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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 18:29

Escapade

Les toilettes à Rabat & leur "cahier des charges"

Cahier de charges ou de décharges ? 

12-12-12-PHARAMSTER-Rabat-toilettes-publiques.jpg

    A la base il y a ce billet paru dans le sérieux journal L’ECONOMISTE du 24/10/2012  

Rabat/toilettes publiques : Le cahier des charges est prêt
« Le cahier des charges relatif à la gestion déléguée des toilettes publiques au niveau de la ville de Rabat est prêt. Les élus ont approuvé, hier mardi lors de la session du conseil de la ville du mois d'octobre, les observations faites par le ministère de l'Intérieur à la version initiale préparée par la ville.
La commune pourra donc lancer l'appel d’offres pour la sélection d'un opérateur qui va aménager les toilettes et assurer leur gestion. A l'ordre du jour figure également l'adoption du budget 2013. L'examen de ce point a été reporté à une autre réunion. Les élus ont aussi examiné le problème des chiens errants qui commence à prendre de l'ampleur dans certaines zones comme Akari et l'ancienne médina. »

Source : « De Bonne Source », L’ECONOMISTE, n°3895, page 31, du 24/10/12

 

 

    Ah ! Oui pour gérer ses toilettes publiques la grande ville de Rabat, classée patrimoine de l’humanité SVP, a besoin :

             - d’une gestion déléguée avec un cahier de charges (humm ça sent déjà le souffre) et qui pour être accepté, a nécessité non seulement une, mais deux versions.    

             - d’un appel d’offres pour la sélection d'un opérateur qui va sous-traiter cette délicate question

             - de l’aval, SVP, du ministère de l’intérieur. Ah ! Là ça devient sérieux, car avec toutes les sortes de déflagrations avec émanation de gaz qui s’y produisent, les toilettes publiques doivent être sécurisées par les temps qui courent.

Il ne reste plus que l’intervention de l’ONU et de l’OTAN pour pacifier ce dossier stratégique pour la sécurité mondiale. Les flatulences marocaines sont, selon des sources bien informées (!), hautement dangereuses pour la couche d’ozone !!! Franchement plus bureaucratique que ça tu meurs !

    Plus sérieusement, le journal LE MONDE dans son édition du 20/11/2012 titrait : « Les toilettes, un luxe pour 2,5 milliards d'humains » où on apprend que :

            - le 19 novembre c’est  la Journée mondiale des toilettes (Merci pour tous ceux qui fêtent leur anniversaire à cette date)

            - 2,5 milliards de personnes n'ont pas accès aux toilettes avec assainissement 

            - 1,1 milliard n'a d'autre choix que de déféquer dans un champ, au bord d'une rivière, en forêt, dans un sac plastique ou sur un terrain vague, selon les recensements communs de l'Unicef et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). (Ah ! Il en faut des recensements ...)

            - S'appuyant sur leur rapport 2012, le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, reconnaît que, si l'Objectif du millénaire pour le développement en faveur de l'accès à l'eau potable a bien progressé, le monde n'est, en revanche, "toujours pas en voie d'atteindre la cible en matière d'assainissement".

Ma foi … vu sous un certain angle ... , le sujet des toilettes publiques devient absolument sérieux. Enfin on termine par une magnifique citation entendue sur une radio :

« Le tiers-Monde commence là où l’entretien s’arrête ». J’ajouterai humblement que Le tiers-Monde commence là où l’entretien s’arrête et où on se complique la tête. Et pourquoi faire simple alors qu’il y a possibilité de faire compliqué ! Comme si on n’avait pas de chats à fouetter.

Bonne journée du 12/12/2012

Post-scriptum du 17/12/12

Le journal L’ECONOMISTE revient sur ce sujet de façon plus globale dans un article édifiant, intitulé : « Ordures, crachats, urine …la guerre oubliée de l’hygiène »

Source : A. G. « Ordures, crachats, urine …la guerre oubliée de l’hygiène », L’ECONOMISTE, n°3929, pages 32-34, du 14/12/2012

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 12:08

                         ANALYSE COMPARATIVE

SUPRADYN® BOOST  Vs  SUPRADYNE®

                                              L'UTILISATION DU GUARANA EN QUESTION

 

12-12-05-SUPRADYNE-VS-SUPRADYN-BOOST.jpg 

 Rappels déontologiques à lire absolument :           

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Avertissement : Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences. En matière de santé, l’accès à l’information est un droit mais la décision revient au médecin.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation de l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquer), Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuelles, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

- Ce texte est susceptible d’être  supprimé 

 

              Comparer  deux produits similaires est un exercice classique sur PHARAMSTER. Cela permet d’affiner les connaissances et d’apprécier les concepts à la base de tel ou tel produit.

1- Au niveau de la forme :  

Les deux produits se présentent sous forme de CP effervescents, en boite de 10 CP.

Le prix de vente au Maroc  

            - SUPRADYN® BOOST : PPC*   55.00 DH  (*Prix Public Conseillé)

            - SUPRADYNE             : PPM   36.50 DH   (Prix Public Marocain : réglementé)

L’élément de différenciation le plus important à ce niveau est la mention suivante retrouvée uniquement sur le SUPRADYN® BOOST : « Complément alimentaire, n’est pas un médicament ». Conséquences :

      . Au niveau du prix :

            - sur le SUPRADYNE® on a un PPM avec une TVA supportée par le patient de 7%,

            - sur le SUPRADYN® BOOST on a un PPC  avec une TVA supportée par le patient de 20%

     . Cette mention de complément alimentaire augure, comme on le verra par la suite, d’une différence importante

au niveau de la composition entre les deux produits.

    . SUPRADYN ou SUPRADYNE, avec ou sans «E», ce nom constitue vraisemblablement un exemple de ce que la  Revue Prescrire appelle  « une marque ombrelle ». C’est une gamme de produits assez différenciés avec un nom commun très identifiable, non pas par le patient, mais par le consommateur. Car là, on est plus dans les sciences médicales au sens strict, mais dans un amalgame entre les techniques de vente de l’agro-alimentaire et les connaissances pharmacologiques. De facto, la rigueur médicale escomptée de la part d’un produit vendu en pharmacie devient aléatoire. Ce mélange de genres est en soi, un point négatif qui met entre parenthèses, l’intérêt du patient. (Oui c’est du patient dont on parle cette fois-ici).

2- Au niveau de la composition  

Pour faciliter la comparaison, la formulation de ces deux produits sera subdivisée  en 3 groupes de molécules

      a- Groupe des  vitamines     

VITAMINE

SUPRADYN

BOOST [1]

SUPRADYNE

[2]

Différence

[1]-[2]

 

En %

Vitamine B1

1,40 mg

4,20 mg

-2.8 mg

-66.6 %

Vitamine B2 

1,60 mg

4,80 mg

-3.2 mg

-66.6 %

Vitamine B3/PP

18,00 mg

54,00 mg

-36,0 mg

-66.6 %

Vitamine B5

6,00 mg          

18,00 mg

-12,0 mg

-66,6 %

VitamineB6            

2 mg          

6, mg

-4,0 mg

-66,6%

Vitamine B8 

0,15 mg

0,45 mg

-0,3 mg

-66,6 %

Vitamine B9

200 µg

600 µg

-400 µg

-66,6 %

Vitamine B12

1 µg

3 µg

-2 µg

-66,6 %

Vitamine C

60 mg

180 mg

120 mg

-66,6 %

REMARQUE :

Par rapport au SUPRADYNE®, le SUPRADYN BOOST® ne contient pas les vitamines suivantes : vitamine A, vitamine D3, vitamine E, vitamine K. 

 

De ce 1er tableau 2 éléments se dégagent :

     - Au niveau de sa formulation en vitamines, la quantité de vitamines dans le SUPRADYN BOOST® est équivalente au 1/3 de celle du SUPRADYNE.

    - Les vitamines qui ont un effet pharmacodynamique marqué on été, tout simplement, écartées de la formulation du  SUPRADYN BOOST®, l’objectif étant d’éviter d’éventuels effets secondaires et de transformer le produit en un simple complément alimentaire avec tout ce que cela implique comme               

                 * simplification des procédures d’autorisations de mise sur le marché

                 * « flexibilité » dans la fabrication et les contrôles …

                 * « flexibilité » des prix pratiqués.    

       b- Groupe des minéraux :  

 

SUPRADYN

BOOST [1]

SUPRADYNE

[2]

Calcium

S/F carbonate  100 mg

S/F d’hydrogénophosphate anhydre : 44,60 mg

 S/F de glycérophosphate : 44,60 mg                     

S/F de carbonate de calcium : 29,15 mg

S/F de pantothénate de calcium : 1,65 mg

Magnésium

S/F carbonate  100mg

S/F d’hydrogénophosphate : 45,00 mg

Zinc(citrate)            

9,5 mg

8,00 mg

REMARQUE

Au niveau du SUPRADYN BOOST® (par rapport au SUPRADYNE®) on note l’absence des minéraux suivants : chrome hexahydraté, gluconate de cuivre, fluorure de sodium, l’iodure de sodium, lactate ferreux, manganèse, molybdate de sodium, phosphore, sélénate de sodium.  

 De ce 2ème tableau, on comprend qu’en termes de minéraux et d’oligo-élément SUPRADYN BOOST® constitue une version très allégée du SUPRADYNE®.

Noter aussi que les sels à base de carbonate (calcium, magnésium) qui composent le SUPRADYN BOOST®  coûtent beaucoup moins chers que des sels plus élaborés type  pantothénate ou glycérophosphate. A ce niveau le SUPRADYN BOOST® présente une formulation qu’on peut qualifier de « low Cost »    

      c- Les autres substances :

La substance la plus active pharmacologiquement dans la formulation du SUPRADYN BOOST® (à notre avis) reste : extrait sec de guarana à 222,22 mg par CP (dont un apport en caféine de 40 mg)

3- Question logique : C’est quoi le guarana ?

