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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 18:26

Le prix des médicaments au Maroc

L’argumentaire des industriels

 

Sources :

- K. Skalli. L’AMIP rejette les « accusations » des parlementaires. Le Soir Echos. N°449, page 8, du 24/11/09  
- Intervention du président de l’AMIP sur Radio Atlantic http://www.atlanticradio.ma/ le 26/11/09  à 7h45 du matin répondant aux questions de Loubna Moussali dans « L’invité d’Atlantic »   

 

Après les articles déjà publiés sur ce même Blog :
               - PRIX DES MEDICAMENTS : LE SCANDALE 
               - PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE 
               - PRIX DU MEDICAMENT : NOUVELLES CONFIRMATIONS  

Le devoir d’équité et l’honnêteté intellectuelle nous imposent de vous présenter l’argumentaire des industriels. On s’attendait à cette réplique, elle arrive le 23/11/09, 20 jours après la publication de l’enquête parlementaire, avec comme arguments :

- L’enquête parlementaire est subjective, selon le président de l’AMIP elle est à charge. 

- Les prix bas des médicaments en Tunisie sont soutenus par l’intervention de l’Etat

- Cette enquête n’a englobé qu’une partie des médicaments.

- L’industrie pharmaceutique au Maroc, est une industrie citoyenne, elle est en contact permanent avec le ministère de la santé pour rendre accessible le médicament.  

 On vous rapporte aussi les déclarations du président de l’AMIP : « Nous contestons l’analyse faite par la mission parlementaire qui s’est basée uniquement sur un  échantillon très restreint de produits médicaux. L’étude n’a pas couvert tous les médicaments existant sur le marché national. Ce qui ne permet pas d’avoir une appréciation et une vision globale de la problématique du médicament dans le pays »

Autres déclarations : « Nous prenons acte de ce rapport et nous somme ouvert au dialogue et au débat pour aboutir à des mesures satisfaisantes pour toute les parties »

D’autre part, face aux questions, ce matin même, de l’excellente journaliste Loubna Moussali de Radio Atalantic, qui lui demandait à 3 reprises de développer des argumentaires solides, le président de l’AMIP a répété inlassablement les mêmes arguments qui visiblement n’étaient assez convaincants.

Face à la question précise «  que pensez-vous du constat des parlementaires qui affirment que le prix des médicaments peut être largement abaissé sans toucher à la marge des pharmaciens » le président de l’AMIP est resté évasif en évoquant que le prix du médicament n’est pas le seul en cause et que c’est le système de santé qui doit être repensé en mettant sur la table tous les intervenants (comprenez les pharmaciens d’officines et leurs maigre pécule)

 

L’avis du pharmacien :

         On s’attendait de la part de l’AMIP, au vu des compétences et des moyens dont elle dispose, à un argumentaire très bien aiguisé. Malheureusement, après 20 jours, elle arrive avec des jugements de valeurs (la notion de subjectivité) très peu convaincants et pour cause :

         - Oui pour le cas tunisien, mais pourquoi les médicaments en France sont 70 % moins chère qu’au Maroc ? (Là silence radio) 

Post-scriptum du 30/11/09 :
- Dans une intervention sur Radio 2M, le président de l’AMIP a expliqué cette différence par la taille du marché marocain. Oui c’est vrai pour 5 % ou 10 % mais avec 70 % la pilule est difficile à avaler.        
         Source : Radio 2M le 30/11/09, 7h45, émission « Face à l’’actu » Ouadiaa DADA.

- D’un autre côté le président de l’association Maroc innovation Santé C. Goulet, qui représente les intérêts des multinationales du médicament au Maroc a affirmé « Nous somme étonnés par certaines conclusions et recommandations du rapport visant  uniquement l’industrie pharmaceutique qui ne représente que 58% du prix du médicament. Certaines recommandations du rapport nous laissent perplexes» là aussi c’est vrai, sauf qu’il y a un détail,  les 58% du PPM sont engrangés par une poignée d’industriels qui se font des marges hyper confortables, alors que les 44 % du PPM est distribué sur des milliers et des milliers de petits officinaux dont plus 70 % sont en situation financière précaire. La perplexité du président de Maroc Innovation ne tient pas debout.  

        Source : K. SKALLI « Médicaments : Quel avenir pour le rapport parlementaire ? » Le Soir N°452, du 27 au 29/11/2009, page 8.         

       
       - L’argument à charge selon lequel cette enquête n’a pas pris en compte la totalité des médicaments disponible ne tient pas debout. Si elle avait tenue compte de la totalité des spécialités, elle serait devenue redondante et les informations les plus importantes seraient noyées dans le flot des données superflues, au contraire cette enquête a été menée intelligemment en prenant en compte les éléments les plus importants qui sont explicités avec une iconographie parfaite. Ce qui est avancé par l’AMIP comme négatif est en fait un point positif. D’ailleurs sur ce blog on essaye d’avoir la même ligne rédactionnelle à savoir :

- Eviter de « réciter » le VIDAL, comme le font souvent les pharmaciens inutilement              
- Aller droit au problème à traiter
- Proposer des idées claires, sans se soucier des tabous et des non-dits, en restant rationnel et en mentionnant à chaque fois les sources ou la bibliographie.

A ce titre cette enquête, malgré les affirmations de nos confrères de l’AMIP, est une référence capitale et un diagnostic réfléchi sur la situation actuelle du marché du médicament au Maroc.

Et après :

          La suite sera généralement marquée par un rapport de force entre le lobby hyper puissant des industriels du médicament et quelques parlementaires valeureux, 
          Le ministère de la santé lui est généralement dominé la léthargie bureautique et  par la force de frappe du pouvoir de l’argent restera en ballottage.
          Et les pharmaciens d’officine, ah !  … pff ! Ils brillent par leurs absences de tout débat, et par la médiocrité de leurs argumentaires. Alors que le métier de l’officinal est un des métiers les plus stimulants pour la réflexion intellectuelle, c’est aussi l’un des plus exigeants par la multiplicité des disciplines qu’il touche. C’est en soi la raison d’être même de ce blog                              

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 18:43

LA DROTAVERINE

un mailing ambigu & une molécule peu référencée

Drotavérine - Papavérine les liaisons dangereuses

 

 

Par Dr Mouna, Pharmacienne d’officine 

On a reçu, comme vous le savez, le mailing annonçant la commercialisation d’une nouvelle présentation de drotavérine :

    - NOSPA forte cps dosés à 80mg, qui complète  la gamme déjà disponible à savoir :

    - NO-SPA 40mg cps

    - NO-SPA solution injectable.




Selon le dit mailing la drotavérine est indiquée chez l’adulte et l’enfant à partir de 1 an comme c’est mentionné aussi sur le prospectus.

Question : la forme comprimé est-elle adaptée aux enfants de 1 à 6ans ? N’aurait-il pas été plus judicieux de la part du laboratoire producteur d’investir sur une forme galénique mieux destinée aux enfants de cette tranche d’âge (suspension, sirop, gouttes, Cps lyophilisés, Cps effervescent) comme c’est le cas pour d’autres antispasmodiques comme la trimébutine (Débridat), le tiémonium (Viscéralgine) et le phloroglucinol (Spafon-lyoc, Neofortan) au lieu de renforcer la forme comprimé par un dosage double du principe actif ?

Du point de vue du pharmacien, il m’est impossible de donner un antispasmodique en comprimés à un enfant de moins de 6 ans, puisqu’il existe d’autres molécules à présentation pédiatrique ; les parents d’ailleurs préfèrent toujours la forme sirop.

 

L’avis de PharHamster :

La remarque de ma consoeur est tout à fait pertinente, l’utilisation d’une forme adulte paraît hasardeuse voir dangereuse pour des enfants.

Mais par ailleurs en voulant chercher des informations crédibles et indépendantes sur la drotavérine (notamment au niveau de son utilisation pédiatrique éventuelle), on a été sidéré par :

   - Le manque effarant de publications sérieuses au sujet de la drotavérine, sur Wikipedia on en parle de façon sommaire, on a trouvé une publication indienne, une publication Hongroise …, même l’étude mentionnée sur le mailing de No-Spa est publiée dans JAMA India.         

