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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:16

LE CANNABIS EN QUESTION II

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

RELATION ENTRE CANNABIS & PSYCHOSE

 Cannabis & Psychose

      Nous avons réellement l’honneur de vous présenter cette étude néerlandaise – allemande, dirigée par Rebecca Kuepper (Department of Psychiatry and Neuropsychology, South Limburg Mental Health Research and Teaching Network, Maastricht University Medical Center ) publiée dans le BMJ du mois de Mars 2011 (c’est tout frais).

- Un lien : n’hésitez pas à cliquer, c’est remarquable autant sur la forme que sur le fond, d’autant plus que c’est libre d’accès : Continued cannabis use and risk of incidence and persistence of psychotic symptoms 

- La référence : Kuepper R et coll.: Continued cannabis use and risk of incidence and persistence of psychotic symptoms: 10 year follow-up cohort study. BMJ 2011; 342:d738

Quelques définitions à toute fin utile : 

Une cohorte : Ensemble d'individus suivis chronologiquement, à partir d'un temps initial donné, dans le cadre d'une étude épidémiologique.

Une étude cohorte :  Étude qui consiste à observer dans le temps 2 groupes de personnes :  l’un exposé à un facteur de risque et l’autre non,  mais tous deux indemnes d’une certaine maladie et de comparer la survenue de cette maladie dans chacun des groupes

Incidence : Nombre de nouveaux cas d'une maladie constatés pendant une période déterminée et dans une population donnée (OMS).

Prévalence : Nombre de cas de maladie ou de malades, ou de tout autre événement, dans une population déterminée, sans distinction entre les cas nouveaux et les cas anciens (O.M.S).

OBJECTIFS :

     Le lien entre la consommation de cannabis et les troubles psychotiques a été plusieurs fois démontré, sans qu’on parvienne à préciser si c’est le cannabis qui est responsable des troubles constatés ou si ceux-ci préexistaient à l’utilisation du cannabis.

METHODE :

- Cette étude, étalée sur 10 ans, a été réalisée sur une cohorte de 1923 personnes, âgées de 14 à 24 ans au début de l’étude,

- Elle est basée sur la déclaration par les patients de leur consommation de cannabis et leur description d’expériences psychotiques, révélant, ce que les auteurs appellent, une psychose infraclinique, c’est-à-dire en deçà des critères de trouble psychotique constitué.

- L’étude s’étale donc sur une durée de 10 ans avec des « états des lieux » périodiques :  

- Etat des lieux à T1 : démarrage de l’étude,

- Etat des lieux à T2 : en moyenne 3,5 ans après le début et

- Etat des lieux à T3 : en moyenne 8,4 ans après le début.

RESULTATS :

       - Pour les sujets qui au démarrage de l’étude ne signalent aucun usage de cannabis et ne décrivant aucune expérience psychotique : la consommation de cannabis entre le début de l’étude (T1) et 3,5 ans après (T2) augmente significativement le risque d’expérience psychotique survenue 4 ans après c’est-à-dire entre T2 (3,5 ans) et T3 (8,4 ans) de l’ordre 1,1 à 3,1 avec un intervalle de confiance à 95 %.

       - La poursuite de la consommation de cannabis semble avoir aussi un impact sur le risque de répétition et de persistance des symptômes psychotiques entre T2 (3,5 ans) et T3 (8,4 ans) de l’ordre de 1,2 à 4,2 avec un intervalle de confiance à 95 %. 

       - L’incidence des expériences psychotiques de T1 (début) à T2 (3,5 ans) est de 31 % parmi les consommateurs de cannabis, contre 20 % chez les patients non-consommateurs.

       - Entre T2 (3,5 ans) et T3 (8,4 ans), cette incidence est de 14 % parmi les consommateurs de cannabis et 8 % chez les patients non-consommateurs. Cette association est indépendante de l’âge, du sexe, des conditions socio-économiques, de l’utilisation d’autres drogues, de l’environnement rural ou urbain, et de traumatismes de l’enfance. L’ajustement pour d’autres désordres psychiatriques ne change pas non plus les données.

CONCLUSIONS :

      - Les auteurs estiment que cette étude plaide contre la théorie de l’utilisation à des fins médicales du cannabis, puisqu’ils constatent que les expériences psychotiques survenant au cours de l’étude chez les non consommateurs ne sont pas un facteur prédictif de l’utilisation de cannabis par la suite.

      - Ils insistent par contre sur le fait que les expériences psychotiques, relativement fréquentes dans la population générale et la plupart du temps transitoires, peuvent persister anormalement, voire s’aggraver et conduire au stade de la psychose constituée, si elles sont combinées à une consommation persistante de cannabis. Ce dernier venant alors se joindre aux autres facteurs de risque environnementaux reconnus de maladie psychotique.

L’AVIS DU PHARMACIEN :

      - Cette étude remarquable vient confirmer le lien entre l’utilisation du cannabis et la survenue d’épisodes psychotiques.

      - Dans notre pratique quotidienne, le passage de l’utilisation du cannabis notamment chez les jeunes vers des consultations psychiatriques avec des ordonnances type [Haldol, Artane et Largactil] est bien établi. Cette étude c’est du pain béni pour l’officinal puisqu’elle nous donne un argument solide et rationnel contre l’usage du cannabis, qui jadis était considéré, à tort ou à raison, comme la porte d’entrée vers les drogues plus dures et qui aujourd’hui doit être considéré comme une porte d’entrée vers les psychoses avec ce que cela engendre comme déchéance pour l’usager et comme drame pour son entourage.

L’officinal n’a pas à faire de morale, ni à porter un jugement de valeur sur le comportement des gens, par contre il est de son devoir de présenter des arguments solides et rationnels.                   

      - Cette étude met clairement en doute les arguments pour la légalisation du cannabis. Que cette légalisation se fasse de manière directe ou sous forme d’une « automédication » contrôlée, en principe à usage thérapeutique.    

Cette question de la légalisation d’un produit reconnu toxique nous mènera au troisième volet de cette mini série d’articles sur le cannabis où on évoquera la célèbre phrase en 1968 de  Jean Yanne « il est interdit d’interdire » et on verra que paradoxalement, alors qu’on est loin d’être des anarchistes, que cela n’est pas totalement dénoué de bon sens (tout un programme).   

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 18:56

LECTURE OFFICINALE

Intérêt de la vitamine D dans les hépatopathies chroniques

Filiation pharmacologique et chimique de la vitamine D

 

Source : Rode A et coll. : Oral vitamin D replacement is effective in chronic liver disease. Gastroenterologie Clinique et biologique (clinics and research in hepatology and gastroenterology), 2010 ; 34 : 618-620.  Lien :  Oral vitamins D replacement is effective in chronic liver disease

 

           Une équipe du Royal Melbourne Hospital (Australie) a publié en novembre 2010 un article fort intéressant, intitulé « Fréquence du déficit en vitamine D et effet de la supplémentation orale au cours des maladies chroniques du foie ». Cette publication pourrait avoir un impacte non négligeable, si elle est confirmée, sur la prise en charge des hépatopathies chroniques : hépatites virale, cirrhoses …   

Sachant que la phase terminale des hépatopathies chroniques est associée à un risque élevé de déficit en vitamine D ;  cette étude avait pour objectif de déterminer la prévalence de ce déficit et d'évaluer l’intérêt d’un apport de vitamine D par voie orale.     

 

Méthode :

- Le panel : 158 patients (52% d’hommes et 48% de femmes) tous atteints d’hépatopathies chroniques, dont 41% étaient des cirrhoses.

- La mesure du taux de vitamine D (le 25 hydroxyvitamine D noté 25OH D3) dans ce panel a donné les résultats suivants :

- Taux normal supérieur à 54 nmol/l :    36%    

- Déficit modéré  entre 25 et 54 nmol/l : 49%

- Déficit sévère moins de 25 nmol/l :      15%

Autres données :

- 75% des patients cirrhotiques présentaient un déficit modéré ou sévère en vitamine D. 

