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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 12:54

Chiffres & Repères

Les derniers chiffres du diabète au Maroc

 

 Sources :

1- « Diabète: Un inquiétant tableau de bord »  Par  Mohamed Ali Mrabi  L’Economiste Edition N°:4746 du 07/04/16 page 27-28

2- « Le diabète, ce sont 24.000 décès par an au Maroc » Panorapost du 07/04/2016

Source image :   L’Economiste Edition N°:4746 du 07/04/16 page 27-28

- Le diabète provoque plus de 24.000 décès par an au Maroc

- Entre 2011 et 2015 le nombre de diabétiques au Maroc est passé de :

1,5 million d’individus à plus de 2 millions, âgés de 20 ans et plus.[2]

Soit 25% de plus en 5 ans.  

Source :

Le ministre de la Santé Houssaine Louardi lors de la célébration de la Journée mondiale du diabète, le jeudi 7 avril 2016..[2]  

 - Les femmes sont plus exposées, avec  5.070 décès chez les 30 à 69 ans contre 4.490 pour les hommes.

- Pour les séniors, âgés de plus de 70 ans, 9.280 femmes décèdent chaque année, contre 5.180 chez les hommes.

Remarque du pharmacien : Visiblement le diabète touche un peu plus la femme que l’homme, et cela s’accentue avec l’âge !   

- Par ailleurs, 625.000 personnes sont soignées pour le diabète dans les hôpitaux et centres de santé nationaux, dont 15.000 enfants atteints de diabète type 1.

- 80% des cas de diabète au Maroc sont de type 2, c'est-à-dire lié à l’obésité et au mode de vie. Des données alarmantes selon les observateurs : «Au Maroc 55,1% de la population est en surpoids et 21,7% est obèse», a fait savoir Yves Souteyrand, représentant de l’OMS au Maroc.

Au niveau économique : 

- La prise en charge du diabète coûte 11 milliards de DH à l’Etat au moment où le budget du ministère de la Santé ne dépasse pas 14 milliards

- Les données du département de la Santé montrent que le diabète est la première affection de longue durée des assurés de la CNOPS et de la CNSS, avec respectivement 40% et 29%.

      Certains scientifiques n’hésitent pas à comparer les risques que représentent les produits à base de sucre, particulièrement le fructose, aux dangers de l’alcool et du tabac. Aujourd’hui, les enfants ont accès libre aux friandises et autres produits alimentaires à haute teneur en sucre rapide

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 12:28

CHIFFRES ET REPÈRES

NOTION D’EPIGÉNÉTIQUE

               C’est à travers une vidéo, largement partagée sur le Internet, où le prospectiviste et conférencier Joël de Rosnay expliquait cette notion d’épigénétique que ce thème nous a interpelé.

Par ailleurs, un dossier d’information concis de l’INSERM, explicite cette notion d’épigénétique de façon plus précise. Source : Déborah Bourc'his « Dossier d’information : Epigénétique »

Déborah Bourc'his défini dans ce document cette notion comme suit : « Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une "couche" d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule… ou ne pas l’être. En d’autres termes, l’épigénétique correspond à l’étude des changements dans l’activité des gènes, n’impliquant pas de modification de la séquence d’ADN et pouvant être transmis lors des divisions cellulaires. Contrairement aux mutations qui affectent la séquence d’ADN, les modifications épigénétiques sont réversibles »

L’un des points soulevé les plus important à nos yeux c’est le rapport entre le comportement conscient de l’Homme et l’expression réversible de certains gènes. Et c’est une révolution car jusqu’à là on pensait que l’expression ou non des gènes (en partie du moins) était du domaine de l’inné et de l’incontrôlable. Or là, par la modulation consciente de notre comportement on peut impacter l’expression d’une partie de nos gènes. D’où le rapport entre épigénétique et maladie …

A ce sujet le document de l’INSERM rapporte les éléments suivants « Il est désormais largement admis que des anomalies épigénétiques contribuent au développement et à la progression de maladies humaines, en particulier de cancers …. Des anomalies épigénétiques activant des oncogènes (gènes dont la surexpression favorise la cancérogenèse) ou inhibant des gènes suppresseurs de tumeurs ont pu être mises en évidence »

Cela nous amène directement aux thérapeutiques, à ce propos le document de l’INSERM rapporte ce qui suit : « Si les marques épigénétiques sont réversibles, il doit être possible de corriger celles qui posent problème, en particulier celles associées à des maladies. Cette idée a conduit au développement de molécules qui agissent sur les mécanismes épigénétiques pour éliminer les marquages anormaux. On parle d’"épidrogues" ou d’"épimédicaments". Deux principales familles de molécules développées jusqu’ici :

- celle des agents qui inhibent la méthylation de l’ADN (inhibiteurs des ADN méthyltransférases ou DNMTi),

- celle des agents qui ciblent la modification des histones (inhibiteurs des déacétylases d’histone ou HDACi).