12-12-05-Cafeine---Guarana.jpg

     En combinant les informations de divers sites, essentiellement canadiens, on peut mettre en avant les idées clefs suivantes :  

Le guarana (Paullinia cupana) est un arbuste de la famille des Sapindacées originaire d’Amérique du Sud dont les grains contiennent plus de caféine que ceux du café   

 L’extrait de guarana entre dans la préparation de diverses boissons gazeuses et de « boissons énergisantes ». Un instant, rappelez-vous qu’on avait déjà traité ici sur PHARAMSTER cette question de  « boissons énergisantes » dans un article de juillet 2010 intitulé (cliquer sur le titre pour visualiser) :

« LES BIOSSONS ENERGISANTES PRENDRE D'ABORD DU ... RECULE! »

Le guarana entre, donc, dans la composition des boissons dites énergisantes (destinées à stimuler la vigilance) et de produits pour maigrir. Selon des sites canadiens (Passeport Santé, Extenso …) la teneur en caféine de ces produits peut atteindre jusqu’à 250 mg par contenant. En comparaison, 1 tasse de café (250 ml, soit ¼ de l) en fournit de 75 mg à 180 mg.  

L’apport de caféine dans le SUPRADYN BOOST® est de 40 mg, soit l’équivalent d’une bonne tasse de café tel qu’elle se consomme au Maroc ou dans certains pays Européens.

        a- Effets indésirables du guarana :

     - La caféine que contient le guarana peut irriter l’estomac et causer de l'insomnie, de la nervosité et de l'agitation.

      - Prise en grande quantité, la caféine peut provoquer des nausées, des vomissements, de l'hypertension artérielle, des palpitations cardiaques, de l'arythmie, une accélération de la respiration, des crampes musculaires et des maux de tête. De rares cas d’épilepsie passagère ont été rapportés à la suite d’une surconsommation de boissons énergisantes.

    - La consommation prolongée de caféine provoque une dépendance. Le sevrage peut être assez pénible.

         b- Précautions :

       - En 2003, les experts de la Direction des aliments de Santé Canada ont conclu que la consommation de 400 mg à 450 mg de caféine par jour - consommation répartie au long de la journée - ne présente pas de danger notable pour la santé d’une personne adulte. Pour les femmes enceintes, la dose maximale recommandée est de 300 mg. Pour les enfants, elle est de 2,5 mg par kilo de poids corporel (environ 45 mg pour les 4 ans à 6 ans). 

      - Pour les sportifs et les personnes qui cherchent à perdre du poids avec des suppléments contenant beaucoup de caféine : une intoxication à la caféine peut causer des lésions musculaires graves et irréversibles.

      - Personnes âgées ou à risque d’ostéoporose. À cause de l’effet de la caféine sur les os, on recommande habituellement aux personnes âgées ou à risque d’ostéoporose de limiter leur consommation de produits qui en contiennent.

      - La caféine est généralement déconseillée aux personnes qui souffrent de cardiopathies, d’insomnie, de troubles anxieux, d’ulcères gastriques ou duodénaux ou d’hypertension artérielle.

      - On déconseille aussi le guarana aux enfants et aux femmes enceintes ou qui allaitent.

       c- Caféine et médicaments :

    La caféine contenue dans le guarana peut :
      - augmenter les effets d'analgésiques comme le paracétamol et l'acide acétylsalicylique, mais aussi en augmenter sensiblement l'absorption (de l'ordre de 40 %), ce qui peut être dangereux dans le cas d’une prise d’une forte dose de paracétamol (risque de toxicité hépatique) en particulier avec des CP dosés à 1 g. Au Maroc, la caféine est retrouvée associée au paracétamol, entre autre, dans les spécialités suivantes : Dolamine®, Panalgic®, Migralgine®, Panadol Extra®, Cefaline®, Algik®, Rhumix® et Rinomicine® …
      - diminuer les effets des sédatifs et des calmants comme les benzodiazépines;
      - augmenter les effets indésirables de la théophylline, des bronchodilatateurs et des stimulants du système nerveux central comme l'éphédrine;
      - faire varier la glycémie et interférer avec les traitements du diabète;
      - augmenter l’effet des diurétiques;
      - diminuer la concentration sanguine en lithium.

      - Avec la cimétidine (Tagamet®, Antagon® ou autre) Ce médicament peut augmenter les effets indésirables de la caféine.

       - Avec les antiacides : la caféine peut contrer l'effet des antiacides.

       - Avec l’alendronate (Fosavance®) : La caféine peut contrer l'absorption de ce médicament prescrit pour prévenir et traiter l'ostéoporose. Éviter de prendre de la caféine 2 h avant et après la prise du médicament.

     - Avec les Anticoagulants/antiplaquettaires : la caféine peut augmenter le risque d’hémorragie chez les personnes traitées avec des anticoagulants.

     - Nicotine (contenue dans le tabac) : la caféine peut augmenter le risque de dépendance à la nicotine.

4- Analyse critique du SUPRADYN® BOOST

     Les idées maitresses à la base de la formulation du SUPRADYN BOOST®, à notre avis, sont les suivantes : 

          a- Créer une variante du SUPRADYNE classique (étiqueté médicament) qui puisse répondre aux critères des compléments alimentaires. Objectif une plus grande diffusion.

          b- Se démarquer d’une part des autres compléments alimentaires, et d’autre part des autres préparations vitaminées médicamenteuses, par l’ajout d’une substance dite énergisante (le guarana) qui en réalité devrait être décrite comme substance neurostimulante.

          c- Utilisé l’image de marque « SUPRADYNE » afin d’assurer une notoriété immédiate du nouveau produit, lui assurant « un pedigree » déjà construit. La Revue Prescrire utilise pour décrire ce genre de médicaments l’expression « gamme ombrelle ».

          L’avis du pharmacien :

   Au sujet de la caféine

     La caféine est l’exemple type du parfait alicament, puisqu’on la retrouve aussi bien comme aliment (plus exactement un condiment) que comme médicament. Cela pose sérieusement le problème des limites entre aliment et médicament. Ce problème a été discuté sur ce même blog dans une page passionnante intitulée (cliquer sur le titre pour visualiser) : « Pour une classification globale des produits destinés à la consommation humaine »

   Au sujet du SUPRADYN BOOST®

      Le SUPRADYN BOOST® constitue un amalgame entre les boissons dite énergisantes type Red Bull et les préparations vitaminées. A notre modeste avis (qui peut ne pas être juste) cela ne présente en aucun cas un progrès même pour un produit dit de conseil.

Déjà que les boissons dites énergisantes n’ont d’énergisant que le nom. La véritable source d’énergie pour le corps elle est hydrocarbonée (les sucres tout simplement) et lipidique, accessoirement certaines vitamines vont apporter un peu d’énergie. Dans des situations spécifiques (en cas de jeûne prolongé) les protéines vont elles-mêmes être mises à contribution à travers la néoglucogenèse (aussi appelée gluconéogenèse) pour assurer la production d’énergie calorique.

La notion d'énergie d'un produit donné se réfère à sa teneur en calories. La caféine, elle, est clairement un neurostimulant et les produits à base de cette molécule devraient être étiquetés « produits surexcitants » ou « surstimulants ». Cette appellation est plus cohérente avec la nature de leur composition, qui en réalité masque au niveau du système nerveux central la perception de la fatigue,  signal de la souffrance du corps. Masquer cette fatigue c’est exposer le corps à des dégâts parfois irréversibles. 12-12-05-Boisson-energisante.jpg

NB : Les boissons dites énergisantes type Red Bull (ou autres) sont utilisées dans les boites de nuit pour masquer d’une part , l’effet de la fatigue liée au manque de sommeil et d’autre part, l’effet de l’ébriété liée à l’éthanol. Objectif : maintenir momentanément et artificiellement la vigilance du client afin d’augmenter sa consommation d’alcool : bienvenue dans le royaume des dégâts. C’est tout simplement irresponsable.           

Le véritable traitement de la fatigue est le repos et une alimentation adaptée. Par exemple, après un effort physique intense type marathon, on préconisera, dans les 24 heures qui suivent, des repas légers (peu protéinés et peu gras) afin de ne pas trop solliciter la digestion qui utilise une grande quantité d’énergie pour digérer les protéines et certains lipides.

 En matière de fatigue (non liée à une pathologie) on en sait quelque chose puisqu’on a participé à une quinzaine de semi-marathons au Maroc (Marrakech, Casa, Rabat), à quelques marathons à l’étranger (France, Portugal) à deux montées au sommet du Toubkal (via le refuge de Tazarhart) … Etc.        

En gros le traitement d’une fatigue (non liée à une pathologie donnée) se base sur : le repos, de l’eau, des fruits et des légumes. Il est évident que ces conseils de bon sens, ne rapportent rien aux entreprises, et donc elles sont marginalisées au profit de compléments alimentaires au minimum inutiles et dans certains cas dangereux.

Il est regrettable que l’industrie pharmaceutique s’inspire des produits favorisant l’éthylisme dans les boites de nuits, au lieu de penser à répondre aux besoins réels du patient. Et le fabriquant du SUPRADYN BOOST®, n’est pas le seul dans ce cas, d’autres laboratoires lui ont emboité le pas en particulier Sanofi avec sa « gamme ombrelle » Omnivit®  et sa spécialité Omnivit® Energy Tonic (appelée en Belgique Omnivit® Boost)  avec 30mg de caféine par dose.  A ne pas douter qu’une avalanche de produits, étiquetés compléments alimentaires, avec le même principe va envahir nos étalages (Type Elusane® …).

