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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 11:30

L’AFSSAPS INTERDIT LES MUCOLYTIQUES

CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 2 ANS

 10-06-09-BEBE.jpg

      On le savait depuis une dizaine d’années que les mucolytiques posaient de gros problèmes d’encombrement bronchiques chez le nourrisson.

Le 29/04/2010 l’AFSSAPS a tranché en contre-indiquant de façon nette l’utilisation des mucolytiques et mucofluidifiants chez l’enfant de moins de 2 ans.

Dans une déclaration la revue Le Quotidien du médecin Carmen Kreft-Jais, chef d’unité de pharmacovigilance à l’AFSSAPS a annoncé :  

« Depuis de nombreuses années, les bénéfices des fluidifiants bronchiques chez les nourrissons sont remis en cause et leur prescription controversée. Il nous fallait de sérieuses données de pharmacovigilance avant de prendre la décision finale de contre-indiquer leur utilisation dans cette catégorie d’âge »

 

Les bases pharmacologiques de cette décision :

Pour ce faire on s’est basé sur un article de La Revue Prescrire [3] et sur le Compte rendu de la réunion du mardi 24 mars 2009 de la commission nationale française de pharmacovigilance. C’est un document remarquable par la rigueur, et c’est avec un plaisir non dissimuler que l’on vous donne ce lien précieux du cœur même de l’AFSSAPS. C’est un fichier PDF et pour notre sujet on peut aller directement à la page 17.

       Méthode :

- Le CRPV* de Marseille a présenté les résultats d’une enquête de pharmacovigilance relative aux effets indésirables des spécialités mucolytiques chez le nourrisson de moins de 2 ans. Cette enquête a été ouverte le 15 février 2008.

- 30 spécialités parmi les 241 de la classe des mucolytiques  ont été inclue dans cette enquête. Ces spécialités princeps étaient indiquées chez le nourrisson de moins de 2 ans administrées par voie orale (carbocistéine, acétylcystéine, méglumine benzoate et létostéine) ou par voie rectale (huile essentielle de térébenthine) en traitement des troubles des sécrétions bronchiques. L'ambroxol (Muxol° ou autre) n'a pas été inclus dans l'enquête car il n'est pas autorisé, en France, avant l'âge de 2 ans.

- Cette enquête a porté sur l’ensemble des effets indésirables survenus sur le territoire national Français ainsi qu’au niveau international, à partir des cas déclarés dans la base nationale de pharmacovigilance et des cas rapportés dans les PSUR. (periodic safety update reports)

* Centre régional de pharmacovigilance

       Résultats :

- La majorité des cas ont été rapportés avec la carbocistéine et l’acétylcystéine

- 70 notifications d'aggravation des troubles respiratoires ont concerné l'acétylcystéine (27 cas), la carbocistéine (32 cas), l'hélicidine (6 cas) et le méglumine benzoate (5 cas).

Ces cas concernaient : 10 nouveau-nés, 48 nourrissons de moins de 1 an et 12 nourrissons âgés de plus de 1 an. Les cas graves ont été rapportés chez des nourrissons d'âge moyen 6,5 mois.

- 64 notifications de réactions allergiques ou pseudoallergiques notamment cutanées ont été recensées dont 13 cas étaient graves. Les symptômes ont été des urticaires, des éruptions érythémateuses, des prurits, des angiœdèmes [1].

     

      Conclusions de la commission :

Ces médicaments n'ont pas d'efficacité démontrée sur la toux [2]. Selon le compte rendu de la Commission, il n'y a pas d'efficacité spécifique démontrée des mucolytiques dans des affections bronchiques aiguës chez des enfants [1]. Leurs effets indésirables ne sont pas justifiés. Plutôt qu'utiliser un mucolytique chez les nourrissons, mieux vaut par exemple veiller à leur bonne hydratation, à l'humidification de l'air ambiant, et à l'absence de fumée de tabac.

L’AFFSAPS a accompagné cette décision par des Lettres aux professionnels de la santé (cliquez sur le lien) tout en insistant sur

La prise en charge de la toux productive chez le nourrisson repose sur :

 

- La désobstruction nasale pluri-quotidienne (notamment avant le repas et au coucher) au sérum physiologique ou avec une autre solution saline

- L’éviction de l’exposition au tabac (ne pas fumer au domicile y compris dans une autre pièce que celle dans laquelle dort le nourrisson)

- La kinésithérapie respiratoire de drainage bronchique peut apporter un complément à ces mesures en cas d’encombrement bronchique

- L’information à délivrer aux parents sur les mesures hygiéniques habituelles à respecter (surélévation légère de la tête et du thorax pendant le sommeil, hydratation régulière, atmosphère fraîche).

 

Références
1- Afssaps "Commission nationale de pharmacovigilance du 24 mars 2009 – Enquête officielle de pharmacovigilance sur les effets indésirables des spécialités mucolytiques chez le nourrisson de moins de deux ans" 19 mai 2009. Site afssaps.sante.fr consulté le 23 juin 2009 : 20 pages.
2- Prescrire Rédaction "Situations courantes d'automédication. Toux gênantes" Rev Prescrire 2008 ; 28 (299) : 676-677.

3- Rev Prescrire 2009 ; 29 (311) : 666.

4- Source image : LE POINT

 

L’avis du pharmacien :

La décision de contre-indiquer les mucolytiques chez les enfants de moins de 2 ans, est à apprécier dans un cadre plus large vers lequel converge un faisceau d’informations :

       - En effet il y a une dizaine d’années la prométhazine a été elle aussi contre-indiquée dans la même catégorie d’âge. Les autres antihistaminiques l’ont été par la suite. 

        - D’autres produits ont suivit les antihistaminiques notamment le nifuroxazide (Ercefuryl, Enteral …).

        - Ajoutant à cela la difficulté de déterminer les posologies exactes pendant cette période

        - Au niveau physiologique, on note que les 2 premières années de la vie sont caractérisées par la maturation d’un certain nombre de fonctions vitales pour la suite de la vie de l’être humain et en particulier au niveau du système nerveux central, du système respiratoire et des fonctions hépatiques. Toutes ces fonctions peuvent être lourdement perturbées par des thérapeutiques inadéquates ou males évaluées.         

En conclusion nous insistons lourdement sur l’idée suivante :

La tranche de vie de 0 à 2 ans doit être appréciée comme une période post-fœtale et non comme le début de l’enfance. Cela implique d’une part une pharmacologie précise et adaptée, et d’autre part des produits spécifiques. Les transpositions aveugles des thérapeutiques de l’adulte vers cette période post-fœtale sont à bannir sauf cas d’urgence. Par ailleurs une prise de conscience sur ce fait de la part du corps médical et fortement souhaitée.

       

Mais, de quoi je me mêle en fait !

         Tous ces événements se passent en absence de toute réaction ici au Maroc et c’est affligeant. C’est une occasion en or pour les officinaux de monter au créneau afin de défendre l’intérêt de nos patients. Une telle prise de position, professionnellement courageuse et scientifiquement rigoureuse, remettrait le pharmacien réellement au cœur du système de santé et pourrait faire reculer les avis lourdement négatif (ex celui du président de Transparency Maroc).

Malheureusement dés qu’il s’agit de pharmacologie les officinaux se contentent de ce que leurs apprennent les délégués médicaux et au meilleurs des cas les services marketing des laboratoires. Vouloir aspirer à être un acteur efficient de la santé nécessite deux conditions : le courage intellectuel d’être libre et la rigueur scientifiques des analyses. Les deux nous manquent terriblement !                        

NB : « Le courage intellectuel d’être libre » n’implique absolument pas le dénigrement des autres acteurs de la santé (médecins et laboratoires) il s’agit d’être une force de proposition et de réflexion et un contrepoids positif face aux dérives, qu’elles soient administratives ou pécuniaires, qui peuvent mettre à mal les intérêts vitaux de nos patients.      

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 19:36

UN DÉLESTAGE DES PPM EN DOUCEUR

 

  10-06-01-DELESTAGE-des-PPM-copie.jpg

 

Depuis quelques mois, on note avec beaucoup de satisfaction, un délestage en douceur des prix de certains médicaments au Maroc. Le dernier exemple en date est tombé ce matin même :

 

PLAVIX (clopidogrel) BT 28 CP      : Ancien PPM : 762.00 – Nouveau PPM : 548.80 (-28.0 %)

PLAVIX (clopidogrel) BT 14 CP      : Ancien PPM : 395.00 – Nouveau PPM : 284.40 (-28.0 %)       

CHOLESTIN (cimvastatine) 10 MG : Ancien PPM : 175.00 – Nouveau PPM :  85.00 (-51.4 %)           

CHOLESTIN (cimvastatine) 20 MG : Ancien PPM : 245.00 – Nouveau PPM : 165.00 (-32.6 %)

CHOLESTIN (cimvastatine) 40 MG : Ancien PPM : 395.00 – Nouveau PPM : 295.00 (-25.3 %)

 

L’avis du pharmacien  - C'est un avis de bonne foi, sauf erreur ou omission -  

          Ce sont ici de simples constatations, quant à la relation entre ces baisses de prix et l’enquête parlementaire sur les médicaments au Maroc c’est à notre avis fort intimement lié.