- 40% seulement des patients ayant une cholestase présentaient un déficit

- Pour juger de la sévérité de l’hépatopathie : Les auteurs ont utilisé les dosages d’albumine et de bilirubine corrélés au taux de 25 hydroxyvitamine D (25OH D3).

 

Résultats :

Au bout de 4 mois, les auteurs ont constaté

- Une augmentation de 60% en moyenne  chez les patients qui ont reçu une supplémentation du fait d’un déficit initial en vitamine D.

- Pour les malades à vitamine D normale en début d’étude et non supplémentés, le taux sérique de 25OH D3 a baissé de 25 %.

 

Conclusions des auteurs :

- Le déficit en vitamine D paraît fréquent au cours des hépatopathies.

- La supplémentation paraît efficace (60% d’augmentation de vitamine D3 sérique)

- En l’absence d’un apport oral, le taux de vitamine D baisse inexorablement, démontrant l’intérêt d’une supplémentation orale systématique chez tous les patients porteurs d’une hépatopathie. Ceci est d’autant plus intéressant que des taux faibles de vitamine D seraient corrélés in vitro : 

           - A un risque de fibrose

           - A la sévérité de la stéatose dans les hépatopathies métaboliques,

           - Et aux effets du traitement (iatrogène) dans les hépatites virales, auto-immunes, les cirrhoses biliaires primitives et le carcinome hépatocellulaire.

 

L’avis du pharmacien :

      C'est un travail ici  fort intéressant car il implique un changement notable dans la prise en charge des hépatopathies dont le nombre de patients qui en est atteint ne cesse d’augmenter.

Ce changement de prise en charge doit être assujettis à deux conditions :

1 - La reproductibilité des données présentées par l’équipe australienne     

2 - L’absence de tout conflit d’intérêt entre les auteurs et les fabricants de vitamine D.    

De quoi je me mêle ? 

"Vends tes remèdes et casse toi pauvre « pharmacien »" aurait pu dire N. Sarkozy 

Cette étude, si elle est confirmée, nous permettra de mieux accompagner nos patients, de plus en plus nombreux, atteints d’hépatopathies.

Par ailleurs, le sujet de cette étude, devrait rester dans la ligne de mire de nos industriels (nationaux et internationaux), qui au lieu de se focaliser uniquement sur les statistiques de l’IMS mettant sur le marché des produits sans aucune utilité devraient s’arrimer constamment sur la recherche internationale pour mieux répondre aux besoins futures de nos patients.

Dans le cas présent, une vitamine D3 présentée en de simples sachets (et même en paquets de vieux apothicaire, mais pitié ! pas de comprimés effervescents encore, c’est strictement inutile ouallah) pourrait être la bien venue dans le future, avec une seule présentation correctement dosée (pas de formes nourrisson, petit enfant, grand enfant, petit adulte, adulte, grands-parents … des appellations marketing absurdes).

Oui on peut gagner de l’argent en rendant service au patient, à condition de ne plus le considérer comme un simple consommateur (comme le ferait Mr E. Leclec) mais de repositionner toute notre logique en fonction de ses besoins réels.

Cela exige l’implication volontariste et sans réserve du pharmacien d’officine, à travers ses instances représentatives (oh combien absente de tout débat scientifique) pour impulser cette dynamique dans le bon sens, celui d’une part de la création de richesse materielle et immaterielle pour l’entreprise, et d’autre part, dans le sens du progrès et de l’innovation au service du patient.            

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MISE AU POINT PHARAMSTER   

Filiation pharmacologique et chimique de la vitamine D

 

Ce rappel s’articulera au tour des thématiques désormais classiques à PHARAMSTER, la filiation pharmacologique et la filiation chimique L’objectif, puisqu’on est suivi de près par des universitaires de la faculté de médecine et de pharmacie, étant une meilleure organisation de l’information qui n’a aucun intérêt si elle ne permet pas à chacun de développer un raisonnement critique cohérant, bref de ne plus être un analphabète fonctionnel au sens du Pr Harouchi. En clair savoir situer l’information et savoir l’utiliser. La chimie est fondamentale pour maîtriser le médicament et c’est le principal grief que nous avons vis-à-vis de la Revue Prescrire qui néglige ce volet fort important du savoir pharmaceutique.           

     La vitamine D devrait être considérée comme une hormone car elle est en grande partie synthétisée par la peau, véhiculée par le sang, transformée par le foie et le rein en un métabolite actif : le calcitriol.

Elle intervient essentiellement au niveau du métabolisme phosphocalcique avec une tendance à augmenter la calcémie (on vient de lire qu’elle aurait aussi d’autres effets). Sa synthèse est régulée par la calcémie.

 

Filiation pharmacologique de la vitamine D :

On se basera ici sur le mécanisme d’action :

- Vitamines qui, par action nucléaire, modifient la transcription du DNA en mRNA et en protéines correspondantes : Ce sont les vitamines A et D, toutes les deux sont liposolubles

- Vitamine qui inactive des radicaux libres au niveau membranaire : La vitamine E (liposoluble) 

- Vitamines qui participent au métabolisme, en catalysant des réactions enzymatiques de transfert de groupes comme CO2, CH3, NH2 : C'est le cas des vitamines B1, B6, B12, biotine, acide pantothénique et de l'acide folique

- Les vitamines qui participent au transfert d'électrons : Vitamine C, vitamine K (liposoluble), vitamine PP et vitamine B2

 

Filiation biochimique de la vitamine D :

Les formes actives de la vitamine D sont le calcifédiol et surtout le calcitriol. Ils ont comme précurseurs : le cholécalciférol ou vitamine D3 et le calciférol ou ergocalciférol ou encore vitamine D2.

Mais avant d’en arriver là, l’histoire de la vitamine D commence par une structure de toute beauté, que les "méchants" chimistes appellent : structure cyclopentanoperhydrophénanthrène (là je la cite juste pour vous embêter, et pour dire à nos amis médecins et autre biologistes, qu’on en sait des choses nous, hein !).

11-03-02-CYCLE-STERANE.jpg

        Si on donne autant d’importance à cette structure, c’est qu’elle est réellement l’une des plus importantes du corps humain. En effet on la retrouve comme structure de base :  

- des androgènes (oui si vous êtes un homme moustachu c’est grâce à cette structure)            

- des oestrogènes et progestatifs (si vous êtes une femme aux formes de rêves c’est aussi grâce cette structure)

- des glucocorticoïdes (qui contrôlent votre glycémie, votre tension et même votre réponse immunitaire)

- des acides biliaires et leurs sels

-  et, bien entendu, comme structure de notre vitamine D qui du fait de cette filiation et de sa pharmacologie est considérée comme une hormone.

- enfin pour être complet (ou presque) on retrouve cette structure au niveau végétal dans les hétérosides cardiotoniques (la digoxine) et dans certaines huiles végétales.       

 

        Mais revenons à nos moutons, globalement la synthèse des métabolites actifs de la vitamine D se base sur l’ouverture du cycle B de la structure sterane de base. Quoi de mieux pour expliquer tout cela qu’une belle planche toute blanche (ça c’est juste pour la rime, et il faut un bac plus 7 pour le faire) :

 11-03-02-Filiation-biochimique-de-la-vitamine-D-copie.jpg

 

         Le véritable carrefour de cette synthèse, selon nous, c’est la vitamine D3 (le cholécalciférol) qui trône au milieu de cette planche, avec deux atomes des carbones sur lesquels tout va se jouer : le carbone n°1 (rond bleu) et le carbone n°25 (rond rouge). Le reste, franchement, c’est une simple affaire d’hydroxylation (ajout de groupe OH, avec un suffixe -ol qu’on ajoute au nom de la molécule) pour arriver in finé au calcitriol (nous revoilà avec le suffixe -triol, c’est tout bêtement 3 OH).       

