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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 11:34

CHIFFRES & REPERES

LA QUANTITE DE MEDICAMENTS PERIMES

AU MAROC

 Medicaments-Perimes.jpg

250 tonnes

C'est le volume de médicaments périmés que détient le Maroc.

       Le journal l’Economiste remarque « Le problème, c’est que le pays ne dispose pas de moyens humains et informatiques pour gérer ses stocks de médicaments de manière générale. Et se trouve même dans l'incapacité de se débarrasser des produits impropres à la consommation. »

       Ce chiffre a été rapporté par le ministre de la Santé qui l'a annoncé le 18/02/2013 à Genève.

Source : L’ECONOMISTE, n°3971, page 31, du 19/02/2013

L’avis du pharmacien :

       C’est un double problème, d’une part cette gabegie est une perte sèche pour un pays en manque de moyens avec une population largement sous-médicalisée, et d’autre part la gestion irresponsable de ce genre déchets constitue une hécatombe éco-environnementale qui impactera la santé de la population !

Notons que le problème des médicaments périmés est lié en amont à la résolution d’une équation industrielle avec deux paramètres importants : Eviter les ruptures de stocks tout en minimisant au maximum les invendus … ! Malgré toutes les prévisions possibles cela n’est pas évident du tout.

 Notons aussi que le chiffre de 250 tonnes devrait être corrélé au tonnage de médicaments consommés au Maroc, car le véritable repère ce n’est pas le chiffre en valeur absolue, mais le pourcentage de déperdition. Néanmoins la gestion calamiteuse dans notre pays des déchets, quelque soit leurs nature, est un crime contre le futur.        

 

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 20:07

CHIFFRES & REPERES

LES CHIFFRES DE LA CONTRACEPTION AU MAROC

 

Les-chiffres-de-la-contraception-au-Maroc.jpg

Sources :

 1- N.B. Ndiaye « Contraception : 56.7% des femmes concernée » Le Soir-Echos, n°1268, page 8, du 18/02/2013

2- H. Benezha « Planification familiale : les chiffres de la santé » L’Economiste, n°3969, page 18, du 15/02/2013

3- « Rapport de l'UNFPA  Le planning familial récolte les lauriers » AUFAIT, page 5, n°1333, du 15/02/2013  

 

      A l’origine des chiffres, rapportés par les journaux marocains [1,2,3] on retrouve le Ministère de la santé Marocain et le rapport 2012 du FNUAP [Le Fond des Nations Unies pour la Population]. Un rapport intitulé « Planification familiale: droits humains et développement» qui est mis en ligne dans son intégralité sur le site UNFPA

 

- Le taux de prévalence contraceptive [2] chez les femmes mariées de 15 à 49 ans

                                   a atteint 67,4% en 2011

                                      contre   58,4% en 1997

            Ce taux ne dépassait pas 19,0% en 1980

 

- Dans le détail, le recours aux méthodes modernes de contraception se taille la part du lion avec 56,7% contre 10,6% pour les méthodes dites traditionnelles (Coït interrompu, température …)

- Le taux de prévalence à retenir pour la contraception moderne au Maroc est de 56,7% [1]

Rappel :

Taux de prévalence c’est le nombre de cas existants (anciens et nouveaux) à un moment donné, rapporté à l’effectif de la population à ce moment. Dans le cas présent, en utilisant un terme économique commun, on peut parler de taux de pénétration cela revient au pourcentage de femmes susceptibles de procréer utilisant une méthode contraceptive.

Conséquences :

Cette dynamique de la planification familiale a induit des effets positifs :  

   - Il s’agit notamment de la réduction de la mortalité maternelle, qui est passé de 227 décès pour 100.000 naissances en 2004 à 112 actuellement. En 20 ans cette réduction est de près de 66% [3]

   - Parallèlement, le taux de mortalité infantile est passé de 40 pour 1000 naissances en 2004 à 28,8 actuellement. 

   - Les améliorations de la santé reproductive, d’après les recherches du FNUAP, atténueraient la pauvreté et promouvraient la croissance économique

 

Au niveau mondial selon le rapport du FNUAP [3]

         - 222 millions de femmes qui ne veulent pas tomber enceintes n’ont pas accès à la contraception, encore moins à l’information en matière de planification familiale.

         - Le document note également que l’espacement des naissances de 3 à 5 ans peut prévenir jusqu’à 46% la mortalité infantile dans les pays en développement

L’avis du pharmacien :

       Ces résultats importants sont le fruit des divers programmes ministériels mais aussi de la disponibilité du médicament sur tout le territoire national grâce aux officines dont un bon nombre est actuellement en crise (lire notre article : LA CRISE DE L’OFFICINE EN CHIFFRES). Cette crise si elle persiste peut déteindre sur l’efficience de bon nombre de programmes de santé publique, dont la planification familiale.

Ces chiffres permettent d’apprécier l’importance socio-économique des moyens de contraception, cette importance implique une maîtrise parfaite de leurs pharmacologies et un certain recul par rapport à des effets secondaires inéluctables. En claire le rapport bénéfice risque, dans l’état actuel des connaissances, est positif autant sur le plan socio-économique que sur le plan pharmacodynamique à condition de respecter les contraintes intrinsèques liées à toute médication hormonale.         

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 17:50

PREMIERE AU MAROC

MISE EN PLACE DU TIERS PAYANT EN AVRIL 2013

 

Mise-en-place-du-tiers-payant-copie.jpg

 

Source : K Skalli « Le patient ne paiera plus sa facture » Le Soir Echos n° 1266, page 06 du 14/02/2013

Source image : Journal La Mee Châteaubriant

 

Le principe :

Selon le journal Le Soir Echos, le système du tiers payant pour l’achat des médicaments entrera en vigueur en avril prochain.

« Le système du tiers payant dispense le patient de faire l’avance des frais des médicaments aux pharmaciens. Ces derniers délivreront les médicaments aux patients et seront payés par la CNSS. Les assurés n’auront donc plus à payer la totalité des frais de leurs médicaments. Ils paieront uniquement le ticket modérateur. Il pourra être de 5% ou 7% ou rien du tout »,

Une convention sera paraphée entre la CNSS et le Conseil national de l’ordre des pharmaciens

La procédure :  

- L’assuré présentera l’ordonnance à l’agence CNSS de son choix.

- Cette dernière lui délivre une attestation de prise en charge où sont mentionnés le nom du médicament et les parts prises en charge par la caisse et par l’assuré.

- Celui-ci présente cette attestation à la pharmacie qui lui délivre le médicament.

- L’assuré a le libre choix de la pharmacie et de l’agence CNSS

- L’assuré paie sa part et le reste de la facture est réglé par la caisse 

 Les limites :

Cela dit ce système concernera uniquement :

- Que les affiliés à la CNSS

- Et de l’ensemble des affiliés de la CNSS, ce système ne touchera que les patients ayant des affections longues durées (ALD).

- 30 médicaments utilisés dans le traitement des ALD sont concernés et cela bénéficiera à près de 160 000 personnes.

«Cette première liste des médicaments sera élargie progressivement», c’est ce qu’a déclaré Hassan Abdelmalki, directeur du pôle prestations à la CNSS

L’avis du pharmacien :

       Globalement c’est un début timide mais qui va dans le bon sens. Cependant en termes de communication il faut bien préciser d’abord les limites d’un système avant d’en détailler les avantages. Et pour cause le manque de capacité d’écoute de nos concitoyens (du fait de l’analphabétisme de la population en général et de l’analphabétisme fonctionnel des élites) fait qu’ils n’arrivent jamais à percevoir les limites d’un discours donné ce qui crée une demande disproportionnée à la réalité de l’offre de soin proposée, et on se retrouve avec des « revendications » à l’emporte pièce allant jusqu’aux droits de l’Homme … alors que le discours à la base peut être relativement rationnel.

       Ceux qui en souffrent le plus de cette situation, qu’alimentent les politiques, sont ceux qui, au quotidien, font face aux portes de l’enfer des souffrances de notre société à savoir :

- les médecins dans les dispensaires des quartiers périphériques ;

- le personnel soignant de ces structures sanitaires périphériques ;

- certains médecins et infirmiers des CHU ; 

- les officinaux et en particulier leurs collaborateurs dans les officines des quartiers difficiles.

Ces corps de métiers se retrouvent en première ligne pour répondre à une demande de soin qui les dépasse de loin. Et pour cause cette demande devient une exigence (et même un droit) amplifiée grandement dans l’esprit des citoyens qui ne perçoivent pas les limites d’un tel ou tel système. C’est ce qu’on détaillera dans un prochain article consacré à l’effet du RAMED sur l’activité du CHU de Rabat.  

        La logique politique demande de vendre de grandes promesses afin de les mettre par la suite sur le tableau d’honneur de ses réalisations, sauf que le « service après vente » lui est en panne. Et ceux et celles qui étaient sensé réaliser tel ou tel programme se retrouvent les premier accusés en cas d’échec.

