été vendues en officine en 3 mois de l’année 2008

Mise à jour 29/06/2011

Pour consulter la classification globale des pilules contraceptives cliquer sur notre page : CLASSIFICATION DES PILULES CONTRACEPTIVES

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:56

Huile essentielle ou Essence

le sens des mots

Novembre 2007 mise à jour novembre 2008

   Les termes « huiles essentielles » et « essences » sont deux termes souvent utilisés imprudemment et indifféremment l’un à la place de l’autre, sans réelle maîtrise de leur sens exact. Le flou législatif actuel aidant leur utilisation prête souvent à confusion.     

      Selon le DORVAULT [4] le terme « essence » ne doit plus être utilisés et il donne à l’huile essentielle (HE) la description suivante : une huile essentielle est un produit volatile et aromatique que l’on retire des végétaux et qui passent à la distillation avec l’eau, ou que l’on peu retirer par expression.  

Trois types d’huiles essentielles (HE):

HE hydrocarburées : HE térébenthine  de citron ce sont les plus nombreuses

HE oxygénées         : HE de rose de menthe et  HE solide

HE Sulfurées           : HE crucifères et liliacées

Toutes les huiles essentielles sont âcres, très inflammables, très odorantes, solubles dans l’alcool l’éther les huiles et insolubles dans l’eau même si elles lui communiquent leurs odeurs (hydrolat)          

 

Cependant dans un article de la revue prescrire [3], cette revue propose les descriptions suivantes :  

  • Pour le terme «huile essentielle » :

Une "huile essentielle" est un produit de composition complexe renfermant les principes volatils  contenus dans les végétaux (on parle de huile volatile). Plus précisément, une "huile essentielle" est un produit obtenu à partir d'une matière première végétale,

-         soit par entraîne­ment à la vapeur. L'entraînement à la vapeur (ou hydrodistillation simple) consiste à immerger la plante dans un alambic rempli d'eau qui est ensuite portée à ébullition. Les vapeurs sont condensées, et l'huile essentielle est séparée par différence de densité.

-         soit par des procédés mécaniques comme pour l'épicarpe des Citrus.                                      
Les Citrus (oranges douce et  amère, citron, mandarine, bergamote, etc.) sont recouverts d'une "peau" épaisse (le "zeste "). La partie externe de cette "peau" (l'épicarpe) est parsemée de nombreuses glandes translucides qui renferment l'huile essen­tielle. Industriellement, divers procédés permettent de dilacérer les zestes et de récupérer l'huile essentielle (par exemple par centrifugation).

L'huile essentielle est séparée de la phase aqueuse par des procédés physiques n'entraînant pas de changement significatif de sa composition. Une "huile essentielle" est donc définie par son procédé d'obtention.

  • Pour le terme «essence » :

Les essences ou "essences concrètes" appelées aussi "concrètes", elles, sont obtenues à partir d'une matière première fraîche d'ori­gine végétale, par extraction au moyen d'un solvant non aqueux, suivie de l'élimination de ce solvant par un procédé physique.

Cela signifie que tous les  pro­duits commerciaux "volatils" des végétaux ne sont pas forcement des huiles essentielles. Le plus souvent, ce sont des "essences". Ces "es­sences" ont une odeur caractéris­tique.

Selon le même article, pour une même plante, "huile essentielle" et "essence" ont généra­lement une composition chimique différente : les solvants utilisés ont des sélectivités variables, et l'entraî­nement à la vapeur d'eau est souvent l'occasion de réarrange­ments moléculaires.

Dans ce cadre on pourrait proposer au législateur marocain, en tant que pharmacien officinal (via syndicat ou ordre) qui interagie avec son environnement professionnel (hélas, en réalité, on en est très loin de cet état d’esprit), de n’avoir comme appellations légales au Maroc que 2 appellations :

 

Soit :   Huile Essentielle de  - - - -       

Soit : 
 Essence de - - - - -  obtenu par le solvant - --


Les composi­tions étant différentes, les qualités olfactives et les éventuelles propriétés pharmacologiques ne sont pas les mêmes. La spécification pour les « essences » du solvant utilisé dans l’appellation légale apportera une plus grande transparence quant aux spécificités du produit fini.  