 

        Une remarque saute aux yeux, si tous les chemins mènent à Rome, ici toutes les molécules mènent au principal métabolite actif le calcitriol, y compris l’alfaclacidiol (UN-ALFA) qui est une molécule de synthèse qui ne diffère de vitamine D3 (oui, celle là qui trône au milieu de la planche comme César à Rome) que par un tout petit OH sur le carbone n°1 (le rond bleu) et qui au final sera métabolisée en calcitriol le principal métabolite actif, qui est l’humble petit soldat qui va au front guerroyer pour fixer le calcium sur les os, et qu’on n’évoque que rarement aux médecins …

        Une question se pose alors, si toutes les molécules mènent au clacitriol, y compris la bonne vielle vitamine D2 [STEROGYL goutte à 15,50 DH], quel intérêt y a-t-il à utiliser des produits intermédiaires (des précurseurs) qui coûtent beaucoup plus chers ?

Vous avez dit à quoi bon la chimie ? Elle permet simplement de poser le genre de questions qu’on vient d’annoncer ci-dessus, et en prime elle donne à l’officinal l’accès à la maîtrise parfaite du médicament. Maîtrise qui lui autorise une certaine aisance dans sa communication qui devient plus convaincante autant avec le patient (l’observance) qu’avec le médecin (respect et partenariat), qu’avec les autorités de tutelle (crédibilité et respect).

L’intérêt fondamental des précurseurs du calcitriol réside d'abords dans le cas où il y a un défaut de métabolisme hépatique ne permettant pas la transformation spécifique de vitamine D3 en calcifédiol (le principe actif du Dedrogyl, ) qui donnera par la suite le calcitriol. Ou encore un défaut de métabolisme rénal (1-alpha hydroxylase rénale inopérante) et là c’est l’utilité de l’alfacalcidiol (Un-alfa). Cet élément paraît important en cas d’hépatopathie

Un exemple le RCP du calcifédiol (Dedrogyl) note que : « L'administration de calcifédiol court-circuite la phase hépatique du métabolisme de la vitamine D et apporte ainsi directement dans l'organisme ce premier métabolite.» Oui mais au final il se transforme en calcitriol quand même.

Remarques importantes c’est au niveau de pharmacocinétique de ces molécules : 

- Pour le calcifédiol (Dedrogyl) : sa demi-vie est de l'ordre de 18 à 21 jours et son stockage dans les graisses est moins important que celui de la vitamine D en raison, vraisemblablement, de sa plus faible liposolubilité.

- Pour l'alfacalcidiol (Un-alfa) : la demi-vie d'élimination plasmatique du 1-alpha 25 (OH) D3 est d'environ 24 heures.

- Par rapport à la vitamine D3 (Calcifix D3, Cacit D3) qui est fortement liposoluble et qui est stockée dans le tissu musculaire et surtout dans les tissus adipeux impliquant un effet release (un re-largage) en cas de surdosage. Les précurseurs immédiats du calcitriol offrent une plus grande maniabilité, avec plus de sécurité, due à leur relative hydrosolubilité qui s’explique chimiquement par l’ajout de groupement hydroxy OH [O-H+]. Cela est il un argument suffisant pour justifier leurs coûts onéreux ?  

 

Post-scriptum :

Cet article qui nous a donné beaucoup de mal au début, a été in finé un véritable plaisir que nous espérons humblement vous avoir fait partager.     

Vite une escapade, là on le mérite …       

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 12:42

LECTURE OFFICINALE

CHLORHEXEDINE & ALLERGIE

  

11-02-21-Chlorhexidine-et-allergie-copie.jpg

En février 2010, nous avions consacré à la chlorhexidine deux articles :

- LA CHLORHEXIDINE VS POVIDONE IODEE 

- LA CHLORHEXIDINE STRUCTURE & APPLICATIONS (vivement conseillé)

Dans ces deux articles on n’avait pas évoqué les effets secondaires de la chlorhexidine, une étude finlandaise réalisée à partir de 1999, publiée ce mois de janvier 2011 vient d’apporter des éclaircissements sur les risques d’allergies à cette molécule.

Le but de cette étude a été d'analyser les sources d'exposition et de sensibilisation à chlorhexidine, et d'obtenir par la suite des données sur la prévalence de la sensibilisation et allergie de contact liées à la chlorhexidine.

Méthode :

- Des tests patch ont été réalisés avec le digluconate de chlorhexidine (0,5% en solution aqueuse) sur 7610 patients venus consulter pour une allergie de contact suspecte au service de dermatologie de l’hôpital universitaire de Turku (Finlande).

- Les dossiers médicaux des patients ont été examinés pour vérifier une éventuelle exposition préalable à la chlorhexidine.

Résultats :

- Une réaction positive à la chlorhexidine patch a été observée chez 36 patients soit 0,47%.

- La responsabilité de l’antiseptique dans la dermatite ou la stomatite des malades concernés n’a été établie que dans 5 cas soit 0,06%.

- Cependant, la chlorhexidine contribuait selon les auteurs à la pathologie cutanée ou muqueuse chez 11 autres personnes soit 0,14%.

- Une exposition antérieure à des produits contenant la chlohexidine n’a put être mise en évidence que chez 16 patients (sur les 36 cas positifs au patch test).

 Conclusions des auteurs :

 - Les sources potentielles de sensibilisation à la chlorhexidine sont essentiellement des désinfectants cutanés et des produits d’hygiène buccale.

- L’exposition à la chlorhexidine chez les patients sensibilisés à cet antiseptique peut retarder la guérison d’une dermatite ou d’une gingivite en cas de persistance d’utilisation de topiques en contenant.

L’avis du pharmacien :

L’intérêt pour nous de cette étude réside dans les chiffres relativement bas de cas d’allergie à la chlorhexidine. 0,47% de réactions positives au patch test et surtout 0,06% de cas où la chlorhexidine a généré une dermatite ou une stomatite. C’est plutôt rassurant à notre sens (par les temps actuels).

Une nuance tout de même, la réaction allergique dépend fortement du terrain et particulièrement des spécificités génétiques. Autrement dit, ce qui est valable en Finlande n’est pas automatiquement transposable ailleurs, cela dit cette étude reste une bonne référence autant par le sérieux de ses auteurs, le nombre de cas recrutés que par la méthodologie de travail.           

Source : Liippo J et coll. : The relevance of chlorhexidine contact allergy. Contact Dermatitis 2011 ; publication avancée en ligne le 13 janvier. DOI: 10.1111/j.1600-0536.2010.01851.x

Lien : Contact Dermatitis  

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 18:19

LECTURE OFFICINALE

IMPACT DU SPORT SUR L’ACTIVITE SEXUELLE

 

           Quel est l’impact du sport sur l’activité sexuelle ? Une question insidieuse posée parfois de façon directe mais le plus souvent de façon narquoise. Pourtant, au fil de nos lectures, on a pris connaissance de deux études américaines, l’une 2003 émanant du Harvard School of Public Health (Department of Nutrition), l’autre de 1990 de l’Université de Californie (Physical Education Department). Ci-après une lecture officinale de ces deux études.

 

1 – Etude de la Harvard School of Public Health (Department of Nutrition) :

Source : Bacon CG, Mittleman MA, Et Al. Sexual Function In Men Older Than 50 Years Of Age: Results From The Health Professionals Follow-Up Study. Ann Intern Med. 2003 Aug 5;139(3):161-8.

 

             L'objectif de cette étude est de décrire l'association entre l'âge et plusieurs aspects du fonctionnement sexuel chez les hommes âgés de 50 ans.

Méthodologie :

- 31 742 hommes, l'âge de 53 à 90 ans ont participé à cette étude.

- La collecte des informations s’est effectuée en l’an 2000 par des questionnaires se rapportant à l’activité sexuelle, l'activité physique, le poids, le tabagisme, l'état matrimonial, l’état de santé et les médicaments utilisés.

De précédents questionnaires biennaux étaient envoyés depuis 1986 posaient des questions sur la date de naissance, la consommation d'alcool et d'autres renseignements sur la santé, ont été pris en compte. 