   - La drotavérine n’est pas commercialisée en France, donc aucune trace dans l’AFSSAPS, dans la Revue Préscrire, dans le Vidal, dans le MediQuick, dans pharmacorama et même dans le BIAM ce qui laisse à penser qu’elle n’est pas commercialisée dans beaucoup de pays Européens ? (Sauf bonne foi erreur ou omission) 

À titre d’information voici quelques pays où la drotavérine est encore vendue : Sous le nom de NON-SPA elle vendue en  République tchèque, Hongrie, Malaisie, Philippines, Pologne et en Russie. Sous le nom de DROTIN en Inde, sous le nom de N-SPA en Thaïlande, Sous le nom de NO-SPA en Côte D’Ivoire et au Maroc. En association avec d’autres produits : Hongrie: ALGOFLEX-M; en Russie: NO-SPALGIN

   - La drotavérine paraît (Sauf bonne foi erreur ou omission) comme une molécule destinée d’abord aux populations des pays dont le système de santé montre beaucoup de failles, et c’est le cas de la majeure partie des pays pauvres.

Questions :

- Quel est l’intérêt de commercialiser un antispasmodique musculotrope peu référencé, alors qu’on a déjà sur nos étalages 7 autres molécules de même type (papavérine, alvérine, mebevérine, trimebutine, fenoverine, pinaverium et pholoroglucinol). Et ceci dans un contexte de faible pouvoir d’achat et où les autorités sanitaires du pays souffrent le martyre pour rationaliser la consommation du médicament ? Lire « Le prix du médicament »

- Si nos informations sont bonnes, l’autorisation de mise sur le marché d’un produit donné au Maroc se base sur l’agrément qu’il a reçu dans son pays d’origine, or le fabricant dans le cas du NO-SPA est un consortium franco-helvétique qui (Sauf bonne foi erreur ou omission) ne commercialise pas cette molécule ni en France ni en Suisse.           

 

Que retenir de la drotavérine ?

Nous n’avons pu avoir (sauf omission de notre part) aucune référence indépendante au sujet de son utilisation autant chez l’adulte que chez l’enfant. Dans l’état actuel des éléments en notre disposition, on est obligé de se contenter des informations rédigées par le fabricant lui-même sur le prospectus.  

Mais, on ne pouvait pas en rester là, on vous propose quand même quelques petites informations briguées ici et là :

Une mini bibliographie :

- Un article d’origine Hongroise : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=14942763
- Un article d’une équipe indou : Singh KC, Jain P, Goel N, Saxena A. Drotaverine hydrochloride for augmentation of labor. Int J Gynaecol Obstet. 2004 Jan;84(1):17-22. GTB Hospital, Delhi, India.  www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/14698825
- J. Taoufik, Précis de chimie thérapeutique, pages 238-241, Ed Medika 2007   
- Édouard Bégon : Troubles fonctionnels intestinaux et diarrhée aiguë de l'adulte,  ed Estem
- Joël Aspar & all. : Pédiatrie, Collection Modullopratique, ed Estem 

 

Filiation chimique :

La drotavérine a comme structure chimique de base l’Isoquinoléine, exactement comme la papavérine (Acticarbine en ass. avec le charbon) qui est un des alcaloïdes de l’opium (lire à ce sujet sur ce même Blog : La généalogie de l’opium). La drotavérine est simplement le dérivé éthoxylé de la papavérine   


De part cette similarité chimique on peut pronostiquer (attention : en absence de publications scientifiques, ce n’est qu’un pronostic) que le niveau d’effets secondaires soit proche de celui de la papavérine. Ce genre de similarité chimique et effets secondaires on le retrouve aussi dans le cas de la prométhazine.  

En regardant de prés les effets secondaires de la papavérine on note rapidement la prédominance des effets secondaires cardio-vasculaires graves ; à ce propos :   

Dans le Médiquick on peut lire au sujet de la spécialité Papavérine CPF solution inj, rubrique pharmacodynamie :  « La papavérine ayant des effets vasculaires plus marqués que les autres produits du groupe est peu utilisée de nos jours. Dans les coliques hépatiques et néphrétiques, les formes parentérales (Spasfon, Spasmaverine), ou à défaut les formes Lyocs (Spasfon- Lyoc), seront préférées. »

A propos d’une autre spécialité à base de papavérine OXADILENE Cp Bt 30 dans la rubrique mise en garde on peut lire « La papavérine est déconseillée fortement en cas de glaucome, d'infarctus myocardique récent, d'accidents vasculaires cérébraux récents, de bradycardie, de pathologies hépatiques »
Le BIAM au sujet du chlorhydrate de papavérine rejoint le MediQuick et détail tous les effets secondaires de la papavérine.

 

Si la drotavérine n’est pas commercialisée dans la majorité des grands pays européens qui ont un système efficient de vigilance pharmaceutique, c’est probablement qu’on a jugé que le rapport bénéfice / risque de la drotavérine est lourdement défavorable (attention : le terme « probablement » est important car on ne dispose pas de publications claires à ce sujet)

Filiation pharmacologique : la Drotavérine dans le panel des antispasmodiques

Rédigé en collaboration avec Dr Mouna

On a deux grands groupes d’antispasmodiques : les musculotropes et les anticholinergiques  

 - Les antispsmodiques anticholinergiques (ou atropiniques ou neurotropes)

Ils agissent sur la transmission nerveuse en empêchant l’acetylcholine d’activer certains types de récepteurs notamment muscariniques. On retrouve dans cette classe :

Butylscopolamine (Buscopan), Clidinium (Librax) et tiemonium (Visceralgine) ; celui-ci est classé par certains auteurs en tant qu antispasmodique mixte, c'est-à-dire ayant à la fois un effet atropinique et un effet musculotrope, bien que son activité musculotrope soit prédominante par rapport à son activité atropinique.

Leurs effets secondaires à type de bouche sèche, tachycardie, constipation ont amené à rechercher d’autres antispasmodiques.

- Les antispasmodiques  musculotropes
Ils agissent sur le muscle lisse donc sans intervention de récepteurs. Ce groupe est composé principalement de dérivés de la papavérine (alcaloïde de l’opium). On retrouve dans ce groupe :
la mébévérine (Duspatalin et autres), phloroglucinol (Spasfon, Neofortan), alvérine (Meteospsmyl), trimebutine (Debridat et autres), fenoverine, pinaverium et bien sur la drotavérine (No-Spa)

 

Conclusion :

        Un faisceau d’éléments converge vers un doute sur la pertinence d’avoir une spécialité à base de drotavérine dans nos rayons. Il s’agit ici d’une réflexion, et non d’une démonstration, le lecteur professionnel (médecin, pharmacien) doit faire l’effort de se forger son propre opinion à travers la multiplication des ses lectures et de choisir en son  âme et conscience de prescrire ou non de la drotavérine à ses patients.       

        Le cas de la drotavérine est symptomatique d’un système de santé perméable à tout type de molécules, sans contrepoids efficients et pour cause :

- Absence des officinaux de tout débat sur les médicaments, ils se contentent d’être de pauvres délivreurs de médicaments (pauvre scientifiquement et dans beaucoup de cas matériellement aussi)  sans avis critique, et même sans avis tout court. Lire « Le Rôle du pharmacien »   

- Les industriels, ne trouvant face eux que des officinaux médicalement mesquins et une administration qui a du mal à émerger de sa dépendance face au pouvoir de l’argent, nous font avaler toutes les couleuvres.(Sauf bonne foi erreur ou omission) 

 

                             Réflexion : 

                          A la lecture de cette analyse, on serait tenté de diaboliser les multinationales du médicament, ce jugement doit être profondément nuancé. Ces entreprises sont une des sources importantes des investissements directes extérieurs (les fameux IDE), ces investissements peuvent être extrêmement favorables pour le développement économique d’un pays (cas type : L’Irlande). Mais dans un pays sous-développé, technologiquement fragile, où la corruption est endémique, où les organisations professionnelles baignent dans l’incompétence, où la société civile est balbutiante, où l’administration est soumise au pouvoir de l’argent, sans contrepoids réels,  les grandes entreprises multinationales « s’adaptent » en adoptant des comportements déontologiquement peu orthodoxes, ce qui accélère le sous-développement du pays et ces IDE au lieu d’être un tremplin pour le développement deviennent eux-mêmes un facteur de régression économique.