En plus de ces différences de compo­sition, rappelons que les espèces végétales à huiles essentielles, comme pour la plus part des produits d’origine végétale, présentent fréquemment des variabilités de chimio-types*. Ajoutons à cela l'incidence forte, sur la composition en produits volatils, de l'origine géographique, des pratiques culturales et de la saison de récolte. Sans oublier les problèmes de conserva­tion que posent ces mélanges dont beaucoup de constituants sont labiles et oxydables.

Toutes ces données associées à des données pharmacologiques sérieuses devraient inciter à une utilisation rationnelle autant des appellations utilisées que des produits eux-mêmes   

TABLEAU RECAPITULATIF

Appellations

Huiles essentielles

Essences,

Essences concrètes ou Concrètes

Obtention

- Soit par entraîne­ment à la vapeur

- Soit par procédés mécaniques

Extraction par un solvant non aqueux puis élimination de ce dernier par des procédés physiques 

Effet sur le produit obtenu

- Pas de changement significatif de sa composition

- Possibilité de  réarrange­ments moléculaires du à l'entraî­nement à la vapeur d'eau

Sélectivité variable des solvants par rapports aux principes volatiles impliquant une variabilité du produit fini en fonction du solvant utilisé.

Proposition : on devrait dire « Essence du végétal x obtenu par le solvant y »     

Variabilité

chimio-types, l'origine géographique, les pratiques culturales et la saison de récolte

* Plantes morphologiquement identiques mais chimiquement différentes

Réf : 

1- Prescrire Rédaction "Plantes médicinales. Préciser la partie de la plante utilisée" Rev Prescrire 2006 ; 26 (272) : 379.

2- Prescrire Rédaction "Plantes médicinales. Une composition très variable" Rev Prescrire 2006 ; 26 (273) : 453.

3- Prescrire rédaction "Huile essentielle ? Essence ? Attention au sens des mots" Rev Prescrire 2007 ; 27 (280) :130

4- Dorvault  "L’officinal". 23ème édition 1995  

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:53
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:51

Explication des nouvelles modifications

Survenues sur le COVERSYL

     Vous avez peut être été informé comme moi du remplacement du COVERSYL 4 mg par le 5 mg et le COVERSYL 8 mg par le 10 mg et ce afin d’améliorer la stabilité. Cette modification se fait sans changement de posologie.



Et justement, ce non changement de posologie mérite une petite explication chimique (ah ! il en faut)

La molécule de base du COVERSYL est périndopril un IEC dont la formule brute C19H32N2O5 et masse moléculaire 368,4 g / mol, sa formule exacte est la suivante :

 

 Dans le COVERSYL 4 mg et 8 mg le périndopril se présentait sous forme de sel de tert-butylamine dont la formule brute est C4H11N et la masse moléculaire est 73,1 g / mol, sa formule exacte est la suivante :    NB ce schéma a été développé par pharamster

 
Dans le nouveau COVERSYL 5mg et 10 mg le périndopril se présente dorénavant sous forme de sel d’arginine dont la formule brute est C6H14N4O2 et la masse moléculaire est 174,2 g /mol, sa formule exacte est la suivante

 Ce remplacement correspond en fait à un joli lestage (une surcharge) chimique intelligemment effectué. Résumé comme suit

L’ancien COVERSYL             

             Périndopril (368,4 g/mol) + Tertbutylamine (73,1 g/mol)

Le nouveau COVERSYL

             Périndopril (368,4 g/mol) + Arginine (174,2 g/mol)

Le sel final obtenu a en effet pris du poids et pour pouvoir obtenir le même nombre de molécules de Périndopril, il suffisait d’augmenter proportionnellement la quantité de sel final obtenu dans chaque comprimé. Et donc la posologie en nombre de comprimés par jour va rester la même, ce qui ne va pas perturber le corps médical et encore moins les patients tout en garantissant une meilleurs stabilité au produit. Bien vu de la part du fabriquant.

A noter que l’arginine, qui est un acide aminé, dans ce nouveau COVERSYL joue le rôle d’excipent autrement dit sans activité pharmacodynamique notable et comme par hasard c’est cette même arginine qu’on va retrouver comme principe actif dans des spécialités comme ARGININE VEYRON, entre autre, ce qui fait de genres de spécialités de véritables placebos. Et je trouve que c’est déontologiquement positif que dans le mailing des laboratoires SERVIER ils ne mettent pas en avant le fait que le nouveau sel de périndopril est à base d’acide aminé essentiel.