Résultats :

- Après exclusion des patients atteints de cancer de la prostate, la prévalence normalisée selon l'âge du dysfonctionnement érectile au cours des 3 mois précédents était de 33%.

- De nombreux aspects de la fonction sexuelle ont fortement diminué après l’âge de 50 ans (la fonction d'ensemble, le désir, l'orgasme, et la capacité globale).

- L'activité physique est associée à une réduction de risque de dysfonction érectile

- L'obésité était associée à un risque plus élevé : le risque relatif est de 1,3 [IC : 1,2 à 1,4] pour un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 28,7 kg/m2 vs un IMC inférieur à 23,2 kg/m2.

- Le tabac, la consommation d'alcool, et le temps passé devant la télévision ont également été associés à une prévalence accrue de la dysfonction érectile.

- Les participants qui n’avaient pas de maladies chroniques et qui avaient un mode de vie relativement satisfaisante avaient la plus faible prévalence.
Conclusions des auteurs :

               Le bon maintient de la fonction érectile paraît être corrélé globalement avec une bonne hygiène de vie. Même en considérant l’impact d’autres facteurs ; le mode de vie le plus fortement associé à une augmentation de la prévalence du dysfonctionnement érectile était marqué par le manque d'activité physique et l’obésité.

 

2- Etude de l’Université de Californie (Physical Education Department) :

Source: White JR, Case DA, Et Al. Enhanced Sexual Behavior In Exercising Men. Arch Sex Behav. 1990 Jun;19(3):193-209.

 

                     L’objectif de cette étude a été la recherche de l’impact de 9 mois d’exercice physique sur : la condition physique globale, les facteurs de risque des maladies coronariennes et la sexualité.

Méthodologie :

- Le panel : 78 hommes en bonne santé mais sédentaires (âge moyen, 48 ans).

- Les exercices physiques préconisés, pour le groupe test, se faisaient en groupe avec un superviseur, avec une durée est 60 min par jour, 3,5 jours par semaine. Le maximum d’intensité de ces exercices ciblait  75-80% du maximum des capacités de travail aérobie.   

- Un groupe témoin de 17 hommes (âge moyen, 44 ans) s’est vu préconisé un rythme modéré 60 min par jour, 4,1 jours par semaine en moyenne.

- Chaque participant a tenu un journal quotidien avec les exercices physiques effectués, l'alimentation, l’usage éventuel du tabac, et enfin l’activité sexuelle. 

Résultats et conclusions :

- Les effets bénéfiques d’un exercice physique régulier et vigoureux sur la condition physique et sur le risque de maladies coronariennes ont été obtenus en accord avec les études antérieures.

- L’analyse des journaux quotidiens des participants a révélé une amélioration de l’activité sexuelle significativement plus élevée dans le groupe test (fréquence des diverses activités intimes, fiabilité du fonctionnement pendant les rapports sexuels, pourcentage d'orgasmes satisfaisant, etc.) En outre, le degré d'amélioration de la sexualité chez les sportifs a été corrélé avec le degré d’amélioration de leurs conditions physiques.


Réflexion ultra light
(Âme délicate s’abstenir) :

           L’impact de l’activité sportive sur le QI ne parait pas très claire au vu de la platitude du discours de la plus part des sportifs de haut niveau, alors que l’effet de l’activité physique sur la moitié du QI, qu’on notera [QI/2]1 (QI sur deux indice 1, autrement dit la lettre Q pour ceux qui sont assez puritains pour ne pas  vouloir comprendre) parait bien établi par les études précitées et par des affaires comme celles de Beckham, Ribery ou encore de Tiger Wood.

Quelle meilleure façon de terminer cette année 2010 pour les sportifs amateurs que nous sommes?

Note à part : Une petite question légitime se pose tout de même, quelle différence y a-t-il entre un sportif professionnel et un sportif amateur ? La réponse est toute simple, le sportif de haut niveau joue souvent sur le terrain des autres, alors que le commun des amateurs se contente de jouer sur son propre terrain, ce qui est en adéquation, contrairement aux professionnels, avec un QI honorable, toute en conservant un bon impact sur [QI/2]1, ce qui est étayé par les études américaines précitées   

On aurait pu vous souhaiter pour cette année 2011 argent, santé et bonheur, mais … après réflexion, l’argent et la santé ne sont là que pour servir de socle à l’amour qui est l’essence même du bonheur. Sinon à quoi bon tout l’argent de Crésus et toute la forme d’Arnold Schwarzenegger à son apogée ?

Sans contorsion intellectuelle aucune, appelons un chat un chat : tout ce qu’on vous souhaite pour 2011 c’est de l’amour. Et sans hypocrisie, quel plus bel amour que celui des femmes (du moins pour tout homme normalement constitué).

Jean Gabin disait à juste titre à ce propos :            

« Au milieu de ma vie, j'ai encore appris.

C'que j'ai appris, ça tient en trois, quatre mots :

"Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau,

j'peux pas mieux dire, il fait très beau ! »

Espérons qu’il fera beau, pour vous, durant les futurs 365 jours à venir. Sans être un freudien du dimanche, n’est-il pas vrai qu’au sein de leurs seins se trouve une bonne partie de notre raison d’être ?

Bonne année 2011

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 00:00

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

IMPACTE DES BOISSONS SUCREES

SUR LE DIABETE & LE SYNDROME METABOLIQUE

 

 

 10-11-11-LO-Boissons-sucrees-et-Diabete.jpg

 

Mes remerciments au Dr Mouna pour la relecture éclairée de ce texte  

 

Lecture à part :

                Une étude intitulée : L'étude épidémiologique internationale sur la prise en charge du diabète (IDMPS: International diabetes management practices study), sponsorisée par Sanofi-aventis, a concerné 500 patients dans diverses régions du Maroc.

 Elle a montré que

- L'équilibre du diabète, n'est atteint que chez le1/3 des patients diabétiques de type 2 conformément aux normes recommandées par les instances scientifiques internationales

- Prés de la moitié des patients n’a bénéficié d’aucun dépistage des complications vasculaires du diabète.

Source : L. Hallaoui « Plus de 3 millions de diabétiques », Le Soir, n°700, page 9, du 11/11/10 

 

L’avis du pharmacien :

              Comme pour toute étude sponsorisée, il paraît nécessaire d’avoir un œil critique par rapport aux conclusions, avant de les adopter. En effet ce genre d’études, sans qu’elles soient faussent ne sont pas totalement justes, car elles tendent à mettre une forme de pressing sur la prescription du médicament reléguant les recommandations en matière d’hygiène de vie, qui sont fondamentales, à de simples accessoires.

Nous pensons, sauf erreur  de notre part, que la sensibilisation au problème du diabète devrait s’articuler d'abord autour de deux points essentiels non pharmacologiques (non vendeurs de médicaments, donc sans intérêt pour les sponsors) :

-  Une alimentation avec un minimum de sucre rapide

- Une activité physique régulière modérée à intense, adaptée à l’état physique.                

Il s’agit d’opérer un profond changement de comportement dans les habitudes de la population. Et justement, voici une lecture d’une méta-analyse remarquable qui met le doigt sur l’impact des boissons sucrées sur l’apparition du diabète, un sujet hautement sensible car il implique de gros intérêts financiers,

  

IMPACT DES BOISSONS SUCREES SUR LE DIABETE ET SUR LE SYNDROME METABOLIQUE :

  

Source : Malik VS, Popkin BM, Després JP, Sugar-sweetened beverages and risk of metabolic syndrome and type 2 diabetes: a meta-analysis, Diabetes Care. 2010 Nov;33(11):2477-83.

 

                C'est une méta-analyse publiée dans la revue Diabetes Care, du mois novembre 2010, rapportée par le site officiel de l’US National Library Of Medicine, diligentée par le département de nutrition de la Harvard School of Public Health

 

Méthode : 

    - Cette analyse américaine rassemble 11 études rapportées dans la base de données MEDLINE jusqu'en mai 2010

    - Elles ont porté sur un total de 310 819 adultes.(oui plus de trois cent milles cas étudiés)  

    - Ella a inclus diverses boissons sucrées, gazeuses, fruitées, thés glacés, boissons énergétiques, eaux vitaminées, etc.