C’est à nous de combler nos failles abyssales, d’être exigeants, afin que les grandes entreprises deviennent de véritables partenaires win-win, à eux les dividendes légitimes à nous le progrès économique et les emplois. 

 

Post-Scriptum du 15/04/2010 :

En lisant une brochure Publi - rédactionnelle intitulée « Mise au point : drotavérine » datée de septembre 2009 et distribuée au corps médical, on a pris connaissance de 5 autres références biobibliographiques.

Par honnêteté intellectuelle nous vous rapportant ces articles. L’auteur de la brochure affirme par ailleurs:     

« En cas de grossesse ou d'allaitement, il a été démontré dans des études de reproduction sur l'animal que la drotavérine n'affecte pas la gestation, et ne possède pas de propriétés tératogènes ni embryotoxiques, d'où sa large utilisation au cours du travail » 

Dont acte. Ces nouvelles données ne changent pas en profondeur notre avis d’apothicaire. 

Références citées par la brochure :

1. Romics 1. Molnàr DL. Timberg G. et al "The effect of drotaverine hydrochloride in acute colicky pain caused by renal and ureteric stones" BJU Int 92 (1): 92-6.

2. Singh KC. Jam R Gael N. Saxena A "Drotaverine hydrochloride for augmentation of labor".lnt J Gynaecol Obstet 84 (1): 17-22.

3. J. Blaskoard J. Demeter. Drotaverine hydrochloride for augmentation of labor International Journal of Gynecology & Obstetrics. Volume 84. Issue L Pages 17-22

4.Tar A. Singer J. Safety profile of NO-SPA Orv Hetil.; 143(11):559-62. Review. Hungaria

5. Debski R. Niemiec T. Mazurek M. Debska M. Conjparatbeeffcacy and tolerability of drolavenne 80 mg and ibuprofen 400 mg ln patients with primary dysmenorrhoea. Ginekol Pol. 2007 Dec: 78(12):933-8

6.Balaji 00. Onyeji CO. OgundainiAOetal. Phamnacokinetics and bioavailabilityof dratavenne in humans. Eur J Drug Metab Pharmacokinet.1996 Jul- Sep: 21(3):217-21

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 12:16

CARDURA vs ZOXAN

Une harmonisation des noms commerciaux est necessaire 
pour une meilleure sécurité d’emploi

 

 

En ce mois de septembre 2009 a été mis sur le marché marocain une nouvelle spécialité à base de Doxazocine, le ZOXAN LP indiqué dans l’hypertrophie bénigne de la prostate.


PPM : 230.20 DH Boite 28 CP
Il n’y avait pas à écrire cet article si on n’avait pas déjà sur le marché marocain une spécialité, du même laboratoire à base de la même molécule le CARDURA qui ne diffère du ZOXAN que par le fait que les cp ne sont pas à libération prolongée.


PPM 200.30 DH Boite 20 Cp
Déjà que la molécule en soit est difficile à manier, si on lui ajoute la multiplication de noms de fantaisie, pour des considérations de marketing (on le suppose du moins) on risque de le payer cher en terme de confusion pour les médecins, et cela rejoint précisement les résultats de l'enquête parlementaire PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE
Pour être cohérant de deux choses l’une :

- Soit il fallait supprimer la dénomination CARDURA, et la remplacé par ZOXAN, on aura alors ZOXAN et ZOXAN LP
- Soit il fallait juste compléter le CARDURA avec un CARDURA LP. Encore faut-il justifié cliniquement l’intérêt réel d’avoir une forme standard et une forme LP de Doxazocine dans un marché aussi petit que le nôtre.

Par ailleurs, une recherche très rapide dans le site de l’AFSSAPS, montre que la forme la plus intéressante qui donne le moins d’effets secondaire est la forme LP, dés lors et en toute honnêteté la forme standard non LP CARDURA  devrait être supprimé (sauf bonne foi erreur ou omission de notre part) sauf si on considère le cas particulier des patients diabétiques ayant en plus une hypertrophie bénigne de la prostate. (cf. ci-aprés la pharmacodynamie)    

                 

Précisions :

 

- CARDURA n’est pas commercialisé en France, mais on le retrouve en Italie et dans certains autres pays.  

- Seul ZOXAN LP est commercialisé en France depuis le 03/08/1999 (date de l’AMM source AFSSAPS) 

 

Pour plus de précision au sujet de la doxazocine voir l’article ci-après DOXAZOSINE : L'ESSENTIEL

 

Post-scriptum du 24/09/2010 

          Suite à la mise sur le marché marocain d’une 3ème spécialité à base de doxazocine, URADOX 2 MG, nous vous présentons un tableau comparatif :

 NB : Sauf erreur ou omission. Le prix n’est qu’un paramètre parmi d’autres, nous laissons au médecin traitant a toute la latitude pour le choix du produit approprié au cas spécifique de son patient.    

 Iradox-Doxazocine.jpg

 

PPM par

Boite

PRIX par CP

Dosé à 2 MG

LABORATOIRE

CARDURA 2 MG

Boite 20 CP

200.20 DH

10.01 DH

PFIZER

CARDURA 4 MG

Boite de 20 CP

230.00 DH

05.75 DH

PFIZER

URADOX 2 MG

Boite de 20 CP

53.00 DH

02.65 DH

PHI

ZOXAN 2 MG

Boite 28 CP LP

230.20 DH

11.51 DH

CP à LP

PFIZER

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 20:19

La Doxazocine

L e s   i n f o r m a t i o n s  e s s e n t i e l l e s

 

Il s’agit d’un sujet certes compliqué et d’une molécule relativement complexe, qui a des effets aussi bien sur le système urinaire que sur la sphère cardiovasculaire, et certains autres effets ne sont pas élucidés encore.

C’est une molécule destinée généralement aux spécialistes (urologues et cardiologues)

- Cela n’empêche absolument pas le généraliste de la prescrire,

- L’officinal quant à lui a l’obligation de la comprendre afin d’être à l’aise face aux questions du patient (il y va de sa crédibilité) et d’appuyer par ses conseils la prescription pour une bonne observance.

Pour appréhender ce sujet on vous propose de voir d’abord la filiation chimique et pharmacologique de la Doxazocine afin de bien la située, puis on passera au volet pharmacodynamique pour terminer par quelques informations complémentaires

Nos sources :

            - AFFSSAPS, 
            - PHARMACORAMA, 
            - J. Taoufik : Précis de chimie thérapeutique Ed. MEDIKA (Rabat)   

                   

Filiation chimique de la Doxazocine

Il s’agit d’un dérivé de la quinazoline comme l’Alfuzosine (XATRAL qui a les mêmes indications) et le Prazosine (MINIPRESS qui est un antihypertenseur) ce sont des analogues structuraux des imidazolines cf. le livre de Pr. J. Taoufik page 197 à 202     

 

 

Filiation pharmacologique pour bien situer la doxazocine

La doxazocine fait partie de la famille des antagonistes des récepteurs alpha-1 (ou alpha-1-bloquants)

 

Propriétés générales des alpha-1 bloquants

 En réduisant la stimulation des récepteurs α1 périphériques, ces antagonistes α 1 entraînent :

      - une diminution de la vasoconstriction artérielle et veineuse et une diminution des résistances périphériques et un abaissement de la pression artérielle,
      - une diminution de l'agrégation plaquettaire,
      - une facilitation de l'évacuation de la vessie en réduisant la constriction au niveau du trigone.

 

Les antagonistes α 1 ont des indications vasculaires ou urologiques selon leur point d'impact préférentiel. Cependant, cette sélectivité n'est pas totale et chacun d'eux peut être à l'origine des divers effets bénéfiques ou indésirables de type α 1.