Les molécules qui existent aujourd’hui manquent encore de spécificité d’action, ce qui les rend rapidement toxiques pour l’organisme des patients. Mais de nombreux autres épimédicaments sont en cours de développement. De plus, en associant un épimédicament à d’autres approches thérapeutiques, il sera peut-être possible d’en retirer un bénéfice clinique tout en limitant les doses administrées, et donc les effets secondaires »

L’avis du pharmacien :

        Les nouvelles connaissances en épigénétique devraient nous inciter à adopter une hygiène de vie globale. Ce changement de comportement impactera notre santé de manière physiologique classique, mais aussi, et c’est la véritable nouveauté, au niveau de l’expression de nos gènes.

       Quant aux molécules issus de la recherche sur l’épigénétique, nous restons sceptiques ... car la grande difficulté est la spécificité d’action et le ciblage précis des récepteurs. C’est une difficulté majeure non seulement pour ce genre de « futures médicaments » mais aussi pour des familles de médicaments déjà installés comme les antihistaminiques H1 dit non sédatifs, les prokinétiques type métoclopramide, ou encore les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase 2 (COX-2) présentés comme des produits sélectifs alors que la pharmacovigilance a démontré qu’il en est autrement.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 18:42

CHIFFRES & REPÈRES

L’INFERTILITÉ AU MAROC

Chiffres & repères : l’infertilité au Maroc

L’infertilité touche un couple marocain sur huit

Sources :

1- Rédaction du HuffPost Maroc  « Infertilité: Un Marocain sur trois pense qu'il n'existe pas de traitement » Publication: 25/06/2015 19h44 CEST Mis à jour: 25/06/2015 19h44 CEST

2- Ouardigh Rahmouna « Un couple sur huit souffre d'infertilité au Maroc » le 360.ma mis en ligne 30/06/2015 à 07h45

     Ce chiffre provient d’une enquête réalisée par la Société marocaine de médecine de reproduction (SMMR) présentée jeudi 25 juin à Casablanca à l’occasion de la première édition de la Semaine nationale de l’infertilité lancée au Maroc.

     Le sondage, effectué du 6 au 18 juin par l’institut Averty, a été réalisé auprès de 1.034 couples de 25 à 45 ans et dans 40 villes couvrant les 16 régions administratives du Maroc.

Selon l’enquête

     - 11,8% des couples sondés souffrent d’un problème d’infertilité.

        Parmi ces derniers, ils sont plus d’un tiers (34%) à attendre un enfant depuis plus de 3 ans.     

      - Par ailleurs, un quart des couples infertiles n’ont pas consulté de médecin spécialisé ou ont utilisé un autre biais, comme la médecine parallèle, indique la SMMR dans un communiqué.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 18:54

CHIFFRES & REPÈRES

Inquiétude sur l’équilibre financier futur de l’AMO*

*Assurance maladie obligatoire au Maroc

Source Image de base Samuel MAZIERES (Qu'il en soit remercié) photocomposition PHARAMSTER

Source Image de base Samuel MAZIERES (Qu'il en soit remercié) photocomposition PHARAMSTER

Source :

«La Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS, caisse qui gère l’AMO pour les fonctionnaires) devrait dès l’année prochaine s’insérer dans un cycle de dégradation tendancielle de ses finances», prévient son directeur général, Abdelaziz Adnane. La CNOPS affichait, jusqu’en 2013, une santé financière jugée saine : l’excédent dégagé s’élevait à 6 milliards de DH.

Remarque de l’officinal : est-t-il normal qu’une caisse à vocation sociale dégage un tel excédent placé dans le circuit financier, alors qu’une bonne partie de la population n’est pas correctement couverte ?  

Pour expliquer la future dégradation des comptes de la CNOPS, Abdelaziz Adnane avance les éléments suivants :

   1- Avec l’introduction de spécialités très coûteuses dans le cas de maladies longue durée: 7% des assurés consomment 46% des recettes. Par exemple : 170 personnes atteintes de l’hépatite C s’accaparent le tiers des cotisations. «Le Maroc doit-il prendre en compte toutes les innovations ou stabiliser le panier des soins?» s’interroge le directeur de la CNOPS. Toujours est-il que la marge de manœuvre à ces deux niveaux reste réduite.