 

Résultats :

     Les personnes qui consommaient 355 ml ( soit presque une canette) par jour de ces boissons avaient

    - 26 % plus de risque de souffrir de diabète de type 2,

    - 20 % de risque en plus pour le syndrome métabolique,

     par rapport à ceux qui en buvaient très peu ou pas.

 

Conclusions des auteurs :

     En plus de l’obésité, l’augmentation de la consommation des boissons sucrées, qu'elles soient énergétiques, gazeuses, en jus ou autre, est clairement associée au développement du syndrome métabolique et du diabète de type 2.

 

Note à part : le syndrome métabolique de manière simplifiée 

Il y a syndrome métabolique lorsqu’au moins 3 des facteurs de risque suivants sont présents : obésité abdominale, hypertension, glycémie élevée, faible taux de bon cholestérol (HDL) et un taux élevé de triglycérides sanguins.

 


L’avis
du pharmacien

              La lutte contre la progression du diabète et ses effets délétères, ne peut pas se limiter uniquement au dépistage, au traitement médicamenteux, et au suivi des patients qui sont des nécessités de base, le véritable chalenge réside dans le changement de notre comportement alimentaire et de la pratique sportive.

En effet le sucre n’a pas été de tout temps un aliment de base, loin de là, la majorité des êtres humains jusqu’au moyen âge vivaient sans consommer aucun gramme de sucre, alors qu’ils dépensaient énormément d’énergie dans leur vie courante. Le paradoxe de l’histoire a fait qu’avec le développement de l’humanité la sédentarité s’est accrue simultanément avec la consommation de sucre sous toutes ses formes créant un véritable problème de santé publique.

              Mieux encore, le sucre étant parfois un exhauseur mais le plus souvent un masqueur de goût, sa surconsommation a biaisé la perception gustative des aliments naturels. Et de ce fait, un glissement de la consommation s’est opéré vers une alimentation au goût accrocheur (trop sucrée, trop salée et trop grasse) sur laquelle surfe allégrement les industries agro-alimentaires modernes.

              Le sucre ne peut être considéré comme un aliment de base comme c’est le cas au Maroc, loin de là, c’est au mieux un condiment et plus probablement il devrait être considéré comme un alicament car, comme le conclut la méta-analyse de la Harvard School of Public Health présentée, le sucre est fort probablement diabétogène.               

              

                         La réflexion de l’apothicaire :

Cet effet diabétogène s’expliquerait peut être par le fait que le sucre rapide crée un « choc hyperglycémique » difficilement gérable par le corps humain, contrairement aux sucres lents qui donnent au corps le temps nécessaire pour adapter harmonieusement le métabolisme aux besoins énergétiques du corps.

Entre le fruit et le jus de fruit la différence est énorme, car si le fruit entier permet rapidement de retrouver une sensation de satiété, le jus de fruit lui ne permettant pas cela crée un appel calorique favorisant une surconsommation de glucides.  

 

             Au sujet des boissons sucrées, qu’elles soient gazeuses ou non, nous vous recommandons vivement de télécharger ce magnifique travail canadien (Canadien comme d’habitude) de ce mois de septembre 2010, remarquable par son courage intellectuel et son argumentation rationnelle dans une présentation des plus agréables.

Il s’agit du Bulletin de santé publique (cliquer sur le titre, fichier PDF de 36 pages) de ce mois de septembre 2010. C’est un document publié par l’association de santé publique du Québec, ASPQ une vraie association qui honore par son travail la société civile canadienne.   

 

Plus humblement, nous vous invitons à lire sur ce même blog :

Boissons énergisantes : prendre d’abord … du recule   13/07/2010

Impact des boissons gazeuses sur la santé 19/02/2010

Hygiène de vie et diabète 09/05/2010

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 17:14

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

LE POINT SUR L’UTILITÉ

DE L’APPENDICE ILÉO-CÆCAL

 

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Source : Jean-Pierre BADER* «L’appendice ne sert-il vraiment à rien ? », Revue Pour La Science, n°390, Page 20, avril 2010. * Professeur émérite et ancien directeur scientifique de l'INSERM

 

        Un chiffre : 360 000 personnes subissent une appendicectomie chaque année en France suite à une crise d’appendicite, c’est suffisamment important pour se demander : à quoi sert l’appendice iléo-cæcal ? En arabe AL MASRANA AZAIDA.

C’est à cette question que J.P. BADER, professeur émérite, a tenté de mettre au clair dans une page parue dans l’excellente revue Pour la Science, le versant francophone de la revue américaine « Américan Science ».

 

L’appendice iléo-cæcal ou vermiculaire : carte de visite

   - L'appendice est un petit tube cylindrique de 5 à 12 centimètres de long,

   - Présentant une cavité centrale de 3 à 7 millimètres de diamètre, liée au cæcum, au point de jonction entre l'intestin grêle et le gros intestin.

   - Ses parois sont tapissées de cellules lymphoïdes du système de défense contre les infections.

 

L’utilité de l’appendice iléo-cæcal ?

     Ce petit organe est proche des germes bactériens peuplant le gros intestin, notamment des bactéries non pathogènes utiles à la digestion.

L’appendice peut s'infecter quand des germes pathogènes apparaissent. Si l'appendicite n'est pas rapidement prise en charge, les risques sont multiples: abcès, péritonite, voire décès.

Après des siècles d'impuissance face à ce fléau, on a trouvé le remède pour soulager les malades. Les chirurgiens pratiquent l'appendicectomie, un acte chirurgical de routine qui consiste à retirer l'appendice obstrué.

     Quand une appendicite est diagnostiquée, le rapport bénéfice - risque  lors d'une appendicectomie est si élevé, que certains chirurgiens sont enclins à proposer des appendicectomies dites préventives sur appendice sain dans quelques rares situations. C'est le cas pour des individus devant vivre pendant longtemps dans un grand isolement, loin de tout recours chirurgical urgent, à l'occasion de longues croisières hauturières, d'expéditions polaires, de vols spatiaux, etc.

     Mais les ablations préventives d'appendices sains sont-elles toujours justifiées? Autrement dit quels sont les arguments en faveur ou en défaveur de ce genre d'opérations ? 

 

            Les arguments en faveur de l’inutilité physiologique de l’appendice : 

 - Selon les partisans des appendicectomies préventives, il est souhaitable d'être débarrassé d'un organe susceptible de causer de graves ennuis de santé.

- Beaucoup considèrent que l'appendice n'est qu'un vestige évolutif qui a dû jouer un rôle chez nos lointains ancêtres, rôle à présent révolu. On ne l'observe d'ailleurs plus chez nombre de mammifères, à l'exception des herbivores.

- Un autre argument retenu pour douter de l'utilité de cet appendice est que ses cellules lymphoïdes ne sont pas présentes toute la vie. Leur nombre est maximal à l'âge adulte, puis elles s'atrophient et disparaissent après 70 ans.

           Les arguments en faveur d’une éventuelle utilité physiologique :

- Les détracteurs des appendicectomies blanches dénoncent la facilité avec laquelle on les prescrit parfois chez des sujets qui n'en ont a priori pas besoin. Après tout, rien ne nous dit que cette pratique chirurgicale ne nous prive pas d'un organe sain utile !

- Des études contradictoires reviennent régulièrement sur le devant de la scène. En 1964, est parue une étude statistique portant sur une cohorte de 914 sujets morts d'un cancer du côlon, dont 18 pour cent avaient subi une appendicectomie, proportion plus élevée que celle de la population générale (dix pour cent seulement). On en concluait que l'appendice pouvait jouer un rôle protecteur vis-à-vis de ce cancer. Mais une étude ultérieure a infirmé ce résultat.

