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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 20:43

L’EXTRAORDINAIRE HISTOIRE

DE L'EX-HÔPITAL MILITAIRE MARIE FEUILLET DE RABAT

 

L'EXTRAORDINAIRE HISTOIRE DE L'EX-HOPITAL MILITAIRE MARIE FEUILLET DE RABAT

        Appelé communément par les marocains MARIFIYI, l’ex-hôpital militaire MARIE FEUILLET DE RABAT, abrite non seulement une part importante de l’histoire de la médecine au Maroc, mais aussi de l’Histoire (avec un grand H) tout court.

Situé au quartier populaire l’Océan, l’hôpital militaire MARIE FEUILLET a été fermé en 1999 remplacé depuis par un établissement flambant-neuf situé au quartier huppé de Hay Riad : l’Hôpital Militaire d’Instruction Mohammed V(HMIMV).   

L’excellent historien Hassan Aourid dans cet article paru dans la non moins excellente revue marocaine spécialisée  de l’histoire : Zamane [ www.zamane.ma/ ], nous rapporte un éclairage extraordinaire que peut de gens connaissent, et pourtant cela fait partie de notre patrimoine matériel et immatériel.   

Source : Hassan Aourid « Marifiyi, lieu de mémoire » Revue Zamane, n°33-34, pages 96-97, août/septembre 2013. Article lui-même basé sur le livre « L'hôpital Marie Feuillet de Rabat, origine, histoire et évolution » (2012), de Ali Akhddar

        « Récemment, un chauffeur de taxi à qui j'ai demandé de me conduire à l'hôpital Marifiyi m'a rétorqué : « Lequel ? L'ancien ou le nouveau ?» La confusion devrait pourtant être levée pour lui entre l'ancien hôpital militaire et le nouveau. J'ai alors compris qu'il y avait plusieurs confusions à lever sur le nom, devenu pour mon chauffeur de taxi une fonction, tout comme sur le lieu, qui abrite non seulement une part importante de l'histoire de la médecine au Maroc, mais aussi de l'histoire tout court, et qui est peu connue. N'était-il pas question de le raser? On se plaignait de sa vétusté et de la dégradation de ses bâtisses.

Une retraite du sultan Moulay Sliman & un palais d'été du sultan Moulay Abdelaziz

         Ce même lieu était initialement une retraite du sultan Moulay Sliman [1], connue sous le nom de Dar al-Bahr, avec des constructions au style mauresque sobre, des jardins et un promontoire qui donne sur la mer. Il ne reste de ce promontoire que deux petites tourelles séparées de la bâtisse parla route côtière. Ce même lieu a été également le palais d'été du sultan Moulay Abdelaziz [2]. C'est d'ailleurs là qu'il avait reçu en octobre 1907 la délégation présidée par l’ambassadeur Regnault, accompagné du commandant de la région d'Oran : Lyautey. C'est donc un lieu qui atteste des prémices de normalisation avec la France et le prélude au Protectorat. C'est dire combien son histoire est chargée.

Dans ce qui était un centre de santé à Sidi Fath, au coeur de la médina de Rabat, on a pensé, depuis la conclusion du traité du Protectorat et l'établissement de la ville de Rabat, en juillet 1912, comme capitale, opérer une extension pour répondre aux besoins et à la demande croissante. Un hôpital de campagne étant érigé initialement autour du lieu historique qu'était Dar al-Bahr, il sera choisi pour devenir l'hôpital militaire Mohammed V, ou Marie Feuillet, ou selon l'usage local « Marifiyi» . Qui était donc cette dame Marie Feuillet, immortalisée dans l'imaginaire collectif marocain par « Marifiyi » ?

Marie Feuillet, l’infirmière engagée

     savons, grâce au travail de M. Ali Akhaddar, qui a réservé une recherche à l'histoire de cet hôpital, que Marie Feuillet était une infirmière major qui a servi au Maroc dans la foulée des pionniers. Elle a fait de sa charge un sacerdoce, sans être pour autant une religieuse:

     -  Née le 30 mai 1864, Marie Huot, mariée à Jaques Feuillet, eut le malheur de perdre son époux en 1887. Elle se trouva donc veuve à l'âge de 23 ans, puis perdit ses fillettes neuf mois plus tard emportées par la rougeole.

    - Elle décida alors de faire de son épreuve une raison pour soulager la souffrance humaine. La jeune femme se consacra à l'activité infirmière à partir de 1890.

    - En 1907, elle servit en Oranais, sous le regard bienveillant mais scrutateur de Lyautey, commandant de la région.

     - En 1911 déjà elle est au Maroc. En février 1912, avant la conclusion du traité du Protectorat, elle fut décorée par la croix de chevalier de la légion d'honneur. Elle devait accompagner l'été de la même année une caravane médicale à l'intérieur du Maroc, et c'est là que sa vie s'achève à Meknès le 24 août 1912.

Voici une description des derniers jours de Mme Marie Feuillet :

«Partie de Rabat le jeudi 15 août, avec le convoi, elle s'est sentie souffrante à la première étape à camp Monod. Elle voulut néanmoins poursuivre sa route, attribuant son indisposition à une migraine (...) Les cahots des voitures d'ambulance sur les pistes mal tracées, la poussière, la chaleur étouffante des tentes en plein soleil ont fait du voyage un véritable martyre pour notre malade. A notre arrivée à Meknès, elle continua à beaucoup souffrir pendant trois jours, avant de s'éteindre paisiblement le samedi 24 août 1912 ».

Lyautey, qui l'a connu en Oranais, lui rend un hommage émouvant : «Je l'ai trouvée à Rabat, disait-il, aux chevet de nos camarades qu'elle disputait à la mort sans que nous puissions nous douter que c'était eux, que nous croyions perdus, qui lui survivraient. A leur rendre la vie, elle a épuisé ses dernières forces ».

     - En octobre 1912, Lyautey prend la décision de baptiser l'hôpital militaire de Rabat en son nom et de faire de ce lieu, le fleuron de l'équipement hospitalier militaire en Afrique du Nord.

     - Les travaux d'aménagement continuèrent. L'hôpital connut en 1914 une expansion pour pouvoir répondre au voeu du premier Résident général, Lyautey. Le projet fut confié à un architecte monégasque, Léon Fombertaux, imprégné du génie architectural hispano-mauresque, que la direction des Beaux-Arts, sous Prost, proche de Lyautey, tâchait d'imprimer au Maroc. Il fut doté d'un bloc opératoire en 1937, le plus moderne du pays.

     - Puis, le 15 mai 1963, il change de nom pour devenir « l'hôpital militaire d'instruction Mohammed V ».

Il demeure, avec l'hôpital Louis de Meknès (plus connu sous le nom de « Lgbibat »), l'un des fleurons de la médecine au Maroc, avec une très belle architecture, unique en son genre, tout comme le sanatorium de Ben Smim, qui tombe en ruine. »

Annexe, précision sur quelques personnages cités dans le texte : 

1- Le règne de moulay slimane (1792-1822) correspond à une époque où le contexte international est troublé par la révolution française et les guerres napoléoniennes qui ravagent l'Europe.
En réaction à cette situation le makhzen, adopte une politique de repli presque total. Ainsi, quand en 1808 napoléon Ier envahit l'Espagne et propose au Maroc de restituer Ceuta et Melilla en échange de son soutien contre l'Angleterre, Moulay Slimane refuse catégoriquement cette offre et répond avec mépris à l'empereur français "que l'Espagne ne lui appartient pas et que le makhzen refuse de traiter avec les usurpateurs".
En outre Moulay Slimane, s'il se méfiait de l'occident, était un souverain mystique qui entretenait de solides rapports avec Ibn Saoud d'Arabie. Moulay Slimane sera d'ailleurs le premier à introduire le wahhabisme au Maroc, allant jusqu'à interdire par dahir les Moussems et les pèlerinages aux marabouts. Cela provoquera un soulèvement généralisé des tribus amazigh et même de la capitale, Fès.
Après un règne agité, assombri par de terribles épidémies de peste (1799 et 1820) ainsi que par des famines et des sécheresses, Moulay Slimane finira par abdiquer au profit de son neveu, Moulay Abderrahmane.

2- Moulay Abdelaziz, (1878-1943), sultan du Maroc entre 1894 et 1908. Fils d'Hassan Ier et d'une esclave circassienne du nom de Lalla Rkia[]. Il accède au trône à l’âge de 16 ans, le 7 juin 1894, son frère aîné ayant été déshérité. Le grand vizir Bahmad exerce la régence jusqu'à sa mort en 1900. Il poursuit la politique de balance et d’hésitation entre les puissances européennes.

