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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 12:17

12-12-05-Equite-salariale--homme-femme.jpg

 

Prochainement sur PHARAMSTER :

Analyse comparative SUPRADYN BOOST® Vs SUPRADYNE®

L’utilisation du guarana en question !  

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Published by Amster - dans ESCAPADE
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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 20:58

Perles : Perna-machin, Fagule & Ticadro

 

Cette fois-ci on trois perles au prix d'une : 

La première :  

Perle-pernamachnin.jpg

        C’est quoi ce produit qui ... donne l’appétit, dans sa boite bleue, oui Pernoooo, Perniiiii, peut être alors arabe. Pfffffff … non pas vraiment mieux

Décidemment les noms de ces sataniques médicaments sont trop compliqués : PERNABOL® cyprohéptadine pour les intimes :

CYPROHEPTADINE copie

La cyproheptadine est un antihistaminique H1 qui se caractérise par :

· un effet sédatif marqué aux doses usuelles, liés à une activité antihistaminique, anticholinergique et adrénolytique centrale,

· un effet anticholinergique à l'origine d'effets indésirables,

· un effet adrénolytique, pouvant retentir au plan hémodynamique (risque d'hypotension orthostatique).

En pharmacomarocologie il est principalement utilisé pour ses effets orexigènes et même parfois pour ses effets sédatifs.

La deuxième :

 Perle-smecta-flagyl.jpg

Là c’est une jolie « ordonnance » avec du SMECTA® et du FLAGYL® (métronidazol) en sirop rebaptisé ici FAGULE SIROU. Après tout … pour une éventuelle diarrhée à entamoeba histolitica ça peut tenir le coup.

 La troisème :

Perle Décadron

Le TICADRO® est une « véritable » spécialité marocaine, il s’agit en fait du DECADRON®, dexaméthasone pour les intimes. Lire à ce sujet notre article CAS D'OFFICINE : DEXAMETHASONE EN CONTREBANDE                 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 18:59

CHIFFRES & REPÈRES

Structure des dépenses budgétaires

au Maroc entre 2011 et 2012

 

Structure-des-depenses-budgetaires-au-Maroc-entre-2011-et.jpgSource : Revue marocaine LE TEMPS [letempsmag.com], n°159, page 10, du 12 au 18 octobre 2012.

 

L’avis du pharmacien :

       La revue relève que les dépenses liées à la caisse de compensation (prix du gaz, pétrole …) continues d’augmenter au détriment des autres dépenses.

Il reste qu’à nous yeux, le véritable dysfonctionnement réside dans l’écart faramineux (plus du double) entre les dépenses de fonctionnement (frais du personnel …) et le dépenses d’investissement.

Quand on sait d’une part la faiblesse légendaire du rendement  des agents de l’Etat (qui est liée plus à un dysfonctionnement structurel qu’a des paramètres personnels) et que d’autre part seul l’investissement est à même d’assurer une croissance solide (l’investissement étatique étant un véritable booster de l’investissement privé), on comprendra facilement que, beaucoup plus que la fameuse caisse de compensation, l’écart entre  dépenses de fonctionnement et  d’investissement constitue une véritable anomalie (et elle n’est pas la seule) qui hypothèque fortement la croissance du pays.

Le cas du Maroc ressemble à un moteur de voiture qui consomme, pour fonctionner alors que la vitesse est au point mort, le double de se qu’il consomme lorsque la voiture avance. Conséquence on avance au rythme d’une tortue … et on consomme comme une Ferrari.      

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 13:32

LECTURE OFFICINALE

EXPLICATION PHYSIOLOGIQUE DE L’EFFET

COUPE-FAIM DES PROTEINES

RÔLE DES RECEPTEURS µ-OPÏODES

 Proteine-pharamster.jpgSource image : Master STIC pour la Santé

Source principale :

1- C Duraffourd, F De Vadder, D Goncalves, F Delaere, A Penhoat, B Brusset, F Rajas, D Chassard, A Duchampt, A Stefanutti, A Gautier-Stein, G Mithieux. «Mu-Opioid Receptors and Dietary Protein Stimulate a Gut-Brain Neural Circuitry Limiting Food Intake » Cell, Volume 150, Issue 2, 377-388, 05 July 2012. 

Autres sources :

2- Interview de Gilles Mithieux* in La Recherche, n°467, page 24-25, septembre 2012 

3- CNRS, Communiqué de presse : L’effet « coupe-faim » des protéines élucidé.  05 Juillet 2012

4- G Mithieux, P Misery, C Magnan, B Pillot, A Gautier-Stein, C Bernard, F Rajas, C Zitoun. « Portal sensing of intestinal gluconeogenesis is a mechanistic link in the diminution of food intake induced by diet protein. » Cell Metabolism, Volume 2, Issue 5, 321-329, 1 November 2005
5- C. Duraffourd, F. Deleare, B. Brusset, A. Duchampt, G. Mithieux « 
PO37 Rôle des récepteurs μ-opioïdes dans les effets de satiété dépendants de la néoglucogenèse intestinale » Diabetes & Metabolism. Volume 36, Supplement 1, March 2010, Pages A37

  

         Divers régimes hyper protéinés on été proposés depuis une trentaine d’années, avec peu de résultats et beaucoup de désillusions. Ces régimes se basent tous sur l’effet coupe-faim des protéines.

Une étude publiée en ce mois de juillet 2012 [1] dans la revue Cell par une équipe de chercheurs Inserm, CNRS et Université Claude Bernard Lyon I, dirigée par G Mithieux est parvenue à élucider la sensation de satiété ressentie plusieurs heures après un repas riche en protéines. Ce travail montre par la même occasion les limites physiologiques de ce genre de régimes.      

         On sait depuis des années que l’absorption de protéines entraîne une sensation de satiété, c'est-à-dire une sensation de non-faim qui se prolonge bien au-delà du repas

En 2005, une équipe du laboratoire nutrition et cerveau de l'université Lyon-I [4] a montré que, plusieurs heures après un repas riche en protéines :

         -  Les intestins synthétisent du glucose par néoglucogenèse. La néoglucogenèse c’est le processus de synthèse du glucose à partir de précurseurs non-glucidiques, en particulier des acides aminés (qui ne sont rien d’autre que les éléments de base constitutifs des protéines … pour ceux qui l’on oublié entre les traites du crédit de la maison et frais de scolarité des enfants).

         -  L’équipe pensait que ce glucose passait dans le sang et se fixait à des récepteurs de la veine porte, qui collecte le sang de l'intestin. Un signal nerveux «coupe-faim» est alors envoyé via les fibres innervant la veine vers les centres cérébraux de l'appétit.

Mais à l'époque, ils n'avaient pas réussi à découvrir comment s'active cette néoglucogenèse.

L’équipe pensait alors que la voie d'action des protéines se superposait peut-être à celle d'autres composés qui ont un effet sur la faim en particulier, la morphine qui se fixe sur les récepteurs µ-opioïdes, qu'on trouve notamment au niveau de la veine porte.

Remarque :

Contrairement à la majorité des publications (y compris celles de l’ANSM) qui montrent que la morphine provoque une perte de l’appétit, G Mithieux, dans une interview pour La Recherche [2], affirme que cette dernière « active l’appétit en se fixant sur des récepteurs, les récepteurs µ-opioïdes, qu'on trouve notamment dans la veine porte. » sic. Cette question reste pour nous ouverte, dans l’attente d’avoir ultérieurement plus de précisions … !   

PS du 30/10/12 : Nous avons en effet contacté l’auteur au sujet de cette question, voici de suite sa réponse : " Merci de votre question. Je pense qu'il faut distinguer les effets à court-terme de la morphine (activateurs de la prise alimentaire, et ne pas les confondre avec les effets à long-terme chez les "accros", chez qui les récepteurs sont désensibilisés, ce qui fait qu'ils ont besoin de plus en plus de "produits" pour les activer. Ceci se traduit par des souffrances (état de manque par exemple) qui s'accompagnent de phénomènes "dépressifs" potentiellement... Je ne suis pas un spécialiste de ces questions, mais ceci pourrait peut-être expliquer ce que vous mentionnez (perte de l'appétit, etc).

Bien cordialement, GM " 

Cette explication paraît cohérente avec l’effet de bien-être procuré par la morphine lors des 1ères administrations

Par ailleurs une autre question reste posée, si on a bien compris, ce n’est pas le glucose circulant qui induit l’effet coupe-faim mais le déclanchement la néoglucogenèse.    

Dans cette même interview [2] Gilles Mithieux rapporte les éléments suivants :  

On a d'abord étudié des rats et des souris nourris avec une alimentation normale,

- soit en bloquant les récepteurs µ-opioïdes par la naloxone (antagoniste μ-opioïde, qui est aussi un antagoniste pur et spécifique des morphinomimétiques sans effet agoniste.) [5] 

- soit en les activant par le DAMGO (Peptide de synthèse agoniste μ-opioïde, analogue des enképhalines, d’intérêt expérimental. Tyr-D-Ala-Gly-Me-Phe-Gly(ol)) [5]

Effet-de-l-acitivation-des-recepteur---opoides-pharamster.jpg

- Lorsqu'ils sont activés, la néoglucogenèse n'a pas lieu, et les rongeurs dévorent leur repas.

- A l'inverse, lorsqu'ils sont bloqués, la néoglucogenèse se déclenche. Les animaux n'ont alors plus faim.  