Nous réitérons ici que la communication dans ce genre de dossiers doit mettre d’abord en exergue les limites du système avant d’en étaler les avantages, quitte à perdre quelques points en politique. On aura au moins gagné en crédibilité et en efficacité.

L’avis de Dr Mouna Pharmacienne d’officine :

Des questions restes posées :

   - On n a pas parlé des médecins prescripteurs dans cette démarche : sont ils au courant?

   - Quel sont les médicaments concernés, et sur quelle bases ont-ils été choisi ?

   - Le remboursement se fera-t-il sur la base du prix du générique ?

   - Et le délai de paiement du pharmacien?

Si cette expérience représente une manne bienfaisante pour les adhérents à la CNSS, une chose est sûre : elle va générer matière à contestations car insuffisante et frustrante. 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 18:46

Escapade

Le théologue & l’opium

   

           
             Désolé pour nos lecteurs strictement francophones, c’est intraduisible et terriblement drôle, Cheikh Ba Alaoui exprime ici à sa façon spontanée son mécontentement de l’usage  des drogues et en même temps il s’attaque à ceux qui prient (pour guérir d’une maladie …) les marabouts,  les aïeuls … enfin tout ce qui n’est pas Dieu. Le fond sur cette partie (…)* paraît bon, n’empêche que la mimique est assez spéciale (c’est du Louis De Funès non pas dans les Aventures de Rabbi Jacob , mais dans celles d’un Imam spontané)     
* Quand on écoute un certain nombre de ses discours c’est moins drôle … et de loin.

            Pour les simples apothicaires rationnels que nous sommes, tout ce qui limite les dégâts causés par les drogues est bon à prendre, encore faut-il ne pas se faire prendre soi-même dans les considérations démagogiques et oublier que la lutte contre les drogues se base sur deux points :

Primo :

Informer et éduquer la population cible. Sur ce point l’officine se trouve complètement marginalisée d’une part par les institutions qu’elles soient gouvernementales ou non et d’autre part par l’attitude non volontariste, et c’est le moins qu’on puisse dire, des officinaux qui se contentent, mis à part quelques individualités, d’être de simples délivreurs de médicaments sans aucun avis critique ni implication sociale 

Secundo :

la lutte contre les mafieux et ceux qui les soutiennent, sans oublier les problématiques sociales sous-jacentes qui les alimentent.

Finalement que du classique    


 
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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 11:10

SUSPENSION DE l’AMM DE DIANE 35 ET DE SES GENERIQUES

Diane 35 la chute 

          L’information a été relayée hier par le site pharmacies.ma, le ministère de la santé marocain a décidé de supprimer l’AMM de DIANE 35 et de ses génériques.   

          Source : Ministère de la santé circulaire du 04 février 2013

L’avis du pharmacien :

          Cette suspension répond plus à des besoins médiatiques qu’à un quelconque grave problème de santé publique.

L’association cyprotérone éthynilestradiol [Diane 35®] a certes des effets secondaires qui peuvent êtres sérieux comme pour tout médicament digne de ce nom. Et comme pour le métoclopramide et le dextropropoxyphène, cette association a été incriminée plus du fait de son mésusage et de sa « banalisation » auprès du corps médical.

Pour rappel :

   - Diane 35 est une association œstro-antiandrogénique, faiblement dosée en estrogène

   - Diane 35 possède un effet spécifique antiandrogénique dû à l’action de l'acétate de cyprotérone (par inhibition compétitive de la liaison de la 5-α dihydrotestostérone au récepteur cytosolique des cellules cibles) il freine la production et l'excrétion de sébum, la croissance et le développement du poil. D’où son indication dans le traitement de l'acné chez la femme avec une efficacité modérée qui ne s'observe qu'après plusieurs mois de traitement [RCP de Diane 35® consulter le 07/02/13].

La cyproterone est un dérivé de la 17-α- hydroxyprogestérone, il a en outre une action progestative. Son action antigonadotrope est additive de celle de l'éthinylestradiol. L'acétate de cyprotérone ne possède pas d'action œstrogénique propre.

   - Diane 35 exerce un effet trophique sur l'endomètre dû à l'action antigonadotrope des 35 µg d'éthinylestradiol

 

Notre avis :

     Globalement cette spécialité est un antiandrogénique  dont l’utilisation ne se justifie que lorsqu’une hyper-androgénie est avérée, simple question de bon sens. C’est en effet le cas de certains types d’acnés avec tout de même une utilisation limitée dans le temps, cette spécialité reste acceptable. 

Mais, car il y a un gros "mais" … de là à l’utiliser comme contraceptif au long cours sans indication spécifiée dans le RCP de la spécialité : le mésusage est clairement établit. Et pour cause la contraception est un marché beaucoup plus important que celui de l’acné puisqu’il touche des femmes en bonne santé sur de longues périodes dans lequel s’engouffre facilement certains « professionnels » de la santé de manière plus ou moins officieuse.        

Notion de « Risque statistiquement acceptable »

     De façon générale ce genre de décisions en cascades, qui ressemble à des mouvements de foules, se base le plus souvent sur le sacro-saint « Principe de précaution » qui se veut être un rempart assurant la sécurité de l’usager. Or si on devait appliquer ce principe au secteur de la pharmacie aucun médicament digne de ce nom ne pourrait être vendu car, par principe, ce sont des produits toxiques, et aucun médicament n’est dénué d’effets secondaires.

Une décision cartésienne et non démagogique, devrait se baser non pas sur l’absence de risque, qui est une pure utopie, mais sur la notion de risque statistiquement acceptable.

C’est un risque incontournable que la collectivité accepte de prendre en connaissance de cause en vue de rendre service à la majorité écrasante de la population. Cette notion de risque statistiquement acceptable est applicable autant en pharmacie que dans d’autres secteurs comme, l’environnement, le transport, les activités sportives et autre nutrition … etc.

Les limites des systèmes de pharmacovigilance actuels :

      Le fait qu’il puisse y avoir  une augmentation du nombre d’incidents liés à l’usage d’un médicament donné, aussi choquant cela puisse paraître, ne constitue pas un signal d’alerte maximal. Car il faut rapporter le nombre d’incidents au nombre de boites consommées. En absence de ce rapport fondamental tout produit faiblement prescrit et hautement toxique passerait facilement entre les mailles de la pharmacovigilance, alors qu’un produit de toxicité moindre se retrouve épinglé du fait même de sa large diffusion !

De facto le nombre d’effets secondaires recensé en valeur absolue, n’est significatif que s’il est rapporté aux nombres d’unités utilisées ce qui permet de réduire significativement l’incidence de la variable « taille du marché ». Encore faut-il être capable de produire ce genre de ratio.

Un tel ratio permettrait de valider le principe du « risque statistiquement acceptable » et d’éviter de vendre à la population des vérités présentées comme telles et qui sont loin d’être absolues, cela pourra aussi rationnaliser les décisions administratives d’octroi et de suppression d’autorisations diverses et variées. 

 

PS du 09/02/2013 Suspension de l’AMM de DIANE 35, Bayer HealthCare réagie

Dans un article mis en ligne par le site Casafree, daté du 07/02/2013, intitulé « Diane 35 au Maroc : Bayer HealthCare s'exprime », le management de Bayer, a travers Mr Jacques-Henri Charpentier, Directeur Général de Bayer HealthCare Maroc a exprimé sa surprise, il a par ailleurs insisté le fait que le laboratoire considère que le rapport bénéfice risque de cette spécialité reste positif si elle est utilisée dans les limites spécifiées dans son AMM. Plus de détails dans l’article de Casafree : « Diane 35 au Maroc : Bayer HealthCare s'exprime »

L’avis du pharmacien : Globalement la position du laboratoire est tout à fait recevable à condition de la corréler avec des engagements sur des mesures visant à mieux encadrer le marketing pharmaceutique …        

PS du 11/02/2013

- Le journal Le Soir-Echos a rapporté la même information. Source : K Skalli « Diane 35 : le laboratoire fabriquant réagit » Le Soir, n°1263, page 7, du 11/02/13.

- Position de l’Agence Européenne du Médicament : source Rtbf.be le 08/02/2013 « Diane 35: verdict de l'Agence européenne du médicament en mai »   

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 20:03

LECTURE OFFICINALE

ÉMULSIONS SANS EMULSIFIANT

Réflexion au sujet des agents de surface

Emulsifiants, Tensioactifs, Agents de surface, Surfactifs

11 02 17 Emulsion sans émulsifiant Fig 01 

 

             La plupart des crèmes et des laits contient de l'eau et des substances grasses. Mais, pour stabiliser ces mélanges, on ajoute de nombreuses molécules, appelées émulsifiants (Cf. 2ème partie de ce texte), qui peuvent irriter la peau. Comment s'en passer ?