L’arginine n’est pas le seul produit dans ce cas, la vitamine c en est un autre qui est mise en avant dans certaines spécialités comme principe actif alors qu’en fait c’est un excellent excipent antioxydant utilisé entre autre dans les sirops à base de codéine            

Pour ce qui est du Périndopril c’est un antihypertenseur de la classe des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et pour bien le situer voici un petit tableau   

 

origine

Les IEC sont des molécules issues de la synthèse chimique.
Leur développement a pour origine la découverte dans le venin de vipère (vipère Bothrops Jaracara) d'un peptide (le téprotide) capable de majorer les effets biologiques de la bradykinine, et donc d'inhiber l'enzyme de conversion à l'angiotensine
.

nature

Les IEC peuvent être classés en fonction de leur structure chimique :


 IEC comportant une fonction thiol (- SH) avec un représentant le captopril [LOPRIL].

                                                                                                                                                                                           

  IEC non soufrés comportant une fonction acide et une fonction ester ce sont en fait des promédicaments. En effet in vivo, l'hydrolyse de leur fonction ester entraîne l'apparition de diacides qui correspondent aux métabolites réellement actifs dans cette classe on retrouve  

Enalapril [RENITEC] Lisinopril [PRINVIL] Perindopril [COVERSYL] Ramipril [TRIATEC]

14/11/08

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:48

Enfin un générique du NEO-MERCAZOL (carbimazol)

 

 

Et pour cause le NEO-MERCAZOL (Fabriqué par PROMOPHARM sous licence AMDIPHARM) tombait souvent en rupture de stock laissant les patients à leurs pauvres sorts et le corps médical en suspend

La carbimazol est un antithyroïdien de synthèse indiqué donc dans l’hyperthyroïdie. 
Le nouveau générique ou « pseudo » « auto » générique DIMAZOL 10 mg est fabriqué par PROMOPHARM autrement dit il s’agirait d’une certaine manière une façon pour contourner la licence d’AMDIPHARM et les royalties qui vont avec. Pourvu que ce dernier ne tombe pas lui aussi en rupture de stock.

A noter qu’en France le NEO-MERCAZOL existe en cp à 5 et à 20 mg, et on peu se demander si PROMOPHARM a décidé de « ratisser » large en proposant un dosage médian !  

 

TABLEAU COMPARATIF

 

NEO-MERCAZOL 5 MG

DIMAZOL 10 MG

Présentation

Boite de 50 cp

Boite de 50 cp

Dosage

Cp dosé à 5 mg

Cp dosé à 10 mg

Prix

Prix 32,60 DH

Prix 48,00 DH

Coût du traitement journalier

Sur la base de 40 mg / jour

 5,216 DH

3,840 DH

Soit 26% de moins

Laboratoire

PROMOPHARM

sous licence AMDIPHARM

PROMOPHARM

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:44
Aprés ces deux derniers articles qui sont assez "lourds" une petite escapade s'impose, c'est une invitation à bouger.
 
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:36

Syndrome du Bébé Secoué SBS

Mise à jour du 10/11/08

 

Source :  

Titre : Traumatisme crânien du nourrisson : quand penser à une maltraitance ?

Auteurs : Dr Georges Dubois

Réf Internet : http://www.jim.fr/e-docs/00/01/95/F4/document_actu_med.phtml   05/11/2008

Réf bibliographique : Fujiwara T et coll. : Characteristics that distinguish abusive from nonabusive head trauma among young children who underwent head computed tomography in Japan. Pediatrics 2008 ; 122 : e841-e847

 

Dans un article qu'on eu le plaisir de co-écrire en janvier 2003 (déjà) avec Dr ALBAROUDI  on avait soulevé le problème du SBS. Le texte intégrale est disponible de ce même blog http://pharamster.over-blog.com/pages/NOTIONS_DE_SYNDROME_DU_BEBE_SECOUE-1059138.html

La plus part des articles sur lesquels on s’était basé étaient canadiens, cette fois-ci c’est un article japonais qui soulève le même problème vu à travers le prisme du traumatisme crânien       

Mise à part l’accident patent, un traumatisme crânien (TC) du nourrisson doit toujours
faire suspecter une maltraitance. Cette étude japonaise rétrospective rappelle cette règle, et pointe les marqueurs cliniques de sévices corporels.