Puis on a étudié l'effet d'un repas riche en protéines sur ces récepteurs µ-opioïdes. Et on a constaté que des peptides, fragments moléculaires provenant de la digestion des protéines, s'y fixent et bloquent leur activité.

 

           La nouvelle étude publiée en juillet 2012 a permis de démontrer qu’après le blocage des récepteurs μ-opioïde, une succession de réactions, conduit à l’envoi de deux signaux vers le cerveau, l'un via le nerf vague, l'autre par la moelle épinière. Dans un second temps, le cerveau envoie un message retour vers les intestins, pour activer la néoglucogenèse, et donc l'effet coupe-faim. Le temps nécessaire à tout cela explique que la satiété soit ressentie plusieurs heures après le repas.

12-10-10-Illustration-Effet-coupe-faim-des-proteines-pharam.jpg

L’avis du pharmacien :

           La clef de l’effet coupe-faim  des protéines réside dans ces fameux récepteurs µ-opioïdes de la veine porte.

Les produits résultants de la digestion des protéines (oligopeptides) bloquent ces récepteurs, la néoglucogenèse se déclenche. Le glucose étant ainsi suffisamment disponible, le corps réagit en arrêtant l’apport alimentaire. C’est en quelque sorte un effet feed-back négatif tout ce qu’il y a de plus classique en physiologie.  Encore fallait-il le démontrer…D’où la force de ce travail, car non seulement on a démontré l’implication des récepteurs µ-opioïdes de la veine porte, mais en plus on est arrivé à décrypter la réaction en chaîne qui suit leur inhibition.

Deux voies (en rouge sur le schéma) vont converger vers le système neveux central :

         - La première impliquant le système nerveux périphérique ventral (passant par le nerf vague)

         - La deuxième impliquant système nerveux périphérique dorsal (passant par la moelle épinière, les nerfs spinaux).         

Après réception des messages nerveux de ces deux voies, le système neveux central (SNC) envoie un message-retour qui déclenche la néoglucogenèse par l'intestin. Cette dernière initie alors l'envoi du message « coupe-faim » dans les zones du cerveau contrôlant la prise alimentaire, comme l'hypothalamus.

C’est une double boucle comme annoncé dans le communiqué du CNRS [3] :

         a) le SNC reçoit le 1er message il déclenche la néoglucogenèse               

         b) La néoglucogenèse enclenchée, va activer au niveau central le message « coupe-faim »

Pour les néophytes que nous sommes c’est une partie de ping-pong entre le cerveau et les récepteurs proches de l’appareil digestif.          

Et après ? Dirait l’autre …

         L’idée d’agir sur ces récepteurs pour contrôler la satiété, parait a priori séduisante. Pour cela il faudra trouver des peptides ou d'autres molécules bloquant durablement ces récepteurs dans les intestins. A cette question, la réponse des chercheurs est prudente et rationnelle [4], car si on sollicite fortement les récepteurs µ-opioïdes, il y a un risque de les rendre insensibles, et donc d'arriver à l'effet inverse de la satiété. C'est ce qu'on observe chez les personnes faisant un régime hyperprotéique pour perdre du poids et chez qui l'effet de satiété a tendance à s'estomper avec le temps.

L’avis du pharmacien :

         Ces nouvelles données peuvent aiguiser (pour ne pas dire faire saliver) l’intérêt pécuniaire de plus d’un laboratoire. Pourtant, il faut d’emblée modérer fortement ces prétentions (avant-même qu’elles puissent exister) car en plus du risque d’insensibiliser les récepteurs µ-opioïdes (ce qui annihilera de facto l’efficacité du préposé médicament) il y a la question de la sélectivité de la future molécule par rapport aux récepteurs µ-opioïdes.

Sachant que Ces récepteurs

        - existent non seulement sur la veine porte mais aussi au niveau du cerveau et de la moelle épinière

        - qu’ils sont présents déjà sous forme de 2 variantes avérées : µ1 et µ2 (on parle aussi de µ3)

        - et qu’ils ont comme effet : dépendance physique, dépression respiratoire, myosis euphorie, réduction de la motilité du tractus gastro-intestinal et analgésie supraspinales.

On comprendra alors facilement les effets secondaires potentiels d’un  éventuel médicament.   

A notre avis, il n’existe pas de molécules strictement sélectives. Le fait que, les récepteurs interagissent plus avec la stéréochimie des molécules qu’avec leur composition moléculaire stricte, fait que le risque d’interaction avec plusieurs récepteurs subsiste malgré toutes les astuces de la chimie fine organique.

Conclusion :

Dans l’état actuel des connaissances, pour réduire le poids, le bon sens implique :

- Primo : de réduire l’apport calorique, via une alimentation riche en fruits et légumes et une consommation réduite de sucre et de gras

- Secundo : d’augmenter la consommation de calories grâce à l’activité physique, qui peut être juste modérée, mais surtout elle doit être régulière.

Ces conditions exigent de la personne qui veut retrouver un poids santé, de faire des efforts physiques constants et de reconfigurer son goût (qui a été défiguré par l’industrie agro-alimentaire) par rapport au sucre et au gras.

Non, ce n’est pas facile, il n’en demeure pas moins que le rapport bénéfice-risque-coût des autres méthodes (souvent ponctuelles) est largement défavorable. Sous le poids des publicités mensongères, on préfère tester ou acheter telle ou telle méthode (ou produit) plutôt  que de faire des efforts constants (physiques et gustatifs) à très long terme. Il faut cependant faire exception des cas de dérèglements nutritionnels liés à des états psychiques particuliers, dont la prise en charge est pluridisciplinaire.   

 Merci à Dr Mouna, pharmacienne d’officine, pour sa relecture pertinente

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 20:16

RÉFLEXION

ARABISER OU REFRANCISER ?

 

ARABISER-OU-FRANCISER-copie.jpg

 

 

            Ce texte est, en fait, un petit encadré qui accompagnait un excellent article du journal L’Economiste au sujet du coût de l’arabisation au Maroc.

Source : H. El Arif « Arabisation la facture trop cher » L’Economiste, n°3866, supplément Les cahiers de l’émergence, page XXX du 13/09/12 

Source image : The Dizzy Doser, photocomposition : PHARAMSTER 

 

Arabiser ou refranciser?

Plusieurs années plus tard, des experts pédagogiques appellent encore les pouvoirs publics à «refranciser» les matières scientifiques, tout en renforçant l'enseignement de l'arabe et des langues étrangères, en l'occurrence le français, comme langue de travail et l'anglais comme langue d'ouverture. D'autres, par contre, exhortent la tutelle à arabiser. «C'est trop tard», rétorque Abderrahman El Bouhmidi, professeur universitaire. «Depuis que le Maroc a adopté une nouvelle Constitution reconnaissant l'amazigh comme langue officielle et les cultures hassanie et hébraïque comme affluents de l'identité marocaine, il n'est plus possible d'arabiser. Les Amazighs pourraient réclamer aussi un enseignement dans leur langue», affirme El Bouhmidi. Petit bémol tout de même de Mohamed Darif, politologue et enseignant universitaire, à ce sujet «Il faudra attendre l'adoption de la loi organique et ses textes d'application avant de fixer les conditions d'utilisation de l'amazigh», précise-t-il. Refrancisation ou arabisation, là n'est pas la question. Il faudrait homogénéiser l'enseignement pour réduire la fracture entre l'enseignement bilingue dans le privé et l'enseignement arabophone

 L'avis de l'apothicaire :

        Ce débat pose en filigrane deux problèmes fondamentalement stratégiques pour le Maroc :  

       1- L’échec calamiteux d’une arabisation réclamée et appliquée de façon démagogique par le parti de l’Istqlal. Cet échec masque en lui-même l’hécatombe de l’enseignement public au Maroc. Cette hécatombe est, elle-même, à mettre à l’actif de divers acteurs politiques au Maroc.

La concomitance de ces deux échecs a engendré, et engendre encore, la perte de plusieurs générations de marocains, hypothéquant par là, la réussite de toutes les tentatives de développement humain. Mettre à genou le développement humain d’un pays, c’est le condamner à ne jamais pouvoir imaginer (même en rêve) l’émergence d’un système démocratique digne de ce nom. Pire encore, saper le développement humain d’un pays est un crime que seul l’Histoire est à même de juger les responsables.   

Si les disparitions et autres assassinats au cours des années de plomb ont été largement condamnés, le crime qu’a subi l’enseignement de générations de marocains, est passé dans le cadre normalisé de la politique politicienne. … Désolant          

       2- Cela saute aux yeux, cet encadré pose le problème de l’identité culturelle du marocain. On comprend rapidement que cette identité est d’une part complexe et d’autre part plurielle. Ces deux caractéristiques, qui auraient pu être, de toute évidence, une source de richesse, deviennent des handicaps majeurs dans une société marquée, pour de nombreuses futures générations, par le sous-développement catastrophique du facteur humain.      