Crèmes, lotions, shampoings ... Une panoplie de cosmétiques repose sur un mélange de substances grasses et d'eau. Leur formule intègre des émulsifiants qui, tel le jaune d'œuf dans la mayonnaise, permettent au mélange de rester homogène: Mais certains réagissent avec les lipides de la peau et provoquent desséchements et irritations ou la rendent plus perméable aux allergènes. Certains émulsifiants (tensio-actifs) on été cités même comme des perturbateurs endocriniens [3]

Lecture officinale : Gouttelettes encapsulées par des particules de silice 

Source  :

1- L. Fery « Emulsion sans émulsifiant » Rev. La Recherche n°42 Hors série, pages88-89, février 2011    

2- FRELICHOWSKA Justyna : Thèse Émulsions stabilisées par des particules solides: études physico-chimiques et évaluation pour l'application cutanée. 2009 Université Lyon 1

3- B. Jégou et coll. « Le concept de perturbation endocrinienne et la santé humaine » MEDECINE/SCIENCES 2007 ; 23 : 198-204

11-02-17-Emulsion-sans-emulsifiant-Fig-02-Source-Khashayar.jpg ource Image : Khashayar Saleh, interraction eau-silice

            Des chimistes lyonnais [2] ont produit des émulsions stabilisées grâce à des particules de silice qui évitent les risques précités des émulsifiants et améliorent leur efficacité.

L'industrie cosmétique utilise déjà la silice comme agent épaississant, dans les laits solaires par exemple. L'équipe de Marie-Alexandrine Bolzinger et d'Yves Chevalier au laboratoire d'automatique et de génie des procédés, du CNRS et de l'université de Lyon-I travaille depuis des années à la mise au point d'émulsions stabilisées par des billes de silice. [1]
Le procédé de fabrication est identique à celui d'une émulsion classique. La silice est ajoutée au liquide dispersant l’eau, par exemple.

          La silice a été choisi parce qu'elle n'est ni totalement hydrophile ni totalement hydrophobe. Dans ces conditions dites de « mouillage partiel», lorsque le liquide dispersé, en l'occurrence de l'huile, est ajouté sous agitation vigoureuse dans l'eau, des gouttelettes se forment et les particules solides se placent à leur surface, s'interposant entre les deux liquides. Sous l'effet de la tension superficielle, elles s'agrègent et forment une sorte de coque protectrice autour des gouttes décrivant des gouttelettes encapsulées.

La silice est utilisée sous forme de particules d'environ 100 nanomètres. L'émulsion de l'huile dans l'eau, ou inversement, se traduit par la formation de gouttelettes encapsulées de moins de 100 micromètres de diamètre. La taille des gouttelettes encapsulées ainsi produites est plus petite qu'avec la plupart des émulsifiants classiques : cette réduction de taille rime avec une meilleure stabilité dans le temps. « L’émulsion reste stable pendant plusieurs années, à condition qu'il y ait assez de particules pour recouvrir la surface des gouttelettes », indique Yves Chevalier. [1]

          Tests de pénétration cutanée :

Les chimistes ont réalisé in vitro des tests de pénétration cutanée avec les émulsions stabilisées par la silice.

       - Pour une émulsion « eau-dans-huile », ils ont obtenu une libération dans le derme d'un composé actif encapsulé trois fois plus importante par comparaison avec des émulsions avec émulsifiants.

       - L'équipe a aussi observé au microscope électronique que la silice ne pénètre pas à plus de 5 micromètres dans la peau. Elle reste dans la couche cornée, qui se renouvelle environ une fois par mois par desquamation.

       - Moins de réactifs : La silice ne se dissout pas non plus dans la matière organique, contrairement à certains émulsifiants employés notamment dans le maquillage. Ces tensioactifs sont susceptibles de se mélanger ou de s'intercaler avec les lipides de la couche cornée, altérant la fonction de barrière biologique de la peau.

 

Ce matériau présente encore un avantage pour remplacer les tensioactifs : son coût. Le procédé permet de former des émulsions à partir de silice non modifiée chimiquement, en sélectionnant l'huile utilisée. Une économie de réactifs: intéressante, pour les industriels. Un brevet a été déposé dans ce sens a suscité l'intérêt de plusieurs d'entre eux.

Il reste bien sûr de nombreuses étapes de mise au point avant que nous achetions des cosmétiques stabilisés par de la silice. Quoiqu'il en soit ces travaux ouvrent aussi la voie à l'utilisation d'autres particules solides, qui pourraient apporter un surcroît d'efficacité comme les oxydes de zinc ou de titane.

 

Réflexion au sujet de l’univers des agents de surface

 

11 02 17 Emulsion sans émulsifiant Fig 04

        A lire une page simple et bien faite : Comprendre les émulsions

        Emulsifiants, Tensioactifs, Agents de surface, Surfactifs une terminologie compliquée pour désigner une famille de molécules d’une importance capitale.  

Certes cela peu paraître trop technique (pharmacotechnique) et pourtant ces  molécules font partie intégrante de votre quotidienne.

"L’émulsion primaire" :

       La première émulsion avec laquelle le corps de l’Homme entre en contacte c’est le lait maternel. Cette forme galénique naturelle est en effet un savant mélange de deux phases liquides non miscibles, une phase grasse lipidique et une phase aqueuse. L’intérêt d’une telle forme galénique est d’apporter la quasi-totalité des nutriments dont on a besoin au début de la vie en un seul produit, càd des nutriments liposolubles (solubles dans phase grasse) et des nutriments hydrosolubles (solubles dans la phase aqueuse). C’est pour cela que dans le cadre d’une alimentation parentérale (en cas d’ablation de l’estomac par exemple) la forme émulsion est la plus préconisée.

Remarquons par la même occasion que le corps humain utilise aussi cette forme pour transporter les matières grasses dans le sang ce sont les fameux  chylomicrons qui rendent ce dernier opalescent après un repas riche en lipides. Le caractère opalescent du serum décrit tout simplement une émulsion huile dans eau.        

Au niveau de sa structure le lait maternel se présente sous forme de gouttelettes d’une phase grasse dispersées dans de l’eau : c’est aussi une bonne émulsion huile dans eau (H/E).

Les problèmes posés par le lait qu’il soit maternel ou de vache c’est qu’il est microbiologiquement instable (ça se comprend), mais ce qui nous intéresse le plus ici c’est qu’il est aussi  thermodynamiquement instable. Autrement dit cette émulsion a tendance à casser, c'est-à-dire que sous l’effet de la gravité elle tend vers une séparation en deux phases : une phase lipidique grasse qui surnage sur une phase à tendance aqueuse, la phase grasse va constituer tout simplement la crème qui, comme le beurre, n’est autre qu’une émulsion, cette fois-ci eau dans huile très riche en lipides.

 11 02 17 Emulsion sans émulsifiant Fig 06 Beurre-jpg

Applications de la forme émulsion :

L’immense avantage de la forme émulsion est de pouvoir solubiliser dans un même produit des substances lipophiles et hydrophiles, qu’ils soient nutriments ou déchets organiques d’où l’intérêt de cette forme en tant que laits de … toilette ! Avec une même forme galénique on passe directement de la nutrition à l’hygiène corporelle !    

Mais pour pouvoir exploiter commercialement de telles possibilités, il fallait stabiliser cette forme galénique, au niveau microbiologique avec des conservateurs, et au niveau thermodynamique avec des molécules qui ont la capacité de s’interposer entre la phase aqueuse et la phase grasse : ce sont les émulsifiants (appelés encore tensioactifs ou parfois surfactifs). Ils se présentent de manière bipolaire : un pole hydrophile (se fixant dans la phase aqueuse) et un pole lipophile (se fixant dans la phase grasse)

11-02-17-Emulsion-sans-emulsifiant-Fig-05-tensioactifs.jpg

Les émulsifiants servent à fabriquer des crèmes et des laits, mais pas seulement. Ils peuvent êtres utilisés dans d’innombrables applications.

Comme simple agent de lavage c’est le cas du savon qui n’est autre qu’un agent de surface comme le sont aussi les shampooings ou les lessives.

Le savon est un agent de surface anionique, en pharmacie on retrouve aussi des agents de surface cationiques utilisés comme antiseptiques, cas du Benzalkonium qui est utilisé aussi comme spermicide (Pharmatex®)

Le spectre d’utilisation des agents de surface dépasse de loin le cadre de l’industrie pharmaceutique, puis qu’on les retrouve comme agent dispersant dans la pétrochimie, les peintures … .

Dans l’industrie agro-alimentaire on utilise largement les émulsifiants dans la biscuiterie, les yaourts … en particulier la lécithine, c’est le E322, abondant dans le jaune d’œuf. C’est cette même molécule qui permet la stabilité thermodynamique des mayonnaises.       

 

Au final

L’univers des agents de surface est un univers franchement passionnant, complexe et surtout largement méconnu autant du corps médical que du grand public. 

Le travail de FRELICHOWSKA Justyna vient de remettre en cause profondément les principes classiques des cette discipline à savoir la structure bipolaire des agents de surface. A notre avis c’est globalement une évolution positive car elle met en avant des molécules, la silice dans le cas présent, parfaitement inertes.     