 12 12 05 OMNIVIT  12 12 05 Elusanes Guarana 

Cliquer sur les images pour visualiser

5- Cas d’officine : La bêtise du pharmacien

      Un patient, connu pour être psychiquement fragile ou instable éventuellement sous psychotrope, arrive en officine et se plaint d’une grosse fatigue. Lui proposer comme remède un produit à base de guarana ou de taurine peut s’avérer catastrophique et pour cause :

     - La fatigue qui accompagne souvent un traitement avec des psychotropes est inhérente à l’effet sédatif de certains de ces produits, en particulier les benzodiazépines. Proposer un surexcitant neurologique à base de guarana, même enrobé de vitamines, revient à contrecarrer l’effet des benzodiazépines. Le risque, avec ces produits, est une augmentation de l’irritabilité du patient qui peut se traduire parfois en violence soit envers lui-même, soit envers son entourage. Non, complément alimentaire ne rime pas toujours avec sécurité.

 

    - Même sans prise de psychotropes, le fait de proposer un excitant à quelqu'un qui est psychiquement fragile est une attitude condamnable, car elle est susceptible de générer des comportements à risque par le patient.

6- Question : Dans quels cas peut-on utiliser ce genre de produits ?

     En toute honnêteté, avec toute la bonne volonté, on a cherché des indications à ce genre de produits. Selon nous (l’erreur est donc possible), ces produits trouvent leur utilité dans les cas suivants

    - une fatigue momentanée, avec un risque vital pour soi-même ou pour son entourage. Exemple : sur une route, la nuit, très loin de toute aire de repos, avec des enfants dans la voiture, et une grosse fatigue du conducteur. Une dose unique de ce genre de produits peut être utile pour arriver à bon port et éviter un accident éventuel. En conséquence ce genre de produits peut être placé à côté de la roue de secours (en vérifiant la pression de cette dernière, contrôler par la même occasion  la date de péremption du produit).

  - chez certains patients, qui ne présentent pas de risques par rapport aux excitants, ce genre de produits peut   être utile pour améliorer l’observance d’un traitement donné. Le « coup de fouet », quasi immédiat, que procurent ces produits, peut permettre une meilleure adhésion du patient au protocole thérapeutique proposé. Il s’agit ici d’une astuce pharmaco-alimentaire.

   - Attention l’utilisation comme placébo est à bannir, car la caféine est tout sauf un placébo, elle a des effets pharmacologiques marqués.                                      

 Conclusion :

      Sauf erreur de notre part, l’introduction dans la thérapeutique de substances neurostimulantes, via la porte des compléments alimentaires, ne constitue pas une avancée thérapeutique. Loin de là, l’amalgame entre vitamines et excitants peut être considéré comme dangereux dans certains cas. En tout état de cause, il introduit une confusion manifeste entre la notion « d’énergie » et la notion « d’excitation » et ce, au détriment de la sécurité des patients.

 Annexes :            

     1- Les apports journaliers recommandés (AJR, en anglais RDA) : entre utilisation marketing simpliste et réalité scientifique complexe :

Les AJR que vous trouvez sur le packaging des compléments alimentaires sont présentés de façon tellement simpliste qu’ils perdent toute crédibilité. Pour preuve, ce travail remarquable de santé Canada (comme d’habitude eux, travaillent et nous, nous consommons bêtement) : TABLEAU DES APPORTS NUTRITIONNELS DE REFERENCE. A travers divers tableaux explicatifs, on comprend rapidement que ces AJR dépendent du sexe, de l’âge, du poids, de la grossesse … Etc. Au final ces AJR que vous trouverez sur les compléments alimentaires ne peuvent être pris comme base pour des décisions médicales sérieuses.     

     2- Compléments alimentaires multivitaminés et préventions des maladies cardiovasculaires chez l’homme : 

Dans une étude récente, près de 15 000 médecins américains, âgés de plus de 50 ans, ont été répartis en deux groupes, l'un prenant quotidiennement une supplémentation en multivitamines et l'autre un placebo. Ils ont été suivis pendant plus de 10 ans. La prise régulière de multivitamines n'a pas modifié le risque d'infarctus du myocarde, d'accident vasculaire cérébral, ni la mortalité d'origine cardio-vasculaire ni la mortalité globale.

Source : JAMA du 7 novembre 2012. Réf. : H. D. Sesso, W.G. Christen, V. Bubes, J. P. Smith, J. MacFadyen, M. Schvartz, J. E. Manson, R. J. Glynn, J. E. Buring, J. Michael Gaziano : «Multivitamins in the Prevention of Cardiovascular Disease in Men:  The Physicians' Health Study II Randomized Controlled Trial » JAMA. 2012;308(17):1751-1760. doi:10.1001/jama.2012.14805

    3- Allégations santé validées par l'EFSA pour les vitamines (cliquer sur le titre) mise à jour du 24 novembre 2011

    4- « Distinguer les médicaments des autres produits d’apparence médicamenteuse : Méfiance ! les compléments alimentaires sont peu contrôlés » Revue Prescrire, pages 572-576, tome 31, n°334, Août 2011.

    5- « Retrait d’un complément alimentaire illicite : un dérivé du sildénafil dans un complément alimentaire » Revue Prescrire, page 827, tome 32, n°349, novembre 2012   

   6- Témoignage par Dr Mouna :

 Sur les conseils  éclairés d’un herboriste en bonne et due forme, une dame a acheté pour sa fillette de 12 ans, une préparation coupe-faim, à base de produits naturels s’il vous plait ! Le but étant, vous l’aurez deviné, l’inciter à perdre du poids. Quelques jours plus tard, l’adolescente présente des troubles digestifs à type de nausées, vomissements, douleurs abdominales. La mère alarmée, l’emmène chez un médecin qui n’y voit que du feu en pensant à une banale indigestion, sauf que les signes de malaise digestif ont duré. En désespoir de cause, la femme a appelé le centre anti-poisons , qui , à grand renfort de questions réponses (bon interrogatoire),a pu faire le lien entre le produit délivré par l’herboriste et les symptômes décrits. En effet, un responsable du centre a contactée la dame plus tard pour lui demander de ne plus utiliser le produit car il contient de l’extrait de guarana fortement dosé en caféine et responsable des troubles cités. De plus, ce responsable voulait avoir les coordonnées du dit herboriste, histoire de le mettre au courant.

 Sur ce, nous ne le répéterons jamais assez, arrêtons de jouer avec la crédulité de nos concitoyens en balançant des mots comme naturel donc inoffensif : l’amanite tue-mouche, la mandragore et autre belladone sont des produits naturels et pourtant toxiques ; alors naturel  peut malheureusement rimer avec mortel. lire à ce sujet sur ce même blog LECTURE OFFICINALE : VOUS AVEZ DIT NATUREL ?

 

Mes sincéres remerciement pour Dr Mouna (pharmacienne d'officine) pour sa relecture éclairée 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 12:17

12-12-05-Equite-salariale--homme-femme.jpg

 

Prochainement sur PHARAMSTER :

Analyse comparative SUPRADYN BOOST® Vs SUPRADYNE®

L’utilisation du guarana en question !  

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 20:58

Perles : Perna-machin, Fagule & Ticadro

 

Cette fois-ci on trois perles au prix d'une : 

La première :  

Perle-pernamachnin.jpg

        C’est quoi ce produit qui ... donne l’appétit, dans sa boite bleue, oui Pernoooo, Perniiiii, peut être alors arabe. Pfffffff … non pas vraiment mieux

Décidemment les noms de ces sataniques médicaments sont trop compliqués : PERNABOL® cyprohéptadine pour les intimes :

CYPROHEPTADINE copie

La cyproheptadine est un antihistaminique H1 qui se caractérise par :

· un effet sédatif marqué aux doses usuelles, liés à une activité antihistaminique, anticholinergique et adrénolytique centrale,

· un effet anticholinergique à l'origine d'effets indésirables,

· un effet adrénolytique, pouvant retentir au plan hémodynamique (risque d'hypotension orthostatique).

En pharmacomarocologie il est principalement utilisé pour ses effets orexigènes et même parfois pour ses effets sédatifs.

La deuxième :

 Perle-smecta-flagyl.jpg

Là c’est une jolie « ordonnance » avec du SMECTA® et du FLAGYL® (métronidazol) en sirop rebaptisé ici FAGULE SIROU. Après tout … pour une éventuelle diarrhée à entamoeba histolitica ça peut tenir le coup.

 La troisème :

Perle Décadron

Le TICADRO® est une « véritable » spécialité marocaine, il s’agit en fait du DECADRON®, dexaméthasone pour les intimes. Lire à ce sujet notre article CAS D'OFFICINE : DEXAMETHASONE EN CONTREBANDE                 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 18:59

CHIFFRES & REPÈRES

Structure des dépenses budgétaires

au Maroc entre 2011 et 2012

 

Structure-des-depenses-budgetaires-au-Maroc-entre-2011-et.jpgSource : Revue marocaine LE TEMPS [letempsmag.com], n°159, page 10, du 12 au 18 octobre 2012.

 

L’avis du pharmacien :

       La revue relève que les dépenses liées à la caisse de compensation (prix du gaz, pétrole …) continues d’augmenter au détriment des autres dépenses.

Il reste qu’à nous yeux, le véritable dysfonctionnement réside dans l’écart faramineux (plus du double) entre les dépenses de fonctionnement (frais du personnel …) et le dépenses d’investissement.

Quand on sait d’une part la faiblesse légendaire du rendement  des agents de l’Etat (qui est liée plus à un dysfonctionnement structurel qu’a des paramètres personnels) et que d’autre part seul l’investissement est à même d’assurer une croissance solide (l’investissement étatique étant un véritable booster de l’investissement privé), on comprendra facilement que, beaucoup plus que la fameuse caisse de compensation, l’écart entre  dépenses de fonctionnement et  d’investissement constitue une véritable anomalie (et elle n’est pas la seule) qui hypothèque fortement la croissance du pays.