 

       A noter qu’au milieu des années 80, une énième refonte des programmes de l’éducation nationale a visé particulièrement l’enseignement de la philosophie. Cette réforme a vidé cette discipline de sa substance et par la même occasion  a supprimé de l’enseignement tout ce qui concerne « ILMO ALKALAM » littéralement la science de la parole. Cette discipline, apparentée à la philosophie,  permettait à l’époque d’appréhender la religion musulmane, sans démagogie, à travers le prisme strict du savoir. ILMO ALKALAM permettait entre autres d’identifier, sans a priori, les diverses tendances et interprétations de la pensée islamique. A la place de « ILMO ALKALAM » l’apprentissage strict du dogme a été renforcé

      Conséquences : La rationalité dans le mode de pensée du jeune marocain a été marginalisée au profit d’un apprentissage dogmatique. Au bout d’une dizaine d’années, cette réforme a concouru à l’émergence d’une élite marocaine caractérisée par, ce qu’appelle feu Pr HAROUCHI, l’analphabétisme fonctionnel.

Cette stratégie n’était probablement pas le fruit du hasard, elle était dictée par les impératifs sécuritaires de l’époque. En effet pour en finir une fois pour toutes avec la gauche marocaine, qui était déjà sur la pente descendante, la solution optimale était de soustraire l’esprit rationnel de la pensée marocaine et de consolider le dogme, à travers l’enseignement mais aussi en ouvrant les portes au Wahhabisme. Tout cela a eu comme dégât collatéral, la radicalisation des mouvements religieux mais, à notre avis, la conséquence la plus catastrophique qui toucha la majeure partie des élites du pays (médecins, pharmaciens, ingénieurs, penseurs …) est la marginalisation de l’esprit rationnel qui touche non seulement le champ religieux (ce qui est normal) mais aussi la vie professionnelle, l’entreprise, la formation, les médias et même des choses de la vie de tous les jours comme la conduite d’un véhicule sur la voie publique.

Descartes n'est pas marocain, comme le titrait Philippe Brachet en 1982 avec comme sous-titre «  le développement du sous-développement au Maroc ». Certes, Descartes n'est pas marocain, mais il aurait pu le devenir si on avait mis en place une politique de l’enseignement qui visait la promotion de la raison et de l’esprit critique.

Et justement, la promotion de l’esprit critique c’est ce qu’on retrouve dans l’enseignement français au Maroc, qui malgré ses imperfections (et elles sont nombreuses) reste le seul système qui permet d’espérer l’émergence d’une très petite minorité de cadres dotés de ses bases. Reste que cet enseignement forme des élites qui sont le plus souvent déconnectées de la réalité socioculturelle et de l’Histoire du pays. Ce dernier n’arrive pas à en tirer un grand profit.

     Imaginez qu’un enfant en CM2 dans le système français est déjà mis en contacte avec les idées d’une personnalité comme Diderot, entre autre, célèbre auteur du livre « Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient ». Au même temps, dans l’enseignement secondaire marocain, on marginalise Averroès auteur du livre Tahafut al-Tahafut (incohérence de l'incohérence), et on insiste sur Al-Ghazâlî auteur en 1095 du livre Tahafut al-Falasifa (L'incohérence des philosophes). C’est ainsi que l’esprit critique et l’analyse rationnelle sont écrasés par le poids de l’esprit dogmatique.

Comment en vouloir à un médecin, à un pharmacien de ne pas avoir suffisamment de recul face aux affirmations du marketing ? Comment en vouloir à des hauts cadres du pays d’avoir une logique décisionnelle complètement irrationnelle ?                

L’enseignement au Maroc n’est rien d’autre qu’une série de gâchis à tous les niveaux.    

PS du 23 octobre 2012 :       

Un article* paru ce mardi 23 octobre 2012 dans le journal marocain LE SOIR Echos vient corroborer notre analyse.

En effet cet article rapporte les faits suivants : 

Mercredi dernier, faculté des lettres à Meknès. Il est 11 heures. Mustapha Merizak, professeur universitaire, donne un cours d’anthropologie à ses étudiants quand tout d’un coup près d’une vingtaine de jeunes interrompent d’une façon brutale le cours et envahissent la salle. « Ils m’ont dit qu’ils voulaient parler aux étudiants. Par respect, je leur avait accordé un moment. Ils ont fait un long discours pendant une vingtaine de minutes appelant les étudiants à adhérer à la grève. Aucun étudiant n’a voulu les suivre. Je leur avais alors demandé de sortir. Eh bien leur réponse était que c’est à moi de sortir. Ils m’ont insulté de tous les noms. Le même jour, un autre enseignant de sociologie a subi le même sort. Je pense que ces deux branches à savoir la sociologie et l’anthropologie dérangent les islamistes », raconte cet enseignant membre du SNESUP (Syndicat national de l’enseignement supérieur) et de l’OMDH.

Plus loin l’article donne le constat suivant du président de l’OMDH (Organisation marocaine des droits de l’Homme) :

«  Après la dissolution de l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM) par l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri, les islamistes intégristes se sont emparés de cette organisation », relate Mohamed Nechnach, président de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH). L’université devient un champ de bataille entre gauchistes et islamistes appartenant au mouvement Justice et bienfaisance (Al Adl Wal Ihsan) et des partisans du mouvement amazigh.

Pour nous c’est simple, c’est une stratégie de la terre brulée. Sauf que, ce qu’on a brûlé ici c’est l’enseignement de millions de marocains. Et au delà de l’enseignement au sens strict, ce qu’on a tué, c’est l’esprit critique et rationnel dans ce qui devait être les futures élites marocaines. Pire qu’un crime contre l’humanité, c’est un crime contre l’Histoire de toute une population.

Oui la sociologie, l’anthropologie … n’ont pas de place dans l’esprit primaire des extrémistes. Qu’ils soient gauchistes, islamistes ou amazighs (qu’on devrait appelés « amazighinistes »), lorsqu’on inscrit le dogme comme seul mode réflexion, on ne s’étonnera pas de récolter quelques années plus tard que de la violence et de l’inculture, non seulement dans les universités, mais dans touts les pans de la société depuis l’école jusqu’au stade de foot.                     

Source : Khadija Skalli « OMDH : Hale à la violence à l’université », LE SOIR Echos, n°1191, page 7, du 23/10/12.   

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 19:15

MISE  AU POINT

 A PROPOS DE L’USAGE

DES DERMOCORTICOÏDES EN PÉDIATRIE

 

 

                  Au sujet de l’utilisation des dermocorticoïdes en pédiatrie et suite à notre article intitulé « DERMOCRTICOÏDE CHEZ UN NOURRISSON DE 20 JOURS » Dr Amine, médecin généraliste secteur libéral, nous a adressé un  excellent article paru sur Medscape France. Vu l’intérêt et la pertinence du sujet, on a décidé de le reproduire avec notre propre mise en page, permettant ainsi la mise en exergue des idées qui nous paraissent les plus marquantes.      

Source : Aude Lecrubier « Dermocorticoïdes chez l'enfant : stop à la corticophobie ! » publié en ligne le 04 octobre 2011

                 «  Lors d'une intervention consacrée à l'usage des dermocorticoïdes en pédiatrie présentée aux Entretiens de Bichat 2011, le Dr Antoine Toulon  a exposé les modalités de prescription et de surveillance des dermocorticoïdes chez l'enfant *. Il a rappelé que les dermocorticoïdes étaient le traitement de référence dans la dermatite atopique chez l'enfant et que bien utilisés, leurs effets secondaires étaient rares.

*Source : Antoine Toulon,Service de dermatologie, Hôpital Necker Enfants Malades, Paris. " Dermocorticoïdes en pédiatrie ? Quels risques ? ". Entretiens de Bichat. Paris, 29 septembre 2011.             

Les dermocorticoïdes ont transformé la prise en charge et la qualité de vie des enfants atteints de dermatite atopique, mais ils sont parfois associés à d'effets secondaires lorsqu'ils sont utilisés sur de longues périodes et à des doses trop fortes. Certains parents et médecins restent donc frileux quant à leur utilisation.

« Une enquête a montré que 73% des patients s'inquiètent de l'usage des dermocorticoïdes chez leur enfant et que 24% admettent une non observance du traitement », a souligné Antoine Toulon.

Il ne faut pas avoir peur

               ..  Les enfants sont plus sujets à développer des effets secondaires systémiques car le ratio entre leur surface corporelle et leur poids est plus important que chez l'adulte. Chez l'enfant atopique, la pénétration des dermocorticoïdes et le potentiel retentissement sur l'axe hypothalamo-hypophysaire sont augmentés.

Point important : les effets secondaires systémiques varient en fonction de la forme galénique, des zones sur lesquelles le traitement est effectué et de la nature du dermocorticoïde utilisé. « Ellison et coll. (Université de Manchester, Royaume Uni) rapportent que le retentissement sur l'axe hypothalamo-hypophysaire chez les enfants traités pour une dermatite atopique modérée à sévère par dermocorticoïde d'activité faible ou modérée était rarement présent alors qu'il était fréquent chez ceux traités par des dermocorticoïdes d'activité forte », a indiqué Antoine Toulon.

Les autres effets secondaires systémiques comme le diabète, l'intolérance au glucose, le retard de croissance ou les troubles électrolytiques sont également rares.

              Les effets systémiques locaux sont plus fréquents et sont également liés à la quantité appliquée et à la durée du traitement. Ont été observés, des troubles trophiques (atrophie, télangiectasie, vergeture), des surinfections cutanées, des complications oculaires (en cas d'application péri-oculaire), des tachyphylaxies, phénomènes de rebond, des hirsutismes, des troubles de la pigmentation, des acnés et des dermites péri-orale.