Remarque de l'officinal : Cette question est particulièrement d’actualité avec l’apparition du sofosbuvir [SOVALDI®]  un traitement efficace mais extrêmement onéreux de l’hépatite C 

  2- Les gains sont à rechercher dans l’utilisation des génériques mais cela reste mitigé.  A titre d’exemple, le taux d’utilisation de ces produits s’élève à 70% aux Etats-Unis. Chez nous le poids des corporatistes impose le statu quo selon directeur général de la CNOPS.

  3- L’effet de la limitation de recrutements dans la fonction publique qui progresse selon une moyenne annuelle de 8,3%, conjugué à l’importance du nombre de départs à la retraite qui évolue annuellement de +2%. Cet écart risque de s’élargir davantage sur les années à venir, voire même dès 2015.

  4- Le Directeur général invoque enfin la disparition de la pharmacie de la CNOPS (qui n’avait aucun texte la légitimant) il donne à titre d’exemple, les PPV pour les spécialités d’oncologie sont plus chers de 340% et 2.150% par rapport aux prix d’achat de la CNOPS et du ministère de la Santé.  
Il ajoute que la baisse des prix qui a été constatée au niveau de certaines spécialités remboursées par la CNOPS à ses assurés en ambulatoire (810 spécialités) va se traduire par une économie de 66 millions de DH pour la Caisse. Mais, dans l’ensemble, l’impact négatif de la baisse des prix des médicaments se chiffre à 47 millions de DH.

Ce constat contraste apparemment avec les prévisions du Ministre de la santé comme on les a rapportées dans notre article « Impact de la baisse des prix sur l’AMO »

     L’avis de l’Officinal :

      Les déclarations de directeur général de la CNOPS montrent, en filigrane, son attachement à l’ex Pharmacie du CNOPS, cette structure qui a opérée durant des années en toute illégalité a été en effet supprimée lors de la dernière reconfiguration des prix des médicaments au Maroc. Cette structure en plus de son illégitimité était sujette à plusieurs abus (comme dans le reste de la fonction publique).

A notre niveau (en tant que simple officinal de base et de proximité) la suppression ou non de cette structure n’affecte en rien notre activité. Pour nous le gros de l’activité est assuré par des produits peu onéreux (moins de 200.00DH) par rapport aux produits qui grèvent les finances de la CNOPS.

D’où l’idée de réserver une liste spécifique de médicaments (comme pour les produits à usage hospitaliers) délivrés non pas au niveau de la CNOPS mais au niveau des structures hospitalières sous contrôle direct du corps médical. Cette idée  constituerait une approche acceptable par une majorité de praticiens (du moins on le pense …).                    

La liste en question devrait être le fruit d’un consensus entre Ministère, CNOPS et Officinaux. Cela aura pour avantage la pérennisation des équilibres financiers de la CNOPS sans que l’écrasante majorité des officinaux ne soit affectée. 

D’autre part dans le même article on apparent que la couverture médicale gérée par la CNSS (La Caisse nationale de sécurité sociale qui gère pour le compte de  l’Etat l’AMO dans le secteur privé) intégrera les soins dentaires dès le 1er janvier 2015. Conséquence :

   1-L’élargissement du panier de soins  AMO aux soins dentaires nécessitera un réajustement des taux de cotisation puisque ce poste est connu pour être budgétivor. L’application de cette augmentation sera différée d’une année.

   2- Dans le détail, la cotisation de solidarité passera de 1,5 à 1,85% en 2016. Elle sera  prise en charge par les employeurs seuls. Le reste de l’effort soit  4,52%,  sera partagé entre salariés et employeurs.

Le paradoxe est que l’officinal (comme les médecins libéraux) n’a toujours pas de couverture médicale !!! Et au même temps en tant qu’employeur il va subir encore une fois une augmentation des charges sociales participant ainsi la couverture médicale des ses concitoyens sans qu’il n’en bénéficie lui-même d’aucune manière !!! 

 

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 15:51

Chiffres & Repères

Hausse de 123% des assurés diabétiques de la Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Social CNOPS : entre 2008 et 2013

HAUSSE DU NOMBRE DE DIABETIQUES AU MAROC

Sources :

1-  Etude CNOPS*  sur ses assurés diabétiques et leurs dépenses entre 2008 et 2013

*Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale

2- TELQUEL 22/07/2014 : Près de 30 000 cas de diabète recensés par la CNOPS en 5 ans

3- L'ECONOMISTE, N°4325 du 23/07/2014  "Assurance maladie: La facture salée du diabète"

Le nombre d’assurés diabétiques de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) a progressé de 123 % entre 2008 et 2013 (soit en 6ans), passant de 22.079 à 49.169, avec une évolution annuelle moyenne de 17%, relève l’étude réalisée par la Caisse

- Durant la période 2008-2013, en moyenne, 6000 personnes assurées déclarent annuellement un diabète pour la première fois, soit un taux annuel moyen de 18% de nouveaux cas parmi les personnes diabétiques de la CNOPS.