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 17:08

Mise à jour de l’article : « Tétrazépam (Myolastan®) retiré du marché européen »

Comme prévu, l’administration marocaine a officiellement suspendu l‘AMM des spécialités à base de tétrazépam (Myolastan®, Musaril®, Zexyl®), suivant en cela la décision du 02/07/2013 de l’ANSM en France.

Sources :

L’ECONOMISTE, n°4077, page31, du18/07/2013

LE SOIR ECHOS, n°1377, page 07, du22/07/2013

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 18:04

Médicament

LE TETRAZEPAM (MYOLASTAN®)

RETIRÉ DU MARCHÉ EUROPÉEN

SUPPRESSION DU TETRAZEPAM (MYOLASTAN°)

          Les spécialités à base de tétrazépam vont être retirés du marché français et européen, a annoncé ce mardi 02/07/2013 l'agence du médicament (ANSM). (Ex AFSSAPS, Cliquer pour visualiser)

Le tétrazépam est une benzodiazépine, utilisée dans le traitement des contractures musculaires douloureuses en rhumatologie, au Maroc il est disponible sous les noms Myolastan® et Musaril®

Le retrait sera effectif en France "à partir du 8 juillet". Cette décision de suspension du marché se fait "en accord avec les autorités européennes" et concerne tous les Etats membres de l'Union européenne, précise l'agence sanitaire.

Les raisons de cette suppression :

          Commercialisé en France depuis 1969, les médicaments contenant du tétrazépam par voie orale entraîneraient "une fréquence élevée d’effets indésirables cutanés", selon les évaluations de l'ANSM. Certains d'entre eux, "rares" sont même "graves voire mortels".

Le journal Le Parisien ajoute que depuis 1969 une enquête de pharmacovigilance pointe 1616 cas d'effets indésirables qui ont pu entrainer 11 décès.

L'ANSM avait demandé à l'agence européenne du médicament (EMA) une réévaluation de ce médicament et la suspension de son autorisation de mise sur le marché. En juin, la Commission européenne a approuvé la recommandation d'avril de l'agence européenne de suspendre les autorisations de mise sur le marché de médicaments à base de tétrazépam au sein de l'ensemble de l'Union européenne en raison d'une balance bénéfice/risque jugée désormais défavorable pour ces spécialités.

L’avis de la Revue Prescrire :

Dans son n°354, page 268, d’avril 2013, la revue rapporte les données suivantes :

« En janvier 2013 l’Agence Française des produits de la santé a recensé 1616 observations d’effets secondaires liés au tétrazépam, dont 648 cas graves, enregistrés avant le 30 juin 2012.

Environ la moitié des notifications concernent des troubles cutanés : 805 cas dont 305 cas graves.

Les effets indésirables graves les plus notables sont :

  - 40 syndromes de Lyell (dont 11 sont morts) avec un délai moyen de survenue de 12 jours 

 - 34 syndromes de Stevens-Johnson (dont 1 mort)

 - 63 érythèmes polymorphes (dont 1 mort)

 - 19 syndromes d’hypersensibilité multiorganique, avec un délai moyen de survenue de 22 jours  »

Dans son n°356, page 420, juin 2013, la Revue rapporte la décision  des autorités françaises, elle ajoute « Aucun médicament autorisé comme décontracturant musculaire n’a une balance bénéfices-risques favorable ». Elle vise par là non seulement le tétrazépam mais aussi le thiocolchicoside (Coltramyl® ou autre). Elle préconise de se limiter au paracétamol, l’ibuprofène (Brufen® ou autre) et le naproxène (Apranax® ou autre)

L’avis du pharmacien :

         Les chiffres rapportés font peur ! Cela dit nous n’avons jamais eu connaissance, dans notre pratique, d’un quelconque effet secondaire grave avec le tétrazépam (ce n’est pas une référence ici, mais un simple constat de praticien)

Le syndrome de Lyell qui est une nécrolyse épidermique toxique (ce n’est pas joli à voir), survient chez l'adulte, lors de la prise de certains médicaments (anti-inflammatoires, antibiotiques, antiépileptiques), ou chez l'enfant à la suite d'une infection à staphylocoque.

Encore une fois, pour apprécier la gravité réelle d’une molécule donnée, il serait utile de rapporter le nombre de cas constatés au nombre d’unités utilisées. L’idée est qu’un produit largement prescrit collecte logiquement un nombre beaucoup plus important d’effets secondaires qu’un médicament dont la prescription est limitée.   

L’appréciation du risque devrait se baser sur l’équation suivante (Pour une durée données, admettons 1 année)

 Le risque relatif serait = [Nombre d’effets secondaires notifiés]/ [Le nombre d’unités utilisées]

C’est sur la base de ce risque relatif et de l’efficacité avérée  qu’on devrait évaluer la balance bénéfice risque.

Même si cela peut choquer, le nombre d’effets secondaires en valeur absolue donne une idée biaisée des risques liés à une molécule donnée.    

Parmi les médicaments incriminés dans le syndrome de Lyell on retrouve les sulfamides dont l’un des plus vendu au Maroc est le sulfamethoxazol (Bactrim® ou autre, en association avec le triméthoprime). Faut-il le supprimé ? Assurément non. D’autant plus que la balance [bénéfices-risques-nombre de boites vendues]  de l’association sulfaméthoxazole-triméthoprime reste largement favorable (Et ce malgrés les événements de Fes en 1960).

Dans le cas du tétrazépam le bénéfice escompté parait faible, et on peut à juste titre penser que l’effet myorelaxant sélectif et spécifique du tétrazépam n’est pas totalement avéré. Autrement dit le tétrazépam ne donne pas plus d’effet myorelaxant que tout autre benzodiazépine …

A notre avis (l’erreur est possible) ce ne sont pas les 1616 cas d’effets secondaires notifiés (dont onze morts certes) durant plus de 40 ans de commercialisation (depuis l’année 1969) qui ont précipité la suppression du tétrazépam ! c’est vraisemblablement le manque d’efficacité spécifique d’une molécule présentée comme myorelaxante.     

Dans le « Traitement des contractures musculaires douloureuses en rhumatologie (en association aux traitements spécifiques)» indication originelle du tétrazépam (Myolastan®), l’utilisation d’une benzodiazépine à demie vie courte, peut être utile, nous semble-t-il, dans certains cas où une forme d’anxiété est associée aux autres signes rhumatologiques sachant que l’anxiété impacte négativement la relaxation musculaire.

Quid du Maroc ?

     Le manque d’efficacité de notre système de pharmacovigilance, ne permet une prise de décision rationnelle en fonction des données locorégionales. On ne s’étonnera pas alors de remarquer que nos décisions pharmacologiques s’alignent souvent de façon mimétique sur celles des pays en avance en particulier la France, vu la proximité linguistique.     

Le retrait du tétrazépam (Myolastan® ou autre), s’il est appliqué au Maroc, ne va pas fortement impacter les pratiques actuelles. Il aura pour intérêt d’obliger les prescripteurs à n’utiliser une benzodiazépine que dans son indication principale : l’anxiété.        

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 22:55
Mise à jour de notre article : Choix du fer entre médicament et complément alimentaire

Mise à jour de notre article : « CHOIX DU FER ENTRE MEDICAMENT & COMPLEMENT ALIMENTAIRE »

Une nouvelle forme galénique de la spécialité Maltofer® a été mise dernièrement sur le marcher marocain, il s’agit de la forme comprimé. Auparavant seul existait la forme sirop mentionnée dans notre article       

Présentation :

- Maltofer® boite de 30 CP

- PPM : 38.50 DH (Dirham marocain)

- Composition par CP : Fer ferrique (Fe+++) 100 mg

                     - Le prix du mg de fer est donc : 1.28 Centimes

En termes de coût, le Maltofer® CP se situe entre le Fumafer® et le Tardyferon®, il est largement inferieur à la moyenne des coûts du fer élément présenté en médicaments.

Au niveau qualitatif, le fer ferrique a comme handicape majeur son absorption très limitée.

Globalement l’introduction du Maltofer® sous forme CP à 100 mg ne change en rien notre analyse. (Sauf erreur de notre part)      

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 18:52

Les dépêches de l’agence de presse

du Chat Rouge

Les dépêches de l’agence de presse du Chat Rouge

Source : Le Canard Libéré, n°301, du 14/06/13, page 05 

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    Le nouvel entraîneur de l'équipe nationale de football veut rebaptiser l'équipe nationale "Les sloughis". Il explique ce choix en précisant que "Les lions ont disparu de l'Atlas depuis bien longtemps. Les Sloughis, quant à eux, courent toujours".

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   Le salon international de l'arnaque prévu à Casablanca le 22 mai 2013 a une fois de plus été reporté pour la même raison que l'année dernière : l'organisateur s'est enfui avec la caisse.