              Pour le dermatologue pédiatrique, si de rares effets secondaires existent bien, l'expérience acquise depuis 50 ans et les données de la littérature indiquent qu'il ne faut pas avoir peur de traiter les enfants. « A moins d'un tube par mois de dermocorticoïde d'activité forte, le risque est très limité », a remarqué Antoine Toulon. 

Corticoïdes : bonne conduite et pièges à éviter

               Les indications des dermocorticoïdes dermocorticoïdes sont les mêmes chez l'adulte et chez les enfants : dermatite atopique, lichénification, vitiligo, pelade, prurigo… « Ils sont utilisés parfois sur le long cours et de ce fait, il est important de savoir les employer au risque d'erreurs responsables de sur ou sous-utilisation », a noté Antoine Toulon.

Les dermocorticoïdes sont classés en fonction de leur niveau d'activité. Les dermocorticoïdes d'activité faible ne sont que rarement utilisés car peu efficaces, les dermocorticoïdes d'activités modérée et forte sont les plus couramment utilisés et les dermocorticoïdes d'activité très forte ne doivent être utilisés que sur des petites surfaces et de manière très contrôlée chez l'enfant ; ils sont contre-indiqués chez le nourrisson. Dans chaque classe, il existe différentes formes et galéniques qui permettent de s'adapter à la zone et au type de lésion.

 En outre, excipient, galénique et liposolubilité influencent la pénétration des dermocorticoïdes. Parallèlement, l'absortion est plus importante chez les nourrissons, sur les zones de peau fines et lorsque la température cutanée est élevée.

« Ainsi, on utilisera un dermocorticoïdes en pommade en cas de lésion chronique du fait de sa meilleure pénétration, de son caractère occlusif et du plus faible risque de sensibilisation chez l'enfant car il contient moins d'excipient », a indiqué l'orateur qui précise que l'attitude actuelle dans la dermatite atopique consiste à traiter la poussée le plus tôt possible, avec des quantités plus importantes de dermocorticoïdes qu'auparavant mais sur une période courte et si besoin, de réaliser un traitement d'entretien sur plusieurs semaines.

Antoine Toulon a rappelé que les dermocorticoïdes ne doivent pas être utilisés sous la couche, que les dermocorticoïdes de très forte activité doivent être évités au maximum et qu'ils ne doivent pas être appliqués sur le visage en particulier autour des yeux et sur les paupières.

Afin de contrôler les applications, Antoine Toulon a recommandé de compter les tubes utilisés, voire de rapporter les tubes vides.

 Le dermatologue a aussi mis l'assistance en garde sur l'erreur qui consiste à prescrire une corticothérapie orale pour augmenter l'efficacité du traitement. « Cette pratique est source d'aggravation ultérieure de la pathologie de fond, en particulier dans le cas de la dermatite atopique », a-t-il expliqué.

Comment améliorer l'observance ?

              La crainte de voir apparaître des complications, peut entraîner une insuffisance de traitement et par conséquent une pérennisation de la maladie au détriment de la qualité de vie de l'enfant.

 Pour diminuer la mauvaise observance, il faut informer et éduquer les parents. Il est important de préciser aux parents que lesdermocorticoïdes sont un traitement de première intention, qu'ils sont utilisés depuis plus de 50 ans et qu'employés de manière adaptée les complications sont rares.

Il convient de bien leur expliquer les modalités d'application et de faire une ordonnance détaillée mentionnant la classe, la galénique, le rythme d'application et le nombre de tubes par mois.

La quantité de dermocorticoïdes à utiliser est parfois difficile à évaluer et source d'erreurs ou de mauvaise observance. Pour éviter ces erreurs et rassurer les parents, les médecins préconisent le FTU « Finger Tip Unit », la quantité de crème appliquée sur la dernière phalange d'un doigt permet de couvrir une surface corporelle équivalente à deux paumes de mains adultes.

En ce qui concerne le rythme d'application, le dermatologue précise qu'il est inutile et source de complications d'appliquer les dermocorticoïdes plus de 2 fois par jour."

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 17:50

CAS D’OFFICINE

DERMOCRTICOÏDE CHEZ UN NOURRISSON DE 20 JOURS

LE PHLOROGLUCINOL EN QUESTION

 

Rappels déontologiques à lire absolument :          

- les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. L'image ci-dessous est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.        

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Avertissement : Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences. En matière de santé, l’accès à l’information est un droit mais la décision revient au médecin.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation de l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquer), Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuelles, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.  

 

12 08 29 Cas d'officine dermocrticoide chez un bébé de 20

 

 

- Le prescripteur : Médecin généraliste, secteur libéral.   

- Le patient :  Nourrisson âgé de 20 jours, les parents se plaignent des pleurs incessants de leur bébé dus probablement à des spasmes. Après 5 jours de traitement, pas de réelle amélioration, de plus le nourrisson souffre depuis 2 jours de constipation. Les parents, ayant acheté les médicaments dans une autre pharmacie, se sont présentés chez nous 5 jours après pour avis et conseil éventuels.

- L’ordonnance :

     - VOGALENE® : " 10 Gttes x 3 par jour ¼ h avant les repas pendant 5 jours " 

      DCI : la métopimazine est un antiémétique appartenant à la classe chimique des phénothiazines, qui se présente en gouttes buvables à 0,4 %. 10 gouttes contiennent 1 mg de métopimazine. Pour un enfant de moins de 6 ans on préconise 1 mg (10 gouttes) par kilo et par jour.  

     - SEDASTERIL® : " Laver et rincer "

      Crème lavante pour l’hygiène intime (entre autres) avec comme antiseptique le bromide de benzalkonium. Le bromide est très peu utilisé, en général pour ce genre de produit on retrouve le chlorure de benzalkonium. Chlorure-benzalkonium--2--copie.jpg

 

Bromide ou chlorure il s’agit dans les deux cas d’un ammonium quaternaire. Vous remarquez le petit « plus » sur l’azote (N+). Ce sympathique petit « plus » est important : il signe, pour ceux qui l’auraient oublié dans les méandres de la vie (un peu de poésie), que c’est un cation. C’est donc un antiseptique cationique comme le cetylpyridinium, cetrimonium et le didecylmethylamonium (tout cela se termine …nium).

Selon les concentrations le benzalkonium est bactéricide ou bactériostatique (sur les Gram +). Il est faiblement fongistatique, inactivé entre autres par les composés anioniques comme les savons. Toute cette histoire de petit plus pour dire qu’on ne doit pas mélanger le petit plus des antiseptiques cationiques avec le petit moins des produits anioniques comme le savon sous peine d’inactivation de l’antiseptique.

Et justement, ce fameux  chlorure de benzalkonium se trouve aussi dans la spécialité PHARMATEX® en tant que spermicide, avec les mêmes précautions d’emploi (le monde est petit).   

        

    - BAYCUTENE® CREME : " 2 applications par jour autour de l’anus "

        C'est une association de

             -  dexaméthasone (retrouvé dans le Decadron®, Oradexon®, Kinat Derdeg® !, Percutalgine® …) un corticoïde utilisé ici comme dermocorticoïde de classe IV* avec une activité modérée.

* Cette classification qui est basée sur le test de McKenzi, n’est pas universelle et peut varier en fonction des pays. Cependant, même si elle reste indicative, elle est importante en pratique quotidienne car elle permet de choisir la molécule appropriée en terme de rapport bénéfice / risque [Source : Thérapeutiques Dermatologiques éditions Flammarion 2001 p:1027-1028]

             - clotrimazole : Antifongique imidazolé d'usage local (retrouvé dans le Canesten®, Clomiter®La discussion autour de cette spécialité a été développée sur ce même blog il y a deux années dans un article daté du 25/10/2010 intitulé « Dermocorticoïde et nourrisson ». Il faut noter que ce nouveau cas d’officine est  similaire au cas traité dans l’article du 25/10/2010.

A défaut de contre-arguments, notre analyse reste malheureusement d’actualité avec comme conclusions :

Primo : les spécialités associant un dermocorticoïde et un ou plusieurs anti-infectieux ne doivent plus être présentes sur le marché marocain. Et ce, en conformité avec le « Bulletin du centre marocain de pharmacovigilance du mois de janvier 2009, vol 6, N°1 », c’est sur cette base qu’à juste titre, la spécialité Rifoderm® (entre autre) a été supprimée du marché marocain.

Question : comment se fait-il qu’en cette fin 2012, les spécialités Baycuten® et Mycolog® soient encore commercialisées chez nous ?

Inutile de rappeler ici le mutisme absurde des officinaux à ce sujet … ce genre d’attitude transforme l’officinal, au mieux, en un simple délivreur de médicaments sans aucun avis critique. Ce manque de courage et d’intégrité intellectuels, donne toute la latitude aux pourfendeurs de notre profession.

 Secundo : l’utilisation d’un dermocorticoïde chez un nourrisson, si elle est réellement justifiée, devrait se faire sous d’énormes précautions. La peau du bébé ne constitue absolument pas une barrière hermétique.              

     - NEOFORTAN® 40 MG CP EFF. : " ½ CP x 2 par jour pendant 3 jours puis à la demande si douleur"

       DCI : phloroglucinol, antispasmodique musculotrope   

Analyse critique :

En guise d’analyse, on vous propose en réalité, une série de questions dont certaines resteront posées.

       1- La métopimazine (Vogalène®) : l’analyse critique de cette molécule a été déjà faite dans notre article daté du 07/12/2011 intitulé « Interdiction du métoclopramide et ses alternatives en pédiatrie ». Globalement : c’est une phénothiazine qui a un rapport bénéfice/risque comparable à celui du métoclopramide.