          Un des effets qu’on n’a absolument pas prévu de cette excellente et courageuse enquête, c’est une forme de « mise à jour » de certaines règles déontologiques notamment de la part de la MIS (Maroc Innovation Santé, représentant les laboratoires internationaux au Maroc).

Lire à ce sujet un article paru dans le journal L’ECONOMISTE (N°3283, pages II à IV, du 25/05/10) où Mr Christophe Gourlet, (président de la MIS) a présenté un « Un code pour moraliser la promotion du médicament ».

Vous avez certainement remarqué que ce code intervient quelques jours après la table ronde de Transparency Maroc. En toute franchise, c’est certainement un hasard, vu que ce code a certainement nécessité un certain temps pour le présenter (c’est humainement impossible à faire en quelques jours).      

           Ceci étant dit, cet exemple montre que lorsque les industriels (qu’ils soient nationaux ou internationaux) trouvent face à eux administration honnête, des hommes et des femmes politiques courageux, et une société civile dynamique et vigilante ; il s’adaptent en adoptant des comportements rigoureux qui leurs assurent des dividendes légitimes toute en respectant les intérêts collectifs.

Face à une administration corrompue, à des politiques laxistes, et à une société civile moribonde l’entrepreneur quel qu’il soit « s’adapte » aux dépends de l’intérêt des autres.

C’est à notre administration, à nos politiques et à notre société civile de combler nos failles abyssales (tant scientifiques que managériales que déontologiques) afin d’avoir un enivrement entrepreneurial propice à la création de la richesse individuelle mais dans le respect de l’intérêt collectif.  

           En combinant la baisse en douceur des PPM et cette nouvelle initiative pour moraliser la relation Laboratoire – Médecin, les industriels de la MIS admettent de facto que les conclusions l’enquête parlementaire étaient justifiées.

Bien entendu publiquement ils vont toujours les contestées, car admettre la justesse de ces conclusions comporte le risque de devoir, de manière rétroactive, rendre des comptes sur certains « dépassements » non déontologiques.

Par contre, en entamant de façon unilatérale une baisse des prix, l’attitude de la MIS nous parait brillante, car elle aura pour effet d’adoucir une législation qui aurait pu être trop contraignante. L’autorégulation est le meilleur moyen pour éviter l’intrusion de l’Etat dans un secteur donné  

L’attitude des multinationales témoigne d’une finesse d’analyse remarquable. Une finesse qui a comme source une culture basée sur un rapport cartésien vis-à-vis des lois, des règlements et de l’analyse rationnelle.

C’est cette culture de base qu’on aimerait voir aussi chez nos industriels (AMIP) qui se cramponnent parfois sur des positions rêches et un discoure qui frôle par moment l’agressivité                       

En s’opposant à l’enquête la position des officinaux nous paraît alors aberrante (sauf erreur), heureusement que lors du dernier congrès on a essayer de rectifier le tir.                

Au final, on sent un vent d’apaisement et de remise en cause constructif pour notre secteur, pourvu que cela dur        

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 21:10

8éme CONGRÈS INTERNATIONAL DE LA PHARMACIE

RABAT LES 21 & 22 MAI 2010

 

  10 05 25 Caducée

Source : L’ECONOMISTE, N° 3283, page 10, du 25/05/10

 

Les principales recommandations du congrès

-  Suppression de la TVA sur les médicaments.

- Renforcement du rôle du pharmacien dans la prise en charge notamment des malades cancéreux en garantissant un prix accessible et une distribution légale de proximité.

- Fermeture de la «pharmacie» de la CNOPS.

- Instauration du droit de substitution corrélée à l'encouragement du pharmacien pour une plus grande utilisation des génériques.

- Création de la Confédération des syndicats et des associations du médicament «CSAM».

- Instauration d'une formation continue obligatoire l'exigence d'un acte pharmaceutique de qualité.

 

Les déclarations de M  Kamal Belhaj Soulami président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens au Maroc FNSPM :

             - «Nous sommes entrain de revoir les marges du pharmacien*, de créer une fédération du médicament qui sera composée de fabricants, des distributeurs et des pharmaciens. Nous pensons aux moyens en mesure de faciliter l’accès du citoyen au médicament dans un cadre conciliant les intérêts de tous les acteurs», a souligné K. Belhaj Soulami, président de la Fédération.

* Pour les produits les plus onéreux type anticancéreux

             - Depuis plusieurs années, certains médicaments comme les anticancéreux, ne sont disponibles que dans les laboratoires des fabricants ou à la pharmacie de la Cnops. « Il faut fermer cette dernière et mettre tous ces produits aux officines. Nous ne demandons pas une marge spéciale. Nous allons les vendre au prix de l’hôpital », a plaidé le président de FNSPM. Une requête à laquelle le ministère de tutelle vient de répondre favorablement.

             - Selon K Belhaj, l’accès au médicament ne se fera qu’à travers une réelle baisse des prix. «Cela est possible si l’on supprime la TVA sur les médicaments et si on accorde aux pharmaciens le droit de substitution», a-t-il insité.

Le Maroc est le seul pays de la région à imposer encore une taxe sur les médicaments. La Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie et d’autres ne le font pas. Pourquoi le Maroc est le seul à laisser cet impôt ? Sur ce volet, les pharmaciens ne comptent pas lâcher prise. «Je pense que cette taxe sera abrogée lors de la prochaine loi de Finances, sinon nous allons mettre en œuvre tous les moyens de pression pour la faire disparaitre’’, a-t-il ajouté.

 

Les réactions de Mme Baddou Ministre de la Santé :

            - Selon Mme Baddou, le prix du médicament constitue également un frein à l’amélioration de l’accès au soin ce qui l’a amené à mettre en place une nouvelle procédure de calcul de prix du médicament  faisant appel   à un benchmarking  avec les prix pratiqués dans plusieurs pays.

           - Pour finir, elle a annoncé aux pharmaciens l’imminence de la publication d’un décret  qui va permettre la mise en place du numérus clausus en se basant sur les données de la carte sanitaire.

 

L’avis du pharmacien :

Il faut l’admettre les nouveaux arguments des officinaux sont mieux structurés et beaucoup plus objectifs.

           - En effet, la TVA qui est payée au final par le patient est une aberration monumentale, si l’Etat a besoin de ressources fiscales (ce qui est légitime), ce n’est pas dans la poche des plus vulnérables de nos concitoyens que sont les patients, mais dans les fruits de la croissance économique qu'il faut les cherchés. Oui, demander la suppression de la TVA, c’est mettre l’intérêt du patient au devant des autres considérations.

           - La pharmacie de la CNOPS : son existence, qui est illégale, est en soi la négation même du rôle du pharmacien. Sa suppression est une demande logique, l’associé à un effort financier important de la part de l’officinal est une excellente stratégie de communication vis-à-vis des hautes sphères de l’Etat (l’association Lalla Salma) et c'est beaucoup plus percutant que d’aller protester devant le siège des laboratoires.

           - Dans les recommandations on note avec beaucoup de satisfaction « l’instauration d'une formation continue obligatoire ». Cela reste une simple recommandation, mais rien que d’y penser est en soi un bon point. 

            - Contrairement à nos prévisions, on constate que les conclusions du rapport parlementaire sur les médicaments, notamment à travers les déclarations de Me la Ministre de la santé, font leur petit chemin et c’est tant mieux.

Au final, à travers nos lectures, on constate

- Une amélioration nette de l’argumentaire des officinaux,

- Une résistance honorable - pour le moment - de Me la Ministre de la santé et des parlementaires, aux attaques, parfois virulentes, du lobby des industriels (AMIP & MIS)                         

Mettre le patient au cœur de notre métier, on n’y est pas. Mais retourner la communication des officinaux en mettant l’intérêt de nos patients en avant, au lieu de nos seuls intérêts corporatistes (mêmes légitimes) c’est la garantie d’avoir une bonne partie de l’opinion publique avec les officinaux. Cela ne manquera pas d’être une aide inestimable à nos femmes et hommes politiques pour prendre des décisions courageuses et équitables.         

