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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 17:43

Mise à jour du 25/03/2016, de notre article

« LE TABAC RESPONSABLE DE 8% DES MORTS AU MAROC »

Le footballeur néerlandais Johan Cruyff témoigne disait dans une campagne de communication du Comité National Contre le Tabagisme (1993) : « Le football ma tout donné, le tabac a failli tout me reprendre ». Le tabac a fini par avoir raison de lui, il est décédé hier 24/03/2016 des suites de son cancer

Un nouvel article du journal L’ECONOMISTE, consacré au sujet du tabac, vient  étayer notre analyse : « Big bang chez les producteurs de tabac »

Ref : Hassan EL ARIF,  Edition N°: 4733, Le 21/03/2016, page 2

 L'avis du pharmacien

 

     1- L’article rend compte du problème socio-économique lié à l’industrie du tabac : «La Société marocaine des tabacs SMT s’approvisionne auprès de 3.500 tabaculteurs des régions El Hajeb, El Gharb et Ouezzane, la région la plus démunie des trois. »

     2- Et comme cela ne suffisait pas, mondialisation et privatisation obligent, le tabac consommé au Maroc est de plus en plus d’origine importée (En 2016, les importations de cigarettes ont atteint 42% contre 2,7% cinq ans plus tôt, soit environ 2,5 milliards de DH). Résultat, avec  la politique menée depuis  des décennies, non seulement on fait la promotion du cancer mais en plus on a  "l’intelligence" d’importer les outils pour ce business macabre. Là on est perdant à tous les niveaux.

     3- Sur la forme, cet article, montre la manière cynique de traiter ce sujet sensible par un journal sérieux de la place. Tout n’est que chiffres sauf quand il s’agit d’ estimer les milliers de cancéreux en souffrance à cause du tabac, le drame que vit leurs familles ainsi que les pertes financières causées par ce commerce quasi criminel , essuyées par la sécurité sociale dont l’équilibre est déjà précaire.       

 

Merci à Mr Hikma de m'avoir rappelé la vidéo Johan Cruyff, ainsi que Dr Mouna pour la réecriture de ce texte.                    

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 19:27

LE TABAC RESPONSABLE DE 8% DES MORTS AU MAROC

LE TABAC RESPONSABLE DE 8% DES MORTS AU MAROC

Sources :

- LA TRIBUNE  « Louardi : 8% des morts au Maroc seraient dues au Tabac »

- LE CANARD LIBERE, n°422, page 4, du 05/02/2016

Autre source :

- Déclaration au site marocain Hespress d’El Hassan El Baghdadi, président de l’Association Marocaine de Lutte le Tabagisme & le Drogues : « Le lobby du tabac attire de plus en plus de clients dans la marre de l’addiction » en arabe  

 

          Mercredi 13/01/2016 le ministre de la Santé, Mr Houcine El Ouardi qui s’exprimait lors d’une journée d’étude sur le tabagisme organisée au niveau la Chambre des représentants, affirmait :

- Le tabagisme est responsable de 8% du niveau de la mortalité générale au Maroc, dont 

  • 75% de décès dus au cancer du poumon
  • 10%  de décès dus à des maladies respiratoires

- le taux du tabagisme au Maroc est l’un des plus élevés dans la région du Moyen Orient,    

  • 31% des hommes sont des fumeurs
  • 2,3% des femmes,
  • 10% chez les garçons entre 13 et 15 ans et 7% chez les filles.

Des chiffres équivalents sont rapportés par la FONDATION LALLA SALMA , qui cependant ne donne pas de statistiques concernant le nombre de morts liés au tabac.       

L’avis du pharmacien :

        De prime abord, pour ceux qui n’arrivent pas encore à imaginer concrètement les effets néfastes du tabac, je vous invite à consulter cette page du site dermatomaroc.com : Cas clinique tabac

        Au rythme de la recrudescence du tabagisme au Maroc, on finira par arriver aux chiffres catastrophiques de l’Indonésie où 67% des hommes sont fumeurs. Lire à ce sujet cet article édifiant de la Tribune de Genève : La cigarette dès 3 ans, un fléau en Indonésie. Cela montre les effets délétères du laxisme en matière de lutte contre le tabac.

Sur Pharamster nous avons à plusieurs reprises traité ce sujet :

 

Manifestement, la politique marocaine en matière de tabac est au mieux laxiste et au pire clairement hypocrite. Et pour cause : la privatisation de la Régis des tabacs et la libéralisation de sa distribution à partir de 2011 au profit de gros intérêt internationaux, ont permis sur le territoire national :

1- L’émergence de lobbys et de groupes de pression pro-tabac hyperpuissants  et de dimension internationale. Quand on sait que l’Union Européenne avec toute sa puissance et son armada administrative de Bruxelles a du mal à y faire face, on imagine mal un pays comme le Maroc dans sa solitude et avec la corruption légendaire de son administration, contrecarrer les desseins de ces groupes. La libéralisation de ce marché est une erreur stratégique dont les conséquences sont catastrophiques pour l’avenir de millions de citoyens marocains.

2- L’émergence d’une dépendance des finances du pays vis-à-vis de la manne fiscale qu’apporte le marché du tabac aux caisses du trésor public. Une dépendance d’autant plus importante que l’économie marocaine a un besoin incessant de financements pour doper sa croissance.

3- L’émergence de besoins sociaux liés à ceux qui gagnent leur pain quotidien dans ce secteur : agriculteurs, ouvriers, employés, détaillants. Sachant que dès qu’on touche aux intérêts de ces petites mains, on se retrouve face à des syndicats dont les intérêts vont de pair avec ceux des industriels du tabac. Et qui dit syndicats … dit politique et donc on se retrouve sur le même banc que les producteurs de tabac. Un cercle vicieux est bouclé. 

Si on veut lutter réellement contre le cancer, il faut commencer d’abord par purifier les finances l’Etat du tabagisme ; chose qui apparait actuellement comme une mission impossible.

Pour ce faire il aurait fallu : 

- utiliser d’abord les techniques d’intelligence économique afin de connaitre les divers réseaux et accointances opérant dans le secteur du tabac (y compris parmi les syndicats et autres responsables politiques).

- puis proposer des stratégies (soft en général) afin de contrer ces diverses pressions, sans déstabiliser les structures de l’Etat.

- Puis recréer le monopole de l’Etat. (oui … c’est utopique)

- Par la suite réaffecter, dans la loi de finance, les ressources perçues du tabac et de son industrie dans des projets d’investissement, et surtout ne pas les affecter au budget de fonctionnement, afin d’amorcer la « désintoxication des finances de l’Etat »

- C’est alors qu’interviendra la communication et la sensibilisation des citoyens

 

Tout cela montre qu’actuellement qu'on est loin de toute stratégie éfficace, et que l’Etat continue d’être à ce sujet schizophrène (pour ne pas dire plus) ; en effet :

- il donne à l’industrie du tabac des avantages et des agréments, stimulant ainsi une concurrence qui implique des volumes de vente plus importants  …. avec les conséquences qui en découlent

- Et en même temps le Ministère de la santé (donc l’Etat) vient déclamer les milliers morts au parlement avec beaucoup d’empathie et nous proposer encore des campagnes de communications budgétivores et stériles en terme d’impact, comme le montrent les résultats actuels. En réalité le Ministre de la santé n'a absolument pas les moyens de lutter contre le tabagisme.