 

Antagonistes alpha-1 à indications vasculaires :
Parmi les produits de cette classe  on a entre autre (pour info):

- Prazocine [Minipress] : un dérivé quinazoline à action vasculaire : indication principale Hypertension artérielle

- Raubasine [Iskedyl en ass.] : dérivé de l’ergot de seigle proposé comme anti-ischémique cérébral

- Nicergoline [Sermion] : dérivé de l’ergot de seigle proposé dans le traitement de l'ischémie cérébrale

- La dihydroergotoxine [Hydergine] : dérivé de l’ergot de seigle proposé dans le traitement de l'ischémie cérébrale

 

Antagonistes alpha-1 à indications urologiques :

Parmi les produits de cette classe qui sont en majorité des dérivés quinazoline ayant tous comme indication principale le traitement des manifestations fonctionnelles de l'adénome prostatique et on y retrouve entre autre :

- Alfuzosine [XATRAL] 

- Doxazocine [CARDURA, ZOXAN LP]

 

Rappel succin des principales propriétés pharmacodynamiques de la doxazocine établies à l’heur actuelle

Source : RCP (résumé des caractéristiques du produit) du ZOXAN LP in AFSSAPS 


- La doxazosine améliore la dynamique urinaire et les symptômes chez les patients présentant une hypertrophie bénigne de la prostate. Cette action est due à un blocage sélectif des récepteurs alpha-1 au niveau des muscles de la prostate et du col vésical.

- Chez les patients hypertendus, le blocage des récepteurs alpha-1 des muscles vasculaires entraîne une vasodilatation périphérique. Ceci entraîne une baisse de la pression artérielle par réduction des résistances périphériques.
- Aucun phénomène d’échappement thérapeutique n'a été observé au long cours avec ZOXAN LP. Des cas isolés d'élévation de l'activité rénine plasmatique et de tachycardie ont été notés durant un traitement prolongé.
- La doxazosine exerce des effets favorables sur le bilan lipidique, avec une augmentation modeste du rapport HDL cholestérol/cholestérol total (environ 4 à 13 % des valeurs initiales). La signification clinique de ces résultats reste à établir.
- De plus, la doxazosine améliore la sensibilité à l’insuline chez les patients chez qui cette dernière est altérée.
- Aucune étude contrôlée versus placebo n’a évalué l’effet de la doxazosine forme standard ou forme à libération prolongée sur la morbi-mortalité cardiovasculaire
- Il a été démontré que la doxazosine forme standard est dépourvue d'effets métaboliques indésirables sur les lipides ou le glucose et convient au traitement des patients diabétiques

 

 Les contre-indications :

- hypotension ou antécédents d’hypotension orthostatique ;
- antécédents d’occlusion gastro-intestinale ou œsophagienne, ou réduction du diamètre de la lumière du tube digestif, quel qu’en soit le degré.
- hypertrophie bénigne de la prostate associée à un retentissement sur le haut appareil urinaire, une infection urinaire chronique ou des lithiases de la vessie.
- rétention urinaire, anurie ou insuffisance rénale évolutive.

 

Le rôle du pharmacien :

- Il convient d'informer les patients que les comprimés doivent être avalés entiers, sans les croquer, les diviser ou les écraser.

- Le principe actif de ZOXAN LP est contenu dans une matrice inerte et non absorbable, conçue pour contrôler sa libération pendant une période prolongée. Après son passage dans le tractus digestif, l’enveloppe vide du comprimé est éliminée. Il y a lieu d’informer les patients de ne pas s’inquiéter s’ils observent parfois dans leurs selles quelque chose qui ressemble à un comprimé.

- Au début du traitement du fait des propriétés alpha–bloquantes de la doxazosine, les patients peuvent ressentir une hypotension posturale, caractérisée par des sensations vertigineuses et une faiblesse ou rarement par une perte de conscience (syncope), en particulier en début de traitement. Par conséquent, une pratique médicale prudente comprend une surveillance de la pression artérielle au début du traitement afin de minimiser les effets posturaux éventuels. On devra attirer l’attention du patient afin qu’il évite les situations à risque de traumatismes dus à l’apparition de sensations vertigineuses ou de faiblesse musculaire à l’initiation du traitement par la doxazosine.

- L’administration concomitante de doxazosine avec un inhibiteur de la phosphodiestérase-5 ( sildénafil, tadalafil et vardénafil) [Viagra …] se fera avec prudence car ces deux médicaments ont des effets vasodilatateurs et peuvent entraîner une hypotension symptomatique chez certains patients

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 18:56

PRIX DES MEDICAMENTS AU MAROC

Nouvelles affirmations

 

Suite de nos deux articles :
        - PRIX DES MEDICAMENTS : LE SCANDALE
        - PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

Mais, auparavant un excellent lien : En effet vous pouvez télécharger le rapport officiel de la mission parlementaire sur le médicament via le lien suivant (un ficher PDF de 71 pages) 

http://www.parlement.ma/fe/images//rapports/rapport_de_mission_v4%5B1%5D.0_francais.pdf

C’est réellement un travail remarquable

- Par la qualité des ses analyses
- Par la qualité de sa présentation et de ses iconographies

C’est une excellente référence pour tous les intervenants dans le domaine de la santé au Maroc.        

 

Le rapporteur de la mission parlementaire Mr Khalid HARIRI confirme encore une fois les résultats du rapport, ci après quelques unes des ses déclarations  :

Source : J. B. Journal L’ECONOMISTE, n° 3146, du 10/11/09


          - Nous avons été frappés par la multiplicité des marques et des prix pour un médicament
          - Comment cette cherté peut-elle être expliquée? «Nous n’avons pas eu de justification sensée de ces écarts par les instances concernées» répond Mr Hariri.

Avis de pharHamster : Cela est confirmé, au vu des interventions du président de l’AMIP tant à la radio (Sur ASWAT le dimanche 8/11/09 à la mi-journée) que dans la revue L’OBSERVATEUR du Maroc  du 06 au 12/11/09 
          - «On estime le nombre de personnes non couvertes par l’assurance maladie à 20 millions», précise Mr Hariri.
          - « Les principales causes de la cherté des médicaments résident dans les pratiques commerciales d’une grande partie de l’industrie pharmaceutique et dans les procédures définies par l’Administration pour la fixation des prix des médicaments et de leur remboursement par l’assurance maladie», rapporte Hariri. A cela s’ajoutent les pratiques de certains médecins qui ne prescrivent pas de génériques à leurs patients, soit par méfiance, soit suite à la pression des laboratoires.

Avis de pharHamster : face à la multiplicité des noms, des présentations et des prix le médecin est dans l’impossibilité de connaître la meilleure offre, sauf s’il consacre une bonne partie de son temps à cette recherche ce qui n’est absolument pas dans ses prérogatives. Il se contente, le plus souvent de prescrire la spécialité du dernier délégué médical venu    

         - Pendant des décennies, le ministère de la Santé n’a pas pu s’opposer à la pratique commerciale des laboratoires (les lobbys ont un impacte terrible sur nos hauts fonctionnaires) 
           - « C’est au gouvernement qu’incombe la mise en œuvre de la plupart de ces recommandations. Le ministère de la Santé devrait assumer une très grande responsabilité car la réalité des prix des médicaments est maintenant sur la place publique», souligne Hariri.
           - Les dépenses pharmaceutiques au Maroc ont représenté un minimum de 12,25 milliards de DH en 2008 
                           - Pharmacies privées : 11 milliards, 
                           - Hôpitaux publics : 750 millions, 
                           - CHU : 150 millions
                           - Pharmacie Cnops: 350 millions
Dans l’AMO, ces dépenses sont aussi importantes, elles représentent 47% des dépenses des deux régimes gérés par la Cnops et la CNSS en 2008.

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 17:21

L’enquête parlementaire sur le prix des médicaments

Le scandale des marges pratiquées par les laboratoires pharmaceutiques au Maroc   

 

Sources :

- M. BENABID, L’ECONOMISTE n°3144, pages 2, 4 & 7,  du 05 au 08/11/2009
- K. SKALLI, Le Soir Echos, page15, n°430, du 27/10/09
- K. SKALLI, Le Soir Echos, page 08, n°437, du 05/11/09

- J. HAFSI, Revue LE REPORTER, Pages 22-23, N°528, du 05/11/09 
- S. LAMAIZI, F.Z. JDILY, Revue L’OBSERVATEUR DU MAROC, Pages 20-25, N°52, du 06 au 12/11/09
- H. LOIZEAU, Revue ACTUEL, Pages 15-22, N°21, du 07 au 13/11/09

             

Avant d’entamer ce travail très sensible, et dans un but d’objectivité, nous avons, à pharamster, tenu
- à consulter un maximum de publications
- à prendre en considération la réponse des industriels dans les médias, qui manifestement est peu convaincante, y compris lors d’une confrontation sur une radio privée à l’occasion de  l’émission de T. GHORFI ce samedi 07/11/2009 à la mi-journée, entre le président l’AMIP (les industriels) et le rapporteur de la commission parlementaire.      