       2- Le phloroglucinol [Néofortan®] : nous n’allons pas revenir ici sur l’utilité pharmacologique réelle de la forme effervescente. Ce sujet été soulevé dans un cas d’officine de janvier 2010 « Association de Liométacen® et Ponstyl® ». Suite à cet article les Laboratoires Laprophan nous ont fait l’honneur en nous livrant leurs arguments via une étude que nous avons mise en ligne par la suite « Phloroglucinol effervescent Vs Lyoc »           

 En fait, la question du jour est la suivante : existe-t-il des arguments pharmacologiques objectifs et rationnels pour une utilisation du phloroglucinol en pédiatrie ?

Phologlucinol

Le phloroglucinol est, selon nous, une des plus belles molécules de la pharmacologie, par sa simplicité : un benzène et 3 hydroxy (OH pour les puristes) et par la disposition esthétique de ces 3 OH sur le cycle benzène, ce qui donne une structure qui ressemble au sigle Mercedes Benz (où on retrouve aussi Benz comme benzène). Là vous avez tous les éléments pour vous en rappeler … 

       Nos constatations : [sauf erreur(s) ou omission(s) de notre part]

- Le phloroglucinol ne rentre pas dans la nomenclature des médicaments utilisés en Suisse (sur la base du CSM Compendium Suisse des Médicaments®  consulté le 24/09/12). Il ne figure pas non plus dans la nomenclature des médicaments utilisés en Belgique (sur la base CBIP/BCFI Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique)

- Au niveau de l’ANSM (ex AFSSAPS), on retrouve le phloroglucinol en injectable ou en CP, mais on ne dispose d’aucune forme pédiatrique.

       Au niveau de la littérature :

             > A propos d'une éventuelle utilisation du phloroglucinol chez l'enfant :  

En utilisant nos très modestes moyens de recherche, nous n’avons pas eu connaissance d’une pléthore de publications au sujet de l’utilisation du phloroglucinol en  pédiatrie, sauf une série de publications chinoises au niveau de la revue « Chinese Journal of Modern Drug Application » traitant de diverses associations de phloroglucinol. Noter à ce sujet, pour info, que le RCP (dans la base ANSM) de la spécialité Spasfon®  indique ce qui suit :

« Paragraphe 4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi : L'association de phloroglucinol avec des antalgiques majeurs tels que la morphine ou ses dérivés doit être évitée en raison de leur effet spasmogène »

Cependant, nous avons trouvé une publication française de 2002, au niveau de l’abstract de cet article on peut lire «…  Les antispasmodiques (trimébutine, phloroglucinol)) peuvent être prescrits en cas de manifestations spasmodiques sans masquer la symptomatologie clinique, de même que le paracétamol. … »

Source : ALIBEU J.-R* « Les médicaments des douleurs digestives de l'enfant : Douleurs abdominales = Drugs for digestive pain in children » Journée de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques N°15, Grenoble , France 2002, no317, pp. 24-26 (6 ref.).

* Affiliation de l'auteur : Centre de la douleur de l'adulte et de l'enfant - CHU de Grenoble BP 217, 38043 Grenoble, France]

             > A propos de l'utilsation du phloroglucinol chez l’adulte :

- La Revue Prescrire insiste dans plusieurs articles sur la faible efficacité de cette molécule et sur le risque de survenue d’allergie graves

[Source en autre : « Baisse du taux de remboursement » Rev. Prescrire, tome 32, n°340, page 107, février 2012]

- La HAS (la Haute Autorité de la Santé en France) dans un avis daté du 22 juin 2011 au sujet des spécialités Spasfon® CP enrobé, LYOC, SUPPO et INJECTABLE (fichier pdf de 10 pages) estime que « le service médical rendu par ces spécialités est faible » (page 5) avec « un taux de remboursement de 15% » (page 7)

L’avis du pharmacien :

            Au niveau de l’efficacité du phloroglucinol, La Revue Prescrire a fort probablement raison, en revanche, concernant les risques de survenue d’allergie graves, nous ne l’avons jamais constaté durant nos nombreuses années d’exercice. Le phloroglucinol reste à notre échelle, une molécule simple sans grande efficacité certes, mais dénuée d’effets secondaires gravissimes.          

En conclusion générale : [Sauf erreur(s) ou omission(s)]

            1- Les spécialités constituées d’une association d’un dermocorticoïde et d’un anti-infectieux (antimycosique, antibactérien ou antiseptique …) n'ont pas leur place dans un marché qui respecte les normes actuelles.     

            2- L’utilisation d’un dermocorticoïde chez l’enfant de moins de 2 ans, devrait faire l’objet d’un consensus indépendant et interprofessionnel (médecin-pharmacien) mettant en exergue les précautions nécessaires et obligatoires pour une utilisation sécurisée chez le nourrisson (là on rêve … mais bon, le rêve nourrit l’espoir des gens humbles)

            3- Dans la limite de nos modestes moyens de recherche bibliographiques et de la documentation dont on eu connaissance, il nous parait, sauf erreur de notre part, que l’utilisation du phloroglucinol chez l’enfant n’est basée sur une directive claire d’une quelconque instance officielle (ANSM …).

Notre intime conviction à ce sujet est la suivante (elle peut parfaitement être erronée … pas de problème) : le phloroglucinol est une molécule qui a une toxicité quasi inexistante. Par ailleurs, son efficacité pharmacologique réelle est globalement à la hauteur de sa toxicité. Cette faible toxicité engendre, comme pour d’autres molécules du même niveau de danger, beaucoup d'utilisations hors AMM. Ces dernières sont souvent tolérées, car on considère qu’il n’y a pas « mort d’homme ». Certes, elles sont généralement basées aussi sur des études, mais qui sont à faible niveau de preuve (comme dans le cas de l’utilisation du miel pour la toux qui, lui, est préconisé par l’OMS même).                 

Il n’en demeure pas moins que la rigueur scientifique, qui est une nécessité absolue pour un corps médical digne de ce nom, exige de n’utiliser que des molécules référencées dans des cas bien déterminés, en particulier quand il s’agit de l’enfant en bas âge ou chez la femme enceinte.

           4- Au sujet du cas propre de ce bébé de 20 jours, la symptomatologie telle que décrite par les parents reste bénigne, et, sauf erreur(s) de notre part, elle ne mérite aucun traitement.

Sauf complication éventuelle (occlusion intestinale …), il nous semble logique de tranquilliser d’abord les parents, et de ne prescrire strictement aucune médication. Le rapport [ bénéfice / risque ] de toute médication, pour un bébé de 20 jours ayant le même tableau, est largement défavorable (à notre avis). Face à une demande pressante des parents, mieux vaut s’orienter éventuellement vers des placebos type médicaments homéopathiques, vitamines ou autre complément alimentaire adapté au nourrisson.   

NB : les petites irritations de l’anus chez le nouveau-né sont appelées dans certaines régions du Maroc « TOUTIA », une bonne crème à base d’oxyde de zinc est largement suffisante, parfois il suffit de changer la marque de la crème pour que tout rentre dans l’ordre et que les parents se calment.            

 

          Comme d’habitude sur PHARAMSTER, ce cas d’officine a été pour nous l’occasion de poser plus de questions que d’en résoudre. Cet article devrait être compris comme une incitation à la réflexion et à la remise en question des vérités, souvent présentées comme absolues au corps médical. On laisse le soin à tout un chacun de se faire son opinion propre en fonction des données dont il dispose, de son intégrité, et de sa capacité à être intellectuellement indépendant. En somme, cette opinion dépend clairement de la capacité de chacun d’entre nous d’être libre et digne de l’être.                   

PS : Le scoop du jour par PHARAMSTER :

          En scrutant, comme d’habitude, les centaines de pages Internet nécessaires pour dénicher l’information pertinente et rigoureuse pour cet article, on s’est retrouvé nez-à-nez face à un brevet déposé aux USA, et pas n’importe quel brevet. Mais auparavant, nous avons tenu à ne pas divulguer tout le contenu dudit brevet afin de ne pas perturber un éventuel processus industriel en cours.

          C’est un brevet déposé aux USA par deux chercheurs de la ville de Montpellier. Jusque là c’est habituel, sauf que ce brevet, qui date d’il y a quelques mois, est déposé au profit d’un laboratoire « biiiiiip » basé au Maroc ! Franchement on a été intrigué et agréablement surpris à la fois. Comment ne pas l’être, nous qui n’avons cessé de promouvoir l’esprit d’innovation dans nos entreprises ? Pour une fois, nous avons été servis, même si la recherche en question a été réalisée en partie en France … pourvu que ça dure (comme dirait Jean-Yves Lafesse).

         Le brevet dont il s’agit, démontre l’intérêt de l’association du phloroglucinol avec la molécule « biiiiiip». On est prêt à parier que dans moins de 3 ans, on disposera d’une spécialité basée sur l’association phloroglucinol-biiiiiip. Le scoop est qu’on est là au stade morula d’un médicament, on ne manquera pas d’y revenir (Inchaallah) après sa commercialisation, sauf si « on » nous y autorise expressément auparavant.                