De quoi je me mêle ?

     A titre individuel, l’officinal a clairement peu d’impact. Cependant, on se doit d’utiliser notre influence, aussi minime soit-elle, pour sauver quelques vies.

En effet, si on met l’intérêt du patient au cœur de notre métier, au lieu du médicament, la lutte contre le tabagisme devient une partie intégrante de notre activité.

Question : Et alors, que gagnerai-je en m’investissant dans cette lutte ? À travers notre expérience professionnelle de plus 15 ans, on peut affirmer que, malgré quelques rares échecs, notre discours nous a permis d’augmenter notre capital confiance auprès de la population. Ce qui, en plus de l’amélioration de notre image de marque, a un impact réel sur le chiffre d’affaire.

En transformant l’officine en un véritable pôle santé effectif et accessible au cœur de nos quartiers, notre démarche dynamise les ventes. C’est, de très loin, plus rentable et plus pérenne que les techniques de marchandising et autres marchés …  c’est véritablement l’exemple de  cercle vertueux auquel on convie nos confères.              

     Au niveau collectif, on aurait souhaité une implication effective et volontariste des structures représentatives des officinaux. Au-delà des discours creux et de vœux niais, ce sont des actions concrètes et un engagement sans faille envers nos patients et notre population. Et cela se fera à travers des prises de position courageuses contre l’industrie du tabac, une communication bien argumentée et claire sur les méfaits du tabagisme. Collectivement notre engagement doit être courageux, intellectuellement intègre et surtout indépendant autant vis-à-vis du gouvernement que de l’industrie du tabac. 

                                 

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 19:42
PROCEDURE DE DETECTION ET DE NOTIFICATION D'UN CAS SUSPECT D'EBOLA AU MAROC

Un numéro vert a été mis en place pour informer les citoyens au Maroc : 0801 004 747

Autres dispositions : Le ministère de la Santé vient de solliciter une fatwa au Conseil des Oulémas pour permettre l'inhumation des musulmans décèdes des suites d'Ebola sans recourir au rite, notamment le nettoiement de la dépouille. Car, le contact avec une personne contaminée par le virus d'Ebola comporte un très haut risque de contagion.
Source : L'ECONOMISTE DU LUN 20 OCT 2014, n° 4382 

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 19:17
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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:03

IMPACT DU RAMED

SUR L’ACTIVITE DU CHU DE RABAT

 IMPACT-DU-RAMED-DU-L-ACTIVITE-DU-CHU-DE-RABAT.jpg

Source : N. EL AISSI « Le CHU de Rabat asphyxié » L’Economiste, n°3967, pages 04 et 06, du 13/12/2013 

Sur le même thème :

Le 19/02/2013 : MISE EN PLACE DU TIERS PAYANT AU MAROC

Le 12/07/2012 : RAMED LES PREMIERS FAITS EN CHIFFRES

Le 23/04/2012 : IMPACT DU RAMED SUR L'ACTIVITE PHARMACEUTIQUE

      Le dernier rapport du CHU de Rabat est édifiant selon le journal l’Economiste, il montre parfaitement l’impact fort important du Ramed sur l’activité de cette structure hospitalière, ces effets se ressentent nettement depuis le lancement de ce programme en avril 2012.

      - Le nombre des admissions à l’hôpital par jour a atteint plus de 108.000 en 2012 contre 96.250 une année avant, soit un accroissement de 12,32%.

      - Au niveau du service des urgences, le nombre de passages enregistrés en 2012 s’élève à 186.400 contre près de 161.000 en 2011, soit une évolution de 15,6%. Une situation qui a largement contribué à l’augmentation de la proportion des hospitalisations aux urgences qui est passée de 11,48% en 2011 à 21,99% en 2012.

      - Le nombre d’examens de laboratoire qui affiche pour l’année écoulée un accroissement de plus de 14,5% en comparaison avec 2011.

      - Le nombre des interventions chirurgicales qui a connu une évolution de 1,35% pour atteindre 28.822 actes. L'avis du pharmacien : c'est faible en comparaison avec les autres chiffres, cela vraisemblablement des dysfonctionnements du sytème ! 
      - Le budget d’exploitation adopté pour 2013 avoisine les 987 millions de DH soit un accroissement de près de 3,7% par rapport à l’année précédente. la capacité d’autofinancement du CHU reste limitée à 30%. L'avis du pharmacien : encore une fois autant la capacité d'autofinancement que la croissance du budget sont en déphasage avec les impératifs liés à l'augmentation de l'activité.    

«Une rallonge budgétaire d’un montant de 45 millions de DH a été accordée en 2011 par le ministère pour améliorer la prise en charge des patients aux revenus modestes dans le cadre du Ramed», rappelle le professeur Charif Chefchaouni Almontacire, DG du Centre hospitalier Ibn Sina de Rabat.

«Actuellement, tous nos établissements de santé disposent d’un stock en médicaments largement suffisant pour répondre aux besoins des patients notamment ceux bénéficiant du Ramed», indique Salaheddine Bennani, directeur régional de la santé de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaïer.

Selon l'Economiste le grand problème qui reste posé est celui des ressources humaines notamment le déficit en infirmiers et techniciens ainsi que les cadres gestionnaires. Globalement, les besoins sont estimés à près de 800 postes budgétaires, selon la direction du CHU. Cette situation explique les énormes délais des rendez-vous qui ont atteint 270 jours en 2011 contre 36,4 jours en France.

Le problème des fausses urgences :

       Le lancement du Ramed a été une "opportunité" pour certains patients de se faire hospitaliser sans passer par la procédure normale en prenant un rendez vous.

Dans le nouveau système, avec un récépissé du dépôt du dossier de la demande de la carte Ramed on peut accéder aux urgences. Les patients profitent de cette situation pour se faire hospitaliser et opérer, même s’ils ne présentent pas un cas grave, il s’agit de fausses urgences. Cela s’est traduit par une montée en charge des services des urgences du CHU de Rabat depuis avril dernier. Ainsi, le nombre de malades arrivants à ces services s’élève à 186.439 cas en 2012, soit un accroissement de 15,6% par rapport à 2011. Pour le taux d’hospitalisation, il a atteint 21,99% en 2012 contre 9,52% en 2007. En France, ce taux est de 3% en 2009 (Sur 100 patients  arrivants aux urgences, 3 sont hospitalisés contre 21,99 au CHU de Rabat en 2012).

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 19:43

CONSEIL OFFICINAL

LA PRÉVENTION DES INFECTIONS URINAIRES RÉCIDIVANTES

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Préambule :

              L’image présentée ci-dessus est une partie du tableau d’Eugène Delacroix « Femmes d’Alger dans leur appartement » (1834, Domaine public). Une œuvre qui nous a marqué par l’attitude entre ces deux femmes qui suggère le partage entre elles de confidences et de « petits conseils », la chicha, n’appartient pas à Marouan Chamakh, non c’est en fait une marque de la présence des Ottomans en Algérie pendant une longue période. Petits conseils : le parallèle est tout trouvé avec ceux qu’on délivre, souvent à voix basse, sur le comptoir des officines (admirer svp la transition …). Mais le parallèle s’arrête là, car les conseils en officine contrairement aux recettes de grand-mères, doivent se baser sur des analyses rationnelles, des statistiques éprouvées et des études approuvées et publiées par des revues sérieuses et d’envergure internationale. C’est ce qu’on tente de respecter dans le texte qui suit.        