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 19:30

Débat sur le prix des médicaments au Maroc,

Transparency Maroc s’y invite

 

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Sources :

1 - Ana Lopes « Gouvernance et transparence dans le secteur du médicament. Appel à une régularisation urgente » AUFAIT, n°745, page 4, du 13/05/10

2 - S.T. BENNANI «  Nouveau pas vers la transparence » LES ECHOS QUOTIDIEN  N°127, page 21,  du 13/05/2010

3 - K. SKALLI « Prix du médicament Parlementaires et industriels sur le ring » LE SOIR, N°570, page 8 du 13/05/10

 

         Nous avons déjà consacré à ce sujet plusieurs articles sur ce blog, et on pensait qu’il n’y avait pas grand-chose à ajouter, et que le temps était plutôt aux tractations en coulisses et au travail des groupes de pression.

1 - PRIX DES MEDICAMENTS : LE SCANDALE 
2 - PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE 
3 - PRIX DU MEDICAMENT : NOUVELLES CONFIRMATIONS 
4 - LE PRIX DU MEDICAMENT AU MAROC : L'ARGUMENTAIRE DES INDUSTRIELS 
 

5 - PRIX DES MEDICAMENTS : LES GRANDES MANOEUVRES

Neuf mois après la publication du rapport parlementaire, Transparency Maroc vient de raviver le débat public en organisant une table ronde pour débattre de la gouvernance et de la transparence dans le secteur médicament, tenue mardi 11/05/2010 à Casablanca,

 

Cette table ronde a eu l’intérêt de rassembler les divers protagonistes de ce dossier et qui selon le journal le soir « s’est transformée, sans grande surprise, en un véritable ring, chaque partie a brandi ses armes pour défendre ses intérêts ». AUFAIT parle lui « d’une table ronde aux allures de règlement de comptes »

Ont pris part à cette rencontre, qui avait pour objectifs de proposer “une politique cible pour édifier un système de régulation efficace, transparent et juste” :

- M. Khalid El Hariry , rapporteur de la mission parlementaire sur le prix du médicament,

- M. Rahal Mekkaoui Secrétaire Général du Ministère de la Santé,

- M.Abdelaziz Adnane, Directeur général de la Caisse Nationale des Organismes de prévoyance Sociales CNOPS,

- M. Ali Sedreati, Président de l’Association Marocaine des Industries Pharmaceutiques-AMIP

- M. Rachid Filali Meknassi , Secrétaire Général de Transparency Maroc

 

Nous vous rapportons ici les déclarations des un et des autres tel qu'elles ont été rapportés par quelques journaux de la place.

      M. Ali Sedreati AMIP :  

- « La technologie développée par les opérateurs industriels du médicament et la qualité infaillible de leurs produits ont fait du Maroc l’un des pays les plus avancés dans le domaine. Le Maroc n’a rien à envier aux pays d’Europe dans la fabrication du médicament» 

- « Il faut comparer le comparable. La comparaison avec la Tunisie et la France n’a pas de sens, elle n’a pas lieu d’être» [3]

- Au Maroc, il existe près de 10.000 pharmacies pour à peu près 30 millions d'habitants et selon les industriels, le chiffre d'affaires des pharmacies marocaines est 35 fois moins important qu'ailleurs. [1]

 

      M. Khalid El Hariry , rapporteur de la mission parlementaire sur le prix du médicament

- « La problématique de la gouvernance dans le secteur du médicament était un sujet tabou et méconnu et grâce à notre rapport, il ne l'est plus heureusement. A ce jour, l'ensemble des conclusions restent valables et la mise en œuvre des recommandations est encore plus urgente aujourd'hui. » [1]

     Abdel Majid Belaiche, Le consultant de l’AMIP, qui a réalisé l’étude des industriels, s’emporte et lance sur un ton cru au parlementaire  Khalid Hariri :

«Les chiffres contenus dans votre rapport sont faux. Vous auriez dû confier l’enquête à un cabinet d’étude spécialisée dans le domaine. De cette façon, vous auriez évité les reproches»

     M. Khalid El Hariry

 Le rapporteur de la mission parlementaire, gardant son calme et sa courtoisie habituels, réitère son appel à l’urgence de la révision des procédures de fixation du prix du médicament    

     M. Rahal Mekkaoui , Secrétaire général du ministère de la Santé

A ce même sujet le Secrétaire général du ministère de la Santé rétorque qu’une nouvelle formule basée sur un benchmarking international fait actuellement l’objet de discussions entre le ministère et les industriels. L’homme fort du département de Baddou rappelle également qu’une agence du médicament est en cours de création

     M. Khalid El Hariry & M. Abdelaziz Adnane, directeur général de la CNOPS (Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale)

Lors des discussions, la question de l’emprise des industriels pharmaceutiques sur les médecins a été soulevée avec acuité par M. Khalid Hariri et M. Abdelaziz Adnane. Les opérateurs industriels n’ont pas réagi sur ce point épineux.

     Abdelaziz Adnane,

- «La part des génériques est très faible par rapport aux princeps dans nos dépenses. Pour mettre fin à la complicité des médecins avec les industriels, il faut institutionnaliser la prescription de l’ordonnance par DCI (Dénomination commune internationale) et mettre en place un cadre légal pour asseoir des règles juridiques qui assurent la transparence dans les relations prescripteurs/industriels», insiste le patron de la CNOPS,

- «La pérennité du régime est menacée si le prix du médicament reste élevé et le générique très peu utilisé»

- Il propose aussi : «l’interdiction d’importer des médicaments princeps quand son générique existe au Maroc» et de «s’orienter vers des licences obligatoires pour casser le monopole des spécialités pour lesquelles il n’ya pas d’alternatives thérapeutiques»

     M. Abdelaziz Adnane, et la marge des pharmaciens :

Le patron de la CNOPS a proposé d’adopter une marge dégressive en fonction du prix du médicament, à l’instar de la France. Une proposition qui a suscité la colère des pharmaciens présents dans la salle.

     Un membre du Syndicat des pharmaciens de Casablanca présent dans la salle :

«Cette mesure adoptée par la France fait l’objet actuellement de débat. Elle est contestée par les pharmaciens français qui revendiquent son annulation et de revenir à l’ancien mode de calcul de la marge», lance sur un ton coléreux, un membre du Syndicat des pharmaciens de Casablanca.

      M. Walid Amri Le président Syndicat des pharmaciens de Casablanca

Lui ajoute que «les pharmaciens sont prêts à réduire leur marge de 5% pour les médicaments très coûteux notamment ceux utilisés contre le cancer et qui échappent actuellement à leur circuit».

      Rachid Filali Meknassi Secrétaire général de Transparency Maroc & universitaire

«La marge était auparavant justifiable quand les pharmaciens avaient des laboratoires et fabriquaient des produits. Cependant, actuellement ils ne sont que des commerçants qui vendent des médicaments fabriquées par l’industrie», note-t-il

       Les pharmaciens présents dans la salle :

Réduire les pharmaciens à de simples commerçants n’a pas plu aux professionnels. Mais ce qui a provoqué un tollé dans la salle est le fait que M. Meknassi compare leurs officines à des boutiques. Rachid Filali Meknassi a par ailleurs souligné que le marché du médicament est déterminé par l’offre et non la demande. «Ce sont donc les industriels qui décident du médicament à mettre sur le marché et non l’administration ni le patient»

 

L’avis de l’apothicaire du coin :

        Que peut-on retenir de ces joutes verbales ? Si la réaction des industriels était conforme aux prévisions (comme on dit dans la bourse), si la réaction du directeur de la CNOPS était elle aussi prévisible vu ses positions précédentes au sujet de la marge des pharmaciens. On note la réaction plutôt sereine des parlementaires qui malgré les attaques virulentes n’ont pas modifié leurs conclusions, il faut dire qu’ils sont appuyés en cela par l’appréciation très positive du rapport parlementaire par les analystes économiques, qualifié d’«excellent » par un journal comme L’ECONOMISTE.

        La véritable nouveauté de ce débat réside en fait dans la position publique exprimée par Rachid Filali Meknassi Secrétaire général de Transparency Maroc.

En réalité ce que dit le Secrétaire général de Transparency Maroc n’est pas tout à fait nouveau, cette position a été explicitée de façon plus académique et plus nuancée par Jacques Attali  dans un rapport sur « les freins à la croissance »  remis à Nicolas Sarkozy le 23 janvier 2008.