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   Les alcooliques anonymes de Casablanca ont tenu leur 44.650e réunion hier soir dans le bar d'un hôtel de la capitale économique. La réunion s'est terminée au petit matin. A la sortie, un des membres a tenté de s'exprimer sans que notre journaliste n'ait pu saisir le sens de ses propos.

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   Le KLAXON D'OR international  a été remporté cette année une fois de plus par un automobiliste casablancais. Le trophée a été remis par le président de la FIK en personne (Fédération Internationale des Klaxonneurs) devant un pare-terre de chauffards émus.

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   Les mangeurs du Ramadan ont entamé une grève de la faim devant le parlement. Leur principale revendication: qu'on les laisse manger où ils veulent quand' ils veulent.

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   Les Caïds d'arrondissement des grandes villes du Royaume ont tenu un sitting de  protestation devant le siège Transparency Maroc. D'après eux, leur principale source de revenue est actuellement menacée.

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   Le tout nouveau parti politique marocain "L'Union Marocaine des Travailleurs Honnêtes" n'a pas pu tenir son premier congrès faute d'adhérents.

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  Lors d'une visite de la place Jamaa El Fna, David Copperfield s'est rendu compte que son portefeuille avait disparu. C'est la magie de Marrakech.

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  Rafle généralisée des filles de joie d'une ville du nord du pays dans la nuit du 12 au 13 avril. Nos journalistes ont toutefois constaté que cette opération correspondait a la date de l'anniversaire du commissaire de la ville.

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  La société de transactions financières FLOUSCOUM a été rebaptisée FLOUSSI par son président-directeur général qui a immédiatement pris la fuite.

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  Un ancien ministre des années 70-80 maintenant âgé de plus de 90 ans a été arrête pour vol a l'étalage dans un supermarché de la capitale. Sa fille venue le chercher au commissariat a déclaré : ce sont de vieilles habitudes dont il a beaucoup de mal à se débarrasser.

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L’avis de l’apothicaire du coin :

   Cette série de « dépêches » remarquables s’inspire nous semble-t-il du Chat de Philippe Geluck, mais adaptée au contexte marocain.

Un dicton marocain dit : « Trop de malheur, fait rire », chacune de ces répliques interpelle les citoyens que nous sommes sur nos contradictions. Au-delà de la satire, magnifique dans le cas présent, chaque dépêche en soi, remue le couteau dans les plaies de notre quotidien. Au-delà des mots, ce sont nos maux qui sont mis en exergue

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 22:29
CHOIX DU FER ENTRE MEDICAMENT & COMPLEMENT ALIMENTAIRE

 

 

 CHOIX-DU-FER-ENTRE-MEDICAMENT---COMPLEMENT-ALIMENTAIRE-pope.jpg

         

Note : cet article a été édité avec la nouvelle plate-forme Over-blog, trop compliquée et peu  fonctionnelle, mille excuses pour la mise en page approximative.   

         Le  point de départ de cet article a été un complément alimentaire à base de fer qui a attiré notre attention : SIDERAL®

Un nom qui évoque un espace immense, des dimensions astronomiques, un univers astral bref, c’est un adjectif à connotation cosmique tout simplement ; son radical est par contre plus terre à terre et se réfère au fer (la rime est involontaire mais elle tombe bien dans la langue de Voltaire !).

Nous disions donc que la spécialité SIDERAL® pour nous autres officinaux, n’est autre que le nom d’un complément alimentaire dont nous nous proposons de faire une analyse critique. Mais de prime abord, faisons un tour d’horizon des principales présentations de fer disponibles et par la même occasion « levons le voile » sur la difficulté de cerner les nuances entre compléments alimentaires et médicaments.

Les principales présentations du fer disponibles : 

Partant du principe qu’un tableau vaut mieux qu’un long discours, voici donc d’abord un tableau comparatif de fer en complément alimentaire puis de fer médicament.

Abréviations : CA : Complément Alimentaire, MED : Médicament, DH : Dirham Marocain, Cent : Centime Marocain, AB : Ampoule Buvable, CP : Comprimés, Cap : capsule, BT : Boite.

- Série 1 : Compléments alimentaires à base de fer [liste non exhaustive]

 

 

NEOFER®

 

SIDERAL®

FITOFER®

BIOFAR

FER®

C+FER®

ERYTHROFER-C® 

CALCIFER®

Fe élément

/ Unité

14mg

/ Cp

 

14mg

/ Cp

 

7mg

/ 10ml

14mg

/ Cp

7.5 mg

/ Cp

 

8 mg

/ Cp

7mg

 / Cp

Sel de Fe utilisé

Fumarate

ferreux

Pyrophosphate ferrique

Non mentionné

Gluconate ferreux

Gluconate ferreux

Gluconate ferreux

Pyrophosphate ferrique

Acide folique

200µg

 

100µg

200µg

 

 

 

Autres

 

Vit C

Vit B12

Vit C

Vit B12

Zn, Cu…

Vit C

Vit B12,B1, B2, B6

Vit C

Vit C

Vit C Vit D3 Ca

Présen-

tation

 

30gélules

20 capsules

Sirop

200ml

20 cps

effer

30

Gélules

60 Gélules

12 et 24 Cp

Prix (DH)

79.00

 

236.00

 

89.00

 

69.00

 

76.00

 

85.00

 

47.50 et 85.00

Prix DH /unité

2.63 / Cp

11.80 / Cap

4.45 / 10ml

3.45 / Cp

2.53 / Gel

1.41 / Gel

3.95 et 3.54

Prix en Cent. mg de Fe El*

18.8

84.3

63.6

24.6

33.7

17.6

56.4 et 50.8

Moyenne

43.7 Centimes le mg de Fe élément

* Prix en centimes par mg en fer élément.

- Autres produits : Gestarelle® G avec 14 mg / capsule, sous forme de sulfate ferreux, prix 99.00 par BT de 30, soit 3.30 DH le Cp et 23.5 Centimes le mg de Fe élément.  

 

Série 2 : Médicaments à base de fer [liste non exhaustive]

 

 

FUMAFER

TARDY

FERON 80

TARDY

FERON B9

FOLIFER

MALTOFER

TOT’HEMA

FER

UCB

Fe élément

/ Unité

66mg

/ Cp

80mg

/Cp

50mg

/Cp

 

48.53mg

/Cp

100mg

/ 10ml

50mg

/ AB

50mg

/ AB

Sel de Fer utilisé

Fumarate

ferreux

Sulfate ferreux

Sulfate ferreux

Sulfate

ferreux

Hydroxyde

ferrique

Gluconate ferreux

chlorure ferreux

Acide folique

 

 

350µg

500µg

 

 

 

Présen-

tation

100 Cp

30 Cp

30 Cp

28 Gélules

LP

Sirop 150ml

20 AB

12 AB

Prix En DH

26.00

 

40.50

 

51.60

 

50.00

 

35.70

 

43.00

 

32.2

 

Prix DH /unité

0.26 / Cp

1.35 / Cp

1.72 / Cp

1.78 / Cp

2.38 / 10ml

2.15 / AB

2.68 / AB

Prix en Cent. mg de Fe El*

0.4

1.7

3.4

3.6

2.3

2.4

5.3

Moyenne

2.72 Centimes le mg de Fe élément

* Prix en centimes par mg en fer élément.

Mise à jour du 19/06/2013 : Une nouvelle forme galénique de la spécialité Maltofer® a été mise dernièrement sur le marcher marocain, il s’agit de la forme comprimé. Auparavant seul existait la forme sirop mentionnée dans notre article       

Présentation : Maltofer® boite de 30 CP, PPM : 38.50 DH (Dirham marocain), Composition par CP : Fer ferrique (Fe+++) 100 mg. Le prix du mg de fer est donc : 1.28 Centimes

En termes de coût, le Maltofer® CP se situe entre le Fumafer® et le Tardyferon®, il est largement inferieur à la moyenne des coûts du fer élément présenté en médicaments.

Au niveau qualitatif, le fer ferrique a comme handicape majeur son absorption très limitée. Globalement l’introduction du Maltofer® sous forme CP à 100 mg ne change en rien notre analyse. (Sauf erreur de notre part)   

Constations et méthode de travail : 

- Erythrofer-C® (CA) : L’emballage de ce produit indique une quantité de 64 mg de gluconate de ferreux par gélule, au prix de 85.00 DH par BT de 60, soit 1,41 DH la gélule

Question : quelle quantité de fer élément apporte le gluconate de fer dans cette spécialité ? Pour se faire on s’est basé sur :

              - la masse molaire du gluconate fer : 446.14 g/mol,

               - la masse molaire du fer est de 55.8 g/mol,

              - on déduit que la quantité de fer élément issue de 64 g de gluconate de fer : 8 mg.