  

           Suite à notre article au sujet du la spécialité Gynophilus® intitulé « Gynophylus utilisation et limites » qui a été très lu (même au niveau international) si on juge par vos commentaires.  

Durant les 30 derniers jours,  cet article a été lu plus 550 fois. Merci, en passant, entre autre à Google qui met notre article en première proposition, sans contrepartie,  à chaque fois que l’on tape le mot « Gynophilus ».  Une petite consécration pour PHARAMSTER  

On vous propose une série de conseils pratiques pour éviter les infections urinaires à répétition. Ces conseils s’inspirent directement de ceux diffusés dans la presse spécialisée canadienne, qu’on a corrélés avec les données d’une fiche « Info-Patients Prescrire » de la revue du même nom, datée du mois de septembre 2011.      

            Sur 10 femmes qui ont eu une cystite simple, 2 en auront au moins une autre au cours de leur vie. Gênantes, ces infections urinaires concernent essentiellement les femmes et peuvent rapidement devenir insupportables. Pourtant, des conseils simples suffisent pour se protéger contre ces désagréments. C’est un travail d’information et de communication typiquement officinal qui doit être basé sur des données rigoureusement établies et vérifiables.    

 

    1. Uriner régulièrement

     Si on souffre d’infections urinaires à répétition, il est important de penser à uriner fréquemment pour les éviter (environ 1 fois toutes les 3 à 4h). Il est fortement déconseillé de se retenir.

Pensez également à se décontracter au maximum afin de bien vider la vessie et de permettre ainsi une meilleure élimination des bactéries. C’est pour la même raison qu’il est recommandé d’uriner systématiquement avant et après chaque rapport sexuel.

     2. Avoir une bonne hygiène intime

     Avoir une bonne hygiène intime est primordial pour éviter le développement des bactéries. Il faut cependant être vigilant(e) et ne pas se laver plus d’une fois par jour avec un produit spécifique au PH acide (5 à 7), au risque d’abîmer la flore intime et de créer un terrain propice à la formation de bactéries. Les toilettes vaginales sont bien entendu à proscrire. Pendant les règles, veillez aussi à changer régulièrement de tampon ou de serviette.

     3. Boire beaucoup d’eau pour éliminer

     Boire beaucoup d’eau permet de prévenir les cystites à répétition et d’enrayer une infection urinaire déjà contractée.

L’avis du pharmacien : à ce sujet on ne peut que conseiller vivement une activité physique régulière. L’hydratation associée au sport permet une forme de « drainage hydrique » améliorant les performances globales du système rénal. Ne pas oublier de boire avant, pendant et après l’activité physique.     

      4. Eviter la constipation

     Pour prévenir les infections urinaires, il est important de veiller à ne pas être constipée. La stagnation des selles a tendance à favoriser le développement des bactéries qui peuvent migrer chez la femme vers les parois urinaires et créent des infections.

      5. Le jus de cranberry :

     Il s’agit du  canneberge à gros fruits un arbrisseau qui croît dans les tourbières des régions froides d’Amérique du Nord et d’Europe. Au Maroc on trouve des fois son jus dans certaines  grandes surfaces huppées.

Le cranberry diminue un peu le risque de récidive, selon la Revue Prescrire cette diminution est obtenue en prenant chaque jour 750 ml de jus ou de concentré de fruit. Faire attention au fait que le cranberry peut favoriser les saignements chez les personnes prenant des médicaments antivitamine K (interaction médicamenteuse)

La presse canadienne conseille de prendre 80 à 160 ml de jus de canneberge pur ou 300 à 400 mg d’extrait solide à raison de 2 fois par jour.

L’avis du pharmacien : on est en présence ici d’un complément alimentaire, qui pour une fois, a un intérêt démontré. Cela dit, cette utilité ne devient intéressante réellement pour le patient marocain que si le prix reste raisonnable.     

 

  

Tel que présenté ci-dessus, la question des cystites récidivantes peut paraître simple. En réalité c’est loin d’être le cas. Dans une logique déontologique, nous estimons que ces conseils doivent être appréhendés à l’aulne des divers écueils.

 

Mise au point : Infections urinaires et pyélonéphrites  

      Les infections urinaires « basses » ou cystites, sont limitées à la vessie. Les infections urinaires dites « hautes », ou pyélonéphrite, atteignent le rein. Ces infections, généralement dues à des bactéries, peuvent être récentes (aiguës) ou prolongées (chroniques).

On reconnait une cystite aiguë simple lorsque :

- depuis moins de 3 jours, les urines sont anormalement fréquentes, et uriner est difficile ou douloureux ;

- chez une femme de plus de 15 ans (jamais un enfant ou un homme), qui n’est pas enceinte, qui n’a pas eu d’autre infection urinaire depuis 3 mois, et qui n’est pas atteinte d’une autre maladie augmentant les risques (diabète, insuffisance rénale, immunosuppression …)

- il n’y a pas de démangeaisons de la vulve ou du vagin, ni de signe faisant craindre une infection du rein (fièvre, frissons, nausées, vomissements, mal de ventre ou de dos).

 

Selon la Revue Prescrire, lorsque tous ces critères sont réunis, le diagnostic est certain à 95%, et aucun examen corporel ou autre (analyse …) ne permet d’avoir une meilleure certitude.

La revue préconise un traitement essentiellement court :

Sans traitement, les cystites aiguës simples guérissent dans 50 % à 70 % des cas, mais seulement au bout de plusieurs semaines ou mois.

Un traitement antibiotique de un à trois jours suffit en général à accélérer la guérison. A condition qu’il s’agisse vraiment d’une cystite simple, datant de moins de trois jours.

 

Attention à la pyélonéphrite :

La pyélonéphrite est une infection des reins, elle est à craindre quand certains symptômes s’ajoutent aux troubles urinaires : fièvre élevée avec frissons, nausées ou vomissements, mal au ventre ou aux reins.     

Une infection du rein peut évoluer vers un abcès du renal, une infection grave généralisée (septicémie) ou une atteinte sévère du fonctionnement du rein. Pour diminuer ces risques, un traitement antibiotique relativement prolongé, répondant aux résultats d’une analyse des urines (ECBU), est justifié.

 La revue conclue à ce sujet « En cas d’infection urinaire, mieux vaut donc consulter rapidement. Soit pour mettre en route un traitement de courte durée en cas d’infection aiguë simple, soit pour diminuer le risque d’aggravation en cas d’infection urinaire plus sérieuse. »

  

 Conclusion :

       Au Maroc, face à aux signes d’une infection urinaire, le reflexe classique des officinaux est de proposer d’emblée, et de manière souvent abusive,  de la nitroxoline (Nibiol®, devenu au Maroc Nabyol®). Le terme « antiseptique urinaire » utilisé par le marketing pharmaceutique est un non sens pharmacologique. La nitroxoline est bel et bien un antibiotique dérivé des oxyquinoléines, son usage doit répondre à des critères rationnels.