C’est en fait la position d’une bonne partie de notre intelligentsia qui a du mal à comprendre l’utilité de l’officinal.

Face à ces attaques les pharmaciens souvent se barricadent derrière des textes de lois et au mieux ils osent des concepts : une fois c’est « l’opinion pharmaceutique » et une autre fois c’est l’ETP « l’éducation thérapeutique du patient » pour justifier leurs émoluments.

Nous pensons, de bonne foi et sauf erreur, qu’il est nécessaire d’opérer un changement de repère radical pour l’officinal en mettant le patient au cœur de son métier au lieu du médicament ou pire encore la caisse.

Cela veut dire, prendre des positions courageuses et irréfutables en faveur de ce patient qui est notre véritable donneur d’ordre. L’industrie reste un partenaire stratégique face à qui on doit marquer notre indépendance intellectuelle et scientifique en osons donner notre avis en toute liberté sur le fond des thérapeutiques et en étant une force de proposition critique et constructive dans l’intérêt de nos patients.

Dans cette optique, l’officine devient alors une véritable plateforme de proximité à même de collecter les doléances de nos patients, (voire les exigences de nos médecins), toute en étant un acteur effectif de la santé.

Mais ne soyons pas dupe, cela nécessitera un effort colossal, au début et permanent par la suite, en terme de mise à niveau des connaissances de l’officinal (chimie, pharmacologie, biologie). Combien sont-ils les officinaux prêts à faire cet effort ? Nos intenses sont-elles prêtes à se libérer intellectuellement de la domination scientifique des industriels ?                                

En fait c’est le genre de discoure tenu par Rachid Filali Meknassi et autres, qui nous a poussé à rédiger « Le rôle du pharmacien » et à développer par le suite PHARHAMSTER qui est une modeste contribution sans grande prétention, qui vise à monter simplement le quotidien d’une officine de quartier en toute humilité.

PHARHAMSTER est en soi un cri de passion pour notre métier et un cri de tristesse pour notre profession.     

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 22:42

A propos de la suspension d’AMM

  pour les spécialités à base de kétoprofène gel

en France

  Spécialités concernées au Maroc

 KETUM gel - KETOFLEX gel - PROFENID gel

  Rédigé en collaboration avec Dr Maria, médecin à Casablanca 

  10-05-07-Ketoprofene-Gel.jpg

L e s   f a i t s  :  

      

         Les prodromes : Selon l'AFSSAPS

 

       - Le kétoprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) commercialisé en France sous forme de gel depuis1993. Soumis à prescription médicale, le gel est appliqué sur la peau et est utilisé en rhumatologie et en traumatologie bénigne, pour ses propriétés antalgiques. 22 spécialités contenant du gel de kétoprofène étaient autorisées en France.

       - Des cas de photoallergie (réactions cutanées exagérées et/ou anormales à la lumière), souvent graves, ont été rapportés chez des patients traités par des gels contenant du kétoprofène.

       - Ces réactions se présentent le plus souvent sous forme d’eczéma et de bulles pouvant s’étendre au-delà de la zone d’application. Leur gravité peut conduire à des hospitalisations et à des arrêts de travail.

       - Cet effet indésirable a conduit l’Afssaps à modifier l’information de ces médicaments à deux reprises en 1996 et en 2001, à l’issue de deux enquêtes nationales de pharmacovigilance. De plus, un pictogramme incitant les patients à ne pas s’exposer au soleil même voilé avait été ajouté sur les conditionnements en 2001. Malgré ces mesures d’information, les données de sécurité d’emploi montraient que ces réactions étaient toujours rapportées. 

       - En 2003, l’Afssaps a adressé une lettre aux professionnels de santé afin de leur rappeler les précautions d’emploi inhérentes à l’administration des gels contenant du kétoprofène. 

       - La persistance de la survenue et de la déclaration de cas de photoallergie, malgré la prise de ces nombreuses mesures, a conduit l’Afssaps à déclencher la réévaluation du rapport bénéfice/risque des gels de kétoprofène. 

       -. Dans ces conditions, l’Afssaps a décidé de suspendre l’AMM de toutes les spécialités sous forme de gel contenant du kétoprofène dans l’attente des résultats de la procédure de réévaluation européenne. Cette mesure a pris effet le 12 janvier 2010 et s’est accompagné d’un retrait des lots disponibles sur le marché.

 

         1er  Round décembre 2009

       - Le 18 décembre 2009. En raison, selon l'AFSSAPS, de l’efficacité faible à modérée de ces médicaments et de l’existence d’alternatives thérapeutiques, l’Afssaps a considéré que le risque lié à l’utilisation des gels de kétoprofène, (photoallergie au kétopprofène proprement dit mais aussi allergie découlant de l’interaction entre le kétoprofène et l’octocrylène, substance utilisée comme filtre solaire), était supérieur au bénéfice attendu et qu’aucune mesure supplémentaire à celles prises précédemment ne pouvait garantir davantage la sécurité des patients

Sur la base de ces arguments, l’Afssaps suspend les autorisations de mise sur le marché (AMM) de tous les médicaments contenant du kétoprofène sous forme de gel destinés à être appliqués sur la peau. Cette mesure impliquait qu’il ne sera plus possible de se procurer de gel de kétoprofène en France à compter du 12 janvier 2010.

      - Cette décision faisait suite aux avis défavorables de la commission d’autorisation de mise sur le marché (AMM) du 24 septembre 2009 et du 3 décembre 2009 quant au maintien sur le marché des spécialités à base de kétoprofène gel.

En effet, à partir des données de sécurité disponibles au moment de cette réévaluation :   

371 cas d’effets indésirables dont 62% étaient graves (en raison d’une hospitalisation ou d’un arrêt de travail), ont été rapportés de janvier 2001 à février 2009 chez des patients traités par kétoprofène gel.

Dans la très grande majorité des cas, il s’agissait d’un effet indésirable cutané. Parmi les effets indésirables graves, 44% étaient des réactions de photoallergie. L’exposition solaire est un facteur déterminant et la plupart des cas est observée entre les mois de juin et septembre. Aucun décès n’a été signalé.

Par ailleurs, un nouvel élément, est apparu lors de l’évaluation. En effet, les données disponibles [Cf Réf Bibilio.] montrent l’existence d’une allergie associée à l’octocrylène [L’octocrylène est un filtre solaire largement utilisé dans les produits d’hygiène courante et cosmétique] : l’application consécutive d’un produit contenant de l’octocrylène, chez des patients ayant développé une réaction de photoallergie au kétoprofène par le passé, a conduit dans plusieurs cas à l’apparition d’un nouvel épisode de photoallergie (en l’absence d’application concomitante d’un gel de kétoprofène).  

Références bibliographiques :

1 - FOTI C., BONAMONTE D., CONSERVA A. et al. Allergic and photoallergic contact dermatitis from ketoprofen : evaluation of crossreactivities by a combination of photopatch testing and computerized conformational analysis. Curr Pharm Des. 2008.

2 - BONNEVALLE A, THOMAS P. Réactions croisées entre le kétoprofène et l’octocrylène Nouv Dermatol 2008 ; 27 suppl 5 : 64

3 - VEERLE DEVLEESCHOUWER, RIK ROELANDTS, MARJAN GARMYN AND AN GOOSSEN. . Allergic and photoallergic contact dermatitis from ketoprofen: results of (photo) patch testing and follow-up of 42 patients. Contact Dermatitis 2008: 58: 159–166.

4 - DELPLACE D, BLONDEEL A. Octocrylene: really non allergenic ? Contact Dermatitis. 2006 ; 54 : 295.

5 - CARROTTE-LEFEBVRE I, BONNEVALLE A, SEGARD M, DELAPORTE E, THOMAS. Contact allergy to octocrylene Contact dermatitis 2003: 48; 46-7

Liens AFSSAPS :  

1 - AFSSAPS : QUESTION / REPONSES 18 DECEMBRE 2009

2 -  AFSSAPS POINT D’INFORMATION JANVIER 2010

 

       2ème Round janvier 2009

        - Le laboratoire qui commercialise la spécialité Ketum® (MENARINI) a déposé une requête en référé-suspension auprès du Conseil d’Etat à la fin du mois de décembre 2009, pour contester la décision française.

      - Dans l’attente d’une décision définitive (jugement au fond) du Conseil d’Etat, le juge des référés a suspendu le 26 janvier 2010 la décision du Directeur général de l’Afssaps concernant l’autorisation de mise sur le marché du gel Ketum® contenant du kétoprofène.