Son matériel est constitué par les dossiers médico-sociaux de 260 enfants de 0 à 2 ans, ayant été explorés par scanner à rayons X pour un traumatisme crânien ou des signes faisant craindre une affection intracrânienne, après exclusion des observations de lésions autres que traumatiques.

Les traumatisme crânien ont été classés en « infligés » c'est-à-dire dus à des sévices corporels ou en « accidentels », par un groupe multidisciplinaire, d’après le mécanisme des lésions intracrâniennes et l’existence de lésions associées ; puis les deux groupes ont été comparés par les auteurs.

     Quatre marqueurs cliniques de sévices ont été dégagés :

                               l’absence de traumatisme déclaré,

                               des troubles neurologiques,

                              3° un hématome sous-dural et

                               des hémorragies rétiniennes.

      Résultats :

Ø       Les traumatismes crâniens infligés représentaient 11 % de la série (28/260).

Ø       Deux facteurs de risque de maltraitance ont été retrouvés : le sexe masculin et la naissance multiple (mais pas la prématurité).

Ø       L’âge, sa moyenne était inférieure à celle des traumatisme crânien accidentels et il existait un pic à 2-4 mois et un autre pic à 7-9 mois.

Ø       D’après les déclarations des personnes qui s’occupaient des enfants, 60,7 % des enfants avec traumatisme crânien infligés n’avaient eu aucun traumatisme auparavant (ils niaient en fait les sévices exercés sur le bébé) ,

Ø       Les sévices n’étaient admis ou n’avaient eu un témoin que dans 18 % des cas. L’absence d’antécédent de traumatisme avait une valeur prédictive positive de 65 % pour déceler des sévices dans cette série d’enfants passés au scanner.

Ø       Les troubles de la conscience, les convulsions et les paralysies étaient plus fréquents en cas de traumatisme crânien infligés, mais pas les vomissements ni les lésions du cuir chevelu.

Ø       Un hématome sous-dural ne se voyait au scanner que dans les traumatisme crânien infligés (18/28 ; p <0,001) et il faut le dire encore une fois c’est un signe capital dans le syndrome du bébé secoué 

Ø       Il en était de même pour les hémorragies rétiniennes constatées au fond d’oeil (p=0,05).

Dans l’ensemble, les enfants victimes de sévices avaient des lésions cérébrales plus sévères que les autres. Cependant, moins d’un tiers d’entre eux étaient retirés de leur famille par les services de protection de l’enfance.

Cet article rétrospectif n’apporte pas de notion véritablement nouvelle. Sous la dénomination de traumatismes crâniens infligés, il mélange en fait des enfants secoués, sans doute les plus nombreux, et des enfants battus. Il a cependant le double mérite de rappeler que les sévices aux nourrissons sont sous-estimés en fréquence et en gravité, et de montrer que, malheureusement, ils n’épargnent aucun pays.
Le 10/11/08

 

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:29
En travaillant sur ces pages j'ai trouvé qu'elles sont trop rêches, j'ai décidé donc de vous offrire de temps en temps quelques petites esacapdes en image
Pour cette première il s'agit de vallée d'ourika (c'est prés de Marrakech au MAROC) un mois de novembre 2005 une image que j'ai faite moi-même
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:11

 PROMETHAZINE & MORT SUBITE DE L'ENFANT

Le pharmacien face à la demande d’un sirop pour le sommeil de l’enfant

 

Novembre 2006 Mise à jour Novembre 2008


« Mon bébé ne dors pas, je voudrais un sirop pour le sommeil » cette requête est une demande incessante et classique de parents anxieux et fatigués dans nos officines où malheureusement elle trouve comme réponse de facilité des phénothiazines dont le chef de file est la prométhazine. L’objectif de ce modeste travail est de proposer aux officinaux un argumentaire claire basé sur des publications récentes afin d’éviter de tels dérapages.

      I  - la PROMETHAZINE & les neuroleptiques PHENOTHIAZINIQUES : des liaisons (…) dangereuses

La planche ci-dessous montre un exemple de  similarité chimique frappante entre des antihistaminiques courants et des neuroleptiques.
En effet tous les produits présentés sont des dérivés de la Phénothiazine, cette dernière sera différemment substituée au niveau de l’azote n° 10.
Les neuroleptiques phénothiaziniques ont eux, entre autre, comme caractéristique une autre substitution au niveau du carbone n° 8.      