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 16:53

Chiffres & Repères

Un meilleur usage du médicament entraînerait

378 milliards d'euros d'économies au niveau mondial

 Un-meilleur-usage-du-medicament-entrainerait-378-milliard.jpg

              Hasard des publications, une étude rapportée par deux publications, d’une part le journal généraliste français La Tribune du 18/12/12, et d’autre la revue spécialisée Le Quotidien du Médecin du 20/12/12, vient corroborer notre analyse au sujet des nouveaux rôles du pharmacien, tels qu’énoncés dans notre article du 18/12/2012  « Pour une dispensation OFFICINALE rationnelle et sécurisée des contraceptifs oraux : Les nouveaux rôles de l’officinal » 

 Sources : -  Journal La Tribune du 18/12/2012

                   -   Le Quotidien du Médecin du 20/12/12

              Le journal La tribune et la revue Le Quotidien du Médecin affirment qu’au niveau mondial : un meilleur usage du médicament entraînerait 378 milliards d'euros d'économies sur les dépenses de la santé. A l’origine de ce chiffres une étude du cabinet de conseil IMS Health qui a concerné 186 pays à partir de ses propres données, de celles de l'OMS et de la Banque mondiale.

Le Quotidien du Médecin rapporte que « La non-observance, gâchis économique et sanitaire, génère à elle seule près de 203 milliards d’euros de coûts évitables

      Pour pouvoir réaliser ces économies l’étude en question recommande : D’améliorer l'observance des prescriptions : la non-observance des traitements représente plus de 50% des coûts évitables, selon l'étude

      "Ce montant (378 milliards d'euros) représente 8% du coût total des dépenses de santé dans les pays considérés", a souligné Robert Chu, président d'IMS Health France

      Le cabinet de conseil IMS Health pointe du doigt le "rôle renforcé du pharmacien" dans le respect des traitements

Par ailleurs l’article du journal La Tribune rapporte que la vente de médicaments en ligne est jugée "dangereuse" par l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), elle est propice au risque de mauvais usage des médicaments.

L’avis du pharmacien :

       Assurer une meilleure observance des traitements et renforcer le rôle du pharmacien, assure non seulement une meilleure qualité de vie au patient mais apporte en plus des économies considérables à la communauté.

Si quelqu’un se demande encore à quoi sert un officinal, cet article lui donnera certainement des éléments de réponses tangibles.

       Oui la baisse des prix des médicaments est nécessaire mais pas suffisante pour améliorer les indicateurs de la santé. Revoir de fond en comble les missions assignées à l’officinal paraît une piste sérieuse qui de plus est économiquement rentable, comme le montre l’étude précitée. 

Mais pour cela, comme on l’a déjà dit, le médicament ne peut plus être le cœur de notre métier, l’essentiel c’est la globalité des services rendu au patient (et plus généralement au citoyen) qui doit être mis en valeur. Et ces services, on le sait aujourd’hui, sont rentables économiquement à la collectivité. Raison, encore une fois, d’espérer un hypothétique réveil des consciences des officinaux (... ???) qui implique de se libérer des stupidités du marketing pharmaceutique et d’opter pour une pratique officinale intègre, scientifiquement argumentée et plutôt orientée vers les besoins du patient. Oui, cela demande des efforts intellectuels, réactiver les vielles synapses, ankylosées depuis les années de la fac, est lourd, revoir ses cours de pharmacologie de sémiologie c’est pénible, pire encore cela n’est pas payant sur place (pas comme un marché contracté auprès d’un laboratoire). Car pour que ces efforts deviennent gratifiants il faut du temps, de la patience, mais au final (comme pour un marathon) le bonheur au niveau professionnel est énorme.

"Le bonheur professionnel" pour un officinal, implique tout simplement la constitution d’un capital confiance durement acquis auprès des patients et de nos amis médecins. Et ce n’est pas les mésententes inévitables avec les uns et les autres qui doivent nous faire changer de ligne de conduite. Nos objectifs sont plus nobles que les artefacts de la vie quotidienne.                         

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 18:21

lecture officinale

Pour une dispensation OFFICINALE rationnelle et sécurisée des contraceptifs oraux

Les nouveaux rôles de l’officinal 

12 12 17 POUR UNE DISPENSATION OFFICINALE RATIONNELLE ET SE

 

Source principale : « Initiatives : La contraception déléguée à des soignants non médecins », La Revue Prescrire, Nov. 2012, Tome 32, n°349, page 863.   

 

        La contraception hormonale constitue l’un des moyens les plus efficaces pour éviter les grossesses non désirées dans les pays développés, alors que dans les pays du Tiers-Monde on vise à travers ce moyen la réduction du taux de natalité.

Quelque soit l’objectif voulu, la dispensation des contraceptifs hormonaux se heurte à l’antagonisme de deux paramètres fondamentaux :

         - La complexité liée à la pharmacodynamie des molécules utilisées dans les pilules contraceptives, qui se double par la difficulté d’appréhension de la physiologie de l’appareil génital féminin. A ce sujet on vous conseille de consulter nos deux pages : « La balance œstro-progestative » et « Classification des pilules contraceptives ».

Cette complexité exige théoriquement un suivi médical strict … or cela se heurte au 2ème paramètre.  

         - La disponibilité et la facilité de procuration de ces produits. C’est une exigence de santé publique quelque soit l’objectif affiché, d’autant plus que ce sont des produits du quotidien et dont la prise s’étale souvent sur de nombreuses années.

Ainsi, depuis plus d’une décade des programmes de planification familiale chapeautés par l’OMS on vu le jour dans les pays du Sud. Au Maroc ce genre de programme a débuté il y a plus d’une quinzaine d’années avec un succès incontestable comme le prouve les derniers chiffres du taux de natalité : lire à ce sujet notre article « La transition démographique au Maroc »                     

         Pour obtenir ces résultats le Maroc a opté pour une grande flexibilité dans la délivrance des contraceptifs en officine, appuyée par des campagnes de communication, allant jusqu’à marocaniser les noms à travers la gamme ultra populaire de KINAT AL HILAL (Microgynon® et Minidril®) qui constitue un véritable succès populaire.

         Dans les pays du Nord, où le nombre de grossesses non désirées est important, se pose le problème des contraintes bureaucratiques pour l’obtention des pilules. Dans cette perspective, « des expérimentations pilotes de délégation se mettent en place dans certains pays : États-Unis d'Amérique, Québec, Royaume-Uni. Elles ont pour point commun d'exiger des aménagements pour adapter la dispensation aux lois des pays concernés. » sic

Objectif clair « Faciliter l'accès à la contraception dans des délais rapides, dans la proximité et dans de bonnes conditions de sécurité. » sic    

Pour accompagner ces « aménagements », rigueur nordique oblige …, des outils sont proposés afin d’assurer la sécurité des utilisatrices. Parmi ces outils, ce questionnaire d’une utilité magistrale, publié dans la Revue Prescrire.

Ce genre de questionnaire sera, dans un futur proche, utilisé par les officinaux de France, du Québec … alors que pour nous autres officinaux Marocains, il est d’emblée opérationnel.

Certes, le Ministère de la santé publique marocain, dans le sillage des programmes de planification familiale avait mis au point, en théorie, des modules de formation continue pour les pharmaciens. Cela dit, ces modules étaient biaisés par le manque d’implication effarant des officinaux et de leurs représentants autant dans l’élaboration que dans la mise en œuvre de ces programmes. Les officinaux comme d’habitude sont considérés, et se comportent eux-mêmes, comme de « petits exécutants » sans aucun avis critique.  

Il faut attendre plus d’une dizaine d’années après le démarrage du programme KINAT AL HILAL pour avoir enfin entre nos mains un petit outil simple et rationnel pour délivrer des pilules contraceptives ; sauf qu’il a été rédigé en France. Nous, nous baignons encore et toujours, dans notre passivité intellectuelle ne faisant que suivre ceux qui travaillent innovent et trouvent des solutions aux problèmes rencontrés ! Toujours est-il que… le questionnaire est là :  

*******************************************************                        

 

Un exemple de liste d'éligibilité aux contraceptifs oraux combinés

  01- Avez-vous plus de 35 ans et fumez-vous ?

  02- Êtes-vous régulièrement suivies pour un problème important de santé ? (diabète, problème de rein, maladie inflammatoire intestinale, greffe d'organe, cancer du sein)

  03- Vous a-t-on déjà trouvé au moins 1 fois la tension artérielle trop élevée ? (supérieure à 14/9)

  04- Avez-vous ou avez-vous eu de graves problèmes de cœur ou de vaisseaux sanguins ? (infarctus, paralysie, phlébite, embolie pulmonaire, malformation)

  05- Y a-t-il de graves problèmes de cœur ou de vaisseaux dans votre famille proche et avant 60 ans ? (infarctus, paralysies, phlébites, embolies pulmonaires)

  06- Avez-vous ou avez-vous eu un problème de foie ? (jaunisse, hépatite)

  07- Avez-vous souvent des migraines ? (forts maux de tête, souvent d'un seul côté, augmentés par la lumière ou le bruit, parfois accompagnés de nausées ou de picotements, troubles de la vue)

  08- Allaitez-vous ?