Il s’agit réellement d’un événement sans précèdent dans l’histoire de la pharmacie au Maroc. L’éditorialiste de l’économiste titre avec justesse : « Pour la première fois une commission parlementaire se penche sur les prix » et il ajoute « Un marché surprotégé où le patient subit le diktat des labos ». La revue Actuel titrait sur sa première page « Médicaments : la vérité sur ces milliards qu’on nous vole ».

En effet,  dans les annales de l’enceinte du parlement, le seul exercice notable de ce type aura concerné ces dernières années la mission d’investigation sur les grosses malversations à la CNSS.
Là, c'est une enquête menée par les membres de la mission d’information parlementaire sur le prix du médicament qui a présenté ses conclusions le mardi 03/11/09 à la commission parlementaire des finances et du développement économique.

On aurait pu croire, vu les conclusions qu’elle donne, que cette mission est politisée or, la bonne surprise, c’est qu’elle est présidée par le député istiqlalien Abdallah Bourkadi qui est du même bord que la ministre de la santé Yasmina Baddou.
Cette enquête constitue, donc, une véritable référence dont une synthèse est disponible dans la rubrique texte intégral. PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

Elle rejoint dans le fond un grand nombre de points soulevés sur notre blog :

NOVALGINE / BARALGIN REINTRODUCTION SUR LE MARCHE MAROCAIN 
DEXTRAMOL DEXTROPROPOXYHENE PARACETAMOL 
CAS D'OFFICINE : UN COXIB EN QUESTION 
ALFACEFAL & CLOROTIR DEUX AUTRES COPIES DE CEFACLOR 
CALCIDIA UN PRIX EXCESSIF 
IBEFLOX LA 8EME COPIE D’OFLOXACINE 
CAS D'OFFICINE Ass. amoxicilline ac. Clavulanique la confusion 
THALAMAG & CELEBREX GM : 2 Nouveaux produits inutiles 
Etc...

On ne pouvait pas présenter cette enquête sans parler d’une autre étude sur la même thématique, parue comme par hasard, une semaine avant le rapport parlementaire et qui comme par hasard encore a fait le tour de certaines rédactions, c’est l’étude du Boston Consulting Group commanditée (voir télécommandée) par l’Amip (Association marocaine de l’industrie pharmaceutique).
Elle constitue comme, le note l’éditorialiste de l’ECONOMISTE, une opération de com, officieuse (voir anti-citoyenne), sans fait générateur si ce n’est de montrer, de façon insidieuse, que si le médicament est cher c’est dû à la marge de l’officinal. Cet adage a été complètement réfuté par le rapport de la commission parlementaire. Justement, à propos de l’officinal, on va aborder ce thème à travers le problème des Laboratoires Roche

 



Les Laboratoires Roche vs Les Pharmaciens d’officines :

Les faits :

               - Roche vend directement les médicaments anticancéreux aux malades sans passer par les grossistes et les officinaux. C’est en passant complètement illégal au Maroc      
               - Un groupe d’officinaux manifestent face au siège de Roche, en blouse blanche, devant les caméras des télévisions.   
               -  La direction de Roche promet des discussions avec les officinaux     
               - Quelques jours plus tard, les Laboratoires Roche signent un accord avec l’association LALLA SALMA (l’épouse du souverain) de lutte contre le concert, selon lequel, Roche va apporter son aide à cette association.
Et après :
Il s’agit de la part des officinaux d’une erreur monumentale de communication, malgré que la loi soit de leur côté. Quand on veut s’attaquer à un mastodonte il vaut mieux s’armer de solides arguments. Or tout ce que les pharmaciens ont pu mettre en avant ce sont les textes de loi et leur tiroir caisse et c’est complètement ridicule comme argumentaire dans un sujet à forte connotation humanitaire.
Lors de cette malheureuse manifestation, mes confrères ont mis la caisse au cœur de leur métier, ce qui a donné du grain à moudre facile et populiste à beaucoup de journalistes. Par ailleurs lors d’un entretien sur une radio privée de la place un des manifestants, a donné en plus comme argument « les officinaux donnent des crédits aux patients » Ah ! il faut bien noter que même l’épicier du coin le fait aussi. C’est dommage d’en être là avec un bac plus 7 !
Par la suite, Roche s’est allié avec l’association LALLA SALMA, association dont les contributions humanitaires sont indéniables, par contre le caractère philanthropique des laboratoires Roche n’est pas si sûr que cela. (Les fameuses larmes de crocodile)
Résultat des courses les officinaux ont été relégué aux yeux de l’opinion et auprès des hautes sphères, par leur faute et par les flibustiers de Roche, à de pauvres commerçant cupides et radins.             

Non, messieurs, c’est le patient qui est au cœur de notre métier, et non pas les tiroirs caisses, il est urgent de prendre des positions claires pour sa défense, car c’est lui notre patron et c’est lui notre véritable allier en s’attaquant de manière courageuse à tous les produits inutiles, voir dangereux, pour sa santé. En prônant un regard critique et indépendant vis-à-vis de toutes les thérapeutiques et de tous les produits mis en vente dans nos officines, on n’est pas là pour vendre n’importe quoi. Et c’est l’essence même de ce modeste blog qui rejoint et cautionne totalement des résultats de l’enquête parlementaire dont une synthèse est présentée ici


PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 13:03

BETADINE en gel cutané

Enfin disponible au Maroc

 

Présentation :

BETADINE gel cutané à 10 %   Tube de 30g

PPM      :     32.00 DH 

Laboratoire : LAPROPHAN sous licence MEDA

 

 

          



        L
a polyvinylpyrrolidone iodée (alias BETADINE VIATRIS ), est un vieux produit au rapport bénéfice risque largement positif, existe au Maroc sous forme solution depuis très longtemps, (on a eu même droit à des génériques alors que son prix est à la base déjà abordable : BETANET, POLYDIN, en plus d’une variante en poudre SEPTIL)
          La polyvinylpyrrolidone iodée existe aussi depuis quelques années sous forme de pansements médicamenteux (BETADINE Tulle 10 %). Mais la forme la plus intéressante, et qui aurait due être commercialisée en deuxième lieu après la forme solution c’est la forme gel cutané. Mais, comme d’habitude, les voies des seigneurs du marketing et du bisness sont impénétrables car elles mènent rarement d’abords aux besoins réels des patients.

 

L’avis du pharmacien : 

La polyvinylpyrrolidone iodée en gel cutané est un produit fondamental à notre avis en particulier sur le marché marocain pour les raisons suivantes : 

- C’est une excellente alternative au RIFODERM (lire RIFODERM / RIFASONE )                
- C’est une excellente alternative à l’auréomycine (une vielle tétracycline désuète)  
- La forme gel cutanée est plus intéressante que la forme solution classique dans certains cas, car elle permet un contacte prolongé des tissus avec l’iode en particulier sous pansement (mais attention au passage systémique en particulier chez l’enfant)
- C’est un excellent produit pour les plaies (penser aux circoncisions) et pour les brûlures superficielles peu étendues
- C’est un produit de conseil fondamental pour l’officinal mais aussi un bon atout pour le médecin  

Les limites la polyvinylpyrrolidone iodée : Le risque majeur c’est le passage systémique* de l’iode en particulier dans les situations suivantes :

- Le nouveau-né de moins d’un mois  
- En cas de pansement occlusif sur une surface large (penser aux couches chez les enfants)
- En cas d’applications répétées et / ou sur de larges surfaces notamment chez la femme enceinte (à partir de 2ème trimestre de grossesse) ou qui allaite.    