Cette similarité chimique a son corollaire au niveau des effets secondaires qu’on retrouvera dans les deux catégories :

    - Sédation, somnolence,

    - Effets anticholinergiques (sécheresse de la bouche, trouble de l’accommodation, rétention urinaire, palpitations cardiaques),

    - Hypotension orthostatique

    - Confusion mentale.

        
    C
ertes toute transposition directe entre les effets des neuroleptiques phénothiaziniques et les effets des antihistaminiques phénothaziniques est incorrecte puisque ces derniers sont dénoués d’effets antipsychotiques néanmoins on peu dire que l’accumulation de ces 2 similarités, chimique et effets secondaires, doit amener le professionnel de santé à reconsidérer son attitude vis-à-vis de produits qui sont d’usage courant et notamment la Prométhazine [PHENERGAN].          

  
     II  - les risques encourus par un bébé exposé À la  prométhazine :


      Le changement d’attitude des professionnels de la santé est d’autant plus nécessaire que des publications très récentes tendent à le justifier.

En effet, en avril 2006, outre les effets secondaires précités, la FOOD & DRUG ADMINISTRATION américaine a fait état de 7 morts et 22 cas de dépression respiratoire après utilisation de la Prométhazine chez les enfants de moins de 2 ans. [1]

      Des doutes ont été émis depuis longtemps sur le lien entre la prométhazine et la mort subite de l’enfant. En effet dans une lettre [2] de 3 auteurs appartenant encore une fois à la FDA, parue dans le N.E.J.M. du 23 juin 2005, les auteurs rappellent les précautions d'emploi de la prométhazine en pédiatrie, et en particulier sa contre-indication (aux USA et au en Angleterre) chez l'enfant de moins de 2 ans. Une des raisons de cette restriction d'utilisation est que la prométhazine pourrait augmenter éventuellement, selon ces auteurs, le risque de mort subite du nourrisson. Par ailleurs, ils ont rapporté quelques cas de troubles extrapyramidaux et  d’hyperthermies.


      En France le RCP du Phénergan* (in Vidal, le RCP n'existe pas sur le site de l'Afssaps) déconseille son utilisation chez l'enfant de moins de 1 an et indique la posologie chez l'enfant de 1 à 2 ans.

      En Suisse, le Phénergan* n'est pas répertorié dans le Compendium et ne serait donc plus commercialisé.
 

       Au Maroc il faut noter un fait : On a eu en 2001 le changement de présentation de la spécialité ALGOTROPYL nourrisson qui est devenue ALGOTROPYL 200 utiliser chez l’enfant de 2 à 5 ans, et ALGOTROPYL enfant qui est devenue ALGOTROPYL 400 utiliser chez l’enfant de plus de 4 ans. La raison de ce changement selon le laboratoire étant « l’absence d’études prouvant l’efficacité et la sécurité en cas de prescription de prométhazine chez l’enfant de moins de 2 ans » sic  [3] 


        Par ailleurs, on peu se poser la question légitime du rapport entre un usage chronique abusif d’antihistaminiques phénothaziniques  chez le nourrisson et l’évolution psychomotrice de ce dernier, sachant que c’est une période de la vie qui se caractérise par une phénoménale activité d’apprentissage (à savoir le rire, la marche, la parole …) et donc la possibilité de retard  psychomoteur éventuel vu l’effet sédatif marqué de ces produits.
          Au vu de ce qui précède une attitude plus responsable est nécessaire de la part du corps médicale en général et des officinaux en particulier en attendant une réglementation nationale claire à ce sujet.  
  
  

    III - Alternative : Pour une nouvelle conduite à tenir face à la détresse des parents 
         

« Mon bébé ne dors pas, je voudrais un sirop pour le sommeil »
La demande par les parents d’un sédatif pour leur enfant exprime souvent une réelle détresse parentale, détresse souvent liée au cumul de la fatigue, du manque de sommeil des parents, et du manque d’information
et d’orientation des familles.


 1 – Expliquer aux parents que le rythme nycthéméral [sommeil / veille] est plus ou moins saccadé comme le montre le schéma suivant

 


Vouloir intervenir sur ce rythme naturel c’est exposé le nourrisson à des risques vitaux (mort subite du nourrisson) et éventuellement à des séquelles de type retard de développement psychomoteur.