 Hasard des publications le journal L’Economiste dans sa livraison du 27/09/2012 annonce « Laprophan met au point un nouvel antidouleur ». On en dira pas plus pour le moment. Source : Hassan El ARIF «Laprophan met au point un nouvel antidouleur » L’Economiste, n°3876, page 07, du 27 sept. 12.                   

          Enfin, on termine par un dessin pertinent du journal marocain Le Soir Echos du 28 sept. 2012.

Au-Maroc-0-8--du-PIB-consacre-a-la-recherche-scientifique.jpg

Ce dessin permet d’apprécier à sa juste valeur ce genre d’investissement. Disons-le directement, ce genre de démarches doit être vivement encouragé et salué, même si à tort ou à raison on n’est pas forcement d’accord avec les stratégies de recherche adoptées. Et pour cause cette démarche permet de développer le capital immatériel de l’entreprise (et du pays). Ce capital est le véritable garant de la pérennité de l’entreprise, il permet en outre de créer la richesse par le savoir et de ne pas se limiter, pour sa croissance, à « piocher » sur la part de marché des autres entreprises. Par ailleurs ce capital immatériel structure l’identité culturelle de l’entreprise, cela a son importance tant au niveau interne, par l’identification des collaborateurs au projet global de l’entreprise, qu’externe puisque ce capital immatériel devient une véritable et puissante carte visite de la structure en question.

Merci à Dr Mouna, pharmacienne d’officine, pour sa relecture pertinente.

Cette article est susceptible d’être supprimé

PS du 28/11/2012 : En matière de R&D, le Maroc pointe à 88e place mondiale selon l'indice de l'OMPI (L'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle). Source : L'Economiste, n°3914, page 6, du 23/11/2012    

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 21:01

 

12-09-20-Escapade-Mozambique-Maroc-2-a-0-source-l-economi.jpg

 

           Enfin un joli dessin sur la débandade de l’équipe marocaine de foot, et par ricocher de tout le sport marocain, London 2012 oblige.  En gros les pseudo-lions de l’Atlas ont été « domestiqués » par une courageuse équipe du Mozambique qui les a transformés en un accessoire pour la maison.  

Ce qui frappe dans ce dessin c’est la bonhomie du personnage africain qui rappel un autre personnage, non moins sympathique, celui la bande dessinée KIRIKOU. 12-09-20-Escapade-Mozambique-Maroc-2-a-0-KiriKou.jpgL’un et l’autre se caractérisent par l’humanisation de l’image de l’Afrique.

Le terme «humanisation » par rapport à une situation donnée, consacre une technique de communication usuelle qui vise à transformer l’appréciation par le grand public d’une situation conflictuelle donnée. Il s’agit de faire passer l’opinion publique d’une vision rationnelle à une vision émotionnelle en la chargeant par l’affect.

En ce sens Kirikou, qui est très loin de la culture Tintin, comme le dessin de RIK transforment l’image d’une Afrique (noire ou basanée) dominée d’une part par la nature somptueuse et d’autre part des conflits violents perpétuels d’une agressivité incommensurables. Des conflits qui trouvent leurs origines dans la prépondérance des considérations religieuses et ethniques sur l’aspect citoyen. Autant au nord qu’au sud de l’Afrique, cet état de fait bloque irrémédiablement l’émergence d’une culture démocratique. Ce qu’on oubli souvent c’est que l’éclosion d’une démocratie avec son corolaire en terme de droit de l’Homme, nécessite au préalable l’existence d’un projet de société cohérent réaliste et réalisable. A défaut de tel projet, la démocratie, au meilleur des cas, devient une simple mécanique électorale qui tourne en rond et qui finie tôt ou tard par imploser.  

Autant KIRIKOU que le dessin de RIK, transcendent cette réalité tragique, pour nous donner une vision plus humaine de ce « Noir ». Si la défaite de notre équipe nationale pouvait nous apporter ce nouveau regard, nous aurons alors perdu un match et gagner l’essentiel : le respect de « l’autre ».

 

 

        Mais revenons au sport :

        Le sport est souvent utilisé par les politiques comme un puissant anesthésique de l’opinion publique. Un certain K. Marx aurait pu dire que le sport est aussi un opium du peuple. En réalité le sport est utilisé comme un puissant fédérateur de la société. Riche ou pauvre, intellectuel ou analphabète une bonne victoire sportive permet de seller des liens sociaux à travers la liesse commune. Cela permet pendant un certain temps de favoriser la cohésion sociale et la stabilité politique d’une part, d’autre part elle permet d’améliorer le moral des ménages, ce qui aura comme conséquence de stimuler la consommation et donc la croissance pendant un certain temps. C’est le rêve de tout politique.                                              

Au Maroc, comme ailleurs, on applique la même recette à travers la recherche éperdue de résultats sportifs en injectant des sommes colossales dans le sport dit de haut-niveau (à l’échelle internationale il devient de bas-niveau). Cette stratégie a donné par moment quelques résultats épars, auxquels on s’accroche malgré tout, et surtout beaucoup de désillusions.

Ces échecs chroniques trouvent leur raison dans cette même recherche effrénée de résultats. Une recherche qui ne se donne ni le temps de la formation ne celui de l’éducation. Le sport marocain n’est porté par aucune valeur hormis celle de l’argent.

On peut se doter des meilleurs stades du monde, si ces infrastructures sont laissées à la gestion de dirigeants corrompus, et qu’ils sont utilisés par des sportifs qui ne sont porteurs d’aucune valeur, on ne sera pas étonné que le public des gradins soit gangréné par des bandes de voyous. Dans l’état actuel des choses, le sport est à l’image du reste de la société marocaine ...     

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 19:42

LECTURE OFFICINALE

INTÉRÊT DU MIEL DANS LES ÉPISODES DE TOUX NOCTURNE  CHEZ L’ENFANT DE MOINS DE 5 ANS

 

INTERET-DU-MIEL-DANS-LES-EPISODES-DE-TOUX-NOCTURNE-CHEZ-.jpg

Sources :

1 - Herman Avner Cohen, Josef Rozen, Haim Kristal, Yoseph Laks, Mati Berkovitch,  Yosef Uziel, Eran Kozer, Avishalom Pomeranz, and Haim Efrat  : « Effect of Honey on Nocturnal Cough and Sleep Quality: A Double-blind, Randomized, Placebo-Controlled Study » Pediatrics pré-publié en ligne le 06/08/2012

Référence bibliographique : Pediatrics peds.2011-3075; published ahead of print August 6, 2012, doi:10.1542/peds.2011-3075

2 - Recommandations  de l’OMS en 2008 au sujet du miel allez à la page 33 de fichier pdf  « Soins palliatifs : Prise en charge des symptômes et soin de fin de vie ». Autre texte à la page 23 de ce fichier pdf « RÉSULTATS DES ÉTUDES ETHNOGRAPHIQUES RELATIVES AU CONTRÔLE DES IRA EN BOLIVIE »  (IRA : Insuffisance rénale aiguë) 

3- Paul IM, Beiler J, et al. Effect of honey, dextromethorphan, and no treatment on nocturnal cough and sleep quality for coughing children and their parents. Arch Pediatr Adolesc Med. 2007 Dec;161(12):1140-6

4- Source image originale : "Miel y Cuchara" par Filmosofia, photocomposition PHARAMSTER.

 

          Quoi de mieux pour entamer cette nouvelle rentrée qu’un sujet mielleux tout en douceur. L’objectif de cette étude tout à fait sérieuse, randomisée et contrôlée en double aveugle, est d’évaluer l’effet du miel sur la toux nocturne et l’insomnie lors d'un épisode d'infection respiratoire haute chez des enfants âgés de 1 à 5 ans. Cette affection est un motif fréquent d’automédication et de conseil en officine. En tant qu’officinal cette étude nous interpelle naturellement d’autant plus que, depuis l’interdiction des mucolytiques chez l’enfant de moins de 2 ans, les solutions thérapeutiques pour cette tranche d’âge sont très limitées.

          L’utilisation du miel comme remède contre la toux chez l’enfant fait l’objet, depuis plusieurs années, de recommandations de la part de l’OMS [2,3], cependant ces recommandations ne reposent que sur un faible niveau de preuve d’où le peu d’intérêt qu’elles suscitent. Cette nouvelle étude vient à point nommé pour corroborer ces recommandations, il n’en demeure pas moins qu’elle supporte aussi certaines critiques, comme on le verra par la suite.              

 Méthode :

 - Étude randomisée et contrôlée en double aveugle

- Echantillon : 300 enfants  âgés de 1 à 5 ans présentant des symptômes d'infection respiratoire haute, depuis une période inférieure ou égale à 7 jours, avec toux nocturne mais n’ayant reçu aucun traitement (à part du paracétamol ou de l’ibuprofène) la veille de l’étude.

- Ces enfants ont été recrutés à partir de 6 dispensaires

- L’échantillon a été randomisé en 4 groupes pour recevoir, 30 minutes avant le coucher, 1 dose unique de 10 g de miel ou de placebo

> Groupe 1 : miel d'eucalyptus
> Groupe 2 : miel d'oranger
> Groupe 3 : miel de plantes labiées (thym, romarin...)
> Groupe 4 : placebo (extrait de sirop de datte).

- Cinq questions évaluant de manière subjective les symptômes de la toux et de l’insomnie ont été soumises aux parents avant l’intervention puis juste après. Les principaux critères de jugement étaient la fréquence et la gravité de la toux, le caractère gênant de la toux, et la qualité du sommeil de l'enfant et des parents

Les parents devaient répondre à ce questionnaire en attribuant une note de 0 à 6 en fonction de la sévérité des symptômes (0= absence, 6= extrême). L’objectif étant de comparer la modification de ces notes avant et après l’intervention.