- Plus récemment, aux Etats-Unis, William Parkes, de l’Université de Duke, aurait montré que l'appendice serait en fait un précieux réservoir de la flore bactérienne pouvant protéger l'intestin en cas d'infection.

 

           Au final, conclu l’article de J. P. BADER, au point où on en est : on a des hypothèses, des résultats préliminaires et aucune certitude sur l'intérêt que nous avons à conserver le plus longtemps possible ce petit bout d'organe.

 

L’avis du pharmacien :

L’étude de William Parkes, de l’Université de Duke (cliquer pour visualiser l'étude) est tout à fait intéressante, car elle tant à démontrer que la fameuse appendice iléo-cæcal est en quelque sorte un réservoir de probiotiques. Cela dit cette étude reste à confirmer et ce n’est pas tout fait gagné.

L’article de la revue Pour la Science se termine par une conclusion absolument scientifique c’est de dire, qu’au sujet du rôle l’appendice iléo-cæcal, on ne sait pas grand-chose. Et c’est tout à l’honneur de son auteur.

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 20:01

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

L’OMÉPRAZOL EN PÉDIATRIE

  OMEPRAZOLE.jpg

 

Sources :

1- Oméprazol chez les enfants (Mopral ou autre), La Revue Prescrire mai 2010 ; Tome 30, N°319, Pages 326-327

2- RCP de la spécialité MOPRAL 10 mg, Mis à jour : 23/06/2009, in AFSSAPS, consulté en mai 2010

 

                     Les régurgitations, très fréquentes chez les nourrissons, disparaissent habituellement spontanément entre 12 mois et 18 mois [1,2]. Quelques enfants plus âgés ont parfois un reflux gastro-œsophagien avec pyrosis, régurgitations acides, dysphagies [2]. Rarement, le reflux se complique d'une œsophagite [1]. Quand les mesures hygiéno-diététiques sont insuffisantes, les antiacides sont un premier choix. Les médicaments stimulant la motricité digestive diminuent la fréquence et la durée des reflux et les symptômes, mais n'ont pas d'effet démontré sur la cicatrisation des œsophagites ; et ils exposent aux effets indésirables et aux interactions des neuroleptiques [1,2,3].

On savait que l’oméprazol est autorisé chez l’enfant de plus d’un an (et de plus de 10 kg) dans l’oesophagite par reflux. En juin 2009, après débat et évaluation au niveau européen [4], l’AFSSAPS a ajouté une autre indication à l’oméprazol : « Traitement symptomatique du pyrosis et des régurgitations acides en cas de reflux gastro-œsophagien ». Il s’agit en quelque sorte d’une extension d’utilisation

 

Les bases techniques de cette décision   

    Au sujet du pyrosis et des régurgitations en cas de reflux :

Chez les enfants, l'évaluation clinique de l'oméprazole est centré sur un seul essai non comparatif chez 115 enfants âgés de 2 ans à 16 ans (environ 10 ans en moyenne) gênés par un reflux gastroœsophagien non compliqué [4,5].

       Résultats :

59 % des enfants traités par oméprazole n'ont plus eu d'épisodes modérés ou sévères de douleurs ou de régurgitations / vomissements au cours des 4 derniers jours du traitement qui a duré 28 jours [4,5].

L’article de la revue Prescrire note que :

- Faute de groupe placebo, on ignore si leur état s'est amélioré grâce à l'oméprazole ou au caractère spontanément favorable de l'affection.

- L’oméprazole n'a pas été comparé à un antiacide.

 

    Au sujet de l’éradication d'H. pylori. :

Un essai randomisé en double aveugle a comparé un traitement de 7 jours par :

[amoxicilline + clarithromycine] (+) oméprazole versus [amoxicilline + clarithromycine] seul

Cet essai impliquait : 63 enfants âgés de 3 ans à 15 ans (environ 11 ans en moyenne) dont la gastrite était infectée par H. pylori [4,5].

        Résultats :

4 à 5 semaines après la fin du traitement, l'éradication de H. pylori a été statistiquement plus fréquente avec l'oméprazole (74,2 % versus 9,4 % en son absence), mais sans amélioration des symptômes digestifs [4,5].

L’article note à ce propos : On ne sait pas si cette meilleure éradication se traduit par moins de récidives à plus long terme.

 

    Au sujet des effets secondaires :

- Peu d'effets indésirables, mais des interactions à prévoir. Le profil d'effets indésirables de l'oméprazole chez les enfants apparaît similaire à celui connu chez les adultes, le plus souvent: troubles digestifs, céphalées, réactions cutanées [3,4,5,6]. De rares atteintes hématologiques et des réactions d'hypersensibilité graves ont aussi été rapportées [5].

- À long terme, les conséquences sur le développement des enfants ne sont pas connues. Une augmentation de certaines infections digestives et un risque accru de fractures ne sont pas exclus [3,5].

- L'oméprazole diminue la biodisponibilité de certains antirétroviraux et de médicaments dont l'absorption dépend du pH gastrique. Il exerce un faible effet inhibiteur sur les isoenzymes GYP 2G19 et GYP 3A4 du cytochrome P450 avec un risque de surdosages des médicaments métabolisés par ces isoenzymes [3,5].

 

   Au sujet de la galénique de l'oméprazole :

L’article note qu’en Europe il n’y a as encore de forme buvable, ce qui n’est pas le cas du Maroc. En France, pour les enfants qui ne peuvent avaler les gélules d'oméprazole, il est possible, et sans inconvénient notable, de les ouvrir et d'ingérer les microgranules sans les croquer avec un verre d'eau ou en les mélangeant à un aliment (jus de fruits, compote de pommes) [4,5].

   Les auteurs de l’article concluent :
L’oméprazole n'est pas un traitement des régurgitations des nourrissons. Mais, comme chez les adultes, chez quelques enfants trop gênés par un reflux gastro-œsophagien persistant malgré les mesures hygiénodiététiques et les antiacides, l'oméprazole est un recours; et associé à une antibiothérapie, il contribue à l'éradication d' H. pylori.

 

   Les posologies pédiatriques de l'oméprazole (selon le RCP de la spécialité Mopral 10 mg gélule in AFSSAPS consulté le 27/05/2010)

- 1 an et plus (10 à 20 kg)  10 mg une fois par jour. La posologie peut être augmentée à 20 mg une fois par jour si nécessaire.

- 2 ans et plus (+ 20 kg) 20 mg une fois par jour. La posologie peut être augmentée à 40 mg une fois par jour si nécessaire.

- Chez l’enfant de plus de 4 ans, dans le traitement de l'ulcère duodénal associé à une infection par Helicobacter pylori : (en association avec les antibiotiques appropriés aux doses adéquates) 

   - de 15 à 30 kg : 10 mg deux fois par jour 

   - au delà de 30 kg : 20 mg deux fois par jour 

 

L’avis du pharmacien :

D’abords il est important de signaler, afin d’éviter un effet de surprise pour l’officinal, que l’oméprazole est tout à fait indiqué chez l’enfant de plus d’un an (10 kg minimum).

Ce qui frappe dans cet article c’est la question de la galénique de l’oméprazole, en effet comme le souligne l’AFSSAPS « L'oméprazole étant détruit en milieu acide, il s'administre par voie orale sous forme de granules gastrorésistants.» d’où l’absence de formes buvables en Europe.

Oui mais en Europe seulement, car au Maroc depuis 2008, nous disposons d’un oméprazole sous forme de cp effervescents (IXOR) issu de la R & D d’un laboratoire marocain.

Dans une insertion publi-rédactionelle (cliquer sur le lien) dans la revue marocaine Espérance Médicale [7] le laboratoire explique :

« Plutôt que de protéger le principe actif du milieu agressif par microencapsulation, le Département de Recherche des Laboratoires LAPROPHAN a mis au point un procédé qui permet de neutraliser le milieu agressif (acidité gastrique).