  09- Avez-vous eu des problèmes de diabète, foie, tension artérielle trop élevée pendant une grossesse récente ?

  10- Prenez-vous des médicaments pour l'épilepsie ? la tuberculose ?

  11- Prenez-vous des médicaments pour le sida, ou un traitement qui diminue les défenses du corps ?

  12- Pouvez-vous être enceinte ? Répondre OUI si vous avez : des signes de grossesse ; des règles qui remontent à plus de 4 semaines ; eu des rapports sexuels sans préservatif, un préservatif qui a glissé ou craqué depuis les dernières règles sans prendre de contraception d'urgence.

Scoring :

         -  1 seul OUI : renvoi au prescripteur

         - 12 NON      : dispensation 3 mois avec counseling* et renvoi organisé

* Dans la culture anglo-saxonne, le terme de "counseling" est utilisé pour désigner un ensemble de pratiques aussi diverses que celles qui consistent à orienter, aider, informer, soutenir, traiter.

******************************************************* 

L’avis du pharmacien :

       Ce questionnaire résume de façon parfaite les différents écueils lors de la délivrance d’un contraceptif hormonal.

       - Il est pratique pour l’officinal, mais aussi pour le médecin généraliste, car il met en exergue implicitement et de manière simple les paramètres les plus significatifs à la base du choix de l’une ou de l’autre des pilules. Encore une fois, nous vous conseillons de lire à ce sujet nos deux pages : « La balance œstro-progestative » et « Classification des pilules contraceptives ». Lire aussi un article de juin 2011 : DROSPIRÉNONE (JASMINE®, YASMIN®, YAZ®) & RISQUES DE TRHOMBOSE VEINEUSES 

       - Le scoring utilisé nous paraît encore trop restrictif et clairement discutable. Ce questionnaire aurait pu gagner plus en mérite s’il était accompagné de lignes directrices justifiant le choix rationnel de l’une ou de l’autre des formulations hormonales des pilules, en fonction des réponses de la patiente.

On comprend que la Revue a fait un pas dans le sens de la flexibilité tout en restant « coincée » sur certains a priori dus au manque de confiance dans les capacités de discernement des officinaux. Notre humble et modeste expérience nous fait dire qu’ils ont tort.            

Avis de la pharmacienne : 

      - Si on voulait adapter ce questionnaire à la réalité marocaine, combien de nos chères patientes pourront répondre clairement : oui j’ai un antécédent de phlébite ou d’hépatites par exemple ? Sans parler de nos concitoyennes illettrées, je trouve souvent les réponses de nos patientes assez subjectives et floues, de plus , rares sont celles qui ont un suivi rigoureux de leur dossier médical.

      - Si la réponse à la question 8 est affirmative, cela justifie-t-il le renvoi au prescripteur ? supposons que oui, la patiente va tout simplement nous dévisager les yeux ronds et ira ailleurs.

      - Je pense aussi que cette idée de questionnaire aurait été plus louable si elle indiquait le choix judicieux de telle ou telle pilule au cas par cas, en déléguer la dispensation au personnel non médical (très généralisé dans le titre mais spécifique aux pharmaciens) est un élargissement du champ d’action de l’officinal vu son rôle dans l’information de santé publique

      - Logiquement il faut établir un questionnaire de ce genre adapté au contexte marocain sur notre propre initiative en concertation avec le ministère de tutelle.

 

Les nouveaux rôles de l’officinal 

 

         A travers cette question de délivrance des contraceptifs se profile les nouveaux rôles que devraient jouer les officinaux dans la santé publique.   

L’officine de part sa nature est fortement imbriquée dans le tissu urbain et social. L’exemple classique de la dame qui va au marché du coin et qui naturellement fait un détour par la pharmacie pour mille et une choses, cela va de la prise de tension à l’achat d’un produit donné en passant par moult conseils.

Cette proximité fait de l’officine un lieu stratégique pour la diffusion d’informations rigoureuses, honnêtes et indépendantes. Malheureusement, cet espace n’est exploité ni par les autorités publiques ni par les officinaux eux-mêmes. En effet, ces derniers par manque de courage intellectuel, ont d’une part, cédé la pharmacologie au profit des laboratoires (s’alignant de manière stupide sur les positions du marketing pharmaceutique) et d’autre part, ils ont laissé la santé aux médecins, ils ne leur reste plus que la caisse comme seul centre d’intérêt. Comment faire alors la différence entre un pharmacien et une caissière de superette ?                 

        Le paradoxe, c’est que depuis le rapport de Jacques Attali en 2008, les différents intervenants en Europe et au Canada ne cessent de donner des signes d’un élargissement souhaitable, dans l’intérêt de santé publique, du champ d’action des officinaux. Et ces propositions au sujet de la délivrance des contraceptifs vont exactement dans ce sens.

Il s’agit clairement d’exploiter à fond l’effet de proximité et de facilité d’accès des officines à des besoins de santé publique, c’est plus qu’un espoir, c’est un véritable projet d’avenir pour une profession intellectuellement moribonde, scientifiquement nauséabonde, financièrement chancelante et socio-culturellement absente.

Remarque : Même la Revue Prescrire dans son titre parle de « La contraception déléguée à des soignants non médecins », elle ne parle pas de pharmaciens, pour la simple raison que ces derniers se sont eux-mêmes marginalisés par leur inertie intellectuelle. Et avec leurs Bac plus 7, ils se retrouvent au même niveau que les sages-femmes, les infirmières spécialisées ou encore les conseiller(e)s du planning familial. Sans minorer le moindre du monde l’intérêt de ces différentes professions nécessaires pour le système de santé, l’officinal de part sa formation de base pluridisciplinaire (de la chimie à l’économie en passant par la physiologie) aurait pu avoir une place stratégique dans ce système. Quel gâchis !

Que demande-t-on aux officinaux ?

         Délivrer un médicament dans les règles de l’art ? Honnêtement un simple technicien est capable de l’assurer. Donner des crédits aux patients ? L’épicier du coin le fait aussi bien. Faire des préparations ? Les règles de rigueur de bonnes pratiques de fabrication et de conservation réduisent comme peau de chagrin ce pan du métier qui était jadis la fierté des apothicaires.       

         Etonnamment, aujourd’hui, le médicament ne peut plus être le cœur du métier de l’officinal. Car ce dernier devrait se concentrer sur les besoins globaux du patient, autrement dit c’est ce patient qui doit être le cœur de notre métier.

Avec le recul de notre petite quinzaine d’années d’expérience, on peut résumer simplement les besoins du patient comme suit :

      1- Une information sur le médicament :

                                       - Honnête

                                       - Rigoureuse

                                       - Scientifiquement argumentée        

                                       - Indépendante du marketing des laboratoires pharmaceutiques   

Les patients ne nous demandent pas de leurs réciter le VIDAL, voyons c’est IDIOT, ils demandent avant tout un AVIS honnête et motivé. Pour cela il faut avoir le courage intellectuel de dire par exemple que les COXIB n’ont pas leur place dans nos rayons ou encore, comme on vient de l’écrire récemment, que l’introduction du guarana dans les compléments alimentaires vendus en officine constitue un danger pour nos patients … Etc. Et les sujets ne manquent pas, comme on n’a cessé de le  montrer sur cet humble blog tout au long de ces années.

      2- Une aide substantielle dans la gestion des pathologies au quotidien :

Proximité oblige, l’officinal est amené à expliquer non seulement une stratégie thérapeutique donnée mais aussi la pathologie elle-même. Des questions nous sont tout le temps posées : Qu’est-ce que le cancer ? Que  sont les hémorroïdes au niveau vasculaire … ? Etc. Ces explications sont fondamentales pour une observance optimale du traitement. Mieux encore, on est amené, comme le montre notre pratique quotidienne, à lire et à expliquer régulièrement des résumés d’anapath, des NFS, des bilans de toutes sortes qui vont du simple bilan de début de grossesse (le classique : pourquoi il faut répéter la toxo et la rubéole dans les 15 j qui suivent …) aux hépatites en passant par le Behcet et diverses maladies du système et leur prise en charge au quotidien, proximité oblige.

Et pour cause, par rapport à une consultation médicale, le plus souvent sur rendez-vous, qui dure en moyenne entre 15 à 20 mn, dont une bonne partie est consacrée à l’auscultation, prendre un avis officinal, même à répétition (il nous arrive de voir le patient plusieurs fois par jour), est d’une facilité déconcertante.       

Non, l’officinal ne traitera jamais un psoriasis ou un diabète, mais il va assurer un suivi de proximité, en bonne intéligence avec le médecin traitant, pour une meilleure qualité de vie du patient. Cette amélioration de la qualité de vie amènera inéluctablement à une réduction des dépenses globales de santé (radios, consultations multiples et inutiles, analyses …) d’où l’intérêt de plus en plus porté, par les décideurs économiques au Canada et ailleurs, à ce petit espace : l’officine, qui à priori n’a pas le prestige d’un service de réanimation pédiatrique, mais qui potentiellement est capable de rendre d’énormes services à la santé de la population en terme de prévention et de gestion de la vie quotidienne du patient dans son élément socio-familial.