- C+FER®  (CA) : la même méthode a été utilisée pour cette spécialité, la quantité de gluconate de Fe marquée sur la boite est de 60 mg, la quantité de Fe élément théoriquement assimilable est donc de 7,5 mg, cela correspond en effet à 50% de l’apport journalier recommandé (14 mg/j) tel que marqué sur l’emballage du produit.        

- Le gluconate de fer présenté comme principe actif dans les spécialités TOT’HEMA®(MED), BIOFAR® FER® (CA), C+FER® (CA) et ERYTHROFER-C® (CA) est en fait couramment utilisé dans l’agroalimentaire comme additif alimentaire sous le code E579. Cela augure du faible coût de revient de cette matière première et au même temps cette faiblesse du coût n’est absolument pas répercutée sur les prix pratiqués. Lire « Pour une classification globale des produits destinés à la consommation humaine »

- Sur le packaging du FOLIFER® (MED) seule est mentionnée la quantité de sulfate ferreux, sachant que 154,54mg de FeSO4 délivre 50,00mg Fe élément, on en a déduit que les 150mg du FOLIFER® correspondent à 48,53mg de Fe élément, ce qui met cette spécialité au même niveau que le TARDYFERON® B9 (MED).   

- Intérêt de l’acide folique dans ces formulations : L'acide folique est une vitamine du groupe B. Les métabolites actifs servent de coenzymes à de nombreuses réactions enzymatiques intervenant dans la synthèse des purines, le métabolisme des acides aminés.  Cette vitamine hydrosoluble, est aussi appelée vitamine B9. L’acide folique joue un rôle primordial dans la croissance et le développement normal de la colonne vertébrale, du cerveau et du crâne du fœtus durant le premier trimestre de la grossesse, d’où son utilisation au cours de la gestation. Pour plus d’information vous pouvez consulter cette fiche de Santé et Service Sociaux Québec  (Cliquer sur le titre) une structure gouvernementale canadienne.

Les prix exprimés en Dirham Marocain, sont susceptibles de changer.

Analyse critique :

         Le dilemme fer ferreux – fer ferrique :

 Les quantités indiquées sur les emballages sont souvent celles des sels de fer. Selon le sel de fer utilisé, l’apport en fer élément est très variable car fonction de la masse de l’anion qui accompagne le fer. Par exemple, 300mg de gluconate de fer apportent environ 35mg de fer élément et 200mg de sulfate de fer apportent env. 60mg de fer élément. Si  les doses de Fe élément sont elles toujours marquées, elles le sont en revanche en très petit caractère, voire entre parenthèses, alors que c’est l’information clef qui justifie la prescription de telle ou telle spécialité. 

Proposition :

Si les officinaux et leurs instances représentatives étaient réellement conscients du rôle qu’ils peuvent jouer, ils proposeraient et même feraient pression dans l’intérêt du patient, pour que tout produit, vendu dans le pays, ait l’obligation de mentionner en gros caractères la quantité de Fe élément susceptible d’être assimilée, un peu à la manière de Tardyferon 80®. Malheureusement, au lieu d’être une force de proposition, indépendante, critique et intègre, nous nous contentons d’être de simples délivreurs de médicaments et de quelques menus conseils largement écrasés par l’audimat de certaines émissions de radios dédiées à la santé (…).     

L’impact de ces émissions est tel que le Ministre de la santé a été obligé d’intervenir auprès des autorités de tutelle de l’audiovisuel(la HACA) pour recadrer ces émissions. Mais entre nous … la faute n’est pas celle des médias, car les absents ont toujours tort : Les officinaux qui brillent par leur absence de tout débat de santé, se limitent à être de médiocres vassaux pour le compte des laboratoires, au lieu d’être  des partenaires scientifiques à part entière, rigoureux, intègres  vis-à-vis de l’industrie, du ministère de la santé ainsi que de l’ensemble de la société .      

           Rappel sur l’absorption du fer

L'absorption du fer est conditionnée par 2 éléments majeurs :

        - le stock de fer dans le sang : L’absorption est majorée quand les réserves en fer sont diminuées et réduite en cas de surcharge martiale.

        - la forme chimique du fer : Le fer ionisé et le fer héminique (hémoglobine, myoglobine) sont très bien absorbés. Le fer des complexes organiques (végétaux, œufs, poissons) est peu absorbé, biodisponibilité moindre.

Quelque soit l’âge, l’absorption du fer est plutôt basse, entre 10 et 15%, ce qui signifie que les quantités de fer consommées doivent être bien supérieures aux besoins. Par exemple, un adulte nécessitera entre 1 et 2mg de fer par jour mais il devra en consommer quotidiennement entre 10 et 15mg. L’ajout de l’acide ascorbique améliore légèrement l’absorption mais l’impact clinique de ce phénomène n’a pas été démontré. Les formes à libération prolongée (ex Folifer®) parfois présentées comme induisant moins d’effets secondaires digestifs, offrent souvent cette particularité seulement car elles amènent le sel ferreux dans la partie du duodénum où il est moins bien absorbé

 

CHOIX DU FER ENTRE MEDICAMENT & COMPLEMENT ALIMENTAIRE

La quantité de fer élément assimilée dépend donc de son état chimique (Eh oui ! désolé pour ceux dont les neurones sont en hibernation depuis le jour où ils ont reçu leur diplôme … mais on est obligé de parler chimie, il parait que c’est la base notre métier ? oullaaaaho aâlam). Il faut différencier entre le fer ferreux et le fer ferrique car en termes d’absorption, le 1er étant meilleur.

Le fer ferreux = Fe++         Le fer ferrique = Fe+++

      Explication : La biodisponibilité du fer dépend des formes sous lesquelles il est présent :

- Le fer héminique, c'est-à-dire lié au noyau protoporphyrine, comme dans les viandes, a une biodisponibilité élevée, environ 40%, peu influencée par les autres aliments, le pH et les sécrétions digestives.

- Le fer non héminique que l'on trouve, par exemple, dans les végétaux. Sa biodisponibilité, comprise entre 2 et 10%, est bien moindre que celle du fer héminique. Pour être absorbé, il est d'abord libéré des aliments par l'acide chlorhydrique stomacal qui le réduit en fer ferreux Fe2+ beaucoup mieux absorbé que le fer ferrique Fe3+. L'acide ascorbique (vitamine C pour les intimes) favorise cette réduction. (Source : Fer - Métabolisme)

Moralité : le fer ferrique ce n’est pas féérique, le mieux c’est le fer ferreux (là je surpasse dans la rime ma consœur, et co-auteur de cet article, Dr Mouna. Cela sent le Bac +7x3 …)

La question qui fâche : Sur la base de ce qui vient d’être dit, quelles sont les spécialités à base de ce fer ferrique loin d’être féérique ?

Est-on obligé de répondre à cette question au risque de provoquer l’ire de certains … ?

Allah Yahfed [que Dieu nous en protège]

>> Dans la catégorie des compléments alimentaires, sont nominés pour leur faible absorption intestinale :

        - Sideral® et Calcifer®.

        - Le Fitofer® est hors compétition car le packaging ne mentionne pas la forme chimique du Fe utilisé.

>> Dans la catégorie des médicaments, est nominé pour sa faible absorption :

       - Maltofer®.

Au sujet du Maltofer® :

       - le répertoire de l’ANSM (Ex AFFSAPS) ne mentionne que la forme injectable « MALTOFER 100 mg/2 ml, solution injectable », on ne le retrouve pas non plus comme spécialité dans le CBIP (Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique http://www.cbip.be ) ; mais plutôt dans le compendium suisse (www.compendium.ch).

       - Pour la petite histoire, nous vous rapportons ce cas réel d’une de nos patientes en herbe: une jeune enfant atteinte d’une anémie ferriprive, était bien suivie médicalement avec consultations et NFS réguliers, sous traitement par Maltofer® en sirop. Au bout 6 mois de médication, il n’y avait pas d’amélioration significative de son NFS !

       - Conclusion : ces données prises une par une, ne sont pas significativement alarmantes. Cependant, si on les considère dans leur globalité, elles constituent un faisceau d’éléments qui tend à démontrer un manque d’efficacité de cette spécialité. (Sauf erreur toujours possible de notre part). Autrement dit, il y a de fortes probabilités, que même en Suisse, l’hydroxyde ferrique (Maltofer® pour les roturiers) constitue un traitement de 2ème ou 3ème ligne de l’anémie.

Notons que dans la catégorie médicament le Maltofer® répond à une utilisation pédiatrique et que malheureusement les formes de Fe adaptées aux nourrissons sont limitées et pas pratiques (cas du Fer UCB®).