Résultats :

- Pas de différence significative entre les 4 groupes avant l’intervention : les enfants âgés en moyenne de 29 mois, étaient malades depuis 2,8 jours, et la sévérité des symptômes était notée à 3,75/6 pour la toux et 3,70/6 pour l’insomnie chez l’enfant et les parents. 

- Après l’intervention, l’amélioration de la sévérité des symptômes (aussi bien de la toux que de l’insomnie)  était significative dans les 4 groupes mais de manière plus prononcée dans les 3 groupes « miel » (2 points en moins en moyenne) que dans le groupe placebo (1 point en moins en moyenne).

Conclusion des auteurs :

       Selon les auteurs, le miel, dans toutes ses variétés, est plus efficace que le placebo pour soulager les symptômes de la toux et de l’insomnie lors d’un épisode d’IRH chez l’enfant.

Cette étude vient renforcer la recommandation de l’OMS qui préconise l’utilisation du miel comme traitement potentiel contre la toux nocturne chez les enfants de plus d’un an.

 

L’avis du pharmacien :

       Malgré le sérieux incontestable de cette étude, il n’en demeure pas moins qu’il persiste quelques griefs :

              - la méthode utilisée pour évaluer l’effet du miel est largement subjective, puisqu’il s’agit d’une appréciation des parents des améliorations constatées chez leurs propres enfants ! Autrement dit l’amélioration annoncée n’a pas été constatée par un professionnel de la santé, ce qui laisse une grande marge de subjectivité. Même si cette subjectivité est réduite par l’appréciation avant et après administration du miel, elle reste à notre avis, assez forte, et elle ne permet pas de faire passer clairement le miel du statut d’aliment à celui de médicament.

             - L’utilisation d’une dose unique nous laisse perplexe, en effet une durée de 3 à 5 jours de traitement au moins aurait affiné davantage (dans un sens comme dans l’autre) les résultats obtenus.    

             - La composition même du miel pose aussi un problème : [Source principale : Santé Canada. Fichier canadien sur les éléments nutritifs, 2005]

> les sucres représentent plus de 80 % du miel : glucoses, lévuloses, fructoses, maltoses, saccharoses, mélézitoses ... . 
 > l'eau : 17 % environ. 
 > substances diverses : 3 % environ, dont des acides organiques et aminés, des sels minéraux, des matières volatiles qui donnent au miel son arôme, des pigments qui lui donnent sa couleur, des vitamines : B1, B2, PP..., des enzymes, des flavonoïdes aux effets antioxydants et toutes sortes d'autres substances. [Pour 15 ml de miel : Calorie 65 ; protéines 1,1 g ; glucides 17,7 ; lipides et fibres alimentaires 0 g]

De part sa composition complexe qui est variable d’un miel à l’autre, et d’une région à une autre, la reproductibilité à grande échelle des résultats de cette étude parait fortement aléatoire. Pour accéder à une telle reproductibilité, on devrait disposer d’un « miel standard », or c’est loin d’être le cas.

Autre problème posé par la composition du miel : le marché du miel est dominé, autant en Europe qu’au Maroc, par le miel chinois. Le problème est que ce miel, présenté sous divers emballage pompeux, est décrié de toute part pour sa mauvaise qualité et surtout pour la présence de substances dangereuses comme des antibiotiques, lire à ce sujet un document de 2002 de Santé Canada « Le Chloramphénicol dans les produits alimentaires »           

  Conclusion générale :

         A notre avis, malgré l’étude présentée ci-dessus, le miel ne peut être considéré comme un médicament. Il trouve sa place parfaitement comme alicament au même titre que les yaourts, l’huile d’olive, les omégas 3 …

 

Enfin, disons que :

       - grâce à son innocuité indéniable, hormis le fort apport en glucides qu’il faut rappeler aux diabétiques,

       - vu le peu de thérapeutiques disponibles contre la toux chez l’enfant de moins de deux ans

       - vu son efficacité probable dans le traitement des épisodes de toux nocturne chez les enfants de moins de 5 ans 

Le miel, à condition qu’il soit de bonne qualité …, constitue :  

       - un conseil officinal judicieux                    

       - un choix thérapeutique médical qui peut  être considéré soit comme une alternative crédible, dans les cas bénins, soit comme un traitement adjuvant des thérapeutiques actuellement disponibles.   

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 18:45

CAS D’OFFICINE

DEXAMÉTHASONE EN CONTREBANDE

K I N A T E   D E R D E G

 DEXAMETHASONE-DE-CONTREBANDE-packaging-copie.jpg

  

           En ce jour du mardi 21/08/2012, une dame, la trentaine d’années, s’est présentée à la pharmacie pour demander conseil au sujet d’un produit qu’elle a acheté au souk chez un aâtar (herboriste traditionnel marocain).

Ce genre de demande est classique dans notre officine vu qu’on ne rechigne jamais à donner l’information quitte à la chercher à posteriori ou à défaut, avouer honnêtement « je ne sais pas ». Du coup, la population de notre quartier s’en donne à cœur joie pour mille et une raison. Certes, d’une part  cela nous demande beaucoup d’effort  pour trouver les réponses appropriées (qui se retrouvent en partie sur ce blog) et d’autre part, cela  nous rapporte indirectement du cash dans notre caisse. Grâce à cet état de fait et au fur et à mesure, un climat de confiance et de respect nous lie à notre clientèle, ce qui a permis de placer l’officine comme référence locale pour une information de proximité, sérieuse, intègre et régulièrement mise à jour (du mieux qu’on peut). Par conséquent, la pharmacie réussit à  drainer un nombre respectable de nouveaux patients (l’achalandage) et de les fidéliser ; bref, assurer une bonne rentabilité par le savoir. Toutes les techniques de ventes et de marchandising qu’on vous prodigue dans les congrès des pharmaciens (plutôt des foires pour le marketing des laboratoires) sous le chapeau de la formation continue sont des absurdités monumentales pour crétins patentés, en particulier quand elles sont déconnectées de toute base scientifique sérieuse intègre et indépendante. Revenons aux données du cas présent :

- Le produit qu’on nous a présenté serait, selon son étiquette, de la déxaméthasone dosée à 0,5 mg par CP, comme pour l’ORADEXON ORGANON®  (14,30 DH boite de 20 CP) et le DECADRON® (21,50 DH boite de 20 CP). Il comporte le prospectus ci-après (cliquer sur l'image pour agrandir) :   

DEXAMETHASONE DE CONTREBANDE PROSPECTUS

- Les CP ont été conditionnés dans un flacon en verre teinté, d’une contenance de  100 CP.

- Ce produit a été acheté selon les dires de la dame à 100,00 DH.

- L’indication recherchée par la dame : prise de poids vu qu’elle se trouve maigre.

         Hasard de calendrier, ceci est véridique, une heure plus tard, une deuxième dame se présente avec le même produit. Cette dernière se l’est  procuré à travers une tierce personne de la ville d’Oujda (ville de l’Est du Maroc aux frontières avec l’Algérie), vraisemblablement du fameux Souk Elfellah. Le prix cette fois-ci est de 40,00 DH pour la même présentation. On apprend par la suite que c’est probablement ce produit qui serait appelé dans les couches populaires marocaines KINATE DERDEG, c'est une déformation à la marocaine du nom "DECADRON".   

Présentation d’un exemple de conduite à tenir officinale :

        Et bourkoi bas (pourquoi pas) ? Comme dirait l’autre. Oui, et c’est une bonne question  pour pharmacien, pourquoi le fait de prendre de la dexamétasone  pour grossir est une catastrophe, ce qui est une évidence pour tout pharmacien « normalement constitué » ne l’est absolument pas pour le citoyen de base. Face à une population à qui on a fait perdre le sens du respect des lois, le fait qu’il soit un produit tableau A n’a aucun intérêt, on est ici dans l’obligation de développer  des arguments simples et compréhensibles. Cet argumentaire n’a d’intérêt que si l’officinal jouit d’un aura positif et d’une confiance appréciable auprès de la population. Ci-après, un exemple d’argumentaire qu’on met en avant dans notre officine et que vous pouvez adapter en fonction de votre environnement :

        - Ouaaaa Lalla (chèèèère Madame) ce produit n’est pas un remède miracle puisqu’on l’a ici dans la pharmacie sous d’autres appellations. Il est à base de dexamétasone un corticoïde : le terme « corticoïde » est facultatif, cependant il s’avère parfois utile d’utiliser avec parcimonie un terme savant. Cela donne parfois de l’ascendant sur votre interlocuteur qui a tendance à tendre l’oreille, l’écoute, mais il ne faut pas en faire trop au risque de le perdre complètement.