Le cas du Maroc ressemble à un moteur de voiture qui consomme, pour fonctionner alors que la vitesse est au point mort, le double de se qu’il consomme lorsque la voiture avance. Conséquence on avance au rythme d’une tortue … et on consomme comme une Ferrari.      

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 13:32

LECTURE OFFICINALE

EXPLICATION PHYSIOLOGIQUE DE L’EFFET

COUPE-FAIM DES PROTEINES

RÔLE DES RECEPTEURS µ-OPÏODES

 Proteine-pharamster.jpgSource image : Master STIC pour la Santé

Source principale :

1- C Duraffourd, F De Vadder, D Goncalves, F Delaere, A Penhoat, B Brusset, F Rajas, D Chassard, A Duchampt, A Stefanutti, A Gautier-Stein, G Mithieux. «Mu-Opioid Receptors and Dietary Protein Stimulate a Gut-Brain Neural Circuitry Limiting Food Intake » Cell, Volume 150, Issue 2, 377-388, 05 July 2012. 

Autres sources :

2- Interview de Gilles Mithieux* in La Recherche, n°467, page 24-25, septembre 2012 

3- CNRS, Communiqué de presse : L’effet « coupe-faim » des protéines élucidé.  05 Juillet 2012

4- G Mithieux, P Misery, C Magnan, B Pillot, A Gautier-Stein, C Bernard, F Rajas, C Zitoun. « Portal sensing of intestinal gluconeogenesis is a mechanistic link in the diminution of food intake induced by diet protein. » Cell Metabolism, Volume 2, Issue 5, 321-329, 1 November 2005
5- C. Duraffourd, F. Deleare, B. Brusset, A. Duchampt, G. Mithieux « 
PO37 Rôle des récepteurs μ-opioïdes dans les effets de satiété dépendants de la néoglucogenèse intestinale » Diabetes & Metabolism. Volume 36, Supplement 1, March 2010, Pages A37

  

         Divers régimes hyper protéinés on été proposés depuis une trentaine d’années, avec peu de résultats et beaucoup de désillusions. Ces régimes se basent tous sur l’effet coupe-faim des protéines.

Une étude publiée en ce mois de juillet 2012 [1] dans la revue Cell par une équipe de chercheurs Inserm, CNRS et Université Claude Bernard Lyon I, dirigée par G Mithieux est parvenue à élucider la sensation de satiété ressentie plusieurs heures après un repas riche en protéines. Ce travail montre par la même occasion les limites physiologiques de ce genre de régimes.      

         On sait depuis des années que l’absorption de protéines entraîne une sensation de satiété, c'est-à-dire une sensation de non-faim qui se prolonge bien au-delà du repas

En 2005, une équipe du laboratoire nutrition et cerveau de l'université Lyon-I [4] a montré que, plusieurs heures après un repas riche en protéines :

         -  Les intestins synthétisent du glucose par néoglucogenèse. La néoglucogenèse c’est le processus de synthèse du glucose à partir de précurseurs non-glucidiques, en particulier des acides aminés (qui ne sont rien d’autre que les éléments de base constitutifs des protéines … pour ceux qui l’on oublié entre les traites du crédit de la maison et frais de scolarité des enfants).

         -  L’équipe pensait que ce glucose passait dans le sang et se fixait à des récepteurs de la veine porte, qui collecte le sang de l'intestin. Un signal nerveux «coupe-faim» est alors envoyé via les fibres innervant la veine vers les centres cérébraux de l'appétit.

Mais à l'époque, ils n'avaient pas réussi à découvrir comment s'active cette néoglucogenèse.

L’équipe pensait alors que la voie d'action des protéines se superposait peut-être à celle d'autres composés qui ont un effet sur la faim en particulier, la morphine qui se fixe sur les récepteurs µ-opioïdes, qu'on trouve notamment au niveau de la veine porte.

Remarque :

Contrairement à la majorité des publications (y compris celles de l’ANSM) qui montrent que la morphine provoque une perte de l’appétit, G Mithieux, dans une interview pour La Recherche [2], affirme que cette dernière « active l’appétit en se fixant sur des récepteurs, les récepteurs µ-opioïdes, qu'on trouve notamment dans la veine porte. » sic. Cette question reste pour nous ouverte, dans l’attente d’avoir ultérieurement plus de précisions … !   

PS du 30/10/12 : Nous avons en effet contacté l’auteur au sujet de cette question, voici de suite sa réponse : " Merci de votre question. Je pense qu'il faut distinguer les effets à court-terme de la morphine (activateurs de la prise alimentaire, et ne pas les confondre avec les effets à long-terme chez les "accros", chez qui les récepteurs sont désensibilisés, ce qui fait qu'ils ont besoin de plus en plus de "produits" pour les activer. Ceci se traduit par des souffrances (état de manque par exemple) qui s'accompagnent de phénomènes "dépressifs" potentiellement... Je ne suis pas un spécialiste de ces questions, mais ceci pourrait peut-être expliquer ce que vous mentionnez (perte de l'appétit, etc).

Bien cordialement, GM " 

Cette explication paraît cohérente avec l’effet de bien-être procuré par la morphine lors des 1ères administrations

Par ailleurs une autre question reste posée, si on a bien compris, ce n’est pas le glucose circulant qui induit l’effet coupe-faim mais le déclanchement la néoglucogenèse.    

Dans cette même interview [2] Gilles Mithieux rapporte les éléments suivants :  

On a d'abord étudié des rats et des souris nourris avec une alimentation normale,

- soit en bloquant les récepteurs µ-opioïdes par la naloxone (antagoniste μ-opioïde, qui est aussi un antagoniste pur et spécifique des morphinomimétiques sans effet agoniste.) [5] 

- soit en les activant par le DAMGO (Peptide de synthèse agoniste μ-opioïde, analogue des enképhalines, d’intérêt expérimental. Tyr-D-Ala-Gly-Me-Phe-Gly(ol)) [5]

Effet-de-l-acitivation-des-recepteur---opoides-pharamster.jpg

- Lorsqu'ils sont activés, la néoglucogenèse n'a pas lieu, et les rongeurs dévorent leur repas.

- A l'inverse, lorsqu'ils sont bloqués, la néoglucogenèse se déclenche. Les animaux n'ont alors plus faim.  

Puis on a étudié l'effet d'un repas riche en protéines sur ces récepteurs µ-opioïdes. Et on a constaté que des peptides, fragments moléculaires provenant de la digestion des protéines, s'y fixent et bloquent leur activité.

 

           La nouvelle étude publiée en juillet 2012 a permis de démontrer qu’après le blocage des récepteurs μ-opioïde, une succession de réactions, conduit à l’envoi de deux signaux vers le cerveau, l'un via le nerf vague, l'autre par la moelle épinière. Dans un second temps, le cerveau envoie un message retour vers les intestins, pour activer la néoglucogenèse, et donc l'effet coupe-faim. Le temps nécessaire à tout cela explique que la satiété soit ressentie plusieurs heures après le repas.

12-10-10-Illustration-Effet-coupe-faim-des-proteines-pharam.jpg

L’avis du pharmacien :

           La clef de l’effet coupe-faim  des protéines réside dans ces fameux récepteurs µ-opioïdes de la veine porte.

Les produits résultants de la digestion des protéines (oligopeptides) bloquent ces récepteurs, la néoglucogenèse se déclenche. Le glucose étant ainsi suffisamment disponible, le corps réagit en arrêtant l’apport alimentaire. C’est en quelque sorte un effet feed-back négatif tout ce qu’il y a de plus classique en physiologie.  Encore fallait-il le démontrer…D’où la force de ce travail, car non seulement on a démontré l’implication des récepteurs µ-opioïdes de la veine porte, mais en plus on est arrivé à décrypter la réaction en chaîne qui suit leur inhibition.

Deux voies (en rouge sur le schéma) vont converger vers le système neveux central :

         - La première impliquant le système nerveux périphérique ventral (passant par le nerf vague)

         - La deuxième impliquant système nerveux périphérique dorsal (passant par la moelle épinière, les nerfs spinaux).         

Après réception des messages nerveux de ces deux voies, le système neveux central (SNC) envoie un message-retour qui déclenche la néoglucogenèse par l'intestin. Cette dernière initie alors l'envoi du message « coupe-faim » dans les zones du cerveau contrôlant la prise alimentaire, comme l'hypothalamus.

C’est une double boucle comme annoncé dans le communiqué du CNRS [3] :

         a) le SNC reçoit le 1er message il déclenche la néoglucogenèse               

         b) La néoglucogenèse enclenchée, va activer au niveau central le message « coupe-faim »

Pour les néophytes que nous sommes c’est une partie de ping-pong entre le cerveau et les récepteurs proches de l’appareil digestif.          

Et après ? Dirait l’autre …

         L’idée d’agir sur ces récepteurs pour contrôler la satiété, parait a priori séduisante. Pour cela il faudra trouver des peptides ou d'autres molécules bloquant durablement ces récepteurs dans les intestins. A cette question, la réponse des chercheurs est prudente et rationnelle [4], car si on sollicite fortement les récepteurs µ-opioïdes, il y a un risque de les rendre insensibles, et donc d'arriver à l'effet inverse de la satiété. C'est ce qu'on observe chez les personnes faisant un régime hyperprotéique pour perdre du poids et chez qui l'effet de satiété a tendance à s'estomper avec le temps.

L’avis du pharmacien :

         Ces nouvelles données peuvent aiguiser (pour ne pas dire faire saliver) l’intérêt pécuniaire de plus d’un laboratoire. Pourtant, il faut d’emblée modérer fortement ces prétentions (avant-même qu’elles puissent exister) car en plus du risque d’insensibiliser les récepteurs µ-opioïdes (ce qui annihilera de facto l’efficacité du préposé médicament) il y a la question de la sélectivité de la future molécule par rapport aux récepteurs µ-opioïdes.