La proposition de l’apothicaire : Si le chlorure ferreux est disponible en ampoules buvable, n’est-il pas logique qu’il soit disponible sous forme de solution ou de sirop buvable avec une pipette adaptée ? Une telle spécialité reléguera de facto le Maltofer® en deuxième ligne dans le traitement de l'anémie en pédiatrie, il facilitera surtout le bon usage du fer ferreux en bas âge. (que le Dieu des entreprises du médicament nous entende ... amen)

       Le dilemme des prix

       Au sujet du prix, les mauvaises langues diraient que « c’est là où excellent les pharmaciens ! ». Le prix est un élément important pour l’observance du traitement (pour les patients sans couverture médicale) et pour le remboursement (si assurance il y a).

Pour ce faire, il faut évaluer le coût du traitement journalier, l’idée de la revue Prescrire de calculer le prix du mg de fer nous a paru tout à fait judicieuse, nous l’avons donc reprise ici.

Dans les séries présentées ci-dessus, en moyenne le prix du mg de Fe élément pris sous forme de complément alimentaire est 16 fois plus cher que le prix du Fe élément pris sous forme de médicament. Soit 2,72 Centimes pour le Fe élément dans un médicament contre 43,70 pour le Fe élément pris dans un complément alimentaire. Et pourtant « ils » sont largement prescrits (!!!!!) .

Le prix aberrant des compléments alimentaires s’explique par plusieurs éléments :

     - La TVA appliquée (supportée finalement par le patient) est de 20% pour cette catégorie (contre 7% pour la majorité des médicaments)

     - Les compléments alimentaires ne sont pas soumis aux mêmes exigences (AMM, Dossier scientifique …) que les médicaments. De facto, la fixation de leur prix est laissée à l’appréciation du fabriquant. La communauté (Etat et sécurité sociale) s’autorise elle, le droit de ne pas les rembourser tout en acceptant leur promotion auprès du corps médical. Dans cette histoire, le patient devient le dindon de la farce comme dans un diner de cons, sauf que dans le cas précis du patient il ne fait ici que suivre les indications d’une ordonnance qu’on lui a prescrite dans une situation de souffrance donnée (la maladie est une souffrance) et qu’il n’a en aucun cas choisi : contrairement au diner de cons, le patient n’a pas le libre arbitre. Pourquoi accepter la promotion de ces produits auprès du corps médical tout en les taxant à 20% sans les rembourser ?

    - Au Maroc, la majorité des compléments alimentaires est importée (alors que 80% des médicaments sont fabriqués localement). Cela implique des droits de douanes et des coups de fabrication en sus

Légalement c’est quoi un complément alimentaire ?

Source : Le Journal officiel (en France) du 25 mars 2006 "définition d’un complément alimentaire"

       « On entend par compléments alimentaires, les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés, commercialisés sous forme de doses destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité ».

        Leur vente ne relève pas du monopole du pharmacien. Ils sont souvent composés de vitamines, minéraux et certaines plantes mais jamais dans un but thérapeutique. Pour les ingrédients autorisés, la commercialisation des compléments alimentaires ne nécessite pas une autorisation par une autorité. Le fabricant est responsable lui-même (sans audit externe !) de la conformité avec les normes en vigueur (prière de croire ce qu’il dit !), de la sécurité et de la non-tromperie du consommateur ! (Agence nationale (française) de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

Nous pouvons en déduire déjà 2 remarques au moins :

       - Primo : Un complément alimentaire n’a aucune prétention thérapeutique. A quoi sert alors sa préscription ?

       - Secundo : n’ayant pas le statut réglementaire de médicament, un complément alimentaire n’offre pas les mêmes garanties de sécurité d’emploi et de contrôle ni à court terme ni au long terme. Si un médicament « x », après maintes épreuves, ne peut se targuer d’être complètement inoffensif, que penser d’un semblant de médicament (il en a tout l’air en tout cas pour le commun des mortels qui croient que l’habit fait malheureusement le moine dans ce cas !) dont la seule garantie est la monographie de conformité présentée par le fabricant lui-même !?

Commentaire Prescrire novembre 1988 Tome 8 N°79 : Nous avons trouvé ce commentaire très éloquent, nous vous laissons le savourer tel quel :

« La recette est simple : Vous prenez de multiples ingrédients (vitamines, oligoéléments), vous les assemblez de manière variable au gré de votre fantaisie, en les dosant chacun x fois la dose correspondant à l’apport quotidien réputé « normal » et vous pouvez obtenir un nombre potentiellement infini de spécialités pharmaceutiques. Il vous suffit alors de leur donner un nom et un positionnement avantageux dans votre officine, vous possédez alors un filon exploitable par certains laboratoires. »

     Conclusion :

Santé Canada rapporte, à la page 10 d’un fichier PDF, les apports nutritionnels recommandés (ANR) suivants du Fe (entre autres) :

- Femmes 19-50 ans = 18 mg
- Femmes 50 ans et plus = 8 mg
- Femmes enceintes = 27 mg
- Hommes 19-50 ans = 8 mg
- Hommes 50 ans et plus = 8 mg

       Notons que 100 g de viande apporte entre 8 à 13 mg de fer avec une absorption optimale car c’est du Fe héminique. Quand on sait aussi que de nombreux autres aliments du quotidien, tout simples, apportent aussi une bonne dose de fer non héminique (pain, persil, haricots, poids chiche, …), on comprend rapidement que les doses proposées dans les compléments alimentaires sont ridiculement basses et peuvent facilement être remplacées par une alimentation méditerranéenne toute simple (une salade, un tagine et un dessert).

       La faiblesse des dosages en Fe (comme en vitamines) des compléments alimentaires est en fait, une contrainte liée à leur cahier de charge (lire à ce sujet notre article ‘Analyse comparative Supradyn® Boost vs Supradyne®’). Une dose réellement thérapeutique en Fe (comme en vitamines) implique de facto, des effets secondaires conséquents, ce qui impose l’inscription de la spécialité comme médicament et là … ça tourne au vinaigre : nécessité d’un dossier scientifique, d’un dossier technique et de diverses exigences en matière de fabrication et de contrôle… et à la fin le prix est réglementé. On comprend rapidement pourquoi des laboratoires (voire des pseudo-laboratoires …) succombent à la tentation du « complément alimentaire ».

       De quoi je me mêle ?

        Après tout, il n’y a strictement rien d’illégal dans tout cela. Ce qui fait mal, en réalité, au petit apothicaire du coin qui essaie, modestement et du mieux qu’il peut, d’être intègre avec lui-même et avec ses patients, c’est quand on prescrit à des gens modestes, à la place d’un véritable médicament, un complément alimentaire : importé, au coût prohibitif, avec une TVA à 20%, non remboursable et qui, en plus, peut être remplacé facilement par une alimentation nutritive, saine et accessible.

       « Cause toujours mon fils …» : L’incapacité du corps médical (comme pour le reste des élites du pays) à développer des analyses rationnelles, fait qu’il devient totalement malléable par la plus bête des campagnes marketing. C’est tout simplement de l’analphabétisme fonctionnel. Mais, pour être honnête, il faut dire aussi que l’appât, pour certains, de « l’échantillon gratuit », des « prises en charge », des « petits cadeaux » sous forme de remises et autres ristournes», permet de faire vendre le plus inutile des produits, au détriment du bon sens et surtout au détriment de la santé des pauvres gens malades, pour qui c’est la double peine : inefficacité et coût.

 

CAS PRATIQUE :

Analyse critique d’un exemple de complément alimentaire à base de fer : Sideral®

Quel est l’apport du fer liposomial ?

CHOIX DU FER ENTRE MEDICAMENT & COMPLEMENT ALIMENTAIRE

Présentation :

- Nom commercial : Sideral®

- Description inscrite sur le packaging : Complément en fer (liposome de pyrophosphate ferrique)

- Prix public conseillé (PPC) : 236,00    (!!!)

Cette spécialité se présente sous forme de capsules qui contiennent du fer sous forme de pyrophosphate ferrique (Non ce n’est pas féerique, là vous savez pourquoi …). Comme pour la majorité des compléments alimentaires il est importé (ici ça vient d’Italie, plus exactement de la ville de Pise en Toscane, célèbre pour sa tour penchée la fameuse « tour de Pise »).

La particularité du produit qui va définir son positionnement marketing c’est que le fer ici, est encapsulé dans des liposomes (de la marque Lipofer® qui appartient à l’entreprise Lipotec basée à Barcelone et qui vise avec ce produit plus le marché de l’agro-alimentaire : biscuit et friandises enrichies en Fe : alicaments ). L’objectif final est d’éviter d’éventuels effets gastriques du fer !