Il s’agit d’une composition susceptible d’exercer un effet tampon diminuant l’acidité gastrique de sorte que l’oméprazole et son activité antisécrétoire soient conservés lors de son passage dans l’estomac »

NB : 

- C’est suite à ces améliorations que les laboratoires LAPROPHAN ont reçu le 1er prix national de l’innovation 2008.         

- Le 01/02/2009  les laboratoires LAPROPHAN ont obtenu le Certificat Européen d'agreement pour les bonnes pratiques de fabrication délivré par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS).

 

Si chez l’adulte la forme Cp effervescent est importante surtout en cas de problèmes de déglutition, chez l’enfant les formes buvables sont une nécessité, d’où l’intérêt en pédiatrie de la formulation de la spécialité IXOR.

 

Réflexion de l’apothicaire :

             On est étonné (par méconnaissance certainement) de ne trouver, pour l’oméprazole, aucune formulation en sachet en Europe. Cette forme galénique classique a l’énorme avantage de la simplicité de la formulation (donc du coût) et d’une conservation respectable (sous réserve d’un bon sellage).

On peut imaginer donc une préparation à base de d’oméprazole en microgranules gastro-résistants classiques additionnée d’un produit permettant d’avoir une suspension rapide. On pense à :  

            - Un silicate d’aluminium, type kaolin : il a l’avantage d’être un excipent et un principe actif à la fois puisqu’il est lui-même un pansement gastro-intestinal. Sous réserve, bien entendu, que son effet pansement ne bloque pas l’absorption intestinale de l’oméprazole

            - Mais en première intention on peut penser à un alginate et en particulier l’alginate de Na (retrouver dans ALGICON, ALGINE, GAVISCON) : c’est une grosse molécule, qui en plus de donner une excellente suspension, a la propriété d’être légere, cette légèreté lui permet de flotter au-dessus du contenu gastrique au niveau de la jonction gastro-œsophagienne et en cas de reflux elle s’interpose en premier à l’agressivité du liquide gastrique sur l’œsophage. Là aussi l’alginate de Na sera utilisé comme excipent et comme principe actif avec l’avantage de ne pas avoir d’impacte sur l’absorption intestinale de l’ompéprazole puisqu’ils vont se séparer au niveau de l’estomac.

Honnêtement on est cidéré par l’absence de l’oméprazole sous forme de « poudre pour suspension buvable en sachet unidose » simple, pratique, et abordable !

                                        

Noter aussi qu’il existe une alternative de l’oméprazole dans ses indications pédiatriques c’est la cimétidine (Tagamet, Antagon, Ulcemat, Ulcestop) mais avec des effets secondaires beaucoup plus prononcés et des interaction médicamenteuses fort nombreuses.

Pour finir, étant donné le nombre pléthorique de copies d’oméprazole sur le marcher marocain, nous ne citons ici qu'une liste des produits réellement disponible dans notre officine. Elle n’est ni exhaustive, ni complète, c’est juste pour avoir un ordre d’idée. Et pour simplifier encore, nous n’avons considéré que la présentation 20 mg boite de 14 CP (Données présentées sauf changement de prix ultérieur, erreur ou omission)

 

BELMAZOL       49.00 DH

PRAZOL                    54.50 DH

OEDES             55.00 DH

OMEGEN                   60.00 DH         

IPP                   65.00 DH

PROGAST                 74.00 DH

OMEPRAL        95.00 DH

 

NB : Nous avons sciemment évité de mentionner les noms des laboratoires afin d’éviter toute stigmatisation générale, nous nous intéressons ici au produit et uniquement au produit. Le prix n’est qu’un paramètre parmi d’autres pour le choix par un prescripteur d’un produit donné        

 Bibliographie :  

1- Prescrire Rédaction" oméprazole et oesophagite de l'enfant. Un recours" RevPresm're2000; 20 (206): 323-326.

2- "Gastro-oesophageal reflux disease". ln : "BNF for children" The Pharrnaceutical Press, London. Site www.medicinescomplete.com consulté le 21 décembre 2009 : 2 pages.

3- Prescrire Rédaction" 6-1. Patients ayant un reflux gastro-oesophagien" Rev Prescrire 2009 ; 29 (314 suppl. interactions médicamenteuses).

4- Heads of Medicines Agency - CMD(h) "Paediatric Public Assessment Repon. EU Worksharing project. Losec/Losec MUPS (omeprazole)" 01 November 2007 : 36 pages.

5- Astra zeneca? "Demande de renouvellement d'inscription sur la liste des médicaments remboursables aux assurés sociaux. Dossier de transparence. Mopral-Zoltum (oméprazole)" Mars 2010 ; 45 pages.

6- Afssaps "Résumé des caractéristiques du produit -Mopral" 23 juin 2009 : 7 pages.

7- « Le groupe Laprophan lauréat du 1er prix de l’innovation 2008 » Espérance Médicale, Novembre 2008, Tome 15, N°152, Pages 475-476.

 

Post-scriptum du 07/06/10 :

Dans notre article on se demandait pourquoi il n’y avait de sachets unidose d’oméprazole. La réponse ne s’est pas fait attendre. En effet le n° de juin 2010 de la revue Prescrire nous apprend la commercialisation en France depuis ce mois d’avril de la spécialité :

INEXIUM 10 mg (DCI ésoméprazole)

Granulés gastrorésistants pour suspension buvable

L’ésoméprazole (INEXIUM) n’est autre que l’isomère actif de l’oméprazole (MOPRAL), INEXIUM & MOPRAL, qui ont tous les deux une pharmacodynamie similaire, appartiennent tous les deux au même laboratoire AstraZeneca. On peut se demander  pourquoi alors ces deux spécialités ?

Utilisé les spécificités stéréochimiques*  est un artifice tout à fait régulier pour relancer des spécialités en fin de carrière commerciale. C’est le cas de MOPRAL qui subit l’attaque de plein fouet des nombreux génériques. [un autre cas d’école c’est la loratadine et la desloratadine]

Pour compléter sa gamme d’IPP pédiatrique, le laboratoire a choisi logiquement son cheval de bataille l’ésoméprazole (INEXIUM)

Dans tous les cas le choix galénique du propriétaire de la molécule princeps confirme la justesse de l’analyse qu’on a proposé.       

Sources :

- La revue prescrire. Juin 2010 / Tome 30 N°320, Page 421

- AFSSAPS : RCP de la spécialité « INEXIUM 10 mg, granulés gastro-résistants pour suspension buvable en sachet-dose » Mis à jour 28/05/2010 consulté le 07/06/2010

 * L’isomérie au niveau des médicaments, est un sujet complexe sur lequel on travail depuis plus d’an et qui fera l’objet d’un article à la rentrée)

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 13:20

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

LE NOMBRE DE CHIRURGIENS CARDIOLOGUES PEDIATRIQUES

 AU MAROC

 CARDIOLOGUES-copie.jpg

Le Maroc dispose :

- 1 seul chirurgien cardiaque pédiatrique : qui opère les bébés de 5kg à cœur ouvert

- 10  chirurgiens cardiologues pédiatriques

5 spécialistes en cardiologie fœtale

 

L’avis de l’apothicaire

C’est simplement anormal au vu du nombre de cas de CIV, on en recense rien qu’au niveau de notre officine 3 cas.  C’est une situation ambiguë dans un pays qui investit des sommes colossales dans des infrastructures (ports, autoroutes, TGV …Etc.)  et qui dilapide de façon honteuse ses ressources et potentialités humaines.