      - Cette ordonnance, prise dans le cadre d’une procédure d’urgence, intervient dans l’attente d’une décision du Conseil d’Etat sur le fond du dossier. Elle a pour conséquence à ce stade, la possibilité pour le laboratoire Menarini de remettre sur le marché le gel Ketum®. Néanmoins, cette ordonnance ne préjuge pas de l’issue dans le courant du 1e semestre 2010 de la réévaluation communautaire en cours.

 

L ’ a v i s   d u   p h a r m a c i e n   &   d u   m é d e c i n :

      - Ces débats concernent les français aussi bien que les marocains car nous disposons au Maroc (sauf omission de notre part) de 3 spécialités en gel à base kétoprofène.   

      - Face à ces discussions en France, on observe au Maroc un manque de communication pesant sciemment du côté des laboratoires et un manque d’information et de réactivité du côté de l’administration.

Et comme d’habitude on observe la même absence d’implication intellectuelle des organisations professionnelles qui restent généralement embourbées dans des considérations corporatistes certainement légitimes, se délaissant malheureusement par la même occasion de la défense de nos patients qui doivent être au cœur de notre métier.           

Notre propre expérience :

     - En plus de 10 ans d’exercice (officine et médecine) nous n’avons enregistré aucune plainte où le kétoprofène gel aurait été incriminé ; cela dit à notre avis, les laboratoires implantés au Maroc, auraient dû  au moins envoyer un mailing aux médecins et  pharmaciens leur rappelant le risque de survenue de réactions de  photosensibilité (le prospectus et le pictogramme à eux seuls ne suffisent pas ) et les incitant par un sondage par exemple, à relever ce genre de réactions suite à l’administration de ces produits. Une telle transparence leurs fera honneur et leur confèrera encore plus de crédibilité.    

     - Dans l’attente de la réévaluation du rapport bénéfice/risque par une commission de l’afssaps, soyons vigilants auprès de nos patients sous kétoprofène gel : notre conduite à tenir sera de leur recommander  de se protéger contre le soleil pendant le traitement et jusqu'à 2 semaines après son arrêt et de signaler aux médecins et pharmaciens tout effet nocif suite à l’application du produit.

 

Cette affaire est donc à suivre puisqu’il y aura certainement un 3ème round de discussions et de décisions, que nous nous empresserons à communiquer dès qu’il y aura du nouveau.  

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 20:34

Analyse comparative

Afluzosine vs doxazosine

 

 

Rappel déontologique :

Les données présentées ici ont été établi par nos soins de bonne foi, sauf erreur ou omission Loin de nous toute stigmatisation de n’importe qu’elle spécialité, l’objectif étant d’essayer de clarifier une situation donnée afin favoriser l’émergence d’une concurrence saine à même de consolider l’industrie  qui sera poussée vers plus de rigueur et d’efficience managériale localement, ce qui ne manquera d’être un atout considérable dans son expansion sur le marché international. Un marché local biaisé peut avoir des effets négatifs sur l'international et impacté même la pérennité des entreprises au vu du démantèlement des barrières douanières future. PHARHAMSTER est un blog de débat et de réflexions, c’est en fait le fruit d’un effort strictement personnel, et à part vous, il n’a ni comité de lecture ni correcteur attitré. 

  

 

       Ce texte a été initié suite à la mise sur le marcher marocain (mars 2010) d’un nouveau générique d’alfuzosine avec bioéquivalence ayant comme dénomination commerciale : FLOTRAL, cette nouvelle spécialité va s’attaquer de manière frontale au marcher du XATRAL 10 mg LP

 FLOTRAL XATRAL 

   

Tableau comparatif

 

        Alfuzosine

            PPM

XATRAL   10 mg boite 10 CP

                128.00

FLOTRAL 10 mg boite 10 CP

                  58.40

XATRAL   10 mg boite 30 CP

                 295.00

FLOTRAL 10 mg boite 30 CP

                 159.30

 

NB : Nous avons sciemment évité de mentionner les noms des laboratoires afin d’éviter toute stigmatisation générale, nous nous intéressons ici au produit et uniquement au produit. Le prix n’est qu’un paramètre parmi d’autres pour le choix par un prescripteur d’un produit donné       

 

Ce tableau n’ayant pas besoin de commentaires nous n’allons pas s’y étendre dessus. Par contre on vous propose de nous intéresser à l’Alfuzosine qui est un dérivé quinazoline exactement comme la Doxazosine (CARDURA, ZOXAN) pour laquelle on avait consacré un article détaillé. DOXAZOSINE : L'ESSENTIEL

Et dans le cas présent on s’est demander quelle différence pharmacologique y’a-t-il entre ces deux quinazolines ? Et dans quelle mesure sont-elles interchangeables ? Pour se faire on s’est basé sur les documents de l’AFFSSAPS et sur la banque de données BIAM.   

 

Comparatif  moléculaire

 XATRAL-vs-ZOXAN-copie.jpg

 

Comparatif  pharmacologique

prostate.jpg

           Les propriétés communes aux deux molécules 

- L'alfuzosine et la doxazosine sont des dérivés de la quinazoline, actifs par voie orale. Ce sont des antagonistes sélectifs des récepteurs α -1 adrénergiques post-synaptiques.

- La sélectivité de l'alfuzosine et la doxazosine est démontée pour les récepteurs α-1 adrénergiques situés au niveau de la prostate, du trigone vésical et de l'urètre

- Les alpha bloquants, par une action directe sur le muscle lisse du tissu prostatique, diminuent l'obstruction infra-vésicale. Ils diminuent aussi la pression urétrale et donc la résistance au flux urinaire lors de la miction.

- Les deux molécules sont indiquées dans le traitement des symptômes fonctionnels de l'hypertrophie bénigne de la prostate

La remarque de l’apothicaire : le traitement avec les alpha bloquants vise à atténuer les symptômes de l’adénome sans le supprimer, autrement dit cette médication ne va pas empêcher l’évolution de l’adénome puisqu’elle a un caractère essentiellement vasculaire.

Pour attaquer directement l’adénome on a recoure aux inhibiteurs de la 5-alpha réductase dont un est disponible au Maroc le finastéride [Chibro-Proscar, PPM 472.40 DH, BT 28 CP]

 C’est deux types de médicaments peuvent être utilisés simultanément. Une petite synthèse pertinente des traitements de l’hypertrophie bénigne de la prostate  est disponible sur le site pharmacorama   

Au sujet de l’évolution naturelle du cancer de la prostate : une étude suédoise cohorte* a montré que sans traitement 6 patients sur 10 n’ont pas d’aggravation de leurs cancers diagnostiqués 20 ans plus tôt et sur la même période 16% seulement des patients suivis sont décédés des suites de ce cancer. Cette information nous incite à nuancer notre appréciation globale de ce cancer

 *  « Acinar adenocarcinomas ». In : Eble JN et coll. “ Word Health  Organization Classification of tumors. Pathology and genetics of tumours of urinary system and male genital organs” IARC Press, Lyon 2004 : 162-192

 

            Les propriétés spécifiques à l’afluzosine :

l'Indication en plus : Traitement adjuvant au sondage vésical dans la rétention aiguë d'urine liée à l'hypertrophie bénigne de la prostate

Les effets secondaires les plus fréquents : Etourdissement, sensations vertigineuses, malaises, céphalées, Tachycardie, palpitations, hypotension orthostatique

 

           Les propriétés spécifiques à la doxazosine :

Les propriétés pharmacodynamiques :

- La doxazosine exerce des effets favorables sur le bilan lipidique source : Drugs 1995;49:295-320.

- la doxazosine améliore la sensibilité à l'insuline chez les patients chez qui cette dernière est altérée. Source AFFSSAPS

- la doxazosine est utilisable dans l’hypertension légère à modérée mais elle n'est pas appropriée en traitement de première ligne de l'hypertension essentielle. Elle peut être utilisée en monothérapie chez des patients n'ayant pu obtenir une réponse ou ayant des contre-indications avec d'autres traitements. Alternativement, son utilisation doit être limitée au traitement de deuxième ou troisième ligne en association avec d'autres antihypertenseurs. Source AFFSSAPS

Les effets secondaires les plus marquants :

Vertiges, étourdissements, œdème, troubles orthostatiques, fatigue, malaise, céphalées, trouble de l'accommodation, palpitations, douleurs de poitrine, dyspnée, rhinite, asthénie

 

Conclusion :

Si les deux molécules ont des effets comparables sur l’adénome de la prostate 

- La doxazosine possède elle des effets métaboliques et cardiovasculaires plus marqués

- L’afluzosine se démarque par une indication pointue comme « Traitement adjuvant au sondage vésical dans la rétention aiguë d'urine liée à l'hypertrophie bénigne de la prostate »

- Le profile des effets secondaires est relativement comparable, même si les effets secondaires de la doxazosine sont un peu plus marqués au moins au niveau cardiovasculaire  

 

Globalement on peut estimer, avec une marge de confiance confortable, que l’afluzosine paraît plus spécifique de la sphère urèthro-vésicale.