Bien, pourquoi pas après tout ? Sauf que dans notre pratique quotidienne on constate qu’autant pour Fumafer® que pour Tardyféron®, pourtant largement utilisés chez la femme enceinte, ces effets secondaires ne sont absolument pas handicapants au point de faire payer le patient 263.00 DH la boite de 20 gélules, et ce, avec près 15 années d’exercice !

Noter aussi que la composition exacte du Lipofer®, principe actif du Sidéral®, est la suivante : pyrophosphate ferrique, amidon de maïs (comme dans le Maizena® de votre cuisine) et la lécithine de soja. (Qu’on va retrouver de suite …)

Pour le plaisir du galénicien, qu’est ce qu’un liposome ?

Allez courage :

 

CHOIX DU FER ENTRE MEDICAMENT & COMPLEMENT ALIMENTAIRE

             Le vénérable LE HIR « Pharmacie Galénique », 8ème édition 2001, page 203 nous rappelle les données suivantes : Les liposomes sont des vésicules (diamètre : 50 à 3500 nm) dont la paroi est constituée par une double couche de phospholipides (la lécithine par exemple, et c’est ce qui va structurer exactement la paroi du Lipofer). Le centre est rempli d’eau ou de solution aqueuse. Les liposomes peuvent véhiculer des substances hydrophiles dans la cavité et des substances lipophiles au niveau des chaines lipophiles périphériques.

Pour plus d’information :

- Espace Science « Définition des liposomes » [vivement conseillé]

- Nanotechnologie « Liposomes (ou nanovecteurs) »

- G. Heinimann Z. KAKHI « Valorisation des médicaments par les liposomes » [Remarquable travail issu de l’université de Strasbourg en collaboration avec l’entreprise Vifor Pharma Fribourg Suisse]

L’avis du pharmacien :

           Vers la fin des années 90, la mise au point des liposomes a suscité beaucoup d’espoir : on pensait que ces liposomes allaient révolutionner la galénique de beaucoup de médicaments, les transformant en des vecteurs de principe actif, des vecteurs qui vont libérer spécifiquement ce dernier sur le site à traiter. Epargnant par là, moult effets secondaires à l’organisme : génial ! du moins en théorie …

De nos jours, force est de constater, que le champ d’application de cette forme galénique reste très limité, pour ne pas dire complètement marginal en pharmacie. Avec en tout et pour tout quelques médicaments commercialisés de part le Monde : Ambisome® (amphotéricine B), au USA Depodur® (morphine), des anticancereux : Myocet® Caelyx® Doxil®, et enfin un vaccin Inflexal®. Là où les liposomes ont percé c’est dans les cosmétiques ! Cet état de fait s’explique par les limites intrinsèques des liposomes :

[Source G. Heinimann et coll. « Valorisation des médicaments par les liposomes »]

- Instabilité, administration per os impossible (on y reviendra ci-après …)

- Taux d’encapsulation faible (la quantité de principe actif à l’intérieur des capsules)

- Difficulté d’obtenir des matériaux de synthèse : peu toxiques, biodégradables, n’induisant pas de lésions cellulaires ou tissulaires et enfin non immunogènes.

C’est ce qui justifie le faible nombre de médicaments mis sur le marché à base de liposomes.

Alors, et vous l’avez certainement bien noté, selon Z. Kakhi du Laboratoire de Conception et Application de Molécules Bioactives CNRS, Université de Strasbourg, l’administration des liposomes par voie orale est impossible, à cause de leur instabilité … On peut expliquer cette affirmation par le fait que la structure phospholipidique des liposomes va être rapidement dégradée au niveau gastro-intestinal. Effectivement, quand on vise des cibles pathologiques parentérales, la voie digestive est impossible avec les liposomes, mais là ce qu’on vise c’est une forme à libération programmée dans l’intestin.

Le mot est lâché, Sideral® serait-il une sorte de forme retard ? Si c’est le cas, on a comme médicament un certain TARDY… oui comme son nom l’indique Tardyferon®, une petite visite au RCP du Tardyferon 80® (Consulté le 29/05/13, mis à jour du 26/04/2012) nous indique que pour cette spécialité au paragraphe 5.2. Propriétés pharmacocinétiques :

« L'absorption a lieu surtout au niveau du duodénum et de la partie proximale du jéjunum»

Et le Tardyferon® (forme retard non déclarée) n’est pas le seul dans ce cas la spécialité Fero-grade® dans son RCP on peut lire ce qui suit :

« - Le sulfate ferreux comme les sels ferreux en général est faiblement absorbé (10 à 20 % de la dose ingérée).

- Il est contenu dans une matrice inerte et poreuse, cette matrice inerte se trouve rejetée clans les selles.

- L'absorption du sulfate ferreux est majorée quand les réserves en fer sont diminuées. Elle a lieu principalement au niveau du duodénum et de la partie proximale du jéjunum. »

En clair : le fait d’intégrer le fer dans un liposome est une fausse - bonne innovation, en effet, depuis plus de 20 ans (le 02/09/1986 pour le Tardyferon®) des médicaments répondent avec une efficacité démontrée et un coût raisonnable aux mêmes objectifs du Sideral®.

Autrement dit, avec cette spécialité on se retrouve avec du fer ferrique (c’est du Fe+++) moins bien absorbé que le fer ferreux, lui-même difficilement assimilable au niveau intestinal (10 à 20% de la dose ingérée) et tout cela avec un coût du mg de Fe de 84,3 Centimes contre 1,7 Centime pour un médicament (comme le Tardyferon® 80, voire 0,4 Centimes pour le Fumafer®), soit un prix 52 fois plus cher que ce dernier avec une efficacité toute relative.

Sauf bonne foi, erreur ou omission toujours possibles, comme dirait les cathos… la messe est dite.

    Conclusion générale :

      On peut toujours incriminer ces « méchants » laboratoires, qui nous vendent du placébo au prix du diamant. Pourtant, il faut savoir que l’entreprise est fille de son environnement, face à un corps médical qui se caractérise par son analphabétisme fonctionnel légendaire (source : Pr Abderrahim Harouchi) dont le porte drapeau n’est autre que nous autres officinaux, l’entreprise développe ses affaires en fonction de la médiocrité (scientifique, économique, administrative …) de son environnement.

Notre école (marocaine), en vidant durant les années 80 l’enseignement de la philosophie de toute sa substance, a produit des générations de diplômés (ingénieurs, médecins, pharmaciens …) qui ont perdu toute notion de rationalité (Descartes, n’est pas marocain …), obéissant au dogme et au mimétisme stupide, avec une incapacité quasi-totale à développer un minimum de sens critique. Notre corps médical est une proie des plus faciles pour tout vendeur de boites en carton, pourvu que le « relationnel » fonctionne bien.

Si on pouvait, et on le peut (mince alors !), offrir à nos entreprise un environnement professionnel intègre, intellectuellement performant, elles évolueraient vers une gestion rigoureuse en mettant des produits réellement intelligents qui répondent efficacement aux besoins de notre population, et il y a de quoi faire …

L’idée des simples apothicaires que nous sommes, serait de proposer par exemple du Fe++ directement sous sa forme héminique (sa forme naturelle), son absorption sera alors optimale. Mieux encore, cela pourrait mettre à la disposition du corps du patient une forme de fer directement fonctionnelle qui serait une sorte de "transfusion déguisée". C’est une piste recherche plausible et défendable à notre avis. C’est du fer directement prêt à l’emploi.

C’est d’autant plus plausible que nous disposons déjà dans les rayons de nos officines du squelette du fer héminique, j’ai nommé l’hématoporphyrine. Oui et comment ! Si vous savez ce que vous avez dans vos rayons cela saute aux yeux : l’hématoporphyrine n’est autre que le principe actif de l’ACTIVAROL® ampoules buvables, PPM 62,90 DH, Boite de 20 AB [Fabriqué au Maroc par les laboratoires LAPROPHAN, sous licence des laboratoires ANPHAR-ROLLAND France].

 

CHOIX DU FER ENTRE MEDICAMENT & COMPLEMENT ALIMENTAIRE

Attention : La composition de la spécialité ACTIVAROL® en France est basée sur simplement de l’arginine. Nous n’allons pas revenir ici sur le pourquoi du comment de cette situation (il y a prescription sur les raisons qui ont amené le laboratoire français à changer la composition de sa spécialité en France), le plus important aujourd’hui ; est qu’à notre modeste avis, l’ACTIVAROL® dans sa formulation marocaine reste un produit sûr, et on dirait même plus, avec sa composition marocaine il constitue (un notre avis) et de loin le produit le plus intéressant dans sa catégorie.(Mis à part TOT’HEMA® et FER UCB®, la majorité écrasante des ampoules buvables vendues ne sont que des placébos).