- Le taux de prévalence annuelle des diabétiques parmi la population assurée par la CNOPS a plus que doublé durant la même période, en passant de 0,82% à 1.65%. 

- Selon l'étude, les principales pathologies associées au diabète en 2013 sont :

> l'hypertension artérielle sévère qui représente la pathologie de longue durée la plus associée au diabète avec plus de 33% de personnes diabétiques atteintes,

> suivie des maladies coronaires avec 3,3%

> du glaucome chronique avec plus de 2%

> et de l'insuffisance rénale chronique terminale avec 0,9% desdites personnes.

- A l'instar de l'évolution constatée à l'échelle nationale et internationale, le nombre de personnes atteintes de diabète de type 2 représentaient 27% du total des personnes atteintes du diabète en 2008 et 58% en 2013. Notons que le diabète type 2 est évitable selon l'OMS puisqu'il est la conséquence directe d'une surcharge pondérale et de la sédentarité.

 - Le pourcentage des femmes et hommes diabétiques bénéficiaires de l'AMO-CNOPS est similaire, ce qui indique que le sexe n'est pas un facteur très explicatif quant à la prévalence de la maladie

- 94% des diabétiques ont dépassé l'âge de 40 ans. Généralement, la prévalence du diabète augmente fortement avec l'âge pour atteindre un maximum de 7,6% chez les personnes âgées de 65-70 ans

- La dépense de soins des personnes diabétiques est passée de 183 MDH en 2008 à 379 MDH en 2013, soit une augmentation globale de 107% sur la période 2008‐2013 et un taux d’évolution annuel moyen de 16%. Cette dépense représente ainsi 8% des dépenses de soins de la CNOPS en 2013 contre 5% en 2008.

L’avis du pharmacien :

- Le panel de cette étude se rapporte exclusivement aux assurés de la CNOPS, cela dit cette étude donne une tendance de fond alarmante de l’état de santé de notre population.   

- L’étude rapporte que la 3ème pathologie associée au diabète après l’HTA et les maladies coronaires est le glaucome, or classiquement on pense d’abord aux rétinopathies diabétiques ! Cela dit, ce fait correspond vraisemblablement aux seules données dont dispose la CNOPS    

 - Il est juste de dire que le diabète type 2 est une pathologie évitable puisqu'il est la conséquence directe d'une surcharge pondérale et de la sédentarité, à ce sujet le rôle de l’officinal est capital dans la promotion du sport et d’un comportement alimentaire rationnel. L’activité physique ne peut plus être considérée comme un élément subsidiaire dans la prévention et le traitement du diabète type II

Lire à ce sujet cet excellent article de la Revue Médicale Suisse :  La prévention du diabète de type 2 : activité physique ou médicaments ?

Cependant, nous pensons (sans preuve tangible ... ici c’est un simple constat émanant de la réalité de notre exercice professionnel) qu’un autre facteur serait impliqué de plus en plus dans l’augmentation vertigineuse  du nombre de diabétiques : le mésusage de corticoïdes. En effet, avec l’augmentation des maladies à caractère allergique (type asthme) et de certaines maladies inflammatoires chroniques, l’utilisation de corticoïdes se banalise devenant dans certains cas quasi systématique, à défaut d’autres solutions éfficientes. A cela s’ajoute l’usage anarchique et scandaleux des corticoïdes vendu hors officine (et en officine!) à des fins «esthétiques » lire à ce sujet  notre article du 30/08/2012 : cas d’officine, dexaméthasone en contrebande .

Nous observons (simple constat d’officinal) un nombre de cas, de plus en plus important, de survenue de diabète II chez les moins de 40 ans (voir les moins de 30ans !). Est-ce une situation isolée ou c’est une tendance générale ? Les données du CNOPS rassurent à ce sujet plus ou moins, car la population assurée par le CNOPS ne représente pas forcément l’ensemble de la population marocaine en particulier celle des plus démunies.                      