Ces deux molécules sont-elles interchangeables ? Certainement pas. D’autre part en absence, à notre connaissance, d’étude randomisée comparant l’efficacité réelle des deux molécules, le choix de l’une ou de l’autre est laissé à l’appréciation stricte du prescripteur en fonction de l’état général du patient.

Autre article traitant de la prostate : LECTURES OFFICINALES : Le lait & cancer de la prostate

           

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 19:48

Prix des médicaments au Maroc

Les grandes manœuvres

 

Sources : - LE SOIRE ECHOS, n°498, du 02/02/2010 
                - L’ECONOMISTE, n°3205, page 2, du 4/02/2010

 Après les articles déjà publiés sur ce même Blog :
               - PRIX DES MEDICAMENTS : LE SCANDALE 
               - PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE 
               - PRIX DU MEDICAMENT : NOUVELLES CONFIRMATIONS 

               - LE PRIX DU MEDICAMENT AU MAROC : L'ARGUMENTAIRE DES INDUSTRIELS 
                Les 1eres escarmouches au sujet du prix du médicament au Maroc ont commencé à prendre forme de manière plus ou moins visible, là on vous présente d’abords notre lecture au sujet d’un événement fort intéressant, puis on vous présentera concrètement par la suite ce que propose le ministère de la santé       

 

La création d'une Fédération des professionnels du médicament en vue 

 machiavel.jpg
               Cette fédération, annoncée sur la une du « Soir » du 02/02/10, va regrouper l’AMIP (industriels), l’AMDP (distributeurs) et la FNSPM (les officinaux) avec comme objectif de s’attaquer aux conséquences du rapport parlementaire sur le médicament.
C’est, sauf erreur de notre part, une première, car habituellement dans le secteur des professionnels du médicament l’égocentrisme corporatiste est roi.

Cette première, qui à notre avis est purement conjoncturelle, atteste d’une stratégie habile et intelligente de la part des industriels qui sont en réalité les premiers (si non les seuls) visés par le dit rapport, s’associer à un pauvre « prolétariat » apothicaire leur amène une légitimité sociale et une force de frappe inespérée, servie sur un plateau par de vénérables et valeureux syndicalistes, cette force va s’additionner immanquablement avec une grande synergie au puissant arsenal relationnel des industriels pour défendre d’abord et avant tout leurs propres intérêts.

En toute franchise, si cette tactique est préméditée (ce qui n’est pas sur non plus), cela relèverait du grand art presque à la Machiavel (Lire Le Prince).

Les syndicalistes sont loin de la finesse d’analyse d’un Machiavel, ils sont de façon générale embourbés d’une part dans des querelles intestines et d’autre part dans de petits calcules d’apothicaires (là c’est à juste titre) qui n’augurent d’aucune vision sectorielle rationnelle à même d’assurer le développement du secteur de la pharmacie dans le cadre d’une politique de santé concertée et efficiente.  Cette analyse trouve sa justification dans le 2ème point qui suit         

 

Que propose concrètement le ministère de la santé au sujet du prix des médicaments :  

Prix-des-medicament-l-economiste-du-04-02-2010-n-3205.jpg Source du déssin : Rik, L’ECONOMISTE, n°3205, page 01, du 4/02/2010 

Autrement dit à quoi on voudrait s’attaquer au juste ? L’excellent journal « L’Economiste », dans son édition du 04/02/2010, nous apporte en avant première des précisions remarquables que nous vous résumons à notre façon.

         - Limitation du nombre de médicaments génériques à 14, par Dénomination commune internationale (DCI), et à raison d'un seul générique par fabricant. 
         - Introduction des critères de benchmarking international en matière de prix

 

Lexique : Un benchmark, en anglais, est un point de référence servant à effectuer une mesure. Le terme vient du vocabulaire professionnel des géomètres, et désigne à l'origine un repère de nivellement. En français, il peut désigner plusieurs choses, en économie, où l'usage du terme tend à se répandre, le benchmarking est la confection d'un étalonnage pour mesurer diverses performances. Il signifie aussi une étude s'appuyant sur plusieurs expériences étrangères de projets déjà réalisés ou au moins plus avancés. Source : « http://fr.wikipedia.org/wiki/Benchmark»

 
         - La révision régulière des prix qui sera certainement dans le sens des baisses et mettra fin à de nombreux dérapages. Contrairement à la formule actuelle, le prix d'un médicament ne sera plus figé. Très semblable à celui appliqué en France, ce nouveau système établit 3 niveaux de prix seulement.

        1 - Quand la demande introduite concerne une spécialité pharmaceutique «innovante», fabriquée, conditionnée localement ou importée, le prix sera établi selon un comparatif. Ce dernier sera basé sur le prix grossiste hors taxe (PGRT) dans les 7 pays retenus par le ministère: Espagne, Portugal, France, Belgique, Grèce, Turquie et Arabie Saoudite. Le prix adopté sera donc aligné sur le PGHT le plus bas de ces pays
        2 - Lorsque la demande porte sur une spécialité pharmaceutique constituant le 1er générique mis sur le marché national, son prix sera moins cher de 45% par rapport à la spécialité de référence commercialisée au Maroc. A condition que son prix public au Maroc (PPM) soit inférieur ou égal à 250 DH. Ce prix sera la référence pour les 9 premiers génériques qui seront mis sur le marché. Du 10e au 15e générique autorisés, le prix sera 20% moins cher que les neuf premiers. Si la spécialité de référence est supérieure à 250 DH, le prix des neuf premiers génériques sera deux fois moins cher, soit une baisse de 50% du prix du princeps. Pour les cinq qui suivent, le prix sera bradé de 20% par rapport aux neuf premiers. 
       3 - En ce qui concerne les spécialités pharmaceutiques d'un médicament de référence génériqué dans son pays d'origine, le prix sera établi en se basant sur une comparaison avec les génériques.

 

            De manière générale, les prix (PPM) des médicaments homologués, devraient être revus à la baisse. La baisse sera de 20% et concernera la spécialité de référence selon deux cas : soit expiration du brevet, soit mise sur le marché. (dans le pays d'origine ou autres pays) du premier générique.

            Pour les princeps et génériques importés, la révision du prix dépendra de deux données essentielles: le taux de change, quand ce dernier varie de 10% et du résultat du benchmark annuel des prix grossistes hors taxe (PGHT) dans les pays de référence.

            Les cas de révision des prix à la hausse sont également évoqués par la circulaire. Ils seront soumis à l'agrément de la tutelle. La demande de révision doit être argumentée par les faits
intervenus depuis la dernière homologation justifiant la demande accompagnée d'un argumentaire chiffré et détaillé du prix proposé et des quantités vendues durant les dernières années.

            Selon les informations du journal, près de 160 produits pourraient être concernés par une éventuelle baisse des prix. Ils sont essentiellement des médicaments prescrits notamment contre le diabète, l'hypertension artérielle et les maladies infectieuses, la cancérologie et la cardiologie.

 

L’avis de l’apothicaire :

              Une lecture superficielle et simpliste de ces propositions, pourrait laisser supposer que l’officinal va perdre une partie importante de son chiffre d’affaire. En réalité, sauf erreur d’appréciation de notre part, c’est beaucoup plus nuancé que cela pour les raisons suivantes :

              1 – L’extrême faiblesse de  la consommation en médicament au Maroc (aux environs de 300,00 DH par personne par an) alors que la demande est importante suggère que toute baisse du PPM d’une unité va être contrebalancé par une consommation du nombre d’unités plus important, c’est une logique comptable simple basée sur l’équilibre entre la demande justifiée par le besoin d’une part et le nombre de boite vendues indexé sur le prix et le pouvoir d’achat d’autre part. L’impact sur le chiffre d’affaire est donc relativement faible à part peut être pour les rares officines qui travaillent qu’avec la jet-set marocaine. 
Cet impact aurait pu avoir lieu, si on était dans un système de surconsommation de médicaments comme en France, or ce n’est absolument pas le cas dans notre pays. Cette analyse nous arrivons depuis plusieurs années à la démontrer dans notre officine*.