 

     Pour ce faire, la corporation des officinaux à travers ses représentants (syndicats, ordre) doit d’une part se libérer du marketing pharmaceutique, et d’autre part s’impliquer activement dans tous les sujet de santé publique. Mais pour cela, il faut être capable dans le futur de canaliser les intelligences au lieu de mutualiser la médiocrité et l’ineptie intellectuelle, ce qui reflète la réalité actuelle.

Rédigé avec la complicité effective de Dr Mouna, Pharmacienne d’officine, encore merci 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 18:29

Escapade

Les toilettes à Rabat & leur "cahier des charges"

Cahier de charges ou de décharges ? 

12-12-12-PHARAMSTER-Rabat-toilettes-publiques.jpg

    A la base il y a ce billet paru dans le sérieux journal L’ECONOMISTE du 24/10/2012  

Rabat/toilettes publiques : Le cahier des charges est prêt
« Le cahier des charges relatif à la gestion déléguée des toilettes publiques au niveau de la ville de Rabat est prêt. Les élus ont approuvé, hier mardi lors de la session du conseil de la ville du mois d'octobre, les observations faites par le ministère de l'Intérieur à la version initiale préparée par la ville.
La commune pourra donc lancer l'appel d’offres pour la sélection d'un opérateur qui va aménager les toilettes et assurer leur gestion. A l'ordre du jour figure également l'adoption du budget 2013. L'examen de ce point a été reporté à une autre réunion. Les élus ont aussi examiné le problème des chiens errants qui commence à prendre de l'ampleur dans certaines zones comme Akari et l'ancienne médina. »

Source : « De Bonne Source », L’ECONOMISTE, n°3895, page 31, du 24/10/12

 

 

    Ah ! Oui pour gérer ses toilettes publiques la grande ville de Rabat, classée patrimoine de l’humanité SVP, a besoin :

             - d’une gestion déléguée avec un cahier de charges (humm ça sent déjà le souffre) et qui pour être accepté, a nécessité non seulement une, mais deux versions.    

             - d’un appel d’offres pour la sélection d'un opérateur qui va sous-traiter cette délicate question

             - de l’aval, SVP, du ministère de l’intérieur. Ah ! Là ça devient sérieux, car avec toutes les sortes de déflagrations avec émanation de gaz qui s’y produisent, les toilettes publiques doivent être sécurisées par les temps qui courent.

Il ne reste plus que l’intervention de l’ONU et de l’OTAN pour pacifier ce dossier stratégique pour la sécurité mondiale. Les flatulences marocaines sont, selon des sources bien informées (!), hautement dangereuses pour la couche d’ozone !!! Franchement plus bureaucratique que ça tu meurs !

    Plus sérieusement, le journal LE MONDE dans son édition du 20/11/2012 titrait : « Les toilettes, un luxe pour 2,5 milliards d'humains » où on apprend que :

            - le 19 novembre c’est  la Journée mondiale des toilettes (Merci pour tous ceux qui fêtent leur anniversaire à cette date)

            - 2,5 milliards de personnes n'ont pas accès aux toilettes avec assainissement 

            - 1,1 milliard n'a d'autre choix que de déféquer dans un champ, au bord d'une rivière, en forêt, dans un sac plastique ou sur un terrain vague, selon les recensements communs de l'Unicef et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). (Ah ! Il en faut des recensements ...)

            - S'appuyant sur leur rapport 2012, le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, reconnaît que, si l'Objectif du millénaire pour le développement en faveur de l'accès à l'eau potable a bien progressé, le monde n'est, en revanche, "toujours pas en voie d'atteindre la cible en matière d'assainissement".

Ma foi … vu sous un certain angle ... , le sujet des toilettes publiques devient absolument sérieux. Enfin on termine par une magnifique citation entendue sur une radio :

« Le tiers-Monde commence là où l’entretien s’arrête ». J’ajouterai humblement que Le tiers-Monde commence là où l’entretien s’arrête et où on se complique la tête. Et pourquoi faire simple alors qu’il y a possibilité de faire compliqué ! Comme si on n’avait pas de chats à fouetter.

Bonne journée du 12/12/2012

Post-scriptum du 17/12/12

Le journal L’ECONOMISTE revient sur ce sujet de façon plus globale dans un article édifiant, intitulé : « Ordures, crachats, urine …la guerre oubliée de l’hygiène »

Source : A. G. « Ordures, crachats, urine …la guerre oubliée de l’hygiène », L’ECONOMISTE, n°3929, pages 32-34, du 14/12/2012

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 12:08

                         ANALYSE COMPARATIVE

SUPRADYN® BOOST  Vs  SUPRADYNE®

                                              L'UTILISATION DU GUARANA EN QUESTION

 

12-12-05-SUPRADYNE-VS-SUPRADYN-BOOST.jpg 

 Rappels déontologiques à lire absolument :           

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Avertissement : Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences. En matière de santé, l’accès à l’information est un droit mais la décision revient au médecin.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation de l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquer), Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuelles, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

- Ce texte est susceptible d’être  supprimé 

 

              Comparer  deux produits similaires est un exercice classique sur PHARAMSTER. Cela permet d’affiner les connaissances et d’apprécier les concepts à la base de tel ou tel produit.

1- Au niveau de la forme :  

Les deux produits se présentent sous forme de CP effervescents, en boite de 10 CP.

Le prix de vente au Maroc  

            - SUPRADYN® BOOST : PPC*   55.00 DH  (*Prix Public Conseillé)

            - SUPRADYNE             : PPM   36.50 DH   (Prix Public Marocain : réglementé)

L’élément de différenciation le plus important à ce niveau est la mention suivante retrouvée uniquement sur le SUPRADYN® BOOST : « Complément alimentaire, n’est pas un médicament ». Conséquences :

      . Au niveau du prix :

            - sur le SUPRADYNE® on a un PPM avec une TVA supportée par le patient de 7%,

            - sur le SUPRADYN® BOOST on a un PPC  avec une TVA supportée par le patient de 20%

     . Cette mention de complément alimentaire augure, comme on le verra par la suite, d’une différence importante

au niveau de la composition entre les deux produits.

    . SUPRADYN ou SUPRADYNE, avec ou sans «E», ce nom constitue vraisemblablement un exemple de ce que la  Revue Prescrire appelle  « une marque ombrelle ». C’est une gamme de produits assez différenciés avec un nom commun très identifiable, non pas par le patient, mais par le consommateur. Car là, on est plus dans les sciences médicales au sens strict, mais dans un amalgame entre les techniques de vente de l’agro-alimentaire et les connaissances pharmacologiques. De facto, la rigueur médicale escomptée de la part d’un produit vendu en pharmacie devient aléatoire. Ce mélange de genres est en soi, un point négatif qui met entre parenthèses, l’intérêt du patient. (Oui c’est du patient dont on parle cette fois-ici).

2- Au niveau de la composition  

Pour faciliter la comparaison, la formulation de ces deux produits sera subdivisée  en 3 groupes de molécules

      a- Groupe des  vitamines     

VITAMINE

SUPRADYN

BOOST [1]

SUPRADYNE

[2]

Différence

[1]-[2]

 

En %

Vitamine B1

1,40 mg

4,20 mg

-2.8 mg

-66.6 %

Vitamine B2 

1,60 mg

4,80 mg

-3.2 mg

-66.6 %

Vitamine B3/PP

18,00 mg

54,00 mg

-36,0 mg

-66.6 %

Vitamine B5

6,00 mg          

18,00 mg

-12,0 mg

-66,6 %

VitamineB6            

2 mg          

6, mg

-4,0 mg

-66,6%

Vitamine B8 

0,15 mg

0,45 mg

-0,3 mg

-66,6 %

Vitamine B9

200 µg

600 µg

-400 µg

-66,6 %

Vitamine B12

1 µg

3 µg

-2 µg

-66,6 %

Vitamine C

60 mg

180 mg

120 mg

-66,6 %

REMARQUE :

Par rapport au SUPRADYNE®, le SUPRADYN BOOST® ne contient pas les vitamines suivantes : vitamine A, vitamine D3, vitamine E, vitamine K. 

 

De ce 1er tableau 2 éléments se dégagent :

     - Au niveau de sa formulation en vitamines, la quantité de vitamines dans le SUPRADYN BOOST® est équivalente au 1/3 de celle du SUPRADYNE.