        Autres articles sur le même sujet :

La corticothérapie chez le diabétique : 08/06/2009

Hygiène de vie et diabète : 09/06/2010

Impact des boissons sucrées sur le diabète : 23/09/2010

Prise en charge du diabète au Maroc : 27/04/2011

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 17:49

CHIFFRES & REPÈRES

La baisse inexorable des ventes de médicaments au Maroc

LA BAISSE INEXORABLE DES VENTES DE MEDICAMENTS AU MAROC

Source : Hassan El Arif « Marché du médicament, pourquoi l’industrie va mal », L’économiste, page 3, n°4318, du 14/07/2014

L’avis du pharmacien :

        Cette baisse vient après la baisse du 1er trimestre de 2013 que nous avons relaté dans notre article du 06 mai 2013 : Chute de l’activité du secteur pharmaceutique au 1er trimestre 2013

On notera qu’en janvier 2013 le chiffre d’affaire était de 847.8 M de Dirhams et qu’il était descendu à 676.4 M en mars de la même année. Le diagramme publié par L’Economiste montre qu’on janvier on est en deçà des  800 M de Dirhams et que cette baisse tend vers les 660 M de Dirhams.

        Les causes de cette baisse sont indépendantes de la baisse des prix et trouvent leurs raisons dans la situation économique du pays comme on l’a montré dans notre article du 06/05/2013. Toute fois la dernière baisse des prix, aussi légitime soit-elle, risque d’aggraver la situation du secteur.

Face à cette baisse inexorable des ventes de médicaments, la marge de manœuvre des industriels reste à notre avis suffisamment importante pour qu’ils puissent être suffisamment rentables. Elle l’est moins chez les grossistes, alors qu’au niveau des officines cette marge de manœuvre est quasi nulle, vu le rapport entre les charges et les recettes qui est à la limite de l’acceptable pour un cadre ayant un bac + 7.

Dans ces condition le réaménagement des marges* en partie en faveur des officinaux devient une nécessité vitale pour une grande majorité des pharmaciens. Lire à ce sujet : Baisse de 1578 médicaments  

LA BAISSE INEXORABLE DES VENTES DE MEDICAMENTS AU MAROC

Source :   Source : Hassan El Arif « Marché du médicament, un écosystème pour relancer le secteur », L’économiste, page 4, n°4318, du 14/07/2014

La remarque de l’auteur, concernant le manque d’implication de l’industrie pharmaceutique marocaine dans la R&D recherche et développement, est tout à fait pertinente        

Lire aussi notre analyse du 25 juin 2012 : LA CRISE DE L’OFFICINE EN CHIFFRES, Réflexion au sujet d’une hécatombe          

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 19:06

CHIFFRES & REPERES

IMPACT DE LA REFORME DE

LA CAISSE DE COMPENSATION

 

Source : A.G. « Compensation: La cagnotte surprise du Trésor » L’ECONOMISTE, N°4306, page 12, du 26/06/2014

La réforme de la caisse de compensation a permis de dégager :

- 4 milliards d’économies réalisées à fin mai sur les dépenses, réduisant ainsi l’écart entre les charges et les recettes fiscales.  

- Sur l’année, les économies devraient se chiffrer à 7 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 80% de la paie mensuelle des agents de l’Etat.
- Les économies sur les charges de compensation proviennent essentiellement de la réduction du soutien accordé aux produits pétroliers hors gaz de butane

Globalement, la charge de la compensation est répartie à raison de 40% pour le gasoil (16 milliards de DH), à 33% pour le gaz butane (13 milliards) et 16% pour les fuels toutes catégories confondues (9%). Le reste concerne le sucre et le concours aux provinces du Sud.
L’avis du pharmacien :

        C’était inespéré, et il faut Rendre à César ce qui appartient à César, c’est finalement une bonne mesure, douloureuse pour la majorité des citoyens, mais qui a été bien vendue par le gouvernement dirigé en partie par le PJD. Certes le populisme met souvent à nu le côté profond et malsain de certains dirigeants, il a l’avantage néanmoins de faire passer aux couches populaires des mesures rationnelles fortement impopulaires ! C’est tout l’art du Politique.  C’est peut être aussi l’un des rôles impartit aux « islamistes » gouvernementaux marocains ?            

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 21:28

CHIFFRES & REPÈRES

IMPACT DE LA BAISSE DES PRIX DE 1578 MEDICAMENTS SUR L’ASSURANCE MALADIE OBLIGATOIRE AU MAROC

IMPACT DE LA BAISSE DES PRIX DE 1578 SPECIALITES AU MAROC SUR L'ASSURANCE MALADIE OBLIGATOIRE (AMO)

Source : K.M & IL.B « Santé: Louardi poursuit son offensive », L’Economiste, page 2, n° 4276, du 15/05/2014

192 millions de dirhams d’économies

C’est l’impact de la baisse du prix des médicaments sur l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Selon El Houssaine Louardi, ministre de la Santé «Ces économies permettront d’intégrer le remboursement d’autres médicaments»,

Pour le ministre, la baisse du prix des 1578 médicaments n’est pas une opération isolée. Tous les produits qui seront introduits sur le marché s’aligneront désormais sur le prix le plus bas du benchmark. Cette  mesure figure dans le décret et une vingtaine de nouveaux médicaments sont déjà concernés.