Sachant que Ces récepteurs

        - existent non seulement sur la veine porte mais aussi au niveau du cerveau et de la moelle épinière

        - qu’ils sont présents déjà sous forme de 2 variantes avérées : µ1 et µ2 (on parle aussi de µ3)

        - et qu’ils ont comme effet : dépendance physique, dépression respiratoire, myosis euphorie, réduction de la motilité du tractus gastro-intestinal et analgésie supraspinales.

On comprendra alors facilement les effets secondaires potentiels d’un  éventuel médicament.   

A notre avis, il n’existe pas de molécules strictement sélectives. Le fait que, les récepteurs interagissent plus avec la stéréochimie des molécules qu’avec leur composition moléculaire stricte, fait que le risque d’interaction avec plusieurs récepteurs subsiste malgré toutes les astuces de la chimie fine organique.

Conclusion :

Dans l’état actuel des connaissances, pour réduire le poids, le bon sens implique :

- Primo : de réduire l’apport calorique, via une alimentation riche en fruits et légumes et une consommation réduite de sucre et de gras

- Secundo : d’augmenter la consommation de calories grâce à l’activité physique, qui peut être juste modérée, mais surtout elle doit être régulière.

Ces conditions exigent de la personne qui veut retrouver un poids santé, de faire des efforts physiques constants et de reconfigurer son goût (qui a été défiguré par l’industrie agro-alimentaire) par rapport au sucre et au gras.

Non, ce n’est pas facile, il n’en demeure pas moins que le rapport bénéfice-risque-coût des autres méthodes (souvent ponctuelles) est largement défavorable. Sous le poids des publicités mensongères, on préfère tester ou acheter telle ou telle méthode (ou produit) plutôt  que de faire des efforts constants (physiques et gustatifs) à très long terme. Il faut cependant faire exception des cas de dérèglements nutritionnels liés à des états psychiques particuliers, dont la prise en charge est pluridisciplinaire.   

 Merci à Dr Mouna, pharmacienne d’officine, pour sa relecture pertinente

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 20:16

RÉFLEXION

ARABISER OU REFRANCISER ?

 

ARABISER-OU-FRANCISER-copie.jpg

 

 

            Ce texte est, en fait, un petit encadré qui accompagnait un excellent article du journal L’Economiste au sujet du coût de l’arabisation au Maroc.

Source : H. El Arif « Arabisation la facture trop cher » L’Economiste, n°3866, supplément Les cahiers de l’émergence, page XXX du 13/09/12 

Source image : The Dizzy Doser, photocomposition : PHARAMSTER 

 

Arabiser ou refranciser?

Plusieurs années plus tard, des experts pédagogiques appellent encore les pouvoirs publics à «refranciser» les matières scientifiques, tout en renforçant l'enseignement de l'arabe et des langues étrangères, en l'occurrence le français, comme langue de travail et l'anglais comme langue d'ouverture. D'autres, par contre, exhortent la tutelle à arabiser. «C'est trop tard», rétorque Abderrahman El Bouhmidi, professeur universitaire. «Depuis que le Maroc a adopté une nouvelle Constitution reconnaissant l'amazigh comme langue officielle et les cultures hassanie et hébraïque comme affluents de l'identité marocaine, il n'est plus possible d'arabiser. Les Amazighs pourraient réclamer aussi un enseignement dans leur langue», affirme El Bouhmidi. Petit bémol tout de même de Mohamed Darif, politologue et enseignant universitaire, à ce sujet «Il faudra attendre l'adoption de la loi organique et ses textes d'application avant de fixer les conditions d'utilisation de l'amazigh», précise-t-il. Refrancisation ou arabisation, là n'est pas la question. Il faudrait homogénéiser l'enseignement pour réduire la fracture entre l'enseignement bilingue dans le privé et l'enseignement arabophone

 L'avis de l'apothicaire :

        Ce débat pose en filigrane deux problèmes fondamentalement stratégiques pour le Maroc :  

       1- L’échec calamiteux d’une arabisation réclamée et appliquée de façon démagogique par le parti de l’Istqlal. Cet échec masque en lui-même l’hécatombe de l’enseignement public au Maroc. Cette hécatombe est, elle-même, à mettre à l’actif de divers acteurs politiques au Maroc.

La concomitance de ces deux échecs a engendré, et engendre encore, la perte de plusieurs générations de marocains, hypothéquant par là, la réussite de toutes les tentatives de développement humain. Mettre à genou le développement humain d’un pays, c’est le condamner à ne jamais pouvoir imaginer (même en rêve) l’émergence d’un système démocratique digne de ce nom. Pire encore, saper le développement humain d’un pays est un crime que seul l’Histoire est à même de juger les responsables.   

Si les disparitions et autres assassinats au cours des années de plomb ont été largement condamnés, le crime qu’a subi l’enseignement de générations de marocains, est passé dans le cadre normalisé de la politique politicienne. … Désolant          

       2- Cela saute aux yeux, cet encadré pose le problème de l’identité culturelle du marocain. On comprend rapidement que cette identité est d’une part complexe et d’autre part plurielle. Ces deux caractéristiques, qui auraient pu être, de toute évidence, une source de richesse, deviennent des handicaps majeurs dans une société marquée, pour de nombreuses futures générations, par le sous-développement catastrophique du facteur humain.      

 

       A noter qu’au milieu des années 80, une énième refonte des programmes de l’éducation nationale a visé particulièrement l’enseignement de la philosophie. Cette réforme a vidé cette discipline de sa substance et par la même occasion  a supprimé de l’enseignement tout ce qui concerne « ILMO ALKALAM » littéralement la science de la parole. Cette discipline, apparentée à la philosophie,  permettait à l’époque d’appréhender la religion musulmane, sans démagogie, à travers le prisme strict du savoir. ILMO ALKALAM permettait entre autres d’identifier, sans a priori, les diverses tendances et interprétations de la pensée islamique. A la place de « ILMO ALKALAM » l’apprentissage strict du dogme a été renforcé

      Conséquences : La rationalité dans le mode de pensée du jeune marocain a été marginalisée au profit d’un apprentissage dogmatique. Au bout d’une dizaine d’années, cette réforme a concouru à l’émergence d’une élite marocaine caractérisée par, ce qu’appelle feu Pr HAROUCHI, l’analphabétisme fonctionnel.

Cette stratégie n’était probablement pas le fruit du hasard, elle était dictée par les impératifs sécuritaires de l’époque. En effet pour en finir une fois pour toutes avec la gauche marocaine, qui était déjà sur la pente descendante, la solution optimale était de soustraire l’esprit rationnel de la pensée marocaine et de consolider le dogme, à travers l’enseignement mais aussi en ouvrant les portes au Wahhabisme. Tout cela a eu comme dégât collatéral, la radicalisation des mouvements religieux mais, à notre avis, la conséquence la plus catastrophique qui toucha la majeure partie des élites du pays (médecins, pharmaciens, ingénieurs, penseurs …) est la marginalisation de l’esprit rationnel qui touche non seulement le champ religieux (ce qui est normal) mais aussi la vie professionnelle, l’entreprise, la formation, les médias et même des choses de la vie de tous les jours comme la conduite d’un véhicule sur la voie publique.

Descartes n'est pas marocain, comme le titrait Philippe Brachet en 1982 avec comme sous-titre «  le développement du sous-développement au Maroc ». Certes, Descartes n'est pas marocain, mais il aurait pu le devenir si on avait mis en place une politique de l’enseignement qui visait la promotion de la raison et de l’esprit critique.

Et justement, la promotion de l’esprit critique c’est ce qu’on retrouve dans l’enseignement français au Maroc, qui malgré ses imperfections (et elles sont nombreuses) reste le seul système qui permet d’espérer l’émergence d’une très petite minorité de cadres dotés de ses bases. Reste que cet enseignement forme des élites qui sont le plus souvent déconnectées de la réalité socioculturelle et de l’Histoire du pays. Ce dernier n’arrive pas à en tirer un grand profit.

     Imaginez qu’un enfant en CM2 dans le système français est déjà mis en contacte avec les idées d’une personnalité comme Diderot, entre autre, célèbre auteur du livre « Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient ». Au même temps, dans l’enseignement secondaire marocain, on marginalise Averroès auteur du livre Tahafut al-Tahafut (incohérence de l'incohérence), et on insiste sur Al-Ghazâlî auteur en 1095 du livre Tahafut al-Falasifa (L'incohérence des philosophes). C’est ainsi que l’esprit critique et l’analyse rationnelle sont écrasés par le poids de l’esprit dogmatique.

Comment en vouloir à un médecin, à un pharmacien de ne pas avoir suffisamment de recul face aux affirmations du marketing ? Comment en vouloir à des hauts cadres du pays d’avoir une logique décisionnelle complètement irrationnelle ?                

L’enseignement au Maroc n’est rien d’autre qu’une série de gâchis à tous les niveaux.    

PS du 23 octobre 2012 :       

Un article* paru ce mardi 23 octobre 2012 dans le journal marocain LE SOIR Echos vient corroborer notre analyse.

En effet cet article rapporte les faits suivants : 

Mercredi dernier, faculté des lettres à Meknès. Il est 11 heures. Mustapha Merizak, professeur universitaire, donne un cours d’anthropologie à ses étudiants quand tout d’un coup près d’une vingtaine de jeunes interrompent d’une façon brutale le cours et envahissent la salle. « Ils m’ont dit qu’ils voulaient parler aux étudiants. Par respect, je leur avait accordé un moment. Ils ont fait un long discours pendant une vingtaine de minutes appelant les étudiants à adhérer à la grève. Aucun étudiant n’a voulu les suivre. Je leur avais alors demandé de sortir. Eh bien leur réponse était que c’est à moi de sortir. Ils m’ont insulté de tous les noms. Le même jour, un autre enseignant de sociologie a subi le même sort. Je pense que ces deux branches à savoir la sociologie et l’anthropologie dérangent les islamistes », raconte cet enseignant membre du SNESUP (Syndicat national de l’enseignement supérieur) et de l’OMDH.