      Faire la distinction entre cystite et pyélonéphrite est fondamental. Mais encore, si en Europe et au Canada la conduite à tenir officinale est claire, la réalité marocaine exige, elle, une démarche adaptée basée sur un consensus pluridisciplinaire permettant au mieux de prendre en charge la patiente marocaine dans les meilleures conditions de sécurité et d’efficacité possibles. Encore faut-il avoir des congrès indépendants de la pression des laboratoires où la parole est libre, où la difficulté et les paradoxes de notre pratique quotidienne s’expriment clairement, sans détour, ni contrainte, ni langue de bois. Un seul leitmotiv notre apport réel au patient : rigoureux, efficace et  intègre. C’est ce qui objective devant le reste de la société notre rémunération qui être sans remise, ni ristourne, ni toute autre concession stupide.       

Sources :

- « Patients ayant une infection urinaire » Rev Prescrire 2011 ; 31 (338 suppl. interactions médicamenteuses).

- « Cystite aiguë simple de la femme jeune »   Rev Prescrire 2003 ; 23(241) pages 532-534

- « Histoire naturelles des infections urinaires bactériennes simples » Rev Prescrire 2007 ; 27(280) pages 118-122

- « Cranberry et infections urinaires » Rev Prescrire 2007 ; 27(286) pages 595-597

- « Infections urinaires simples : un traitement court même chez les femmes âgées » Rev Prescrire 2009 ; 29(311) page 691

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 20:22

La mise en place du RAMED* &

son impact sur l’activité pharmaceutique

* Régime d'assistance médicale pour les économiquement démunis

 

12-03-20-RAMED-PHARAMSTER.jpg

Sources :

1- Hassan EL Arif « Le Ramed, une manne pour l’industrie pharmaceutique », L’ECONOMISTE, n°3744, page 3, du 20/03/2012  

2- Hassan El Arif « Ramed, le générique s’adjuge la part du lion » , L’ECONOMISTE, n°3744, page 4, du 20/03/2012

3- France 24 Actualités Internationales « Le Maroc lance un régime d'assistance médicale pour 8,5 millions de pauvres » mis en ligne le 13/04/2012

4- AUFAIT « Généralisation du RAMED : Les trois étapes de la mise en œuvre » mise à jour du 20/03/2012

5- Site officiel du RAMED : ramed.ma

6- N. Bineta Ndiaye « L’accés aux soins, un droit pour tous » Le Soir Echos, n°1057, page 8 du 11/04/12

7- A. EL AZIZI « RAMED Cadeau royal à Benkirane » Revue Actuel Maroc, n°137 du 14/04/2012 page34.

 

Ramed,  les grandes lignes de ce programme :  

         Date de lancement officielle 13 mars 2012, c’est un programme qui vise la  généralisation d’un régime d'assistance médicale (Ramed) au profit de 8,5 millions de personnes à faibles revenus, soit 28% de la population totale,

Le système se présente ainsi :

Le  coût en 2012 pour l’Etat est d'environ trois milliards de dirhams (290 millions d'euros).

- Quatre millions de personnes vivant dans l'extrême pauvreté bénéficieront de la gratuité totale des soins (...)

- Quelque 160.000 autres, parmi les pensionnaires des établissements pénitentiaires et des orphelinats et les personnes sans domicile fixe seront éligibles de droit.

- En revanche, 4,5 millions de personnes en situation de vulnérabilité bénéficieront de la gratuité partielle, moyennant une cotisation annuelle de 120 dirhams (10 euros) plafonnée à 600 DH (54 euros) par famille.

Ce régime doit ainsi profiter aux catégories à faibles revenus comme les paysans, les artisans, les petits commerçants ainsi qu'au secteur informel.

Selon le Ministre de la santé El Hossein El Ouardi :

« c’est un des grands chantiers visant l'amélioration des conditions d'accès aux soins de santé pour cette tranche de la population en concrétisation des dispositions de la nouvelle Constitution  adoptée le 1er juillet 2011 »

 « Il est fondé sur les principes de l'assistance sociale et de la solidarité nationale au profit de la population démunie qui n'est pas soumise au régime de l'assurance maladie obligatoire », selon le ministre.

Le Ramed, a-t-il ajouté, « permet aux bénéficiaires d'accéder aux soins de santé offerts par les hôpitaux publics, les établissements publics de santé et les services sanitaires relevant de l'Etat ».

L’avis du pharmacien du coin :

     C’est incontestablement une avancée indéniable, en particulier en cette période de ralentissement économique où les ressources financières des Etats sont en période de vaches maigres. Même au niveau international pratiquement touts les programmes d’assistance à la population subissent des coupes budgétaires sévères.

    

Impact de la mise en place du Ramed dur l’activité pharamceutique :

12-03-20-IMPACTE-DU-RAMED-SUR-L-ACTIVITE-PHARMACEUTIQUE-Sca.jpg

- Le budget alloué au programme Ramed s’élève à 3 milliards de DH pour 2012. La part allouée à l’achat des médicaments est estimée à 2,3 milliards. Ces médicaments sont destinés aux structures hospitalières.  A noter qu’en 2011, le montant consacré à l’achat de médicaments a déjà atteint 1,5 milliard de DH. [1]
- L’achat des médicaments par l’Etat n’est pas une démarche nouvelle, mais ce qui va changer, c’est le volume de la commande publique de médicaments. «Nous assisterons à une augmentation des appels d’offres. Ce qui entraînera inéluctablement une chute des prix», déclare Mohamed Houbachi, président de Polymédic. Toutefois, cette baisse ne se répercutera pas sur les clients des officines. [1]
- Les fabriquant de génériques  se frottent les mains. En effet, sur les 2,3 milliards de dirhams dont le dispositif sera doté, les génériques vont s’accaparer environ 90%. [2]

- Sur les 2,07 milliards de dirhams que représentent les achats de génériques, 70% seront consacrés à l’achat de médicaments destinés aux maladies chroniques telles que l’hypertension, le diabète, le cancer ou encore l’insuffisance rénale [2]

- Le chiffre d’affaires réalisé par l’industrie du générique à fin 2011 a atteint 2,5 milliards de dirhams, contre 5,7 milliards pour le princeps. En 2011, la production de génériques a atteint 87 millions de boîtes contre 206 millions pour le princeps. [2]
- L’effet Ramed ne sera pas immédiat : «Il faudra attendre 2013 pour que le dispositif atteigne sa vitesse de croisière», estiment les professionnels.[2]

 

L’avis du pharmacien :

       - Au niveau industriel c’est clairement une excellente opportunité pour les génériqueurs et pour cause si nos calcules sont bons : les 90% des 2,3 milliards de DH soit 2,25 milliards prévues constitueraient une augmentation d’environ 100% du chiffre d’affaires actuel des fabricants de générique … .