              2- Une meilleurs gestion de stock : Les mesures préconisées par le ministère, de part le fait d’objectiver le nombre de génériques, vont avoir un impact tangible sur le coulage. En effet depuis 15 ans nous assistons, comme vous, à une augmentation vertigineuse du stock (une immobilisation souvent inutile) qui ne correspond absolument pas l’augmentation naturelle du chiffre d’affaire, l’officine devient alors de moins en moins rentable financièrement, les fonds immobilisés sont importants et les risques assujetties le sont tout autant d’où les difficultés financières d’un grand nombre de pharmaciens d’officine.                                                       
Une meilleure gestion de stock et un bon coulage impliquent de facto moins de périmés à gérer et surtout moins d’incidents de traites impayées sous lesquelles croule bon nombre de mes confrères et sœurs.

 

                Et même pour les industriels, appliquer des règles de transparence et de rigueur en matière de prix, va emmener nos industriels à une concurrence sur des bases saines et à opérer un changement de méthodes de travail, qui actuellement sont basées sur le partage du maigre camembert que constitue le marché du médicament au Maroc et sur des bidouillages marketing. Ce changement va amener nos industriels à prendre comme base de croissance le fait de répondre au plus prés aux besoins réels des patients, c’est un  changement culturel radical car les décisions stratégiques pourraient être prises alors sur des bases socioéconomiques et pharmacologiques. Cela exigera de sérieux investissements dans la recherche et développement ce qui sera un atout majeur pour attaquer le marcher international qui s’imposera à nous avec la levée presque complète des barrières douanières principalement avec l’Europe.        

            Au final, vouloir s’attaquer à l’enquête parlementaire de la part des officinaux est à notre avis un non sens et une erreur stratégique capitale     

POST-SCRIPTUM

             Et après … 3 scénarios possibles
            - Soit ce projet de réforme aboutit, c’est très peu probable pour plusieurs raisons vu la position délicate de la ministre de la santé. En effet nos ministres sont constitutionnellement faibles (tous les grands chantiers du pays leurs échappes), leur assise populaire discutable ne leur permet de s’affranchir du poids des puissants groupes de pression (syndicats, réseaux d’influence et autres), par ailleurs la conjoncture politique actuelle caractérisée par l’émergence en force du PAM, qui à la base s’érige comme un bastion contre le PJD, affaibli de facto le parti de la ministre la santé      
            - Soit ce projet passe, mais avec un texte qui est vidé de son sens : c’est probable cela permet à notre ministre de présenter des « résultats » à ses électeurs tout en gardant les failles du système actuel, c’est le fameux compromis qui pourrait satisfaire momentanément les divers intervenants mais qui lésera le patient et qui pourrait coûter cher à l’officinal après.       
            - Soit ce projet ne passe pas du tout, l’enquête parlementaire et ses conclusions seront alors enterrés tel quel, c’est une option catastrophique pour les officinaux car le prochain ministre de la santé, face à la cherté du médicament au Maroc, n’aura d’autre paramètres à sa disposition que la marge des officinaux (…)                          

* Concrètement
A chaque fois que le prix d’une unité baisse, le patient opte généralement vers l’achat d’un nombre d’unités plus important
En pratique courante :
     - Il achète son traitement complet et en cash, cela permet aussi au prescripteur d’avoir toute la latitude pour prescrire tous les produits dont le patient a besoin avec moins de contraintes budgétaires.  
      - Le marocain dés qu’il a les moyens est friand de vitamines en tout genre, 
      - Le manque de micronutriments comme l’atteste les études du ministère de la santé publique donne une marge de progression fort importante comme le manque en fer particulièrement chez les femmes 
       - Une meilleure observance des maladies chroniques (diabète, cardiopathies … ), plusieurs études publiées dans L’Espérance médicales, montrent la faiblesse de l’observance des traitements par les patients par rapport à un pays comme la Tunisie, autrement dit il y a une grande marge de progression du nombre de boites vendues dans ces pathologies.



Poste- scriptum du 22/02/10

         Dans une interview au quotidien marocain LES ECHOS un de nos syndicalistes s’attaque au projet du ministère de la santé au sujet la baisse du prix des médicaments en reprenant, comme prévu, globalement  les mêmes arguments des industriels et en insistant par ailleurs sur :

- La fragilité financière de 3000 officines sur les 10000 opérationnelles actuellement.
- L’absence de droit de substitution si Maroc       
- La vente directe de médicaments aux patients par les laboratoires et par la CNOPS

          Un autre argument a attiré notre attention, en effet le responsable ajoute : « Si le Marocain  ne dépense en moyenne que 200 à 300 DH par an dans les soins médicaux, cela ne signifie pas forcément que c’est parce que le médicament coûtent trop cher par rapport au pouvoir d’achat. C’est surtout explique-t-il, parce qu’au Maroc il n’y a pas de culture de soin, car le même Marocain dont la dépense en soin ne dépasse pas 300 DH par an, dépense 4 fois plus en communication téléphonique »

         C’est un argument très léger, en effet, F. Debord, le DG de Wana Corporate a déclaré dernièrement au journal LE SOIR : « Un Marocain moyen appelle 60 minutes par an à partir de son téléphone, contre 180 minutes pour l’Algérien et 120 pour l’Egyptien ».

C’est un exemple évocateur, sauf erreur de notre part, des analyses souvent simplistes qui prévalent au niveau de l’action syndicale, dont la vision dépasse rarement les champs de la caisse. 

Sources : LES ECHOS QUOTIDIEN, N°63, du 12/02/2010, Pages 16-17

               LE SOIR ECHOS, N°511, du 19/02/2010, Page 11

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 13:10

LE DEBUT DE LA VACCINATION
CONTRE LA GRIPPE H1N1 AU MAROC

 

Source : « Grippe A : Comment se déroule la vaccination » Le journal Le Soir n°463, pages 8 et 9 du 14/12/09

 

                    Comme vous le savez certainement la vaccination contre la grippe A a commencé il y a quelques jours ciblant essentiellement la population à risque.

Pour être honnête, on a été très sceptiques quant au déroulement de cette opération connaissant :
- D’une part les habitudes traditionnelles de notre administration (gabegie, laxisme, copinage, clientélisme, gestion douteuse)
- Et les spécificités d’une partie non négligeable de notre population (incivisme, pauvreté et ignorance)

                    Pourtant, les premières informations qui nous sont arrivées montrent que cette opération se déroule plutôt bien. Ces informations on été corroborées par un article paru aujourd’hui dans le journal Le Soir, où on y apprend qu’on a poussé les règles de bonne gouvernance pour cette campagne jusqu’à l’organisation de la collecte des déchets médicaux via des « conteneurs spécifiques », afin d’éviter la réutilisation, volontaire ou involontaire, des outils piquants, coupants ou tranchants utilisés pour cette campagne. Du côté des citoyens les choses se passent globalement dans la sérénité. Pourvu que cela dure   

                    Il faut dire qu’habituellement dans les organisations « à la marocaine » de ce genre d’opérations on a 3 cas :  
     - Soit les citoyens se comportent bien mais l’organisation est catastrophique.
     - Soit l’organisation est correcte mais l’incivisme, la pauvreté et l’ignorance du citoyen font capoter tout l’effort consentit à tel point que vous pouvez réunir la méthodologie des vikings scandinaves, le génie des peuples germaniques et la rigueur des samouraïs nippons, rien n’y fait ça sera toujours un échec.
     - Soit l’organisation est catastrophique et le comportement du citoyen l’est tout autant, ce qui est à notre avis malheureusement, est le plus fréquent, l’un rejetant la faute sur l’autre ; et c’est entre la poule et l’œuf que nos politiciens et nos sociologues tournent en rond depuis de longues années.    

Post-scriptum du 08/01/2010 :
De nouvelles précisions à ce sujet dans un récent article :
GRIPPE A H1N1 & LA PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DU RISQUE SANITAIRE

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 14:04

EUMOXOL - AMBROXOL 

Filiation chimique et pharmacologique de l’ambroxol

 

09 12 10 ambroxol eumoxol copie

Sources :
- « Copie d’ambroxol : l’avalanche » Revue prescrire, n°248, Tome 24, page 188, Mars 2004
- « Ambroxol hydrochloride ». In : « Martindale The Complete Drug Reference 33rd ed. The Pharmaceutical Press, London 2002 : 1084-1085
- Dorvault 23ème ed. Page 87et page 282
- Sites : BIAM, AFSSAPS, ESCULAPE-PRO

             Dernièrement on a reçu un mailing annonçant la mise sur le marché marocain d’une nouvelle spécialité à base d’ambroxol, un expectorant utilisé dans les toux productives. C’est l’occasion pour PHARHAMSTER de vous présenter une analyse critique de l’offre d’ambroxol sur le marché marocain et notre classique filiation chimique et pharmacologique afin de bien situer cette molécule.   
 