A noter cette phrase importante du ministre : «J’étais en faveur d’un alignement sur le prix des médicaments les plus bas du benchmark mais finalement nous avons opté pour la moyenne des prix» Cela explique le fait, que pour certains, cette baisse n’est pas si importante que cela.

ANALYSE DES CHIFFRES :

En scrutant la liste publiée au bulletin officiel on remarque que sur 1578 médicaments

  - 480 spécialités est concernée par une baisse de plus 50.00 DH (seuil significatif et intéressant à notre avis) soit près de 27% seulement du panel.

  - 613 spécialités ont vu leurs prix baisser de plus de 20% (seuil significatif et intéressant à notre avis) soit 38.88% du panel.

  - 516 spécialités ont vu leurs prix baisser de moins de 5% (seuil peu significatif et peu intéressant à notre avis) soit 29.35% du panel.

  - 430 spécialités ont vu leurs prix baisser de moins de 3,00 DH (seuil considéré par nos patients comme insignifiant !) soit 27.24%

L’avis du pharmacien :

        Tous ces chiffres montrent que cette baisse est le fruit d’un compromis assez large, et au final chacun pourra les interpréter à sa façon. C’est globalement mi-figue mi-raisin 

Cela dit, si cette démarche qui vise la clarté des prix pratiqués se poursuit, elle pourrait dans le futur être réellement bénéfique à l’économie du système santé qui pâtit actuellement d’un nombre important de dérapages.

        A noter que cette baisse s’accompagne d’un réaménagement des marges des divers intervenants du circuit du médicament. Globalement, cette nouvelle grille des marges des officinaux s’articule autour de 3 points :  

  • Elle plafonne la marge de l’officinal pour les produits au-delà des 900.00DH*
  • Elle réduit sa marge de 0.25% pour les produits entre 260,00 et 950.00*
  • Elle augmente la marge 3.93% pour les produits au-dessous de 260.00 DH*

*Environ car la grille exacte est plus complexe que cela, voir incompréhensible par certains aspect !

A priori cela favoriserai l’officinal de base, qui travail avec les génériques et les produits à faible coût. Cela dit si on suit la logique du Ministre de la santé, à savoir la baisse actuelle n’est qu’une première étape et que de nouvelles séries de médicaments vont aussi baisser, cette nouvelle grille des marges compensera la chute inexorable du chiffre d’affaire des officines qui est une réalité tangible lire à ce sujet notre article du 06 mai 2013 CHUTE DE L'ACTIVITE DU SECTEUR PHARMACEUTIQUE MAROCAIN AU 1ER TRIMESTRE 2013      

En pratique, dans un premier temps les officinaux serons favorisé, à long terme la rentabilité (en valeur absolue) des officines restera pratiquement la même à condition que le ministère poursuit sa politique. Le grand bénéficiaire de cette baisse des prix ne sont d’autres que les organismes d’assurance maladie, sans oublié la frange importante de la population non couverte.

Quid des industriels :

          A priori ce sont les plus « lésés » … en réalité il ne s’agit pas d’un cadeau fait par les industriels à la communauté, car cette baisse n’est en fait qu’une correction de certains prix excessifs pratiqués depuis une trentaine d’années. Ce sujet  a été traité à plusieurs reprises sur ce blog au fil des années et des informations révélées :        

PRIX DU MEDICAMENT ENTRE MARGE ET MARGE !

PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

PRIX DES MEDICAMENTS : LE SCANDALE

PRIX DU MEDICAMENT : NOUVELLES CONFIRMATIONS

CALCIDIA UN PRIX EXCESSIF - PHARAMSTER Un regard ...     

Non ! les laboratoires ne seront pas lésés. Certes à court terme il faut revoir, pour certains, la politique managériale afin de s’adapter aux nouvelles donnes. A long terme, si la logique de la politique ministérielle est poursuivie elle aura pour conséquence :

          - Une amélioration des finances des organismes de prévoyance sociale, ce qui augure d’un élargissement de la base des assurés sociaux au Maroc (actuellement de l’ordre de 15 à 20% !), et donc une croissance de la consommation des produits de la santé.