       - La prise de poids constaté avec ce produit est un leurre, puisqu’il  s’agit en réalité d’une rétention d’eau. Autrement dit, l’eau qui allait passer dans les urines sera retenue dans le corps, ce dernier va gonfler et la peau sera tendue. Le pire c’est qu’à l’arrêt du produit, le corps perdra cette eau retenue, il se dégonflera comme peau de chagrin (l’expression n’existe pas en arabe, mais elle est parfaitement adaptée au cas présent) et justement, la peau présentera alors des vergetures. Au final, à l’arrêt du produit on aura non seulement perdu la prétendue prise de poids, mais on aura «gagné » en plus de « jolie » vergetures

      - Et bourkoi bas (pourquoi pas) ne pas l’utiliser tout le temps ? Et bien justement c’est là où on se fait avoir (pardonnez-moi l’expression, c’est pour la bonne cause), car l’utilisation continue sur de longues périodes d’un corticoïde aura comme effet :

 - de favoriser l’apparition du diabète : ajouter « allah yester » (que Dieu nous préserve), l’insertion d’expressions religieuses dans un discours permet un meilleur contact avec les gens, faisant appel par là à leur inconscient mystique. Oui, paradoxalement on peut défendre parfaitement des arguments rationnels en jouant sur la fibre irrationnelle de vos interlocuteurs.       

- de fragiliser l’os avec les fractures qui l’accompagne : c’est l’ostéoporose pour les intimes, insister plutôt sur le terme « fracture » qui est mieux perçu que l’expression « fragilité osseuse ». Si vous parlez de densité osseuse là vous êtes mort !

- de favoriser l’hypertension artérielle : pas besoin d’artifice, ça marche tout seul

- de baisser l’immunité et de favoriser les infections : le terme immunité (almanaâ en arabe) sonne parfaitement bien, puisqu’on surfe ici vaguement sur des notions de sida, ça percute …

- En cas d’arrêt brutal du produit, il y a un risque énorme de mort imminente:  laisser toujours cet argument  pour la fin, l’objectif étant de terminer en apothéose. Pour ceux qui l’auraient oublié (pour cause d’abus de congrès pseudo-pharmaceutiques financés par les laboratoires), un arrêt brutal d’une corticothérapie de plus de 10 jours peut déterminer une  insuffisance corticosurrénalienne aiguë du fait d’une mise en repos prolongé de la glande surrénale, pour plus d’information vous pouvez consulter cette page sur le site Urgence On-line « Insuffisance surrénalienne aigüe »       

       Aaa Si Dictor (Mr le Docteur !) puisque ce produit a de tels effets, pourquoi il est vendu en pharmacie ? Excellente question à laquelle on est obligé de répondre le plus clairement possible :

       - la dexamétasone comme tout médicament digne de ce nom, est d’abord un poison qui trouve son utilité dans des cas bien précis que seul le corps médical est à même d’apprécier.

      - les effets secondaires précités sont très fortement diminués par les protocoles thérapeutiques adoptés 

      - une prescription de courte durée (moins de 10 jours) n’a presque pas d’effets secondaires

      - quand une prescription de corticoïdes à long terme est nécessaire (plus de 15 jours), il faut savoir qu’il y a des règles strictes à respecter (régime sans sel, sans sucre et arrêt par paliers afin de laisser le temps à la corticosurrénale de reprendre ses secrétions de cortisol)

      - Enfin, l’utilisation de la dexaméthasone, comme tout médicament digne de ce nom, se justifie par l’appréciation du rapport pour le patient du bénéfice / risque. Il faut savoir que, contrairement à ce que distille une partie du marketing pharmaceutique, le « risque » est constitutif du médicament. C’est pour ces raisons qu’on a besoin du médecin qui doit non seulement diagnostiquer une situation donnée mais aussi justifier le risque potentiel couru par le patient du fait d’une thérapeutique donnée.

Que peut-on faire collectivement ?

    Entre l’herboriste et l’autre  

         La présence d’un tel produit au niveau des herboristeries traditionnelles marocaines (mon Dieu la tradition ?!?), est le signe d’un trafic international qui vraisemblablement, n’implique pas que des petits contrebandiers transfrontaliers, mais plutôt des réseaux criminels structurés.

On peut demander la condamnation de l’herboriste du coin, celle de ses fournisseurs et même celle des fournisseurs de ses fournisseurs, il n’en demeure pas moins que les vrais criminels sont ceux qui, à tous les niveaux, savent (et ils sont nombreux …) et qui laissent FAIRE par laxisme, par intérêt pécuniaire ou du fait d’une conjoncture politique donnée (lutte contre le chômage … !). Ceux là sont les véritables criminels qui ne sont malheureusement  que rarement touchés, pour la simple raison, qu’ils sont en partie dans l’ossature de l’Etat.  

    Et nous alors ?

        Doit-on pour autant, en tant qu’officinaux, baisser les bras ? Pas du tout. Et là il y a deux façons de faire :

           - On peut se présenter comme des victimes, arguant le manque à gagner pour les pharmaciens, la concurrence déloyale et la paupérisation des officinaux. Mettre l’aspect économique en avant est, sauf erreur de notre part, totalement contre productif du fait du manque d’empathie vis-à-vis des officinaux. En effet, les couches populaires considèrent ces derniers comme des nantis alors que les élites et l’intelligentsia les considèrent comme des sangsues du système de santé sans réelle plus-value. Et ceci, d’autant plus que la rue marocaine ne s’émeut plus ni du sort des ouvriers de Jerada, ni de celui des diplômés chômeurs (à tort ou à raison), ni des dizaines de morts quotidiens sur les routes marocaines.

L’âme du marocain a été progressivement lessivée depuis l’aube de l’indépendance par une corruption endémique et par l’absence de projet de société cohérant. Le marocain d’aujourd’hui s’emporte plus par la défaite d’une équipe de foot que par l’injustice sociale. A ce propos, l’univers du football marocain est un condensé de la société marocaine d’aujourd’hui avec des dirigeants analphabètes et corrompus, des joueurs qui ne sont porteurs d’aucune valeur à part celle de l’agent et un public à majorité de voyous (la violence récurrente dans les stades en atteste). Dans ce magma évoluent des gens simples, gagnant bien leur vie ou pas, qui vivent en priant le tout puissant (l’Etat étant démissionnaire) de protéger leur famille et en essayant, autant que faire se peut, de rester honnêtes par rapport au peu de valeurs qui nous restent. La valeur refuge par excellence reste la religion, qui elle-même est vidée de tout sens de progrès et dont on ne retient finalement que des traditions anachroniques, désuètes et contreproductives.     

Dans un tel contexte, la paupérisation de l’officinal est le dernier des soucis et de la population et des décideurs.    

          - Face au problème posé par cette dexaméthasone de contrebande, la réplique du corps officinal devrait être beaucoup plus pertinente. Elle devrait s’articuler, sauf erreur de notre part, autour de 2 points diligentés par les diverses instances représentatives :

   1- Une prise de conscience des pharmaciens eux-mêmes et de leurs collaborateurs du problème posé par l’usage abusif des corticoïdes. Commençons d’abord par balayer devant chez nous avant de faire la leçon aux autres. Cette prise de conscience n’est possible qu’à travers des réunions régionales secteur par secteur (pas de congrès …) où la parole serait parfaitement libre et où on se dira les 4 vérités en face, à partir de là se dégageront de façon automatique les éléments d’autorégulation. Il faut dire que pour une société donnée « l’autorégulation » est toujours plus rentable qu’un système de contrôle – sanction, en particulier dans une société aussi corrompue que la nôtre.

   2- Mettre en place une communication qui vise à alerter la population des dangers de la corticothérapie sauvage. Nos officines, en elles-mêmes, constituent un outil de communication de proximité exceptionnel, qui n’est exploité que par le marketing des laboratoires pharmaceutiques (Cf. les grandes affiches, PLV ...). Le rêve … serait qu’au sein de nos instances représentatives, il y ait un département chargé de la  communication médicale grand-public. Il aura pour charge de développer des affiches (non sponsorisées), des outils didactiques à utiliser par les pharmaciens, et des campagnes médiatiques, en collaboration avec des partenaires de la société civile comme l’association AFAK par exemple.

Ci-dessous une affiche en arabe réalisée avec la participation effective de mes collaborateurs (qu’ils en soient remerciés), elle est simple, en noir et blanc, imprimable sur ¼ de feuille papier A4, vous pouvez l'adapter à votre environnement. Notre petite expérience montre une excellente réceptivité des patients. Cela démontre que, pour faire un geste citoyen responsable on a besoin de peu de moyen et de beaucoup d’intégrité intellectuelle. Cliquer sur l'image pour agrandir :

FICHE-DE-CONSEIL-EN-ARABE-CONTRE-L-USAGE-ABUSIF-DE-CORTICOI.jpg             L’ensemble de ces actions aura pour effet d’installer le corps officinal dans une logique citoyenne, cette position sera beaucoup plus confortable pour défendre les revendications matérielles légitimes des officinaux. Encore faut-il faire l’effort intellectuel nécessaire pour comprendre que le cœur de notre métier n’est ni le médicament ni la caisse mais bien entendu le patient.

Cette deuxième démarche n’est qu’un rêve qui, au vu de la déliquescence des officinaux d’aujourd’hui, devient une chimère. Mais bon le rêve nourrit l’espoir … il maintient aussi la capacité de travail pour les petites gens besogneux que nous somme.

PS : Ce texte a été rédigé avec beaucoup de cœur. Que l’on nous pardonne si on s’est trompé, mais si par un heureux hasard on avait raison, on ose espérer que cette raison puisse réveiller quelques consciences, c’est tout le bien qu’on souhaite. PHARAMSTER     

Relu et commenté par Dr Mouna, Pharmacienne d’officine

Rédaction Amster

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Published by Amster - dans CAS D'OFFICINE
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