Petit rappel

- Structure de hématoprophyrine : « lématoporphyrine est une porphyrine endogène formé par l'hydrolyse acide de l'hémoglobine.Nencki et Zaleski en 1900 ont déterminé sa structure chimique» Source : V. N. Luzgina, E. I. Filippovich, R. P. Evstigneeva, “Hematoporphyrin IX”, Pharmaceutical Chemistry Journal, May 1977, Volume 11, Issue 5, pp 613-620

- Structure de l’hémoglobine : L’hémoglobine est constituée de quatre sous-unités polypeptidiques associées chacune à un cofacteur lié : l’hème.

- L’hème est lui-même formé d’une structure aromatique et d’un atome de fer. Cette structure aromatique ou porphyrine est constituée de quatre noyaux pyrrol, comprenant chacun un atome d’azote et 4 de carbone. Les carbones périphériques de ces noyaux sont substitués par des chaînes latérales courtes qui lient la porphyrine aux radicaux des acides aminés de la protéine.

Au centre de la porphyrine, l’atome de fer est lié par six valences ou liaisons. 4 de ces directions fixent le fer sur les 4 atomes d’azote de la porphyrine. Une valence du fer est liée à un des azotes d’une histidine de l’hélice F (His proximale), et la dernière à une histidine de l’hélice E (His distale).

Cette structure peut recevoir une molécule d’oxygène (O2). Lors de la fixation de l’oxygène, l’atome de fer se rapproche de l’histidine proximale. L’oxygène transporté s’interpose entre l’atome de fer et l’His distale. »

Source : Documentation de l’Université de médecine Pierre et Marie Curie

Contraintes :

Il est entendu que la mise au point d’une spécialité à base d’un fer héminique est jonchée de difficultés :

      1- S’assurer de la stabilité de la molécule (en particulier vis-à-vis de l’oxygène)

      2- Essayer d’obtenir le principe actif fer héminique avec une synthèse chimique, affin de s’affranchir des diffluées liées à la fiabilité et surtout à l’innocuité du fer héminique d’origine animal (…)

      3- Démontrer par des études rigoureuses le bénéfice pharmacologique d’une telle molécule par rapport aux produits déjà existants.

      4- Si bénéfice il y a, démontré que ce dernier justifie pleinement, la différence de prix. Une idée séduisante n’est pas forcement intéressante pour le patient (… COXIB !)

Mais, sans attendre un tel produit de synthèse, on peut se poser dès aujourd’hui la question de l’opportunité d’associer l’hématoprphyrine (ACTIVAROL® Formulation marocaine) avec un fer ferreux (Fumafer®, Tardyferon® ou autre). Cela revient à apporter du fer et son transporteur naturel, il ne restera au corps que la synthèse finale (...). Théoriquement rien n'empêche une telle association, reste à savoir si cette dernière apporterait réellement un plus au patient ?

Des questions aussi intéressantes les unes que les autres, ce n’est pas à nous autres simples officinaux qu’incombe la réponse, néanmoins il est de notre devoir de les posés. C’est de notre devoir d’être une force de proposition, d’être constructif, mais aussi de développer des analyses critiques indépendantes et intègres.

Quelques références :

- Métabolisme du Fer : apports, absorption, transport, réserves, méthodes d’exploration.

- Métabolisme du fer Un ficher Power Point de l’Université de Renne

- Revue Prescrire avril 1998 TOME 18 N°183

PS : Cet article a été initié par ma consœur Dr Mouna (Pharmacienne d’officine) qu’elle en soit remerciée, et on l’a co-rédigé ensemble. En toute sincérité, je me suis régalé, cela a été un véritable plaisir accentué par ce qu’on a appris au fur et à mesure de notre quête, cela m’a coûté (ah le prix encore ...) un mois de travail, quelques emails échangés et … un café pour finaliser quelques détails. Ce modeste travail, à mes yeux (toujours myopes) est de loin plus enrichissant que les discours lissés des spécialistes sponsorisés par le marketing pharmaceutique, dans des réunions mondaines vendus comme des congrès scientifiques. Merci Mouna.

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 12:53

RÉFLEXION

LA DÉSILLUSION POST « PRINTEMPS ARABE »

 

 

أحمد فؤاد نجم

                        بعد الطز لم يعد يليق بك التحية


ما أخبار العراق .. بلد الموت اللذيذ والرحلة فيه مجانية

ما أخبار الأردن .. لا صوت ولا صورة والاشارة فيه وطنية
ما أخبار مصر .. عروس بعد الثورة ضاجعها الاخوانجية
ما أخبار ليبيا .. بلدّ تحولّ الى معسكرات اسلحة وأفكار قبلية
ما أخبار تونس .. انتعلّ رئاستها مهرجّ بدعوى الديمقراطية
ما أخبار المغرب .. انتسب الى مجلس خليجي باسم الملكيّة
ما أخبار الصومال .. علمها عند الله الذي لا تخفى عنه خفيّة
ما أخبار السودان .. صارت بلدان والخير خيران باسم الحرية
ما أخبار اليمن .. صالحها مسافر وطالحها كافر وشعبها قضيّة منسيّة
ما أخبار عمان .. بلد بكل صدق لا تسمع عنه إلا في النشرات الجوية
ما أخبار السعودية .. أرض تصدرّ التمر وزادت عليه الافكار الوهابية
ما أخبار الامارات .. قبوّ سري جميل تحاك فيه كل المؤامرات السرية
ما أخبار الكويت .. صارت ولاية عربية من الولايات المتحدة الامريكية
ما أخبار البحرين .. شعب يموت ولا أحد يذكره في خطاباته النارية
ما أخبار قطر .. عرابّة الثورات وخنجر الخيانات ومطبخ للامبريالية
الى الأمة العربية .. بعد ” الطز ” لم يعد يليق بكِ التحية
لم يعد يليق بكِ سوى النعيق والنهيق على أحلامك الوردية
لم يعد يليق بكِ سوى أن تكوني سجادة تدوس عليها الأقدام الغربية
لم يعد يليق بكِ شعارات الثورة حين صار ربيعك العربي مسرحية
لم يعد يليق بكِ الحرية حين صارت صرخاتك كلها في الساحة دموية
لم يعد يليق بكِ أن تصرخيّ بالاسلام وتهمتكِ بالأصل أنكِ ارهابية
لم يعد يليق بك يا أمة مؤتمراتها مؤامرات وكلامها تفاهات وقراراتها وهمية
لم يعد يليق بكِ التحيةّ .. يا أمة دفنت كرامتها وعروبتها تحت التراب .. وهي حي

 

 

          La réflexion de l'apothicaire du coin  :

       Remarquable ce texte du célèbre poète égyptien d’obédience gauchiste, Ahmed Fouad Najm. Remarquable car, même si on n’est pas forcément d’accord avec la totalité du contenu, ce texte témoigne de la profonde désillusion de la rue arabe par rapport aux espoirs soulevés par les diverses expériences du « Printemps Arabe », en particulier pour ceux qui escomptaient un minimum de progrès social.

Le fait est que, changer de gouvernant reste possible, mais la plus grande difficulté réside dans le changement de société. Or tout véritable changement se base sur un projet de société, et c’est là où le bas blesse. Les offres de « Projet de Société » dans les sociétés arabes d’aujourd’hui oscillent entre

    - Des projets modernistes, avec un humanisme utopique, inapplicablent dans l’état actuel de nos sociétés.

&

    - Des projets religieux, souvent intégristes, d'une violence inouï, qui vont à l’encontre des aspirations de progrès social (voire juste de la sécurité des personnes). De facto ils deviennent un épouvantail pour la partie modérée des sociétés arabes (qu’on ose estimer majoritaire).

Cette « tranche modérée » de nos sociétés se trouve elle-même désabusée par la schizophrénie de nos hommes politiques qui, à défaut d’un projet de société cohérent et réaliste, naviguent entre une modernité caricaturale* et une tradition anachronique. C'est une sorte de 3ème voie qui elle-même va nul part, sans réelle vision ni perspective.   

* Lire à ce sujet cet excellent  dossier de la revue TELQUEL « Décryptage : Au royaume des illusions » Ref. TELQUEL, pages 16 à 28, du 19 au 25 04/2013.

Cette impasse est d’autant plus profonde, que nos philosophes et intellectuels ne produisent plus rien en termes de concepts sociaux. C’est une profonde léthargie qui impacte lourdement les décideurs politiques, qui n’arrivent plus à avoir de matière 1ère intellectuelle pour structurer leurs discours. De facto, à la schizophrénie structurelle ambiante s’ajoute un discours populiste, qui en soi n’est pas forcement dangereux, sauf que dans le cas marocain ce discours n’est là que pour faire de la politique politicienne … A Dieu progrès social, du moins pour les 2 ou 3 siècles à venir.