       - Au niveau de l’activité libérale (officines et cabinets médicaux) deux évolutions possibles

Soit on estime que le Ramed, va drainer une bonne partie des patients vers les structures publiques, il orientera alors le chiffre d’affaire du secteur libéral, dans sa globalité, à la baisse

Soit on estime que le Ramed va répondre à une demande qui, jusqu’à présent, n’était pas satisfaite au vu du faible niveau de dépense en médicament par tête d’habitant [lire à ce sujet : Dépenses en médicament par habitant nouvelle données]. Si c’est le cas l’impacte sur l’activité libérale sera alors très limité et dans certains cas orientera l’activité à la hausse, car il amènera des populations jusque là exclues dans le circuit médical classique.

A ce sujet notons qu’il existe toujours un va et vient des patients entre le secteur public et le secteur libéral et à ; l’heure actuelle les modalités d’une prise en charge mixtes (public / privé) de ces patients ne sont pas claires. 

L’un des écueils majeurs de ce programme réside dans la distribution gratuite du médicament dans les structures sanitaires du secteur public. En effet le système actuel est décrié (selon nos sources) par les médecins eux-mêmes autant sur le fond que sur la forme. Tel qu’il est, c’est une source de gabegie au niveau des structures de santé périphériques. La politique des achats de médicaments est elle-même source de défaillances, elle est caractérisée par l’inadéquation des achats avec les besoins réels.

A ce sujet, quand l’Etat met gratuitement à la disposition de la population des produits stratégiques comme les vaccins, les antituberculeux, les pilules contraceptives ou encore l’insuline c’est une démarche louable, on dirait même que c’est absolument indispensable pour améliorer les indicateurs de la santé qui font partie intégrante des indices du développement humain du pays (INDH …). C’est dire si c’est hautement stratégique 

Mais quand l’Etat commence à distribuer gratuitement du paracétamol, de l’amoxicilline (il ya encore quelque temps du GANIDAN sulfaguanidine !) ou encore de l’aspirine, cela pose un problème (non pas aux pharmaciens d’officine) mais aux médecins.

En effet la gratuité de certains produits dont le prix est accessible à l’extrême majorité de la population, qui sont par ailleurs utilisés le plus souvent en automédication, crée un appel d’air vers les dispensaires grossissant une demande qui ne se justifie pas par la recherche d’une consultation ou d’un diagnostic médical, mais par l’obtention d’un médicament gratuit (à la limite peu importe lequel pourvu qu’il soit gratuit, « l’esprit biliki »)

Cette demande pressante crée un surplus de pression sur les médecins qui finissent le plus souvent par déléguer la délivrance des médicaments à l’infirmer major et c’est le début de la gabegie, des passes droits  qui font échouer la plus sensée et la meilleure des politiques sanitaires.

Selon certaines sources il est fort probable que les médicaments achetés dans le cadre du RAMED seraient utilisé uniquement lors des hospitalisations (… ?), si c’est le cas l’impacte du RAMED sur l’activité du secteur libéral sera vraisemblablement négligeable.      

Utilisation du médicament : notion du principe du double verrou 

         A la base le médecin ne devrait prescrire les médicaments que si nécessaire, le choix du produit ne devrait pas être imposé ni par  les stocks disponibles ni par toute autre considération, mais par les besoins réels du patient, c’est le premier verrou.  Le pharmacien (libéral ou public) délivrera les produits dans les règles de l’art veillant par là au respect des bases de la pharmacologie, c’est le deuxième verrou. 

Autant l’automédication sauvage, que les conseils abusifs en officine, que la délivrance directe des médicaments par le médecin, ou encore l’achat via Internet, constituent  des modes d’obtention de médicaments qui favorisent, d’une manière ou d’une autre, des usages abusifs et non sécurisés de ces produits toxiques par  essence.     

         Le principe du double verrou est l’un des meilleurs moyens pour sécuriser l’usage du médicament, ce principe pourrait être assoupli en fonctions des besoins de santé publique et des diverses contraintes (économiques …). Néanmoins son domaine d’application devrait toucher aussi bien le secteur libéral que le secteur public. En insistera sur le fait que tout médicament prescrit dans la santé publique, disponible au niveau des structures du MSP, devrait être délivré strictement sous la responsabilité d’un pharmacien de la santé publique. Cela implique une refonte partielle des organigrammes de la santé publique, intégrant de façon effective, intelligente et rigoureuse les compétences pharmaceutiques dans les structures étatiques. Ces compétences sont les seules à même de prendre en charge la commande, la distribution et la délivrance du médicament au patient. Et avec les achats importants de médicaments par l’Etat dans le cadre du RAMED il y a matière à exploiter parfaitement ces compétences.

Pour finir on vous rapporte l’avis de la Revue Actuel [7], qui ne manque pas de justesse :

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« La Difficulté du terrain : (…) Sauf que tout le monde sait qu’il ne suffit pas de se rendre dans un hôpital pour se faire soigner. Aux déficits en scanner et autres moyens matériels. Les pots de vin sont incontournables pour avoir accès aux soins. Sur le fond comme sur la forme, le gouvernement qui actuellement à la tête du pays est incapable de trouver une réponse adéquate aux difficultés sur le terrain à pratiquer une sécurité sociale pour tous. Reste à espérer que les Marocains, et notamment la société civile, procéderons à la réforme effective d’un système de santé plombé par des décennies de corruption généralisée. »   

       

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 19:21

LA DÉPENDANCE DU MAROC

Á LA MANNE FISCALE DU MARCHÉ DU TABAC

 

 

Sources principales :

1- Hassan EL ARIF « Marché du tabac: Les nouveaux entrants se positionnent BAT, JTI, Altadis… la bataille du marketing enclenchée Intéressement, marges, accompagnement, merchandising… des armes redoutables » L’economiste, n°3614, pages 4-6, du 13/09/2011

2- Le Soir Echos, rubrique Panorama, page 2, n°915, du 15/09/2011

Les articles antérieurs à propos du tabac sur ce même blog : 

1- au  31/01/2009 : La cigarette une pharmacologie de la mort

2- au  12/05/2009 : La campagne nationale anti-tabac

3- au  09/04/2010 : Les statistiques du cancer au Maroc

4- au  05/06/2010 : Les chiffres catastrophiques du tabagisme au Maroc

5- au  09/01/2011 : La distribution du tabac libéralisée depuis le 1er janvier 2011

6- au  09/03/2011 : Le Maroc s'apprête à autoriser les paquets de 10 cigarettes 

       Comme on le constate la problématique du tabac est un sujet qu’on suit avec attention depuis un certain temps, et malheureusement, pour notre population, nos analyses sont étayées de plus en plus par les données actuelles.

En effet dans un article paru dans le journal marocain L’économiste du 13/09/2011 [1] au sujet de la bataille que se livre les entreprises du tabac sur le marché marocain, pour un acteur de la santé, le constat est affligeant et l’avenir paraît sombre.

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A- La dépendance des finances de l’Etat vis-à-vis du tabac :

           Pire que la dépendance des uns et des autres à la nicotine, il y a celle des finances de l’état qui se retrouve en partie dépendant de la manne du marché du tabac. Et pour cause, les recettes fiscales du tabac ne cessent d’augmenter atteignant en 2010 le chiffre de 10,4 milliards de DH.