Poste- scriptum du 22/02/10

Suite à la mise sur le marché marocain da la spécialité Ambrolys en janvier 2010 une mise à jour de cet article a été effectuée.


 

Rappels déontologiques : 

- Les données présentées ici ont été établi par nos soin de bonne foi, sauf erreur ou omission
- Loin de nous toute stigmatisation de n’importe qu’elle spécialité, l’objectif étant de clarifier une situation afin favoriser l’émergence d’une concurrence saine à même de consolider notre industrie qui sera poussée vers plus de rigueur et d’efficience managériale localement, ce qui ne manquera d’être un atout considérable dans son expansion sur le marché international. Un marché local biaisé peut avoir des effets négatifs sur l'international et impacté même la pérennité des entreprises au vu du démantèlement  des barrières douanières future.   
 

 

Analyse de l’offre d’ambroxol sur le marché marocain :

Cette offre se caractérise par son hétérogénéité

- au niveau de la quantité délivrée qui varie entre 125 ml, 200 et  250 ml

- au niveau des concentrations par ml : 15 mg / 5 ml ou 30 mg / 5 ml

- au niveau des prix

Cette complexité de l’offre rend presque impossible, au médecin prescripteur, d’identifier la présentation la plus avantageuse pour son patient. Ce qui rejoint de facto les conclusions de l’Enquête parlementaire.

Pour clarifier cette offre, et pour comparer ce qui est comparable, on a ramené le PPM sur la base : du prix de 15 mg d’ambroxol (indépendamment du nombre de ml, car ce qui importe le plus c’est la quantité de principe actif délivré).

Les 15 mg d’ambroxol standard retenus ont été choisis sur la base de la présentation de la molécule princeps (MUXOL)           

 

Spécialité

Flacon

Concentration

PPM

PPM

Par 15 mg

LABO.

MUXOL AD

250 ml

15 mg / 5 ml

38.80

0.776

COOPER

S/L LEURQUIN M

MUXOL EN

125 ml

15 mg / 5 ml

27.10

1.084

BROCLAR

200 ml

15 mg / 5 ml

31.00

0.775

IPHARMA

BROMAX AD.

200 ml

30 mg / 5 ml

33.00

0.412

AFRIC-PHAR

BROMAX EN.

200 ml

15 mg / 5 ml

29.00

0.725

AMBROLYS 30 mg

200 ml

30 mg / 5 ml

33.00

0.412

SOTHEMA

IDEXPHARME

AMBROLYS 15 mg

200 ml

15 mg / 5 ml

27.50

0.687

BRONCOLIBER AD.

200 ml

30 mg / 5 ml

51.00

0.637

AFRIC-PHAR

S/L TECHNIMEDE

BRONCOLIBER EN.

200 ml

15 mg / 5 ml

34.65

0.866

FLUIBRON

200 ml

15 mg / 5 ml

38.85

0.971

PROMOPHARM

EUMOXOL AD.

250 ml

15 mg / 5 ml

34.00

0.680

PHARMA 5

EUMOXOL EN.

125 ml

15 mg / 5 ml

18.00

0.720

 

           - Le coût des 15 mg d’ambroxol standard le plus avantageux est celui de AMBROLYS et du BROMAX AD, ce dernier est fabriqué par le même laboratoire qui fabrique le BRONCOLIBER  avec un coût de plus 35% pour la forme adulte. Certainement cette plus-value est justifiée en partie par les royalties dues à la licence de la marque du laboratoire international mais cela ne justifie absolument pas la présence de ces 2 spécialités à la fois pour le même fabricant.       

          - Le coût des 15 mg d’ambroxol standard le plus élevé est paradoxalement (le fameux paradoxe marocain) n’est pas celui de la molécule princeps. Et je vous laisse volontiers le soin de l’identifier vous-même, un petit effort de votre part, c’est une bonne façon de le retenir afin d’éviter l’écueil éventuel.   

         - Pour le cas d’EUMOXOL dit « enfant » la variation réelle du coût avec le BROMAX enfant et AMBROLYSE 15 mg n’est pas significative même si son PPM de 18,00 DH paraît a priori abordable.       

          - Les formes dites « adulte » ou « enfant » sont, dans la majorité des cas, faites avec les mêmes concentrations. Autrement dit, ces appellations non rien de pharmacologique, c’est juste des astuces marketing, mise à part le BROMAX et le BRONCOLIBER, ce sont en faite juste le petits et les grands models des mêmes produits.

A noter que le nom commercial d’AMBROLYS le dernier ambroxol mis sur le marché est à notre avis plus logique puisqu’il n’introduit plus les substantifs « Enfant » et « Adulte »

 

 

Filiation chimique et pharmacologique de l’ambroxol :

Filiation chimique :

Dénomination chimique : TRANS-((AMINO-2 DIBROMO-3,5 BENZYL)AMINO)-4 CYCLOHEXANOL CHLORHYDRATE

09 12 11 Ambroxol et Bromhexine
         L’ambroxol est donc un dérivé bromé, qui est en fait le métabolite de la bromhexine (Bisolvan CP, Pectryl en association avec le sulfogaïacol). Autrement dit après administration de la bromhexine elle se transforme dans le corps (elle est métabolisée) en ambroxol et au final en terme d’effet pharmacologique c’est la même chose.

  

Filiation pharmacologique :

Il s’agit d’un mucolytique ayant des effets similaires à la carbocistéine (Rhinathiol, Bronchokod …), à l’acétylcystéine (Exomuc …)    

       - L’ambroxol augmente la sécrétion des cellules caliciformes et séromuqueuses bronchiques.
       - Il réduit la viscosité du mucus permettant ainsi une amélioration de la fonction ciliaire.
       - Il favoriserait la formation du surfactant pulmonaire par les pneumocytes de type 2.
 

 

L’avis du pharmacien :

Il faut rappeler les points suivants :

       - Donner un antitussif en cas de toux productive est une absurdité, les crachats sont un moyen de défense de l’organisme qu’il faut respecter  
       - Le traitement de base pour une toux productive reste tout simplement l’eau (la réhydratation) lire à ce sujet CAS D’OFFICINE : A POROPOS D’UN CAS DE TOUX CHEZ UNE FEMME ENCEINTE  
       - En plus de l’eau, nous pensons qu’une toux productive sans fièvre peut être améliorée avec une activité physique modérée. Cette activité qui va créer une demande hydrique et améliorer l’efficience respiratoire 
       - Devant toute demande de médication pour une toux productive, il faut absolument rechercher un tabagisme actif ou passif. Et c’est une occasion idéale et opportune qu’on utilise dans notre officine pour réitérer inlassablement notre message contre le tabac LA CIGARETTE UNE PHARMACOLOGIE DE LA MORT 
       - Attention à l’utilisation des mucolytiques chez l’enfant de moins de 2 ans, à cet age là le nourrisson n’arrive pas à cracher et le seul moyen qui reste (à notre connaissance) est la kinésithérapie respiratoire

 
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 18:45

L’insuline marocaine exportée en Algérie

Sources :

- Site d’information TOUT SUR L’ALGERIE :  http://www.tsa-algerie.com/economie-et-business/de-l-insuline-marocaine-pour-les-diabetiques-algeriens_8589.html
- Revue TELQUEL n°401, page 08, du 05 au 11/12/2009
- Journal Le Soir, N°457 , page 12

 

« L’Algérie a décidé d’importer de l’insuline du Maroc pour pallier le manque de ce médicament et éviter de nouvelles pénuries » Selon le site d’information TOUT SUR L’ALGERIE , l’insuline marocaine fabriquée par les laboratoires Sothema sera bientôt disponible pour la première fois dans les pharmacies en Algérie. « C’est la première fois qu’une insuline marocaine sera distribuée sur le marché de ville, c'est-à-dire dans les pharmacies »

 

Post-scriptum : à la lecture de l’article en entier du site d’information TOUT SUR L’ALGERIE, on se rend compte rapidement, qu’il ne s’agit là en aucun cas d’une stratégie d’ouverture, ou d’une quelconque vision de complémentarité et encore moins d’intégration économique régionale. Cette décision est dictée strictement par les difficultés de marché intérieur algérien. Dommage, c’est encore une énième preuve de la nécessité urgente d’une véritable intégration des économies des pays du Maghreb              
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