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 11:08

Escapade 

L’histoire véridique d’un voleur de pharmacie

 

Escapade-veridique-le-voleur-de-la-pharmacie.jpg

    Ce fait divers a été récemment rapporté  par le journal « Le Canard Libéré » de cette semaine. Source : Le Canard Libéré, n°296, page 3, édition du 10 mai 2013

« Un cambriolage mené par un voleur sans expérience a tourné au comique. Issu du nord du Maroc, le jeune aigrefin s'est introduit à l'intérieur d'une pharmacie dans la nuit du mardi au mercredi par une petite fenêtre d’aération sur le toit de l'officine. Une fois son forfait accompli, il aura du mal à sortir de la pharmacie malgré plusieurs tentatives. Motif : La petite lucarne permet d'accéder à la pharmacie par le haut mais ne permet pas d'en sortir une fois en bas. Piégé par lui-même, le voleur idiot a dû demander l'aide des passants pour quitter sa prison et se faire coffrer par la police. Ce n'est pas seulement en matière de larcin que le, niveau vole très bas... »

Bonne semaine.

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 19:16

CHIFFRES & REPERES

CHUTE DE L’ACTIVITE DU SECTEUR PHARAMCEUTIQUE

AU 1ER TRIMESTRE 2013

 

13-05-06-Baisse-de-l-activite-pharmaceutique-au-1er-trimes.jpg

 

Au premier trimestre 2013 : 

      - l'industrie pharmaceutique a enregistré une chute de 26% en termes de volume (nombres de boites vendues). Soit une baisse de 7 millions d'unités entre janvier et mars.

      - Quant au chiffre d'affaires pour l'ensemble du secteur, il a baissé de 20%, passant de 847,8 millions de dirhams en janvier à 676,4 millions en mars. Ce qui représente une chute de 171 millions de dirhams.

      - Les derniers chiffres de l’IMS indiquent que la crise touche aussi bien le segment des princeps que celui des génériques. Le premier a perdu 120 millions de dirhams (-20%), tandis que second a régressé de 51 millions de dirhams (-19%), malgré une hausse de 9% en termes de volume.

Source : L’ECONOMISTE, n°4024, Rubrique De Bonne Sources, page 37, du 06/05/13

 

L’avis du pharmacien :

        Ces chiffres sont en complète inadéquation avec les attentes, puisqu’avec la mise en place du RAMED on s’attendait ce que l’activité soit boostée au moins au niveau industriel !

De plus la baisse des prix de certains médicaments aurait dû orienter à la hausse le nombre d’unités vendues, or ce n’est pas le cas !   

A notre avis cette chute d’activité, témoigne plus d’un environnement politico-économique globalement morose, sans réelle visibilité, que d’une quelconque spécificité du secteur pharmaceutique.

Au sujet de l’environnement politico-économique morose du pays, lire cet excellent  dossier de la revue TELQUEL « Décryptage : Au royaume des illusions » Ref. TELQUEL, pages 16 à 28, du 19 au 25 04/2013.    

         La baisse de la vente des médicaments, si elle est corrélée réellement à l’accès au soin de façon globlale, est un témoin gravissime de la détérioration de la situation économique des ménages marocains. L’accès au soin est un indicateur fort de la précarisation grandissante de la population.    

Cependant, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives en parlant de crise, étant donné que cette baisse d’activité peut être tout à fait conjoncturelle (baisse ponctuelle des commandes publiques …), et on peut toujours escompter une reprise possible avant la fin de l’année 2013.

PS du 16/05/13

 Un nouvel article paru à la une du journal l’Economiste vient étayer le fait que la baisse de ventes de médicaments au premier trimestre 2013 fait partie d’un contingent d’indicateurs qui suivent tous un trend baissier.

 En effet, même la consommation des produits pétroliers est en repli durant ce même 1er trimestre, avec moins 13% pour l’essence et moins de 8% pour le gasoil. Dans ce même article on apprend aussi que les crédits bancaires suivent la même évolution. Toutes ces données montrent bien que la baisse des ventes des produits médicamenteux n’est pas une liée à une quelconque spécificité du secteur pharmaceutique, elle fait partie d’une évolution globale de l’économie marocaine de l’après « printemps arabe » et de toutes ses diverses conséquences.

 Source :  Ilham BOUMNADE «    Produits pétroliers: Un repli historique », L’Economiste, Édition N° 4032 du 2013/05/16, pages 10.

 

 

 

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 19:12

 

RÉFLEXION

Le système bancaire marocain

Entre promotion du surendettement des ménages

& blocage de l’investissement productiF

 

 banquiers usuriers 2 copie 

Source : Hicham El Moussaoui, Analyste pour libreafrique.org, « Les banquiers au Maroc sont-ils des rentiers ? », Le Soir, n°1285, page 24, du 13/03/2013  Sources image  Le Soir du 04/11/2011, Strips Journal , Photocompostion : PHARAMSTER 

          On vous rapporte ici quelques idées marquantes d’une remarquable analyse publiée dans le journal Le Soir du 13/03/2013.

Un constat :

        Selon le dernier rapport du conseil de la concurrence traitant du secteur bancaire, entre 2005 et 2011, on apprend que le secteur bancaire marocain est dominé par deux banques, Attijariwafa Bank (AWB) et la Banque Populaire (BP). Dans cette étude on apprend aussi que le produit net bancaire (mesurant la rentabilité du secteur) a progressé de 30 % entre 2005 et 2011, en dépit du contexte de crise. Le secteur bancaire marocain serait-il si résilient* que ça ? (*  Résistant aux chocs)

En effet, c’est une question tout à fait pertinente, le décalage criant entre la rentabilité des banques et la crise économique, témoigne d’une anomalie manifeste du fonctionnement du système bancaire marocain.  

Analyse de l’auteur   
         « Si le secteur bancaire a vu ses profits exploser, en dépit du marasme actuel, c’est parce que c’est un secteur rentier. En effet, le secteur profite d’une rente de situation liée à sa structure oligopolistique (peu d’offreurs face à un grand nombre de demandeurs). Il n’y a qu’à voir les deux banques dominantes AWB et la BP … Cette structure est le résultat de plusieurs barrières à l’entrée. »

         L’auteur rappelle qu’en 2012 AWB et la BP ont réalisé, à tous deux, un bénéfice de 770 milliards de CTS. Une rentabilité qui s’explique en partie par la gratuité de la moitié des dépôts collectés auprès des clients, puisqu’il s’agit des dépôts à vue non rémunérés, contrairement à ce qui se fait en Tunisie ou en Égypte par exemple. Ajoutez à cela les facilités de BAM (Banque centrale marocaine) pour renforcer la liquidité des banques (baisse du taux directeur à 3 % et des réserves obligatoires à 4 %), et vous comprendrez mieux pourquoi les banques continuent à faire des bénéfices. Surtout qu’elles ne prennent pas beaucoup de risques car au lieu de prêter aux entreprises, elles préfèrent prêter aux ménages (moins risqués), aux entreprises publiques ou encore mieux, placer leurs ressources dans les bons de trésor.

L’avis du pharmacien : « Sauf erreur ou omission »

        C’est une réalité amère ; les banques continuent d’être dynamiques sur le marché du crédit à la consommation, allant jusqu’à la promotion de la stupidité à travers les crédits pour l’achat du mouton de l’Aïd, alors qu’elles restent très frileuses dés qu’il s’agit de crédit à l’investissement, exigeant moult documents et garanties (…) en particulier pour les petites et moyennes entreprises qui sont l’ossature de la croissance (comme le prouve le cas allemand). 

En claire les banques participent beaucoup plus au surendettement des ménages qu’a la stimulation de la création de richesse. En cela elles sont non seulement rentières mais elles constituent une source de blocage aux principaux investissements créateurs d’emplois et de croissance économique.

Par ailleurs La surconsommation favorisée par le crédit à la consommation avantage le plus souvent les produits importés (voitures, électroménagers …) ce qui aggrave la balance commerciale du pays.                   

       Comme le montre l’analyse de l’auteur, la raison de cette situation ahurissante est toute simple, les banques ne veulent prendre aucun risque, ce dernier est totalement endossé par le contractant (au cas où on daigne lui débloquer son crédit à l’investissement). Au final, les banques ne se comportent absolument pas en tant qu’entrepreneurs financiers, car le b.a.-ba de l’entrepreneur c’est la prise de risque. Le système financier marocain parait, pour les simples roturiers économiques que nous sommes, plus comme une sangsue économique qu’un catalyseur de la croissance.     

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