Plus loin l’article donne le constat suivant du président de l’OMDH (Organisation marocaine des droits de l’Homme) :

«  Après la dissolution de l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM) par l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri, les islamistes intégristes se sont emparés de cette organisation », relate Mohamed Nechnach, président de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH). L’université devient un champ de bataille entre gauchistes et islamistes appartenant au mouvement Justice et bienfaisance (Al Adl Wal Ihsan) et des partisans du mouvement amazigh.

Pour nous c’est simple, c’est une stratégie de la terre brulée. Sauf que, ce qu’on a brûlé ici c’est l’enseignement de millions de marocains. Et au delà de l’enseignement au sens strict, ce qu’on a tué, c’est l’esprit critique et rationnel dans ce qui devait être les futures élites marocaines. Pire qu’un crime contre l’humanité, c’est un crime contre l’Histoire de toute une population.

Oui la sociologie, l’anthropologie … n’ont pas de place dans l’esprit primaire des extrémistes. Qu’ils soient gauchistes, islamistes ou amazighs (qu’on devrait appelés « amazighinistes »), lorsqu’on inscrit le dogme comme seul mode réflexion, on ne s’étonnera pas de récolter quelques années plus tard que de la violence et de l’inculture, non seulement dans les universités, mais dans touts les pans de la société depuis l’école jusqu’au stade de foot.                     

Source : Khadija Skalli « OMDH : Hale à la violence à l’université », LE SOIR Echos, n°1191, page 7, du 23/10/12.   

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 19:15

MISE  AU POINT

 A PROPOS DE L’USAGE

DES DERMOCORTICOÏDES EN PÉDIATRIE

 

 

                  Au sujet de l’utilisation des dermocorticoïdes en pédiatrie et suite à notre article intitulé « DERMOCRTICOÏDE CHEZ UN NOURRISSON DE 20 JOURS » Dr Amine, médecin généraliste secteur libéral, nous a adressé un  excellent article paru sur Medscape France. Vu l’intérêt et la pertinence du sujet, on a décidé de le reproduire avec notre propre mise en page, permettant ainsi la mise en exergue des idées qui nous paraissent les plus marquantes.      

Source : Aude Lecrubier « Dermocorticoïdes chez l'enfant : stop à la corticophobie ! » publié en ligne le 04 octobre 2011

                 «  Lors d'une intervention consacrée à l'usage des dermocorticoïdes en pédiatrie présentée aux Entretiens de Bichat 2011, le Dr Antoine Toulon  a exposé les modalités de prescription et de surveillance des dermocorticoïdes chez l'enfant *. Il a rappelé que les dermocorticoïdes étaient le traitement de référence dans la dermatite atopique chez l'enfant et que bien utilisés, leurs effets secondaires étaient rares.

*Source : Antoine Toulon,Service de dermatologie, Hôpital Necker Enfants Malades, Paris. " Dermocorticoïdes en pédiatrie ? Quels risques ? ". Entretiens de Bichat. Paris, 29 septembre 2011.             

Les dermocorticoïdes ont transformé la prise en charge et la qualité de vie des enfants atteints de dermatite atopique, mais ils sont parfois associés à d'effets secondaires lorsqu'ils sont utilisés sur de longues périodes et à des doses trop fortes. Certains parents et médecins restent donc frileux quant à leur utilisation.

« Une enquête a montré que 73% des patients s'inquiètent de l'usage des dermocorticoïdes chez leur enfant et que 24% admettent une non observance du traitement », a souligné Antoine Toulon.

Il ne faut pas avoir peur

               ..  Les enfants sont plus sujets à développer des effets secondaires systémiques car le ratio entre leur surface corporelle et leur poids est plus important que chez l'adulte. Chez l'enfant atopique, la pénétration des dermocorticoïdes et le potentiel retentissement sur l'axe hypothalamo-hypophysaire sont augmentés.

Point important : les effets secondaires systémiques varient en fonction de la forme galénique, des zones sur lesquelles le traitement est effectué et de la nature du dermocorticoïde utilisé. « Ellison et coll. (Université de Manchester, Royaume Uni) rapportent que le retentissement sur l'axe hypothalamo-hypophysaire chez les enfants traités pour une dermatite atopique modérée à sévère par dermocorticoïde d'activité faible ou modérée était rarement présent alors qu'il était fréquent chez ceux traités par des dermocorticoïdes d'activité forte », a indiqué Antoine Toulon.

Les autres effets secondaires systémiques comme le diabète, l'intolérance au glucose, le retard de croissance ou les troubles électrolytiques sont également rares.

              Les effets systémiques locaux sont plus fréquents et sont également liés à la quantité appliquée et à la durée du traitement. Ont été observés, des troubles trophiques (atrophie, télangiectasie, vergeture), des surinfections cutanées, des complications oculaires (en cas d'application péri-oculaire), des tachyphylaxies, phénomènes de rebond, des hirsutismes, des troubles de la pigmentation, des acnés et des dermites péri-orale.

              Pour le dermatologue pédiatrique, si de rares effets secondaires existent bien, l'expérience acquise depuis 50 ans et les données de la littérature indiquent qu'il ne faut pas avoir peur de traiter les enfants. « A moins d'un tube par mois de dermocorticoïde d'activité forte, le risque est très limité », a remarqué Antoine Toulon. 

Corticoïdes : bonne conduite et pièges à éviter

               Les indications des dermocorticoïdes dermocorticoïdes sont les mêmes chez l'adulte et chez les enfants : dermatite atopique, lichénification, vitiligo, pelade, prurigo… « Ils sont utilisés parfois sur le long cours et de ce fait, il est important de savoir les employer au risque d'erreurs responsables de sur ou sous-utilisation », a noté Antoine Toulon.

Les dermocorticoïdes sont classés en fonction de leur niveau d'activité. Les dermocorticoïdes d'activité faible ne sont que rarement utilisés car peu efficaces, les dermocorticoïdes d'activités modérée et forte sont les plus couramment utilisés et les dermocorticoïdes d'activité très forte ne doivent être utilisés que sur des petites surfaces et de manière très contrôlée chez l'enfant ; ils sont contre-indiqués chez le nourrisson. Dans chaque classe, il existe différentes formes et galéniques qui permettent de s'adapter à la zone et au type de lésion.

 En outre, excipient, galénique et liposolubilité influencent la pénétration des dermocorticoïdes. Parallèlement, l'absortion est plus importante chez les nourrissons, sur les zones de peau fines et lorsque la température cutanée est élevée.

« Ainsi, on utilisera un dermocorticoïdes en pommade en cas de lésion chronique du fait de sa meilleure pénétration, de son caractère occlusif et du plus faible risque de sensibilisation chez l'enfant car il contient moins d'excipient », a indiqué l'orateur qui précise que l'attitude actuelle dans la dermatite atopique consiste à traiter la poussée le plus tôt possible, avec des quantités plus importantes de dermocorticoïdes qu'auparavant mais sur une période courte et si besoin, de réaliser un traitement d'entretien sur plusieurs semaines.

Antoine Toulon a rappelé que les dermocorticoïdes ne doivent pas être utilisés sous la couche, que les dermocorticoïdes de très forte activité doivent être évités au maximum et qu'ils ne doivent pas être appliqués sur le visage en particulier autour des yeux et sur les paupières.

Afin de contrôler les applications, Antoine Toulon a recommandé de compter les tubes utilisés, voire de rapporter les tubes vides.

 Le dermatologue a aussi mis l'assistance en garde sur l'erreur qui consiste à prescrire une corticothérapie orale pour augmenter l'efficacité du traitement. « Cette pratique est source d'aggravation ultérieure de la pathologie de fond, en particulier dans le cas de la dermatite atopique », a-t-il expliqué.

Comment améliorer l'observance ?

              La crainte de voir apparaître des complications, peut entraîner une insuffisance de traitement et par conséquent une pérennisation de la maladie au détriment de la qualité de vie de l'enfant.

 Pour diminuer la mauvaise observance, il faut informer et éduquer les parents. Il est important de préciser aux parents que lesdermocorticoïdes sont un traitement de première intention, qu'ils sont utilisés depuis plus de 50 ans et qu'employés de manière adaptée les complications sont rares.

Il convient de bien leur expliquer les modalités d'application et de faire une ordonnance détaillée mentionnant la classe, la galénique, le rythme d'application et le nombre de tubes par mois.

La quantité de dermocorticoïdes à utiliser est parfois difficile à évaluer et source d'erreurs ou de mauvaise observance. Pour éviter ces erreurs et rassurer les parents, les médecins préconisent le FTU « Finger Tip Unit », la quantité de crème appliquée sur la dernière phalange d'un doigt permet de couvrir une surface corporelle équivalente à deux paumes de mains adultes.

En ce qui concerne le rythme d'application, le dermatologue précise qu'il est inutile et source de complications d'appliquer les dermocorticoïdes plus de 2 fois par jour."

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 17:50

CAS D’OFFICINE

DERMOCRTICOÏDE CHEZ UN NOURRISSON DE 20 JOURS

LE PHLOROGLUCINOL EN QUESTION

 

Rappels déontologiques à lire absolument :          

- les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. L'image ci-dessous est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.        

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Avertissement : Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences. En matière de santé, l’accès à l’information est un droit mais la décision revient au médecin.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation de l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquer), Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuelles, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.  

 

12 08 29 Cas d'officine dermocrticoide chez un bébé de 20

 

 

- Le prescripteur : Médecin généraliste, secteur libéral.   