Ce chiffre ne peut être apprécié à sa juste valeur que s’il est ramené aux dépenses de l’Etat. Pour ce faire nous vous rapportons ici un excellent document officiel du ministère des finances (cliquer c’est un simple fichier Excel) : Répartition du budget général (2010) par département et par type de dépenses, qu’on a trouvé simplement sur le site du Ministère des finances rubrique "Répartition des dépenses du Budget Général par Administration"

           Si nos petits calculs d’apothicaire sont bons, on constate que les 10,4 milliards de DH du tabac peuvent couvrir (à 1 milliards prés) : Le budget du ministère de la justice qui est de 2.214.709.000,00 DH  (en gros 2 milliards), le budget du ministère de la santé qui est de 5.768.052.000,00 (en gros 5 milliards et demi), et enfin celui de l'interieur qui est de 3.938.980.600,00 (en gros 4 milliards).  

Ou alors, avec cette somme on peut couvrir prés de 30% du budget du Ministère de l’éducation nationale qui est de 36.344.422.000,00 (soit un peu plus de 36 milliards).

Par ailleurs on peut avoir une autre approche, en rapportant cette fois ci le chiffre de 10,4 milliards de DH à la somme globale des recettes de l'Etat. Quand on sait que la balance recettes - dépense est largement déficitaire, c'est à dire que les dépenses sont plus élevées que les recettes, la conclusion qu’on en tirera restera valable dans les deux cas.    

Si cette analyse est correcte, ce qui n’est pas forcément sur, en particulier quand on sait que les statistiques (comme un certain célèbre maillot de bain féminin…) montrent tout et cachent souvent l’essentiel. Enfin bref … que disait-je déjà ? Ah oui, si cette analyse est juste, parler dans ces conditions de lutte contre le tabagisme et son corollaire le cancer, devient illusoire et schizophrène. Et on ne peut s’empêcher de penser, même si le mot est fort, à une forme d’hypocrisie dans l’action des structures de l’Etat. Que cette hypocrisie soit volontaire, involontaire ou de fait, le résultat reste malheureusement le même.

Sauf erreur possible de notre part (encore une fois…), cet état de fait est la conséquence d’un manque de cohérence interministériel,  d’un laxisme managérial et d’une faiblesse du politique face aux groupes de pressions (syndicats et groupement professionnels).  

B- Autres chiffres et repères :       

- En 2010 le nombre de cigarettes consommées au Maroc est de : 15,09 milliards. Ce marché est dominé par l’entreprise Atladis (Imperial Tobacco) [2].          

- Impact de la contrebande : 35% des cigarettes vendues en 2005 provenaient la contrebande contre 10% en 2010. [1] 

L’avis de l’apothicaire : ce résultat est à mettre à l’actif des services de douane et de leurs efficience.  

- Le tabac représente 1.500 emplois directs et fait vivre 1 600 tabaculteurs. Le nombre de points de vente s’élève actuellement à quelque 24 000 [1] 

L’avis de l’apothicaire : le tabac représente non seulement une catastrophe de santé publique mais aussi un problème social monstrueux sur lequel pourrait surfer allégrement les industriels du tabac.       

- Le chiffre d’affaire générer par la cigarette en 2010 : 13 milliards de DH [1] 

L’avis de l’apothicaire : si on retranche les 10,4 milliards d’impôts, il resterait aux entreprises environ 2,6 milliards de DH. Avec près de 80% du prix de la cigarette qui passe dans ses caisses, l’Etat reste un des grands bénéficiaires du commerce du tabac. 

Cependant cet état de fait doit être nuancer. En effet si on prend à titre d'exemple le laboratoire SOTHEMA, société pharmaceutique côté en bourse (SVP), qui en 2010 a réalisé en tout et pour tout un chiffre d’affaire de 821 millions de DH (source L’ECONOMISTE du 08/04/2011), on comprend facilement  que même après la ponction de Etat, il reste à l'industrie du tabac de quoi faire de grandes plus-values et remplir de gros portefeuilles sur le dos de la souffrance de milliers de citoyens

- Selon l’Economiste [1] la taille du marché du tabac est jugée stable depuis une dizaine d’années. Le nombre de fumeurs qui décrochent suite aux campagnes de sensibilisation est compensé par l’évolution démographique.

L’avis de l’apothicaire : sans vouloir jeter l’opprobre sur qui que ce soit, ces affirmations nous paraissent peu crédibles si on tient compte de l’évolution des recettes fiscales depuis 2006 comme rapporté dans l’Economiste [1]. Il est entendu que cette évolution pourrait résulter aussi, en partie, d’éventuelles augmentations de la pression fiscale sur la cigarette. Par ailleurs si on corrèle ces données avec les statistiques du cancer au Maroc, il devient tangible que ces affirmations sont largement douteuses.

Dans notre pratique quotidienne, on constate que l’impacte des campagnes de sensibilisation est limité, si non inexistant, en particulier au niveau des jeunes. Sauf erreur possible de notre part, on constate que ces campagnes sont perçues plus comme des rendez-vous mondains occasionnels, que comme des événements faisant partie d’une stratégie globale sérieuse de lutte contre le tabagisme. Dans l’intérêt de nos patients, espérons que dans le futur des statistiques sérieuses viennent infirmer ce qu’on vient de dire ici (…)              

- Depuis la fin du monopole en janvier 2011, deux nouveaux entrants ont investi le secteur. Il s’agit respectivement des numéros 2 et 3 mondiaux, en l’occurrence British Américain Tobacco (BAT) et Japan Tobacco International (JTI). [1] 

L’avis de l’apothicaire : si ces grandes entreprises se positionnent sur le marché marocain, ce n’est pas uniquement pour se partager le marché existant actuellement. En toute logique, elles tableraient sur la croissance interne de ce marché. A ne pas douter que cette croissance sera corrélée inévitablement par une augmentation des cas de cancer, c’est une simple question de bon sens ici, ni plus ni moins.     

- Mode de communication et de promotion des nouveaux opérateurs [1] : "Outre la communication directe, BAT a opté pour le teasing*. L’opérateur a procédé au placement de nouveaux présentoirs au niveau des bureaux de tabac. Des meubles illuminés, attractifs et fonctionnels. Si BAT a décidé de marquer son arrivée via l’introduction de nouveaux meubles en fonction de la taille des points de vente, JTI opte apparemment pour la discrétion"

* La communication teasing consiste à taquiner le consommateur en lui proposant une campagne en 2 temps. Premier temps : l'intrigue. Le message est évasif voir inexistant. L'accroche est visuelle, on ne sait pas qui communique ni pourquoi. Deuxième temps : la phase dite de révélation. Quelques jours plus tard, le même visuel ou presque est repris sur le même support et donne cette fois toutes les réponses. Le consommateur découvre enfin la réponse à l’énigme et découvre qui se cachait derrière ce message.

L’avis de l’apothicaire : on comprend aisément que ces entreprises visent la croissance du marché, ce qui implique logiquement une croissance du nombre de cancers.