  * Pour les non professionnels de la santé : le passage systémique c’est tout simplement le passage dans le sang

 

Analyse transversale (ou horizontale)  :  

     - La polyvinylpyrrolidone : de la formule chimique aux diverses applications

            C’est le genre d’analyse qu’on adore à pharamster, car cela permet une lecture horizontale intégrant le plus souvent plusieurs produits avec une même molécule mais qui ont des utilisations complètement différentes (Cf. diméticone). On est là face à des molécules qui ont en plus des applications diversifiées parfois comme excipient, parfois comme principe actif.       

Lexique :

    - DCI                                      :   La povidone iodée
    - La dénomination scientifique  :   La polyvinylpyrrolidone iodée 

   - La dénomination commune    :   La polyvidone (on retrouve ce terme dans des articles)


   

C’est une très une très jolie formule :

- Basée sur la vinylpyrrolidone (vinyle c’est le radical  --CH==CH2, la pyrrolidone c’est le petit cycle azoté qu’on voit sur la formule)
- Cette  vinylpyrrolidone est polymérisée (entre 300 à 400 unités, représenté par le petit n dans la formule) et deviendra ainsi la polyvinylpyrrolidone : une poudre fine, blanche, inodore et sans saveur, facilement soluble dans l’eau et l’alcool  
- Sur cette polyvinylpyrrolidone on va incorporer l’iode représenté dans la formule présentée par les petits cercles rouges entre les cycles de pyrrolidones       

Ainsi préparée la polyvidone est un iodophore elle forme un complexe organique dans lequel l’iode est masqué en grande partie.

La solution de polyvidone iodée (BETADINE solution) est constituée d’une fraction ( 10 % ) d’iode libre dans la solution le reste d’iode étant sous forme complexée le tout constitue un équilibre qui entraîne la libération de l’iode au fur et à mesure de sa consommation         


       - Les utilisations de la polyvinylpyrrolidone :

Ce qui est intéressant avec la polyvinylpyrrolidone, c’est que c'est une molécule multiusage : si elle est utilisée dans la BETADINE comme « réservoir » d’iode,  on va la retrouvée ailleurs, dans un nombre impressionnant de cp, comme excipent (depuis le simple Doliprane CP jusqu’à des formes à libération prolongée, et au total on en a comptabilisé plus de 500 spécialité sur le VIDAL)
cf. A. LE HIR Abrégé de pharmacie galénique, page 78, Editions Masson 2001    

Comme principe actif on la retrouve dans :

             - Le BOLINAN : avec ses grands cp dispersibles, ce produit  n’est rien d’autre que de la polyvinylpyrrolidone 2 g par cp avec comme excipent du saccharinate de sodium, acide citrique monohydraté, silice colloïdale, amidon de riz, cellulose microscristalline et arôme abricot. 
 
C'est un excellent adsorbant, protecteur de la muqueuse digestive, sans effets secondaires ni de véritables contre-indications, qui en plus est radiotransparent.


Malheureusement, le BOLINAN n’est plus disponible dans nos officines depuis quelques années, et on ne sait pas pour quelle raison.

Quand il y a un hic dans la production d’un produit la plus part des fabricants préfèrent s’inscrire avec les abonnés absents, et ce sans réaction de la part des officinaux !         

           




             
- Le DULCILARME  en collyre : ce collyre joue le rôle de lubrifiant et de mouillant à la surface de l'œil et supplée temporairement à l'insuffisance de larmes. La povidone joue ici le rôle d’un réservoir à eau permettant hydratation prolongée de l’œil.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 20:28

R H U F E N E

Pseudoéphédrine & Ibuprofène

 

 

Nom commercial : RHUFENE
DCI : [Pseudoéphédrine 30 mg & Ibuprofène 200 mg] par CP
Présentation : Boite de 20 CP
PPM : 23.00 DH

  

        Il s’agit d’une nouvelle spécialité siglée anti-rhume sans somnolence, autrement dit sans antihitaminique, sauf qu’on remplacé dans la formulation le paracétamol par un AINS l’ibuprofène.

        RHUFENE se place directement comme concurrent du DOLIRHUME [Pseudoéphédrine 50 mg & Parcétamol 500 mg, boite 16 CP, PPM 18.35 DH] et du RHUMAGRIP [Pseudoéphédrine 50 mg & Parcétamol 500 mg, boite 16 CP, PPM 17.00 DH].
        En fait, l’essentiel des principaux effets secondaires de cette catégorie de produits est dû, non pas au paracétamol ou à l’ibuprofène, mais à la présence de Pseudoéphédrine un puissant vasoconstricteur aux effets particulièrement marqués sur le système cardiovasculaire, comme on l’avait déjà expliqué dans un précédent article (cliquer sur le lien) : LES MEDICAMENTS ANTI-RHUME

Ces effets secondaires doivent interpeller tout prescripteur devant des patients développant ou susceptibles de développer des affections cardiovasculaires (hypertension, angine de poitrine, etc …)

 

Rappels sur la Pseudoéphedrine 

- C'est un vasoconstricteur sympathomimétique, comme la phenylephrine, mais contrairement à cette dernière elle agit de manière indirecte en libérant la noradrénaline des terminaisons nerveuses adrénergiques. [ http://www.biam2.org/www/Sub1443.html ]

- Retrouvée avec le même dosage unitaire de 50 mg dans Actifed et l'Ephedryl alors que dans Humex elle est à 60 mg.  
- Dans le Dolirhume, Rhumagrip et Rhufene elle est à 30 mg par cp.

- Elle possède les mêmes effets cardiovasculaires que la noradrénaline, moins marquées certes mais plus prolongées : hypertension artérielle

- Parmi les autres effets secondaires on a : tachycardie, palpitations, vertiges, tremblement, dysurie et faiblesse musculaire.  

- Contre-indiqué en cas de grossesse et de glaucome à angle fermé

- C'est un analeptique respiratoire par action bronchodilatatricre et stimulation des centres respiratoires bulbaires.

- La pseudoephedrine se caractérise aussi par des phénomènes de  tachyphylaxie*.  

- Dans les formulations « anti-rhume » on recherche surtout son effet vasoconstricteur. Mais cela, comme pour la phenylephrine, ne doit pas faire oublier au praticien ses autres effets.      

- A noter que c'est aussi une substance dopante chez les sportifs

 

* Phénomène de tolérance rapide de l'organisme vis-à-vis d'un médicament dont l'efficacité décroît au fur et à mesure des prises, obligeant à en augmenter les doses. Cf. Larousse Médical   

 

D i s c u s s i o n  :

En remplaçant le paracétamol par l’ibuprofène, on pourrait penser qu’on cherche à donner une activité anti-inflammatoire à cette spécialité, cependant :

- A 200 mg par CP l’ibuprofène n’a qu’un antalgique et antipyrétique son activité anti-inflammatoire ne débute qu’à partir de 400 mg par dose.

- Aux doses préconisées dans le RHUFENE c’est donc un antalgique et antipyrétique aux effets similaires à ceux du paracétamol, tout en conservant les effets secondaires gastriques des AINS.

En claire, on a remplacé une molécule par une autre aux effets bénéfiques similaires et aux effets secondaires accentués, la balance bénéfice / risque penche logiquement au profit des produits à base de paracétamol.

On peut se demander pourquoi le laboratoire n’a pas mis 400 mg d’ibuprofène par cp, la raison à notre avis est que cette spécialité est positionnée comme "médication familiale et de conseil", à 400 mg elle serait devenu d’abord un produit de prescription (donc un marché plus restreint)     

Q u e l q u e s  p i s t e s  d e   r é f l e x i o n   : 

       - Pour retrouver un effet anti-inflammatoire à cette spécialité, tout en conservant son positionnement, il aurait été plus astucieux de diviser la quantité de pseudoéphedrine par deux, et de proposer cette spécialité avec deux posologies, une à caractère «médication familiale » à la posologie de 1 cp X 3 par jour volontairement sous dosée en pseudoéphedrine, et l’autre à caractère anti-inflammatoire à 2 cp x 3 par jour visant d’abord la prescription.