    - Les vitamines qui ont un effet pharmacodynamique marqué on été, tout simplement, écartées de la formulation du  SUPRADYN BOOST®, l’objectif étant d’éviter d’éventuels effets secondaires et de transformer le produit en un simple complément alimentaire avec tout ce que cela implique comme               

                 * simplification des procédures d’autorisations de mise sur le marché

                 * « flexibilité » dans la fabrication et les contrôles …

                 * « flexibilité » des prix pratiqués.    

       b- Groupe des minéraux :  

 

SUPRADYN

BOOST [1]

SUPRADYNE

[2]

Calcium

S/F carbonate  100 mg

S/F d’hydrogénophosphate anhydre : 44,60 mg

 S/F de glycérophosphate : 44,60 mg                     

S/F de carbonate de calcium : 29,15 mg

S/F de pantothénate de calcium : 1,65 mg

Magnésium

S/F carbonate  100mg

S/F d’hydrogénophosphate : 45,00 mg

Zinc(citrate)            

9,5 mg

8,00 mg

REMARQUE

Au niveau du SUPRADYN BOOST® (par rapport au SUPRADYNE®) on note l’absence des minéraux suivants : chrome hexahydraté, gluconate de cuivre, fluorure de sodium, l’iodure de sodium, lactate ferreux, manganèse, molybdate de sodium, phosphore, sélénate de sodium.  

 De ce 2ème tableau, on comprend qu’en termes de minéraux et d’oligo-élément SUPRADYN BOOST® constitue une version très allégée du SUPRADYNE®.

Noter aussi que les sels à base de carbonate (calcium, magnésium) qui composent le SUPRADYN BOOST®  coûtent beaucoup moins chers que des sels plus élaborés type  pantothénate ou glycérophosphate. A ce niveau le SUPRADYN BOOST® présente une formulation qu’on peut qualifier de « low Cost »    

      c- Les autres substances :

La substance la plus active pharmacologiquement dans la formulation du SUPRADYN BOOST® (à notre avis) reste : extrait sec de guarana à 222,22 mg par CP (dont un apport en caféine de 40 mg)

3- Question logique : C’est quoi le guarana ?

12-12-05-Cafeine---Guarana.jpg

     En combinant les informations de divers sites, essentiellement canadiens, on peut mettre en avant les idées clefs suivantes :  

Le guarana (Paullinia cupana) est un arbuste de la famille des Sapindacées originaire d’Amérique du Sud dont les grains contiennent plus de caféine que ceux du café   

 L’extrait de guarana entre dans la préparation de diverses boissons gazeuses et de « boissons énergisantes ». Un instant, rappelez-vous qu’on avait déjà traité ici sur PHARAMSTER cette question de  « boissons énergisantes » dans un article de juillet 2010 intitulé (cliquer sur le titre pour visualiser) :

« LES BIOSSONS ENERGISANTES PRENDRE D'ABORD DU ... RECULE! »

Le guarana entre, donc, dans la composition des boissons dites énergisantes (destinées à stimuler la vigilance) et de produits pour maigrir. Selon des sites canadiens (Passeport Santé, Extenso …) la teneur en caféine de ces produits peut atteindre jusqu’à 250 mg par contenant. En comparaison, 1 tasse de café (250 ml, soit ¼ de l) en fournit de 75 mg à 180 mg.  

L’apport de caféine dans le SUPRADYN BOOST® est de 40 mg, soit l’équivalent d’une bonne tasse de café tel qu’elle se consomme au Maroc ou dans certains pays Européens.

        a- Effets indésirables du guarana :

     - La caféine que contient le guarana peut irriter l’estomac et causer de l'insomnie, de la nervosité et de l'agitation.

      - Prise en grande quantité, la caféine peut provoquer des nausées, des vomissements, de l'hypertension artérielle, des palpitations cardiaques, de l'arythmie, une accélération de la respiration, des crampes musculaires et des maux de tête. De rares cas d’épilepsie passagère ont été rapportés à la suite d’une surconsommation de boissons énergisantes.

    - La consommation prolongée de caféine provoque une dépendance. Le sevrage peut être assez pénible.

         b- Précautions :

       - En 2003, les experts de la Direction des aliments de Santé Canada ont conclu que la consommation de 400 mg à 450 mg de caféine par jour - consommation répartie au long de la journée - ne présente pas de danger notable pour la santé d’une personne adulte. Pour les femmes enceintes, la dose maximale recommandée est de 300 mg. Pour les enfants, elle est de 2,5 mg par kilo de poids corporel (environ 45 mg pour les 4 ans à 6 ans). 

      - Pour les sportifs et les personnes qui cherchent à perdre du poids avec des suppléments contenant beaucoup de caféine : une intoxication à la caféine peut causer des lésions musculaires graves et irréversibles.

      - Personnes âgées ou à risque d’ostéoporose. À cause de l’effet de la caféine sur les os, on recommande habituellement aux personnes âgées ou à risque d’ostéoporose de limiter leur consommation de produits qui en contiennent.

      - La caféine est généralement déconseillée aux personnes qui souffrent de cardiopathies, d’insomnie, de troubles anxieux, d’ulcères gastriques ou duodénaux ou d’hypertension artérielle.

      - On déconseille aussi le guarana aux enfants et aux femmes enceintes ou qui allaitent.

       c- Caféine et médicaments :

    La caféine contenue dans le guarana peut :
      - augmenter les effets d'analgésiques comme le paracétamol et l'acide acétylsalicylique, mais aussi en augmenter sensiblement l'absorption (de l'ordre de 40 %), ce qui peut être dangereux dans le cas d’une prise d’une forte dose de paracétamol (risque de toxicité hépatique) en particulier avec des CP dosés à 1 g. Au Maroc, la caféine est retrouvée associée au paracétamol, entre autre, dans les spécialités suivantes : Dolamine®, Panalgic®, Migralgine®, Panadol Extra®, Cefaline®, Algik®, Rhumix® et Rinomicine® …
      - diminuer les effets des sédatifs et des calmants comme les benzodiazépines;
      - augmenter les effets indésirables de la théophylline, des bronchodilatateurs et des stimulants du système nerveux central comme l'éphédrine;
      - faire varier la glycémie et interférer avec les traitements du diabète;
      - augmenter l’effet des diurétiques;
      - diminuer la concentration sanguine en lithium.

      - Avec la cimétidine (Tagamet®, Antagon® ou autre) Ce médicament peut augmenter les effets indésirables de la caféine.

       - Avec les antiacides : la caféine peut contrer l'effet des antiacides.

       - Avec l’alendronate (Fosavance®) : La caféine peut contrer l'absorption de ce médicament prescrit pour prévenir et traiter l'ostéoporose. Éviter de prendre de la caféine 2 h avant et après la prise du médicament.

     - Avec les Anticoagulants/antiplaquettaires : la caféine peut augmenter le risque d’hémorragie chez les personnes traitées avec des anticoagulants.

     - Nicotine (contenue dans le tabac) : la caféine peut augmenter le risque de dépendance à la nicotine.

4- Analyse critique du SUPRADYN® BOOST

     Les idées maitresses à la base de la formulation du SUPRADYN BOOST®, à notre avis, sont les suivantes : 

          a- Créer une variante du SUPRADYNE classique (étiqueté médicament) qui puisse répondre aux critères des compléments alimentaires. Objectif une plus grande diffusion.

          b- Se démarquer d’une part des autres compléments alimentaires, et d’autre part des autres préparations vitaminées médicamenteuses, par l’ajout d’une substance dite énergisante (le guarana) qui en réalité devrait être décrite comme substance neurostimulante.

          c- Utilisé l’image de marque « SUPRADYNE » afin d’assurer une notoriété immédiate du nouveau produit, lui assurant « un pedigree » déjà construit. La Revue Prescrire utilise pour décrire ce genre de médicaments l’expression « gamme ombrelle ».

          L’avis du pharmacien :

   Au sujet de la caféine

     La caféine est l’exemple type du parfait alicament, puisqu’on la retrouve aussi bien comme aliment (plus exactement un condiment) que comme médicament. Cela pose sérieusement le problème des limites entre aliment et médicament. Ce problème a été discuté sur ce même blog dans une page passionnante intitulée (cliquer sur le titre pour visualiser) : « Pour une classification globale des produits destinés à la consommation humaine »

   Au sujet du SUPRADYN BOOST®

      Le SUPRADYN BOOST® constitue un amalgame entre les boissons dite énergisantes type Red Bull et les préparations vitaminées. A notre modeste avis (qui peut ne pas être juste) cela ne présente en aucun cas un progrès même pour un produit dit de conseil.

Déjà que les boissons dites énergisantes n’ont d’énergisant que le nom. La véritable source d’énergie pour le corps elle est hydrocarbonée (les sucres tout simplement) et lipidique, accessoirement certaines vitamines vont apporter un peu d’énergie. Dans des situations spécifiques (en cas de jeûne prolongé) les protéines vont elles-mêmes être mises à contribution à travers la néoglucogenèse (aussi appelée gluconéogenèse) pour assurer la production d’énergie calorique.