Sans faire de sensationnalisme ni d’humanisme de salon, cela nous fait penser à une terrible phrase dite déjà l’aube de l’indépendance :

 « Dans notre pays tout est devenu cher à part une chose …l’être humain »    

 

Source : S. Ejjennann* in LE SOIR ECHOS, n°507, du 15/02/10, page 8, * Cardiologue & Président de l’association des œuvres du cœur 

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 07:00

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

P A R A C E T A M O L

LE CHOIX RATIONNEL ENTRE LA VOIE ORALE & LA VOIE RECTALE

 

Source : La Revue Prescrire mai 2010/Tome 30 N°319. Page 371- 372

        La lecture de cet excellent article paru dans la revu Prescrire de ce mois de mai répond à des questions relatives au paracétamol qu’on se pose depuis un certain temps. Des questions auxquelles on n’avait jusqu’à présent aucune réponse véritablement concluante

Exemple de remarques :  

à la dose unitaire de 100 mg  le paracétamol est utilisé

                       - par voie rectale pour des poids de 3 à 8 Kg

                       - alors que par voie orale c’est pour des poids de 6 à 8 Kg  

à la dose unitaire de 300 mg le paracétamol est utilisé

                       - par voie rectale pour des poids de 15 à 24 Kg

                       - alors que par voie orale c’est pour des poids de 16 à 30 Kg  

Autrement dit 100 mg de paracétamol en  sachet n’a pas exactement la même cible en terme de poids que le suppositoire.   

100 supp STS

Ceci est intimement lié au profile pharmacocinétique de chacune des formes. En effet le paracétamol pris par voie orale conduit à une absorption rapide au niveau digestif: la concentration plasmatique maximale est atteinte en 10 à 60 minutes [1,2,3,4]. Alors que par  voie rectale la concentration plasmatique maximale n'est atteinte qu'en 2 à 4 heures [5].

 

Questions :

- Ces différences pharmacocinétiques ont-elles des conséquences pour atténuer les symptômes ?

- Pour traiter la fièvre ou la douleur chez les enfants, la voie rectale est-elle aussi efficace et rapide que la voie orale?

Des éléments de réponses à ces questions sont apportés à travers une méta-analyse [6] et un essai [7]

 

Au sujet de l’action antipyrétique :

Une méta-analyse de 4 essais randomisés a comparé l'effet antipyrétique du paracétamol par voie orale versus voie rectale

         -  Méthode : 

- Etude portant sur 241 patients, dont 158 enfants âgés de 3 mois à 13 ans dont la température rectale était supérieure à 38,5 °c. Le paracétamol n'était pris qu'une fois.

- La dose orale de paracétamol était de 15 mg/kg à 20 mg/kg.

 - La dose administrée par voie rectale a été de 15 mg/kg à 20 mg/kg chez 61 enfants, et de 30 mg/kg à 35 mg/kg chez 40 enfants (6).

 - La dose utilisée pour la voie rectale était soit la dose orale (1 essai), soit le double (4 essais) (6).

          - Résultats :

La diminution de la température rectale 1 heure et 3 heures après la prise médicamenteuse n'a pas été statistiquement différente selon la voie d'administration,  même dans l'essai où le doses rectales et orales étaient les mêmes.(6).

 

Au sujet l’action antalgique : 

          - Méthode :

- C’est un essai randomisé portant sur 100 enfants au total,

- Une dose (élevée) de 40 mg/kg de paracétamol a été administrée dans l'heure précédant une amygdalectomie, soit par voie orale, soit par voie rectale [7].

- La douleur a été évaluée par une échelle visuelle allant de 1 à 10

         - Résultats :

Trente minutes après l'intervention, la douleur était statistiquement moindre chez les enfants ayant reçu le paracétamol par voie orale.

Au même moment, la concentration plasmatique moyenne de paracétamol était inférieure dans le groupe voie rectale: 0,05 mmolll versus 0,15 mmolll dans le groupe voie orale [7].

 

En pratique selon l’article de la revue prescrire :

- Lorsque la voie orale n'est pas possible ou semble devoir être évitée (nausées, vomissements, etc.). le paracétamol par voie rectale est une option efficace pour traiter la fièvre.

- Mais à dose unique équivalente, la voie rectale semble moins efficace que la voie orale sur la douleur aiguë.

- La voie rectale n'expose pas à des effets indésirables importants spécifiques de cette voie.

- Selon le Martindale, un ouvrage de référence en pharmacologie clinique, la posologie maximale recommandée pour le paracétamol est de 60 mg/kg par jour, répartie en 4 prises de 15 mg/kg.

- En cas de symptômes sévères chez les enfants de plus de 3 mois, la dose journalière peut atteindre 90 mg/kg pendant 48 heures (sans risque d'intoxication), puis être réduite à 60 mg/kg par jour [4].

- En cas de symptômes sévères, la dose initiale (dose de charge) est augmentée, voire doublée lorsqu'elle est administrée par voie rectale [4].

 

L’avis du pharmacien :

- Cet article remarquable pour notre pratique quotidienne, démontre de façon rationnelle pourquoi, à 100 mg de paracétamol, le suppositoire est utilisé à partir de 3 kg alors que le sachet de même dosage est lui utilisable qu’à partir de 6 kg   

- Malgré la qualité et le sérieux indéniables de cet article, les méthodes d’évaluation de la douleur (Dans cette étude c’est une échelle visuelle allant de 1 à 10) laissent une certaine marge subjectivité du fait de l’impossibilité actuelle de quantification de la douleur par des mesures biologiques indépendantes de l’appréciation personnelle du patient.

- Cette remarque n’enlève rien aux conclusions de cet article qui vont impacter certainement notre pratique quotidienne vers plus d’efficience.  

Réflexion : pour obtenir la même efficacité entre forme sachet et forme suppositoire il aurai fallu : soit  augmenter le dosage des suppositoires soit réduire la dose des sachets. Au niveau marketing cela aurai eu un effet contre-productif vu  qu’il allait compliquer la gamme pour ceux qui se basent dans leur prescription que sur les noms commerciaux (…)          

 

       

 

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 18:00

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

HYGIENE DE VIE & DIABETE

 10-05-08-Diabete.jpg

             Dans un article intitulé « Facteurs de risque liés au mode de vie et diabète type II d'apparition récente chez les personnes âgées*» paru dans les Archives of Internal Medicine du  27 avril 2009, les auteurs montrent que les conditions de vie (lifestyle factors) chez des personnes, hommes et femmes, de plus de 65 ans peuvent réduire d'une façon considérable l'incidence du diabète, défini par le recours à un médicament antidiabétique.

Il s’agit d’une évaluation prospective de l’incidence du diabète sur une période de 10 ans impliquant 4883 hommes et femmes âgés de 65 ans et plus

Ces facteurs protecteurs sont selon les résultats de cette étude :

- La pratique de l'exercice physique,

- Le régime alimentaire riche en fibres, pauvre en acides gras saturés et en acides gras trans  par rapport aux acide gras polyinsaturés,

- Une faible consommation d'alcool (meilleure que l'absence de consommation),

- Ne pas fumer,

- Avoir un indice de masse corporelle inférieure à 25, un tour de taille inférieur à 88 cm chez les femmes et 92 cm chez les hommes.

Chacun de ces facteurs pris isolément a un effet protecteur mais lorsqu'ils sont présents simultanément le risque d'incidence du diabète est réduit de près de 90 %.

 

L’avis de l’apothicaire :

             Cette étude confirme encore une fois l'importance des facteurs hygiéno-diététiques dans la prévention du diabète et montre qu'il faut les mettre en œuvre avant et pendant tout traitement médicamenteux.

Dans le diabète type II, le médicament n’est pas la panacée mais outil de dernier recourt après l’échec des règles hygiéno-diététiques classiques. Et on retrouve là encore le rôle primordial de l’officinal du fait de sa facilité de contacte avec la population. Ce rôle se traduit concrètement par l’incitation volontariste et répétée à l’adoption des règles basiques d’hygiène de vie.              

 

* Traduction PHARHAMSTER

Source :

- Titre : Lifestyle Risk Factors and New-Onset Diabetes Mellitus in Older Adults

- Auteurs : Dariush Mozaffarian, MD, DrPH; Aruna Kamineni, MPH; Mercedes Carnethon, PhD; Luc Djoussé, MD, ScD; Kenneth J. Mukamal, MD; David Siscovick, MD, MPH

- Revue :  Arch Intern Med. 2009;169(8):798-807

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