C- Conclusion :

             Que dire ? Si non qu'au sujet du tabac, notre pays s’est empêtré petit à petit dans un imbroglio inextricable, d’abords en privatisant la Régis des Tabacs, puis en libéralisant le marché des cigarettes l’ouvrant de facto à de grands groupes internationaux, avec ce que cela implique comme puissance de lobbying. Et pour clôturer le tout, l’Etat marocain se retrouve face à une double dépendance :

      - d’une part vis-à-vis d’une rentrée fiscale colossale

      - et d’autre part en terme de poids social du secteur (emplois directs et indirects).

Pessimiste, comment ne pas l’être ? À l’aube l’indépendance du Maroc un de mes aïeux disait à juste titre « tout est devenu cher sauf une chose … l’être humain ». C’était il y a une soixantaine d’années et c’est malheureusement encore d’actualité. Mettre l’être humain au centre de toute politique, ne veux pas dire l’accéptation de l’humanisme médiatique, faussement niais et véritablement hypocrite,qui prévaut aujourd’hui. Mettre l’humain au centre de sa stratégie, c’est admettre que le progrés de l'Homme doit primer dans tout processus créateur de richesse qu'il soit privé ou public. Là, on est loin de toute mièvrerie humaniste, et pour cause, cela permettrait une croissance, qui certes serait modérée, mais qui aurait l’immense avantage d’être pérenne.

Les crises chroniques qu’on vit actuellement, autant celles d’ordre économiques que celles d’ordre écologiques, sonnent à chaque fois comme des rappels contre les dérives économiques et managériales actuelles. Dérives qui, nous semble-t-il, prennent source dans la réduction de l’être humain en un simple consommateur, et l'amoindrissement  des problématiques actuelles à de simples artéfacts économétriques dans un processus cyclique dit naturel (!!!) dans une économie libérale.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 18:39

MEDECINE

MINISTERE DE  LA SANTE

DES NOMINATIONS CONTROVERSEES

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            A plusieurs reprises nous avons relaté le malaise qui prévaut dans le secteur de la santé, lire entre autres un article daté du 06/11/2010 : « Mortalité néonatale : Trop de décès dus à des négligences », et un autre daté du 16/05/2011 : « BLOUSES BLANCHES vs BLOUSES BLANCHES »

Dans un récent article, publié dans l’Economiste, un journal qui n’est ni populiste ni réellement contestataire, au sujet de la gestion des ressources humaines dans le secteur de la santé, rapporté aussi dans la newsletter n° 97 du site pharmacies.ma, les auteurs mettent le doigt sur les critères peu orthodoxe des nominations à des postes décisionnels au sein du Ministère de la santé publique. Cela étaye de façon remarquable les doutes dont on vous a fait part dans nos articles antérieurs.        

Afin de vous forger votre propre opinion, nous vous rapportons ci-après, et en totalité, l’article du journal l’Economiste.     

Source : M. Ali MRABI « Santé: Nominations controversées » L’Economiste Édition N° 3599 du 19/08/2011 page 15.

«            Santé : Nominations controversées

              Des syndicats dénoncent des campagnes électorales avant l’heure !

              Menaces de grèves pour septembre

Yasmina Baddou fait encore parler d’elle. Avec ces nouvelles nominations de directeurs régionaux, le ministère de la Santé provoque de vives réactions auprès des syndicalistes du secteur. Ils se disent «surpris par ces décisions annoncées dans un timing très sensible, à deux mois du départ du gouvernement El Fassi», affirme Addi Bouarfa, SG de l’Organisation démocratique de la santé (ODS). Pour ce dernier, ce redéploiement est motivé par des considérations politiques, voire électorales, car «ce genre de postes est considéré comme une ressource politique pouvant être mise à profit pendant la période électorale», souligne Lhoucine Aabouchi, professeur de droit constitutionnel à l’université Qadi Ayyad à Marrakech. D’ailleurs, comme l’explique Bouarfa, «près de 40 délégués du ministère sont membres du PI (ndlr : Parti de l’Istiqlal). S’y ajoutent de hauts responsables comme le secrétaire général du ministère et le directeur des ressources humaines». Pour le syndicaliste, il ne s’agit pas moins «d’une stratégie qui consiste à placer des membres du PI dans des postes de responsabilité au sein du ministère».
L’autre grande contestation concerne la légalité même de ces décisions puisqu’elles ont eu lieu, pendant une période transitoire durant laquelle le gouvernement «devrait faire preuve de responsabilité en s’abstenant de procéder à de nouvelles nominations», martèle le SG de l’ODS. En effet, les institutions issues du nouveau texte constitutionnel ne sont pas encore effectives.
Le gouvernement actuel est donc «transitoire et sa mission devrait se limiter à la gestion des dossiers quotidiens, et la préparation juridique et technique des prochaines élections», explique Aabouchi. En tout cas «ces nominations, sont en opposition avec l’esprit de la Constitution», précise-t-il. Les médecins du Public n’avancent pas de position officielle par rapport à cette affaire. Le Dr Abdelmalek Lahnaoui, SG du Syndicat indépendant des médecins du secteur public, estime juste qu’un «certain flottement caractérise ces décisions, dans la mesure où ces responsables ont démarré leurs nouvelles fonctions, alors qu’ils n’ont toujours pas reçu de notes de service».
Ce redéploiement a également conduit à une hémorragie des compétences qui dénote, selon les deux syndicats d’un déficit de bonne gouvernance. La solution réside, selon eux, dans un traitement des problèmes du secteur de la santé dans sa dimension globale.
Les principaux syndicats du secteur devraient se réunir pour coordonner leur position sur les démarches à prendre pour «dénoncer les récentes décisions de la ministre», fait savoir Bouarfa. Une chose est sûre pour l’instant: ils ne comptent pas observer de grève avant la fin du mois de ramadan. Cependant, septembre s’annonce dur pour Yasmina Badou, avec une série de débrayages.

Mohamed Ali MRABI »

L’avis de l’apothicaire :

Rappels déontologiques :      

- Loin de nous tout côté « donneur de leçons », Pharamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous

- L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois.

       Ce genre de gabegie, si elle est avérée, n’est pas spécifique au ministre de la santé actuelle, en réalité c’est quelque chose de classique à chaque changement de gouvernement. En effet chaque ministre sortant « place » ses « amis » à des postes clefs en faisant fi de tout bon sens et surtout en faisant fi de l’intérêt général. Le ministre entrant à son arrivée, lui, fera quasiment la même chose en « plaçant » cette fois-ci ses propres « amis ». Lorsqu’on sait qu’il s’agit ici de postes technocratiques, parfois stratégiques, qui nécessitent entre 6 à 12 mois d’adaptation pour que le postulant soit réellement opérationnel, on comprend facilement l’état de léthargie, de flottement décisionnel voire parfois d’incompétence récurrente où baignent une bonnes partie de nos structures étatiques.

       En réalité, ce qui rend ces nominations particulièrement inopportunes, si elles sont avérées litigieuses, ce sont deux éléments :

- Primo : la nature même du secteur de la santé, dont les indices sont suffisamment importants pour faire partie des grands indices révélant le niveau de développement d’un pays donné. Ce qui peut être gobé plus ou moins ailleurs, s’avère difficilement acceptable dans un secteur comme la santé.     