 

Comprendre et admettre ces faits c’est la première amorce d’une éventuelle solution          


    2 – Face à la fatigue voir la détresse des parents et notamment des mamans proposer une approche socio-éducative à  savoir :

-  La vie du bébé est une responsabilité de la mère et du père.        
-  Proposer à la maman de se réserver, avec l’implication du père et de la famille, une partie de son temps pour elle-même. Cela lui permettra de souffler et donc d’être à même à faire face aux exigences du bébé et ce en étroite collaboration avec le père.

- Le stress parental retenti sur le bébé qui le récent d’une manière ou d’une autre, un environnement serein et calme est une condition nécessaire pour le sommeil du bébé
- Eviter de sur-stimuler le bébé le soir afin de l’amener progressivement au sommeil.


     3 – A défaut et si les parents persistent à vouloir malgré tout un médicament donné, proposé un produit à base de pidolate de calcium (EFICAL Sirop) ou éventuellement une tisane. Mais surtout jamais d’antihistaminique sédatifs. Et suggérer avec insistance une consultation pédiatrique voir pédo-psychiatrique.                

     

 

Exemple d’un conseil officinal type


      - Vérifiez d’abords si les pleurs de votre bébé ne signalent pas un besoin précis, sachant qu’un bébé en bonne santé peut pleurer 2 à 3 heures par jour pour différentes raisons, comme changer sa couche, le nourrir, l'éloigner d'une source de chaleur ou de froid ou lui prodiguer des soins contre la fièvre ou contre des coliques.

      - Il peut aussi pleurer car il s’ennuie et a besoin de stimulations ou au contraire est fatigué et a besoin de dormir. Parfois, il souhaite simplement un peu de tendresse : frotter lui doucement le ventre, balader le, parler lui
      - Si votre bébé continue à pleurer après que vous vous êtes assuré qu'il n'a aucun problème particulier, tentez de garder votre calme et vérifiez votre propre état. Êtes-vous contrarié? Êtes-vous frustré?
 
      
 - Si vous pensez perdre les pédales, arrêtez-vous! Placez votre enfant en sécurité dans sa couchette et quittez la chambre pendant quelques minutes. Parlez à un ami, à un membre de votre famille, à un voisin ou à une autre personne en qui vous avez confiance et obtenez du soutien, dans l’attente d’une consultation éventuelle.
       -  Souvenez-vous de ne jamais donner un sédatif à votre bébé, quelle que soit le degré de votre irritation. Sauf sous contrôle médical stricte

 

 

      

    IV – Conclusions

         L’usage d’un sédatif antihistaminique chez le nourrisson est à proscrire, certes la législation au Maroc n’est pas claire la dessus, il n’en demeure pas moins qu’il est nécessaire une prise de conscience du corps médical concernant les dangers et les limites de cette thérapeutique.

        Ces mêmes remarques devraient être aussi élargies à d’autres antihistaminiques non phénothiaziniques et notamment la CYPROHEPTADINE en usage pédiatrique et ceux dans l’attente d’une mise au point à ce sujet des autorités de tutelle.

        Cette mise au point devrait prendre en compte le fait que tous les antihistaminiques de nouvelle génération sont eux aussi contre-indiqués chez l’enfant de moins de 2 ans. Ce qui rendra problématique la prise en charge de l’allergie chez le nourrisson.

        Une consultation élargie aux divers acteurs de la santé permettra de dégager un consensus, qui prendra en compte aussi bien les aspects pharmacologiques que les aspects socio-économiques de ce sujet.



V – Bibliographie        


1 - Prescrire Rédaction « prométhazine et mort subite chez les enfants » Rev Prescrire 2006 ; 26(274) :503.
2 - Starke, Peter R., Weaver, Joyce, Chowdhury, Badrul A. Boxed Warning Added to Promethazine Labeling for Pediatric Use N Engl J Med 2005 352: 2653
3 - Laboratoire BOTTU mailing actualisation des présentations d’ALGOTROPYL mai 2001
4 - U.S. Food and Drug Administration « Information for healthcare professionals : promethazine hydrochloride (marketed as Phenergan and generic products) » avril 2006.
Site Internet
http://www.fda.gov5/ - Prescrire Rédaction « Algotropyl : encore à la prométhazine » Rev Prescrire 2000 ;20(205) :276.
5 - « Phenergan » Dictionnaire VIDAL 2006 : 1624-1625      

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Published by amster - dans MEDICAMENT
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