       - Autre piste, au lieu de s’attaquer au marché du DOLURHUME et du RHUMAGRIP, il aurait été souhaitable de s’attaquer directement aux formulations contenant des antihistaminiques (ACTIFED, EPHEDRYL, RUPTON, Etc…) en proposant dans la formule un antihistaminique de nouvelle génération donnant moins de somnolence type loratadine, dont le prix a littéralement chuter ces derniers temps (CLARYTINE, CLARTEC, LORACTYNE Etc. … à retenir surtout ZIFAR pour son PPM de 15,00 DH).
Il est tout à fait possible d’imaginer une telle spécialité, sachant qu’il existe déjà une association Pseudoéphédrine 60 mg & Loratadine 05 mg dans le CLARYNASE, elle aura alors donc comme formule théorique par CP :

Pseudoéphédrine 50 mg, Parcétamol 500 mg & Loratadine 10 mg 

A noter que le prescripteur, lui est déjà possible d’utiliser cette association avec un coût raisonnable en prescrivant :

RHUMAGRIP  à la posologie de 1 CP x 3 par jour       PPM 17.00 DH

ZIFAR            à la posologie de  1 CP      le soir         PPM 15.00 DH

                                                                        Coût total 32.00 DH

Ce mode de prescription, donner ici à titre de réflexion théorique, a l’avantage de donner plus de flexibilité au prescripteur au niveau de la posologie et de la durée du traitement pour chaque molécule. En réduisant par exemple la durée de traitement avec le RHUMAGRIP au strict nécessaire (2 à 3 jours) tout en continuant la loratadine           

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 13:19

GYNOPHILUS Gélules intra vaginales

Utilisation & limites 

Nouvel emballage au Maroc :

Gynophilus-02.jpg

Gynophilus-03.jpg

Dernièrement on a découvert fortuitement à la suite d’une prescription qu’une "nouvelle" spécialité a été lancée sur le marché marocain le GYNOPHILUS, il s’agit de gélules à utilisation intra vaginale (comme un simple ovule) à base Latobacillus casei variété rhamnosus Döderlein en culture lyophilisée plus connu sous le nom simple de Bacille de Döderlein.  

Présentation :
Gynophilus, Boite de 14 gélules vaginales, non-inscrit à aucun tableau, classer avec la parapharmacie, PPM 69.00 DH

 

    Avant de donner l’avis du pharmacien, il fallait trouvé des informations fiables, ce n’était pas chose facile vu le nombre impressionnant de sites commerciaux qui pullulent sur la toile qui noient l’information pertinente.
Le GYNOPHILUS, pour faire en quelque sorte une extrapolation horizontale, c’est de l’ULTRA-LEVURE (saccharomyces boulardii) avec comme site d’action la paroi vaginale. L’objectif cette fois-ci c’est de restaurer l’équilibre de la flore vaginale, dont l’un des éléments les plus important est le bacille de Döderlein.
   
Globalement l’idée est séduisante, comme touts les concepts basés sur une lutte biologique, espérons que l’efficacité clinique suivra.
Mais avant cela un petit rappel (comme quoi même un produit tout simple nous permet de repréciser des informations fort utiles)        

Rappel : Bacille de Döderlein
 

Lexique à toute fin utile :

- Bacillo, bacille : du latin bacillus [bacille, bacillus], petit bâton. Nom donné à toutes les bactéries en bâtonnet.
- Döderlein : du Professeur chirurgien gynécologue allemand Albert Sigmund Gustav DÖDERLEIN (1860 - 1941) qui a découvert ces bacilles en 1892. 

 
Le vagin est un organe ouvert sur le milieu extérieur, mais aussi protégé des germes dangereux (pathogènes) par une flore commensale*. Ce sont des bacilles qui appartiennent au genre Lactobacillus et que l'on appelle les bacilles de Döderlein ou Lactobacillus casei variété rhamnosus de Döderlein, ou Lactobacillus acidophilus vaginalis. En temps normal, ces bacilles forment un véritable film protecteur à la surface de la muqueuse vaginale. Ils métabolisent le glycogène en produisant de l'acide lactique et du peroxyde d'hydrogène qui acidifient le milieu, empêchant ainsi le développement de nombreux autres germes indésirables. On a constaté que leur nombre devient beaucoup plus important quand le cycle est modifié, notamment pendant la puberté, la grossesse et la ménopause. Le développement des bacilles de Döderlein est sous la dépendance des œstrogènes.   
Source : http://georges.dolisi.free.fr/Terminologie/B/bacillo.htm

* Se dit d'une espèce qui vit au contact d'une autre en profitant des résidus de sa nourriture, mais sans la parasiter.

Les causes du déséquilibre de la flore vaginale

- prise récente d'antibiotiques,
- règles trop importantes,
- pratique de toilette trop agressive,
- utilisation répétée d'antimycosiques.
- utilisation de tampons périodiques (les tampons sont très peut utilisés dans notre région)
- déséquilibre idiopathique ou de cause inconnue


Les symptômes d’un déséquilibre de la flore vaginale

Ces signes ne sont pas du tout spécifiques au déséquilibre de la flore vaginale, ces signes peuvent faire parti aussi du tableau clinique d’une pathologie infectieuse (candidose vaginale, infection à chlamydia, vaginite à trichomonas vaginalis) à savoir :  Démangeaisons, mauvaises odeurs, écoulements plus importants, brûlures, inconfort périnéal, irritations.

L’avis du pharmacien à ce sujet : il est capital d’écarter l’éventualité d’une pathologie infectieuse ou hormonale en consultant un médecin avant de se dire qu’il s’agit d’un déséquilibre de la flore vaginale. Cette information qui pour nous est fondamentale (sauf erreur ou omission) n’est absolument pas précisée dans le prospectus du produit, et c’est d’autant plus grave que le GYNOPHILUS est un produit d’automédication et de conseil !

 

Etude d’efficacité du traitement "biologique" par le Bacille de Döderlein        
      
         Nous n’avons pas trouvé une pléthore d’études sérieuses à ce sujet, et pour cause ce traitement n’est pas catalogué par l’AFSSAPS et on ne le retrouve nulle part dans la revue prescrire ni dans les banques de données sérieuses.

         Toutefois on a fini par trouver une étude publiée dans le BJOG (An International Journal of Obstetrics and Gynaecology) intitulée : Rôle de Lactobacillus casei rhamnosus Lcr35 dans la restitution d’une flore vaginale normale après traitement d’une vaginose. Source bibliographique : Petricevic L, Witt A. BJOG, 2008 ; 115 : 1 369-74.
          Cette étude conclue que l’utilisation de Lactobacillus casei rhamnosus Lcr35 semble améliorer le pronostic des traitements de vaginose et diminuer le risque de récidives. En effet, les vaginites récidivantes sont parmi les plus fréquents motifs de consultation en gynécologie. Les agents responsables sont bactériens (vaginose à Gardnerella vaginalis, Mycoplasma hominis, Ureaplasma urealyticum, Prevotella spp, Peptostreptococcus spp, Mobiluncus spp), candidoses et trichomonases. Les traitements reconnus efficaces sont classiquement le métronidazole et la clindamycine. Cependant, leur efficacité à long terme tend à diminuer, du fait d’un déséquilibre de la flore vaginale normale.

L’avis du pharmacien à ce sujet : la lecture de cette étude tend à montrer l’efficacité de l’administration du Bacille de Döderlein comme traitement adjuvent dans les infections vaginales récidivantes, à notre avis cela apparaît fort logique.