- Le patient :  Nourrisson âgé de 20 jours, les parents se plaignent des pleurs incessants de leur bébé dus probablement à des spasmes. Après 5 jours de traitement, pas de réelle amélioration, de plus le nourrisson souffre depuis 2 jours de constipation. Les parents, ayant acheté les médicaments dans une autre pharmacie, se sont présentés chez nous 5 jours après pour avis et conseil éventuels.

- L’ordonnance :

     - VOGALENE® : " 10 Gttes x 3 par jour ¼ h avant les repas pendant 5 jours " 

      DCI : la métopimazine est un antiémétique appartenant à la classe chimique des phénothiazines, qui se présente en gouttes buvables à 0,4 %. 10 gouttes contiennent 1 mg de métopimazine. Pour un enfant de moins de 6 ans on préconise 1 mg (10 gouttes) par kilo et par jour.  

     - SEDASTERIL® : " Laver et rincer "

      Crème lavante pour l’hygiène intime (entre autres) avec comme antiseptique le bromide de benzalkonium. Le bromide est très peu utilisé, en général pour ce genre de produit on retrouve le chlorure de benzalkonium. Chlorure-benzalkonium--2--copie.jpg

 

Bromide ou chlorure il s’agit dans les deux cas d’un ammonium quaternaire. Vous remarquez le petit « plus » sur l’azote (N+). Ce sympathique petit « plus » est important : il signe, pour ceux qui l’auraient oublié dans les méandres de la vie (un peu de poésie), que c’est un cation. C’est donc un antiseptique cationique comme le cetylpyridinium, cetrimonium et le didecylmethylamonium (tout cela se termine …nium).

Selon les concentrations le benzalkonium est bactéricide ou bactériostatique (sur les Gram +). Il est faiblement fongistatique, inactivé entre autres par les composés anioniques comme les savons. Toute cette histoire de petit plus pour dire qu’on ne doit pas mélanger le petit plus des antiseptiques cationiques avec le petit moins des produits anioniques comme le savon sous peine d’inactivation de l’antiseptique.

Et justement, ce fameux  chlorure de benzalkonium se trouve aussi dans la spécialité PHARMATEX® en tant que spermicide, avec les mêmes précautions d’emploi (le monde est petit).   

        

    - BAYCUTENE® CREME : " 2 applications par jour autour de l’anus "

        C'est une association de

             -  dexaméthasone (retrouvé dans le Decadron®, Oradexon®, Kinat Derdeg® !, Percutalgine® …) un corticoïde utilisé ici comme dermocorticoïde de classe IV* avec une activité modérée.

* Cette classification qui est basée sur le test de McKenzi, n’est pas universelle et peut varier en fonction des pays. Cependant, même si elle reste indicative, elle est importante en pratique quotidienne car elle permet de choisir la molécule appropriée en terme de rapport bénéfice / risque [Source : Thérapeutiques Dermatologiques éditions Flammarion 2001 p:1027-1028]

             - clotrimazole : Antifongique imidazolé d'usage local (retrouvé dans le Canesten®, Clomiter®La discussion autour de cette spécialité a été développée sur ce même blog il y a deux années dans un article daté du 25/10/2010 intitulé « Dermocorticoïde et nourrisson ». Il faut noter que ce nouveau cas d’officine est  similaire au cas traité dans l’article du 25/10/2010.

A défaut de contre-arguments, notre analyse reste malheureusement d’actualité avec comme conclusions :

Primo : les spécialités associant un dermocorticoïde et un ou plusieurs anti-infectieux ne doivent plus être présentes sur le marché marocain. Et ce, en conformité avec le « Bulletin du centre marocain de pharmacovigilance du mois de janvier 2009, vol 6, N°1 », c’est sur cette base qu’à juste titre, la spécialité Rifoderm® (entre autre) a été supprimée du marché marocain.

Question : comment se fait-il qu’en cette fin 2012, les spécialités Baycuten® et Mycolog® soient encore commercialisées chez nous ?

Inutile de rappeler ici le mutisme absurde des officinaux à ce sujet … ce genre d’attitude transforme l’officinal, au mieux, en un simple délivreur de médicaments sans aucun avis critique. Ce manque de courage et d’intégrité intellectuels, donne toute la latitude aux pourfendeurs de notre profession.

 Secundo : l’utilisation d’un dermocorticoïde chez un nourrisson, si elle est réellement justifiée, devrait se faire sous d’énormes précautions. La peau du bébé ne constitue absolument pas une barrière hermétique.              

     - NEOFORTAN® 40 MG CP EFF. : " ½ CP x 2 par jour pendant 3 jours puis à la demande si douleur"

       DCI : phloroglucinol, antispasmodique musculotrope   

Analyse critique :

En guise d’analyse, on vous propose en réalité, une série de questions dont certaines resteront posées.

       1- La métopimazine (Vogalène®) : l’analyse critique de cette molécule a été déjà faite dans notre article daté du 07/12/2011 intitulé « Interdiction du métoclopramide et ses alternatives en pédiatrie ». Globalement : c’est une phénothiazine qui a un rapport bénéfice/risque comparable à celui du métoclopramide.

       2- Le phloroglucinol [Néofortan®] : nous n’allons pas revenir ici sur l’utilité pharmacologique réelle de la forme effervescente. Ce sujet été soulevé dans un cas d’officine de janvier 2010 « Association de Liométacen® et Ponstyl® ». Suite à cet article les Laboratoires Laprophan nous ont fait l’honneur en nous livrant leurs arguments via une étude que nous avons mise en ligne par la suite « Phloroglucinol effervescent Vs Lyoc »           

 En fait, la question du jour est la suivante : existe-t-il des arguments pharmacologiques objectifs et rationnels pour une utilisation du phloroglucinol en pédiatrie ?

Phologlucinol

Le phloroglucinol est, selon nous, une des plus belles molécules de la pharmacologie, par sa simplicité : un benzène et 3 hydroxy (OH pour les puristes) et par la disposition esthétique de ces 3 OH sur le cycle benzène, ce qui donne une structure qui ressemble au sigle Mercedes Benz (où on retrouve aussi Benz comme benzène). Là vous avez tous les éléments pour vous en rappeler … 

       Nos constatations : [sauf erreur(s) ou omission(s) de notre part]

- Le phloroglucinol ne rentre pas dans la nomenclature des médicaments utilisés en Suisse (sur la base du CSM Compendium Suisse des Médicaments®  consulté le 24/09/12). Il ne figure pas non plus dans la nomenclature des médicaments utilisés en Belgique (sur la base CBIP/BCFI Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique)

- Au niveau de l’ANSM (ex AFSSAPS), on retrouve le phloroglucinol en injectable ou en CP, mais on ne dispose d’aucune forme pédiatrique.

       Au niveau de la littérature :

             > A propos d'une éventuelle utilisation du phloroglucinol chez l'enfant :  

En utilisant nos très modestes moyens de recherche, nous n’avons pas eu connaissance d’une pléthore de publications au sujet de l’utilisation du phloroglucinol en  pédiatrie, sauf une série de publications chinoises au niveau de la revue « Chinese Journal of Modern Drug Application » traitant de diverses associations de phloroglucinol. Noter à ce sujet, pour info, que le RCP (dans la base ANSM) de la spécialité Spasfon®  indique ce qui suit :

« Paragraphe 4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi : L'association de phloroglucinol avec des antalgiques majeurs tels que la morphine ou ses dérivés doit être évitée en raison de leur effet spasmogène »

Cependant, nous avons trouvé une publication française de 2002, au niveau de l’abstract de cet article on peut lire «…  Les antispasmodiques (trimébutine, phloroglucinol)) peuvent être prescrits en cas de manifestations spasmodiques sans masquer la symptomatologie clinique, de même que le paracétamol. … »

Source : ALIBEU J.-R* « Les médicaments des douleurs digestives de l'enfant : Douleurs abdominales = Drugs for digestive pain in children » Journée de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques N°15, Grenoble , France 2002, no317, pp. 24-26 (6 ref.).

* Affiliation de l'auteur : Centre de la douleur de l'adulte et de l'enfant - CHU de Grenoble BP 217, 38043 Grenoble, France]

             > A propos de l'utilsation du phloroglucinol chez l’adulte :

- La Revue Prescrire insiste dans plusieurs articles sur la faible efficacité de cette molécule et sur le risque de survenue d’allergie graves

[Source en autre : « Baisse du taux de remboursement » Rev. Prescrire, tome 32, n°340, page 107, février 2012]

- La HAS (la Haute Autorité de la Santé en France) dans un avis daté du 22 juin 2011 au sujet des spécialités Spasfon® CP enrobé, LYOC, SUPPO et INJECTABLE (fichier pdf de 10 pages) estime que « le service médical rendu par ces spécialités est faible » (page 5) avec « un taux de remboursement de 15% » (page 7)

L’avis du pharmacien :

            Au niveau de l’efficacité du phloroglucinol, La Revue Prescrire a fort probablement raison, en revanche, concernant les risques de survenue d’allergie graves, nous ne l’avons jamais constaté durant nos nombreuses années d’exercice. Le phloroglucinol reste à notre échelle, une molécule simple sans grande efficacité certes, mais dénuée d’effets secondaires gravissimes.          

En conclusion générale : [Sauf erreur(s) ou omission(s)]

            1- Les spécialités constituées d’une association d’un dermocorticoïde et d’un anti-infectieux (antimycosique, antibactérien ou antiseptique …) n'ont pas leur place dans un marché qui respecte les normes actuelles.     

            2- L’utilisation d’un dermocorticoïde chez l’enfant de moins de 2 ans, devrait faire l’objet d’un consensus indépendant et interprofessionnel (médecin-pharmacien) mettant en exergue les précautions nécessaires et obligatoires pour une utilisation sécurisée chez le nourrisson (là on rêve … mais bon, le rêve nourrit l’espoir des gens humbles)

            3- Dans la limite de nos modestes moyens de recherche bibliographiques et de la documentation dont on eu connaissance, il nous parait, sauf erreur de notre part, que l’utilisation du phloroglucinol chez l’enfant n’est basée sur une directive claire d’une quelconque instance officielle (ANSM …).