          - L’établissement d’un management financier rigoureux au sein des Laboratoires

In finé si la vision de Mr LOUARDI se réalise, la rentabilité en pourcentage des laboratoires pourrait diminuer relativement alors que la rentabilité en valeur absolue verrait logiquement son chiffre augmenté, … après tout c’est ce qui compte.

Un bémol :

La mise en place de cette baisse et du réaménagement des marges s’est faite de manière précipitée et mal organisée. Cela a engendré un cafouillage énorme, avec des ruptures de stock considérables, des mises à jours à la hâte des logiciels des uns et des autres et un flou important dans les comptabilités ! Lire à ce sujet :

Aujourd'hui le Maroc : Baisse des prix des médicaments : L’arbre qui cache la forêt…

Medias24 : Pénurie de médicaments au Maroc la semaine sera très perturbée

Rappelons que ce n’est pas la 1ère fois que les prix de certains médicaments baissent.  Cette manière de faire répond en fait à une logique politique : « L’effet d’annonce », « réorganisation complète », et des « délais courts » afin de suivre un rythme médiatique et non logique.              

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 21:51

CHIFFRES & REPERES

Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux

UN JEUNE SUR CINQ AU MAROC SOUFFRE DE TROUBLES MENTAUX

Sources :

1 - Ahmed Salaheddine  « Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux »,  Aujourd'hui le Maroc, n°3138, pages 1 et 16, du 28/03/2014

2 - « Psychiatrie, des chiffres alarmants » TELQUEL, N°614, page 22, rubrique Laser Science, du 4 au 10 avril 2014.

3 - PHARAMSTER 12/03/2011 :  LECTURE OFFICINALE : RELATION ENTRE CANNABIS & PSYCHOSE

« Au Maroc, un jeune sur cinq souffre de troubles mentaux, et dans la moitié des cas les troubles ont débuté à l’âge de 14 ans», cette affirmation, rapportée par plusieurs médias marocains, est une déclaration  du Ministre de la santé M. Lhoussaine Louardi  dans son discours inaugural de la 2ème rencontre nationale sur la santé scolaire et universitaire du 26/03/2014 à Rabat.

Par ailleurs, des études de l’OMS corroborés par des études internes du ministère montrent que :

     - 48,9% des plus de 15 ans sont atteints de troubles mentaux plus ou moins graves, et que cela est dû à un mode de vie malsain.

     - «Le tiers des décès et les deux tiers de la charge de morbidité à l’âge adulte sont dus à des maladies ou à des comportements malsains du jeune âge».

     - Le mode de vie malsain est corroboré par les faits suivants :

> 16% des élèves âgés de 13 à 15 ans fument

>   6% consomment de l’alcool

>   4% consomment de la drogue.

> 15% sont en situation de surpoids,

> 82% n’ont quasiment pas d’activité physique

> 30% ont été victimes de violences

> 14% ont tenté de se suicider

 

L’avis du pharmacien :

         Ces chiffres sont une terrible réalité montrant une société, à majorité jeunes, qui souffre atrocement. Cette réalité, les officinaux, comme le reste du corps médical, dans les quartiers périphériques la vivent au quotidien.

L’exacerbation des troubles mentaux chez les jeunes va engendrer une augmentation vertigineuse de la consommation de psychotropes. Parallèlement le manque de suivi psychologique et psychiatrique de ces patients va être lui-même la cause de mésusage et d’abus de consommation de psychotropes. Cette situation crée un cercle vicieux :

Mode de vie malsain >> Troubles mentaux >> Mauvais suivi médical >> abus de psychotrope

Face à cette état de fait, l’officinal se retrouve en la première ligne à supporter et à gérer une demande de psychotrope faramineuse. Pire encore, cette demande exagérée met en péril la sécurité même du pharmacien et de ses collaborateurs car elle engendre une violence exacerbée par le sentiment d’impunité et de non droit où on vit au quotidien.

Des solutions :

Le ministre propose :

 «… de promouvoir les prestations préventives et éducatives, le dépistage et la prise en charge précoce ; de contribuer à la mise en place d’un environnement générateur de comportements sains et de faire participer les jeunes aux actions engagées»

 Une phrase politique trop généraliste pour quelle soit suivie d’effets tangibles.