La notion d'énergie d'un produit donné se réfère à sa teneur en calories. La caféine, elle, est clairement un neurostimulant et les produits à base de cette molécule devraient être étiquetés « produits surexcitants » ou « surstimulants ». Cette appellation est plus cohérente avec la nature de leur composition, qui en réalité masque au niveau du système nerveux central la perception de la fatigue,  signal de la souffrance du corps. Masquer cette fatigue c’est exposer le corps à des dégâts parfois irréversibles. 12-12-05-Boisson-energisante.jpg

NB : Les boissons dites énergisantes type Red Bull (ou autres) sont utilisées dans les boites de nuit pour masquer d’une part , l’effet de la fatigue liée au manque de sommeil et d’autre part, l’effet de l’ébriété liée à l’éthanol. Objectif : maintenir momentanément et artificiellement la vigilance du client afin d’augmenter sa consommation d’alcool : bienvenue dans le royaume des dégâts. C’est tout simplement irresponsable.           

Le véritable traitement de la fatigue est le repos et une alimentation adaptée. Par exemple, après un effort physique intense type marathon, on préconisera, dans les 24 heures qui suivent, des repas légers (peu protéinés et peu gras) afin de ne pas trop solliciter la digestion qui utilise une grande quantité d’énergie pour digérer les protéines et certains lipides.

 En matière de fatigue (non liée à une pathologie) on en sait quelque chose puisqu’on a participé à une quinzaine de semi-marathons au Maroc (Marrakech, Casa, Rabat), à quelques marathons à l’étranger (France, Portugal) à deux montées au sommet du Toubkal (via le refuge de Tazarhart) … Etc.        

En gros le traitement d’une fatigue (non liée à une pathologie donnée) se base sur : le repos, de l’eau, des fruits et des légumes. Il est évident que ces conseils de bon sens, ne rapportent rien aux entreprises, et donc elles sont marginalisées au profit de compléments alimentaires au minimum inutiles et dans certains cas dangereux.

Il est regrettable que l’industrie pharmaceutique s’inspire des produits favorisant l’éthylisme dans les boites de nuits, au lieu de penser à répondre aux besoins réels du patient. Et le fabriquant du SUPRADYN BOOST®, n’est pas le seul dans ce cas, d’autres laboratoires lui ont emboité le pas en particulier Sanofi avec sa « gamme ombrelle » Omnivit®  et sa spécialité Omnivit® Energy Tonic (appelée en Belgique Omnivit® Boost)  avec 30mg de caféine par dose.  A ne pas douter qu’une avalanche de produits, étiquetés compléments alimentaires, avec le même principe va envahir nos étalages (Type Elusane® …).

 12 12 05 OMNIVIT  12 12 05 Elusanes Guarana 

Cliquer sur les images pour visualiser

5- Cas d’officine : La bêtise du pharmacien

      Un patient, connu pour être psychiquement fragile ou instable éventuellement sous psychotrope, arrive en officine et se plaint d’une grosse fatigue. Lui proposer comme remède un produit à base de guarana ou de taurine peut s’avérer catastrophique et pour cause :

     - La fatigue qui accompagne souvent un traitement avec des psychotropes est inhérente à l’effet sédatif de certains de ces produits, en particulier les benzodiazépines. Proposer un surexcitant neurologique à base de guarana, même enrobé de vitamines, revient à contrecarrer l’effet des benzodiazépines. Le risque, avec ces produits, est une augmentation de l’irritabilité du patient qui peut se traduire parfois en violence soit envers lui-même, soit envers son entourage. Non, complément alimentaire ne rime pas toujours avec sécurité.

 

    - Même sans prise de psychotropes, le fait de proposer un excitant à quelqu'un qui est psychiquement fragile est une attitude condamnable, car elle est susceptible de générer des comportements à risque par le patient.

6- Question : Dans quels cas peut-on utiliser ce genre de produits ?

     En toute honnêteté, avec toute la bonne volonté, on a cherché des indications à ce genre de produits. Selon nous (l’erreur est donc possible), ces produits trouvent leur utilité dans les cas suivants

    - une fatigue momentanée, avec un risque vital pour soi-même ou pour son entourage. Exemple : sur une route, la nuit, très loin de toute aire de repos, avec des enfants dans la voiture, et une grosse fatigue du conducteur. Une dose unique de ce genre de produits peut être utile pour arriver à bon port et éviter un accident éventuel. En conséquence ce genre de produits peut être placé à côté de la roue de secours (en vérifiant la pression de cette dernière, contrôler par la même occasion  la date de péremption du produit).

  - chez certains patients, qui ne présentent pas de risques par rapport aux excitants, ce genre de produits peut   être utile pour améliorer l’observance d’un traitement donné. Le « coup de fouet », quasi immédiat, que procurent ces produits, peut permettre une meilleure adhésion du patient au protocole thérapeutique proposé. Il s’agit ici d’une astuce pharmaco-alimentaire.

   - Attention l’utilisation comme placébo est à bannir, car la caféine est tout sauf un placébo, elle a des effets pharmacologiques marqués.                                      

 Conclusion :

      Sauf erreur de notre part, l’introduction dans la thérapeutique de substances neurostimulantes, via la porte des compléments alimentaires, ne constitue pas une avancée thérapeutique. Loin de là, l’amalgame entre vitamines et excitants peut être considéré comme dangereux dans certains cas. En tout état de cause, il introduit une confusion manifeste entre la notion « d’énergie » et la notion « d’excitation » et ce, au détriment de la sécurité des patients.

 Annexes :            

     1- Les apports journaliers recommandés (AJR, en anglais RDA) : entre utilisation marketing simpliste et réalité scientifique complexe :

Les AJR que vous trouvez sur le packaging des compléments alimentaires sont présentés de façon tellement simpliste qu’ils perdent toute crédibilité. Pour preuve, ce travail remarquable de santé Canada (comme d’habitude eux, travaillent et nous, nous consommons bêtement) : TABLEAU DES APPORTS NUTRITIONNELS DE REFERENCE. A travers divers tableaux explicatifs, on comprend rapidement que ces AJR dépendent du sexe, de l’âge, du poids, de la grossesse … Etc. Au final ces AJR que vous trouverez sur les compléments alimentaires ne peuvent être pris comme base pour des décisions médicales sérieuses.     

     2- Compléments alimentaires multivitaminés et préventions des maladies cardiovasculaires chez l’homme : 

Dans une étude récente, près de 15 000 médecins américains, âgés de plus de 50 ans, ont été répartis en deux groupes, l'un prenant quotidiennement une supplémentation en multivitamines et l'autre un placebo. Ils ont été suivis pendant plus de 10 ans. La prise régulière de multivitamines n'a pas modifié le risque d'infarctus du myocarde, d'accident vasculaire cérébral, ni la mortalité d'origine cardio-vasculaire ni la mortalité globale.

Source : JAMA du 7 novembre 2012. Réf. : H. D. Sesso, W.G. Christen, V. Bubes, J. P. Smith, J. MacFadyen, M. Schvartz, J. E. Manson, R. J. Glynn, J. E. Buring, J. Michael Gaziano : «Multivitamins in the Prevention of Cardiovascular Disease in Men:  The Physicians' Health Study II Randomized Controlled Trial » JAMA. 2012;308(17):1751-1760. doi:10.1001/jama.2012.14805

    3- Allégations santé validées par l'EFSA pour les vitamines (cliquer sur le titre) mise à jour du 24 novembre 2011

    4- « Distinguer les médicaments des autres produits d’apparence médicamenteuse : Méfiance ! les compléments alimentaires sont peu contrôlés » Revue Prescrire, pages 572-576, tome 31, n°334, Août 2011.

    5- « Retrait d’un complément alimentaire illicite : un dérivé du sildénafil dans un complément alimentaire » Revue Prescrire, page 827, tome 32, n°349, novembre 2012   

   6- Témoignage par Dr Mouna :

 Sur les conseils  éclairés d’un herboriste en bonne et due forme, une dame a acheté pour sa fillette de 12 ans, une préparation coupe-faim, à base de produits naturels s’il vous plait ! Le but étant, vous l’aurez deviné, l’inciter à perdre du poids. Quelques jours plus tard, l’adolescente présente des troubles digestifs à type de nausées, vomissements, douleurs abdominales. La mère alarmée, l’emmène chez un médecin qui n’y voit que du feu en pensant à une banale indigestion, sauf que les signes de malaise digestif ont duré. En désespoir de cause, la femme a appelé le centre anti-poisons , qui , à grand renfort de questions réponses (bon interrogatoire),a pu faire le lien entre le produit délivré par l’herboriste et les symptômes décrits. En effet, un responsable du centre a contactée la dame plus tard pour lui demander de ne plus utiliser le produit car il contient de l’extrait de guarana fortement dosé en caféine et responsable des troubles cités. De plus, ce responsable voulait avoir les coordonnées du dit herboriste, histoire de le mettre au courant.

 Sur ce, nous ne le répéterons jamais assez, arrêtons de jouer avec la crédulité de nos concitoyens en balançant des mots comme naturel donc inoffensif : l’amanite tue-mouche, la mandragore et autre belladone sont des produits naturels et pourtant toxiques ; alors naturel  peut malheureusement rimer avec mortel. lire à ce sujet sur ce même blog LECTURE OFFICINALE : VOUS AVEZ DIT NATUREL ?

 

Mes sincéres remerciement pour Dr Mouna (pharmacienne d'officine) pour sa relecture éclairée 

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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