- Secundo : le timing de ces nominations qui est très mal placé au vu du bouillonnement relatif de la rue marocaine. On peut se demander alors si on a réellement besoin de surajouter des tensions aux conflits sociaux préexistants. A ce titre ces nominations pourraient être assimilées une maladresse politique et qui pourraient grever encore plus le budget de l’Etat. Lire à ce sujet : LE DÉFICIT BUDGÉTAIRE MAROCAIN : LES DÉPENSES EXPLOSENT

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 22:20

Tabac 

la distribution libéralisée depuis le 1er janvier 2011

Copie de Tabagisme

  Source image : HAMED MASOUMI  (Flickr)

Retraitée par PHARAMSTER avec Photoshop &  Paint

L’info brute :

      « La distribution des tabacs est libéralisée depuis début janvier. La mesure programmée depuis la reprise de la Régis des Tabacs par Atladis en 2002. Une loi prévue à cet effet avait permis de libéraliser graduellement la culture du tabac en 2004 puis sa production en 2006 pour ouvrir les portes aux géants de l’industrie, dont Japan Tobacco ou British-American Tobacco »  Source : Le Soir Echos, n°737, page 15, du 07 au 09 janvier 2011

 

L’avis du pharmacien :      qui a dit que le Maroc était un pays schizo ?

      Il s’agit là d’une petite information insérée dans le cadre des brèves économiques, comme n’importe quelle autre information. Sauf que … ayant rédigé quelques articles au sujet du tabac sur ce même blog, ça ne pouvait pas passer inaperçue à nos yeux.

A la date du  31/01/2009 : La cigarette une pharmacologie de la mort

                Le 12/05/2009 : La campagne nationale anti-tabac

                Le 09/04/2010 : Les statistiques du cancer au Maroc

                Le 05/06/2010 : Les chiffres catastrophiques du tabagisme au Maroc

      N’étant pas économiste de formation, l’erreur dans ce genre d’analyse est possible. Cela étant dit, l’objectif de toute libéralisation d’un secteur donné obéit, sauf erreur de notre part, globalement à deux objectifs :                     

      Pour l’Etat : renflouer les caisses de la trésorerie nationale, toute en se débarrassant des gâchis qui sont liés à la gestion étatique et en améliorant « les services » rendus aux citoyens. Théoriquement, c’est louable et on ne peut que s’en félicité.

      Pour l’entreprise qui a acheté la société privatisée, l’objectif est de rationaliser la gestion de l’entreprise acquise et d’augmenter « le chiffre d’affaire ». Par ailleurs en ouvrant le marché à la concurrence on pousse les entreprises à plus d’agressivité commerciale (ce qui est légitime) avec des offres de plus en plus alléchantes.

Là aussi c’est louable, le hic c’est qu’il ne s’agit pas là de vendre des téléphones ou des voyages low cost, mais de vendre un produit reconnu universellement comme cancérigène : le tabac !

De fait, on est en droit de se poser légitimement des questions sur la politique de lutte contre le cancer au Maroc ; deux possibilités se posent :

   - Soit les structures de l’Etat sont totalement cloisonnées ; le ministère des finances n’ayant aucune idée de ce qui se passe au niveau du ministère de la santé ni des efforts énormes que déploie l’Association Lalla Salma de Lutte contre le cancer, dans ce cas l’Etat est profondément schizophrène comme, du reste, notre société.

   - Soit les structures de l’Etat communiquent normalement entre elles, la gestion du cancer par les structures étatiques pourrait être alors qualifiée de gestion hypocrite (le mot est fort, peut être, désolé mais on n’en a pas trouvé d’autres).

En tout état de cause, il paraît clairement que touts les efforts de la société civile, et à leurs têtes l’Association Lalla Salma de Lutte contre le cancer, sont vains, du moins nous semble-t-il.

Pendant ce temps là …ailleurs, pas très loin d’ici, en Espagne une loi anti-tabac est entrée en vigueur ce premier janvier 2011, qualifiée par les observateurs comme l’une des plus répressives d’Europe dans un pays où la fiesta est légendaire. Ce ne sont pas 14 km qui nous séparent de l’Europe, ce sont en fait des siècles …   

Pensez-vous un seul instant, qu’en attirant ainsi les grands (prédateurs) groupes industriels du tabac on favorisera la réduction de sa consommation ? Pire encore, en libéralisant la culture du tabac on crée de toute pièce un problème social, avec des agriculteurs et leurs familles, qui se greffera sur le problème sanitaire de base alors qu’on a encore du mal avec la culture du kif depuis plus de 50 ans !                    

En tant que simple apothicaire de base, en contacte quotidien et permanent avec les miséreux de notre pays, comment comprendre que des hauts responsables de l’Etat puissent prendre de tels engagements ? Décidemment, il y a des termes qui n’ont pas la même signification ici et ailleurs particulièrement le mot « responsable ».            

De tout cœur, on espère sérieusement s’être tromper sur cette analyse, pour la souffrance de nos patients, pour la santé de  nos enfants mais aussi pour nos finances, car au final qui financera le déficit des systèmes d’assurance maladie (en grande partie dû aux pathologies lourdes et chroniques) ? Oui ce sont les cotisations sociales, autant celles des salariés que celles relatives aux charges patronales, autrement dit c’est toute la collectivité qui va payer le renflouage conjoncturel des caisses de l’Etat (conjoncturel, car la trésorerie de l’Etat est en réalité un puits sans fin, creusé par la dilapidation permanente des deniers publics), mais le pire c’est qu’on va payer pour que la grande industrie du tabac puisse se faire des bénéfices colossaux  au détriment des centaines de milliers de morts et surtout de leurs corollaires en souffrances incommensurables. On espère réellement s’être tromper ... ! 

 


Sans transition :

Ce billet était, à la base, destiné à être un post-scriptum qu’on envoi habituellement à nos fidèles abonnés (c’est gratuit et sans spams, nos newsletters sont utilisés uniquement dans le but d’informer nos fidèles lecteurs sur les modifications apportées aux articles antérieurs), comme le sujet parait fort intéressant on a décidé d’en informé le maximum d’internautes.

Post-scriptum de notre article : LA LUTTE CONTRE LE SIDA AU MAROC ENTRE PRIORITE MEDIATIQUE & EPIDEMIOLOGIQUE

Séropositif marocain à visage découvert : un tabou ridicule enfin brisé

Source : Les séropositifs n’ont pas peur de témoigner  Le Soir Echos, n°737, page 06, du 07 au 09 janvier 2011

Dans cet article du journal Le Soir, Mohamed Mardy, coordinateur national du Groupe communautaire des personnes vivant avec le VIH au Maroc, revient sur l’absence de séropositifs marocains des plateaux de télévision lors du dernier Sidaction.

On notera au passage deux éléments : les critiques de Mohamed Mardy touchent la chaîne 2M et évitent consciencieusement d’attaquer l’ALCS et donc Pr. Hakima Himmich, alors qu’elle était largement impliquée dans le Sidaction et qu’elle a affirmé n’avoir trouver aucun séropositif pour témoigner !

Deuxième élément : en tout état de cause, l’intervention de Mohamed Mardy permet d’humaniser (comme disent les spécialiste de la com.) la personne séropositive, du moins pour ceux qui lisent les journaux (…lire :  LECTURE DE JOURNAUX AU MAROC  )      

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