L’avis du pharmacien au sujet du Gynophilus :

Globalement c’est un avis positif, avec quelques réserves :
    - Le prix de 69,00 DH (15 Euro en France) est trop cher pour une grande partie de notre population
    - Le déséquilibre de la flore vaginale n’est pas une pathologie en soit comme c’est suggérer dans le prospectus du produit, c’est en fait la conséquence d’autres situations (toilette intra vaginale et abus d’antibiotiques). On doit insister d’abord sur les causes avant d’entamer un quelconque traitement aussi bénin soit-il    
     - Ecarter l’éventualité d’une pathologie infectieuse ou hormonale en consultant d’abord un médecin. Cette information importante à notre avis, n’est pas mentionnée sur le prospectus.
     - C’est quand même un produit utile comme adjuvent des antibiothérapies agressives et prolongées dans la limite des moyens des patientes.
     - C’est un produit de conseil officinal intelligent si on est sûr de l’absence de pathologie infectieuse ou hormonale       

 

Lire aussi notre article daté du 31/01/2014 : ANALYSE CRITIQUE, GYNOFLOR EN QUESTION cliquer sur le lien

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 21:23

Traitement des candidoses buccales

Spécificités du marché Marocain

 

        Il y a quelques années le traitement classique des candidoses buccales au Maroc était la Nystatine avec la spécialité Mycostatine sirop et son générique Mycopharm qui avaient toutes les deux un prix  accessible pour la population qui variait entre 20 à 30 DH.
        Malheureusement, la production de ces deux spécialités a été suspendue sans aucune explication de la part des laboratoires fabricants, comme d'habitude, laissant le corps médical avec des alternatives qui sont onéreuses voire compliquées à mettre en œuvre. 
(NB la spécialité Mycostatine reste disponible sur le marché marocain uniquement sous forme de Cp vaginaux)  

 

Les traitements actuellement disponibles aux Maroc des candidoses buccales chez l’enfant se limitent à 2 produits seulement le miconazole par voie orale (Daktarin Gel Buccal) et l’amphotéricine B (FUNGIZONE Suspension)


Analyse critique : 

 








Le miconazole Daktarin gel buccal :

Présentation : Tube 40 g avec cuillère-mesure.  PPM 79.30 DH

                 - Un produit efficace qui est handicapé par
                 - Le prix qui est relativement cher pour une affection relativement bénigne
                 - Les effets secondaires systémiques et les interactions médicamenteuses sont relativement importants.   




L’amphotérecine B : Fungisone 10 % en suspension :

Présentation : Flacon 40 ml  PPM 52.50
                  - Un produit intéressant
                  - Moins d’effets secondaires et d’interactions médicamenteuses que le miconazole 
                  - Moins cher que le Daktarin de 33 %


      Tel qu’il est présenté au Maroc le Fungizone ne peut être, théoriquement, utiliser que chez l’enfant de plus de 30 kg (environ dix ans) comme c’est spécifié sur son prospectus. 

NB : en France il existe bien une forme pédiatrique spécifique qui ne diffère de l’autre en fait que par la pipette doseuse de 1 ml

      Or en consultant la monographie de cette spécialité (Vidal, EsculapePro, Biam etc …) on se rend rapidement compte que l’amphotéricine B est tout à fait utilisable chez le nourrisson à la dose de 50 mg / Kg / 24 heures. Cette dose quotidienne est à répartir en 2 ou 3 prises en dehors des repas, pendant 15 à 21 jours.
L’interdiction d’utiliser la spécialité FUNGIZONE chez l’enfant de moins de 30 kg ne serait due qu’à l’absence d’une pipette … ?!!! et pour cause la cuillère à café est absolument inadaptée pour ajuster les posologie chez l’enfant en bas age 

 

Question 1 : Comment utiliser la présentation de Fungizone disponible au Maroc pour un nourrisson ?
 - Pour un nourrisson de 9 kg (environ 12 mois)
 - Il aura besoin de 9 kg x 50 mg soit 450 mg d’amphotérecine B par jour à repartir en 3 prises soit 150 mg  d’amphotérecine B trois fois par jour

Question 2 : Mais comment va t ont utiliser concrètement le fungizone ?
Un Flacon de Fungizone de 40 ml contient 4 g d’amphotérecine B
                                               X ml contient 0.150 g d’amphotérecine B
                                               X = (40 x 0.150) / 4 = 1,5 ml dose à administrer 3 fois par jour   
                                               En claire en calcule la dose par poids puis on calcule l’équivalent en ml

Question 3 : Mais comment peut-on prélever précisément 1,5 ml ?
   
Avec une simple seringue de 2.5 ml (qui coûte au maxi 2.25 DH)

 

Conclusion :
Le cas du FUNGIZONE démontre de façon très claire que l’on ne peut plus travailler avec des posologies basées sur les fameuses cuillérées à café et cuillérées à soupe. Non les posologies doivent être exprimées en ml à charge au pharmacien de proposer le moyen d’administration le plus adéquat, et en général des seringues de 2.5, 5, 10 ou 15 ml sont disponibles permettant une administration précise et facile des formes liquides orales (après leurs avoir ôter les aiguilles bien sur).

Sur ce sujet lire absolument sur les pages de ce blog : CUILLERE A CAFE & CUILLERE A SOUPE
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Pour mieux cerner l'aspect clinique des candidoses buccales, on vous propose comme annexe un extraît d'un excellent article paru dans la revue marocaine "L'ESPERANCE MEDICALE" de juillet 2009

SEMIOLOGIE DES CANDIDOSES BUCCALES

Source : L. Zougaghi et coll. Infection cutanéo-muqueuses  à Candida albicans : étude clinique, Espérance Médicale. Juillet 2009. Tome 16. N° 160. P 335-338


Les candidoses buccales font partie des candidoses cutanéo-muqueuses le plus souvent aiguës ou  subaiguës. Elles sont particulièrement fréquentes aux âges extrêmes de la vie et chez les  sujets immunodéprimés

La perlèche uni ou bilatérale

Intertrigo de la commissure labiale, la perlèche peut s'étendre à la peau adjacente et au reste de la lèvre.

Sur le versant cutané, la peau est rouge,  parfois fissurée et encroûtée et les lésions  se prolongent sur le versant rétro commissural et la face interne de la joue.

Cette perlèche peut être isolée ou associée à d'autres formes de candidoses  chroniques. En général, elle est bilatérale, tenace et récidivante. Elle peut prendre un aspect verruqueux, jusqu'à réaliser une véritable papillomatose simulant un épithélioma. Le diagnostic repose alors sur la biopsie.

Le diagnostic différentiel peut se poser avec les perlèches d'origine streptococcique, syphilitique, herpétique ou nutritionnelle.

La glossite

Il s'agit d'une glossite dépapillante diffuse qui débute au niveau du sillon médian puis s'étend à toute la langue.
Cette forme est souvent due à la prise d'antibiotiques à large spectre ou à l'association de plusieurs antibiotiques. Les signes cliniques sont plus marqués car il existe de nombreuses érosions sur une intense inflammation.

Le diagnostic différentiel peut se poser avec la langue géographique, langue noire villeuse et les glossites carentielles ou métaboliques.

La langue noire villeuse est une forme particulière de glossite due à une hypertrophie des papilles filiformes de la face dorsale de la langue, prenant par oxydation de la kératine, une teinte brune voire noire. Elle est classée le plus souvent, à tort, dans les mycoses. En effet, la recherche de Candida est le plus souvent négative et elle résiste aux traitements antifongiques classiques.

La culture mycologique retrouve parfois Geotrichum candidum, sans que son rôle pathogène dans la survenue des langues noires puisse être affirmé.

Les stomatites

Inflammation aiguë ou chronique de la muqueuse buccale, elles peuvent se présenter sous plusieurs formes:

- Stomatite érythémateuse : au niveau des gencives et du palais, la muqueuse devient brillante, rouge, vernissée et douloureuse.

Le diagnostic différentiel peut se poser avec d'autres affections inflammatoires de
la muqueuse buccale, les leucoplasies, le
lichen plan.

- "Muguet" ou forme pseudomembraneuse : il s'annonce par une sensation de brûlure, de goût métallique ou de sécheresse buccale, suivie de l'apparition de macules rouges réalisant une stomatite érythémateuse diffuse avec des dépôts d'enduits blanchâtres qui se détachent facilement au raclage, sans faire saigner la muqueuse. (figl) En absence de traitement, le muguet peut s'étendre au pharynx et être responsable d'une dysphagie nette avec un risque de passage à la chronicité et/ou à l'extension. C'est la forme la plus fréquemment rencontrée, surtout chez les jeunes enfants, les personnes âgées et les immunodéprimés (1.3.4)

Les formes hyperplasiques (ou hypertropniques)

Elles peuvent réaliser un aspect pseudo tumoral : c'est le granulome moniliasique. Elles se rencontrent n'importe où dans la cavité buccale, en particulier en pleine joue ou sur la langue. La biopsie permet de trancher en cas de doute diagnostique avec le carcinome épidermoïde.

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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