« Le ministre veut aussi aller plus loin sur la voie qui a déjà permis de réaliser 22 centres de référence en santé scolaire et universitaire, 30 centres médicaux universitaires et 32 espaces de santé pour jeunes. Et, qui a également débouché sur la mise en place de structures et de services spécialisés en santé mentale et en lutte contre les addictions. »

Honnêtement, nous pensons que la solution est ailleurs. En effet quand on a 20% de la population juvénile en état de souffrance psychique, ce n’est pas une trentaine de centres qui va suffire mais des centaines et des centaines, ce qui concrètement est irréalisable. Désolé, mais la solution ne peut être qu’étiologique, à savoir lutter contre ce qu’appel Mr le Ministre le « mode de vie malsain ». Et là c’est beaucoup plus compliqué, car il s’agit de promouvoir le progrès social dans son ensemble. Et pour cause cela nécessite un projet de société cohérant et réaliste alors que nous vivons dans une société schizophrène mi-traditionnaliste mi-moderne sans vision à long terme. Une société dont les repères sont un amalgame d’anachronismes absurdes et d’une modernité de façade imposée par les nécessités économiques et les évolutions technologiques. Cette situation est exacerbée par l’état désastreux de l’Ecole marocaine, qui aurait put être une bouée de sauvetage à cette société et qui se retrouve, du fait de décisions politiques quasi criminelles, elle-même dans un gouffre de médiocrité.

Les solutions proposées par Mr le Ministre auraient put être efficaces si elles accompagnaient un projet de société viable. Prisent toutes seules, ces dispositions resterons, comme d’autres …, des vœux pieux.                           

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 19:16

CHIFFRES & REPERES

CHUTE DE L’ACTIVITE DU SECTEUR PHARAMCEUTIQUE

AU 1ER TRIMESTRE 2013

 

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Au premier trimestre 2013 : 

      - l'industrie pharmaceutique a enregistré une chute de 26% en termes de volume (nombres de boites vendues). Soit une baisse de 7 millions d'unités entre janvier et mars.

      - Quant au chiffre d'affaires pour l'ensemble du secteur, il a baissé de 20%, passant de 847,8 millions de dirhams en janvier à 676,4 millions en mars. Ce qui représente une chute de 171 millions de dirhams.

      - Les derniers chiffres de l’IMS indiquent que la crise touche aussi bien le segment des princeps que celui des génériques. Le premier a perdu 120 millions de dirhams (-20%), tandis que second a régressé de 51 millions de dirhams (-19%), malgré une hausse de 9% en termes de volume.

Source : L’ECONOMISTE, n°4024, Rubrique De Bonne Sources, page 37, du 06/05/13

 

L’avis du pharmacien :

        Ces chiffres sont en complète inadéquation avec les attentes, puisqu’avec la mise en place du RAMED on s’attendait ce que l’activité soit boostée au moins au niveau industriel !

De plus la baisse des prix de certains médicaments aurait dû orienter à la hausse le nombre d’unités vendues, or ce n’est pas le cas !   

A notre avis cette chute d’activité, témoigne plus d’un environnement politico-économique globalement morose, sans réelle visibilité, que d’une quelconque spécificité du secteur pharmaceutique.

Au sujet de l’environnement politico-économique morose du pays, lire cet excellent  dossier de la revue TELQUEL « Décryptage : Au royaume des illusions » Ref. TELQUEL, pages 16 à 28, du 19 au 25 04/2013.    

         La baisse de la vente des médicaments, si elle est corrélée réellement à l’accès au soin de façon globlale, est un témoin gravissime de la détérioration de la situation économique des ménages marocains. L’accès au soin est un indicateur fort de la précarisation grandissante de la population.    

Cependant, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives en parlant de crise, étant donné que cette baisse d’activité peut être tout à fait conjoncturelle (baisse ponctuelle des commandes publiques …), et on peut toujours escompter une reprise possible avant la fin de l’année 2013.

PS du 16/05/13

 Un nouvel article paru à la une du journal l’Economiste vient étayer le fait que la baisse de ventes de médicaments au premier trimestre 2013 fait partie d’un contingent d’indicateurs qui suivent tous un trend baissier.

 En effet, même la consommation des produits pétroliers est en repli durant ce même 1er trimestre, avec moins 13% pour l’essence et moins de 8% pour le gasoil. Dans ce même article on apprend aussi que les crédits bancaires suivent la même évolution. Toutes ces données montrent bien que la baisse des ventes des produits médicamenteux n’est pas une liée à une quelconque spécificité du secteur pharmaceutique, elle fait partie d’une évolution globale de l’économie marocaine de l’après « printemps arabe » et de toutes ses diverses conséquences.

 Source :  Ilham BOUMNADE «    Produits pétroliers: Un repli historique », L’Economiste, Édition N° 4032 du 2013/05/16, pages 10.

 

 

 

 

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