Notre intime conviction à ce sujet est la suivante (elle peut parfaitement être erronée … pas de problème) : le phloroglucinol est une molécule qui a une toxicité quasi inexistante. Par ailleurs, son efficacité pharmacologique réelle est globalement à la hauteur de sa toxicité. Cette faible toxicité engendre, comme pour d’autres molécules du même niveau de danger, beaucoup d'utilisations hors AMM. Ces dernières sont souvent tolérées, car on considère qu’il n’y a pas « mort d’homme ». Certes, elles sont généralement basées aussi sur des études, mais qui sont à faible niveau de preuve (comme dans le cas de l’utilisation du miel pour la toux qui, lui, est préconisé par l’OMS même).                 

Il n’en demeure pas moins que la rigueur scientifique, qui est une nécessité absolue pour un corps médical digne de ce nom, exige de n’utiliser que des molécules référencées dans des cas bien déterminés, en particulier quand il s’agit de l’enfant en bas âge ou chez la femme enceinte.

           4- Au sujet du cas propre de ce bébé de 20 jours, la symptomatologie telle que décrite par les parents reste bénigne, et, sauf erreur(s) de notre part, elle ne mérite aucun traitement.

Sauf complication éventuelle (occlusion intestinale …), il nous semble logique de tranquilliser d’abord les parents, et de ne prescrire strictement aucune médication. Le rapport [ bénéfice / risque ] de toute médication, pour un bébé de 20 jours ayant le même tableau, est largement défavorable (à notre avis). Face à une demande pressante des parents, mieux vaut s’orienter éventuellement vers des placebos type médicaments homéopathiques, vitamines ou autre complément alimentaire adapté au nourrisson.   

NB : les petites irritations de l’anus chez le nouveau-né sont appelées dans certaines régions du Maroc « TOUTIA », une bonne crème à base d’oxyde de zinc est largement suffisante, parfois il suffit de changer la marque de la crème pour que tout rentre dans l’ordre et que les parents se calment.            

 

          Comme d’habitude sur PHARAMSTER, ce cas d’officine a été pour nous l’occasion de poser plus de questions que d’en résoudre. Cet article devrait être compris comme une incitation à la réflexion et à la remise en question des vérités, souvent présentées comme absolues au corps médical. On laisse le soin à tout un chacun de se faire son opinion propre en fonction des données dont il dispose, de son intégrité, et de sa capacité à être intellectuellement indépendant. En somme, cette opinion dépend clairement de la capacité de chacun d’entre nous d’être libre et digne de l’être.                   

PS : Le scoop du jour par PHARAMSTER :

          En scrutant, comme d’habitude, les centaines de pages Internet nécessaires pour dénicher l’information pertinente et rigoureuse pour cet article, on s’est retrouvé nez-à-nez face à un brevet déposé aux USA, et pas n’importe quel brevet. Mais auparavant, nous avons tenu à ne pas divulguer tout le contenu dudit brevet afin de ne pas perturber un éventuel processus industriel en cours.

          C’est un brevet déposé aux USA par deux chercheurs de la ville de Montpellier. Jusque là c’est habituel, sauf que ce brevet, qui date d’il y a quelques mois, est déposé au profit d’un laboratoire « biiiiiip » basé au Maroc ! Franchement on a été intrigué et agréablement surpris à la fois. Comment ne pas l’être, nous qui n’avons cessé de promouvoir l’esprit d’innovation dans nos entreprises ? Pour une fois, nous avons été servis, même si la recherche en question a été réalisée en partie en France … pourvu que ça dure (comme dirait Jean-Yves Lafesse).

         Le brevet dont il s’agit, démontre l’intérêt de l’association du phloroglucinol avec la molécule « biiiiiip». On est prêt à parier que dans moins de 3 ans, on disposera d’une spécialité basée sur l’association phloroglucinol-biiiiiip. Le scoop est qu’on est là au stade morula d’un médicament, on ne manquera pas d’y revenir (Inchaallah) après sa commercialisation, sauf si « on » nous y autorise expressément auparavant.                

 Hasard des publications le journal L’Economiste dans sa livraison du 27/09/2012 annonce « Laprophan met au point un nouvel antidouleur ». On en dira pas plus pour le moment. Source : Hassan El ARIF «Laprophan met au point un nouvel antidouleur » L’Economiste, n°3876, page 07, du 27 sept. 12.                   

          Enfin, on termine par un dessin pertinent du journal marocain Le Soir Echos du 28 sept. 2012.

Au-Maroc-0-8--du-PIB-consacre-a-la-recherche-scientifique.jpg

Ce dessin permet d’apprécier à sa juste valeur ce genre d’investissement. Disons-le directement, ce genre de démarches doit être vivement encouragé et salué, même si à tort ou à raison on n’est pas forcement d’accord avec les stratégies de recherche adoptées. Et pour cause cette démarche permet de développer le capital immatériel de l’entreprise (et du pays). Ce capital est le véritable garant de la pérennité de l’entreprise, il permet en outre de créer la richesse par le savoir et de ne pas se limiter, pour sa croissance, à « piocher » sur la part de marché des autres entreprises. Par ailleurs ce capital immatériel structure l’identité culturelle de l’entreprise, cela a son importance tant au niveau interne, par l’identification des collaborateurs au projet global de l’entreprise, qu’externe puisque ce capital immatériel devient une véritable et puissante carte visite de la structure en question.

Merci à Dr Mouna, pharmacienne d’officine, pour sa relecture pertinente.

Cette article est susceptible d’être supprimé

PS du 28/11/2012 : En matière de R&D, le Maroc pointe à 88e place mondiale selon l'indice de l'OMPI (L'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle). Source : L'Economiste, n°3914, page 6, du 23/11/2012    

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 21:01

 

12-09-20-Escapade-Mozambique-Maroc-2-a-0-source-l-economi.jpg

 

           Enfin un joli dessin sur la débandade de l’équipe marocaine de foot, et par ricocher de tout le sport marocain, London 2012 oblige.  En gros les pseudo-lions de l’Atlas ont été « domestiqués » par une courageuse équipe du Mozambique qui les a transformés en un accessoire pour la maison.  

Ce qui frappe dans ce dessin c’est la bonhomie du personnage africain qui rappel un autre personnage, non moins sympathique, celui la bande dessinée KIRIKOU. 12-09-20-Escapade-Mozambique-Maroc-2-a-0-KiriKou.jpgL’un et l’autre se caractérisent par l’humanisation de l’image de l’Afrique.

Le terme «humanisation » par rapport à une situation donnée, consacre une technique de communication usuelle qui vise à transformer l’appréciation par le grand public d’une situation conflictuelle donnée. Il s’agit de faire passer l’opinion publique d’une vision rationnelle à une vision émotionnelle en la chargeant par l’affect.

En ce sens Kirikou, qui est très loin de la culture Tintin, comme le dessin de RIK transforment l’image d’une Afrique (noire ou basanée) dominée d’une part par la nature somptueuse et d’autre part des conflits violents perpétuels d’une agressivité incommensurables. Des conflits qui trouvent leurs origines dans la prépondérance des considérations religieuses et ethniques sur l’aspect citoyen. Autant au nord qu’au sud de l’Afrique, cet état de fait bloque irrémédiablement l’émergence d’une culture démocratique. Ce qu’on oubli souvent c’est que l’éclosion d’une démocratie avec son corolaire en terme de droit de l’Homme, nécessite au préalable l’existence d’un projet de société cohérent réaliste et réalisable. A défaut de tel projet, la démocratie, au meilleur des cas, devient une simple mécanique électorale qui tourne en rond et qui finie tôt ou tard par imploser.  

Autant KIRIKOU que le dessin de RIK, transcendent cette réalité tragique, pour nous donner une vision plus humaine de ce « Noir ». Si la défaite de notre équipe nationale pouvait nous apporter ce nouveau regard, nous aurons alors perdu un match et gagner l’essentiel : le respect de « l’autre ».

 

 

        Mais revenons au sport :

        Le sport est souvent utilisé par les politiques comme un puissant anesthésique de l’opinion publique. Un certain K. Marx aurait pu dire que le sport est aussi un opium du peuple. En réalité le sport est utilisé comme un puissant fédérateur de la société. Riche ou pauvre, intellectuel ou analphabète une bonne victoire sportive permet de seller des liens sociaux à travers la liesse commune. Cela permet pendant un certain temps de favoriser la cohésion sociale et la stabilité politique d’une part, d’autre part elle permet d’améliorer le moral des ménages, ce qui aura comme conséquence de stimuler la consommation et donc la croissance pendant un certain temps. C’est le rêve de tout politique.                                              

Au Maroc, comme ailleurs, on applique la même recette à travers la recherche éperdue de résultats sportifs en injectant des sommes colossales dans le sport dit de haut-niveau (à l’échelle internationale il devient de bas-niveau). Cette stratégie a donné par moment quelques résultats épars, auxquels on s’accroche malgré tout, et surtout beaucoup de désillusions.

Ces échecs chroniques trouvent leur raison dans cette même recherche effrénée de résultats. Une recherche qui ne se donne ni le temps de la formation ne celui de l’éducation. Le sport marocain n’est porté par aucune valeur hormis celle de l’argent.

On peut se doter des meilleurs stades du monde, si ces infrastructures sont laissées à la gestion de dirigeants corrompus, et qu’ils sont utilisés par des sportifs qui ne sont porteurs d’aucune valeur, on ne sera pas étonné que le public des gradins soit gangréné par des bandes de voyous. Dans l’état actuel des choses, le sport est à l’image du reste de la société marocaine ...     

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