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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 16:12

Cas d’officine 

Cataflam et Nalgesique pour un enfant de 8 ans

 

On a reçu dans notre officine l’ordonnance suivante, pour Abdelali un enfant de 8 ans, datée du 16/09/2009

 

 

Rappels déontologiques : 
- les coordonnés du médecin traitant, du service et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.       
- Loin de nous tout côté « donneur de leçons », Pharamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. - Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

On retrouve dans cette ordonnance les médicaments suivants :

      - Cataflam 25 mg cp             1 cp x 3 par jour
DCI diclofénac anti-inflammatoire non stéroïdien dérivé de l'acide phénylacétique du groupe des acides arylcarboxyliques. 
      - Nalgesic cp                         1 cp x 3 par jour
DCI fénoprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien, appartenant au groupe des propioniques, dérivé lui aussi de l'acide arylcarboxylique
      - Aclav Sachets enfant           1 sts x 3 par jour
Générique de l’Augmentin, c’est une association d’amoxicilline / acide clavulanique (1/8). Par sachets enfant il faut comprendre la forme sachets dosés à 500 mg

 

Analyse critique : 

- L’association de 2 AINS est absolument injustifiée, ce sujet a été déjà traité dans un autre cas d’officine (Ponstyl & Brexin). Dans le cas présent les 2 AINS appartiennent en plus au même groupe chimique
- Le Nalgesic est, tout simplement, contre-indiqué chez l’enfant de moins de 15 ans, Abdelali lui a 8 ans

 
Notre attitude :
C’est simple, en absence des coordonnés téléphoniques du médecin traitant, on décidés de ne délivrer que le CATAFLAM et l’ACLAV 
 

Discussion :

L’enfant Abdelali, 8 ans, soufrait visiblement d’une otite très douloureuse. Face à cette douleur le médecin traitant, cherchant à être le plus efficace, voulait certainement associer un AINS et un antalgique, sauf que là le 2ème produit prescrit est aussi un AINS même si les représentants des laboratoires le présentent d’abord comme un antalgique. (et ce pour attaquer prioritairement le marché des paracétamols)
Les alternatives au fénoprofène dans ce cas existent : soit du paracétamol, soit en cas de douleur très intenses la codéine (un opiacé connu comme antitussif et qui est un excellent antalgique) qui existe avec une présentation pédiatrique sous le nom de CODENFANT. Un produit à notre avis stratégique très peu « promotionné » et donc peu prescrit. Parfaitement adapté aux douleurs ORL et même dentaire de l’enfant
Comme tout dépresseur opiacé il faut éviter tout surdosage et l’utilisation en cas d’insuffisance respiratoire ou d’asthme est à proscrire absolument.     


Conclusion :
Les conditions désastreuses dans lesquelles travail nos médecins urgentistes, l’absence d’une formation continue libre et indépendante de l’argent des laboratoires,  expliquent largement ce genre d’ordonnances.
L’officinal quant à lui doit être extrêmement vigilant, lors de la délivrance d’AINS aux enfants. Et de façon générale les posologies de la tranche d’âge dite des grands enfants (entre 9 et 13 ans) sont assez compliquées et les risques d’utilisation de produits destinés à l’adulte sont réels          

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 18:42

Remise sur le marché marocain des spécialités

NOVALGINE & BARALGIN

 

On avait annoncé avec grande satisfaction sur pharamster dans un article  (à lire absolument) daté du 27 avril 2009 la décision de la direction du médicament de supprimer les spécialités NOVALGINE & BARALGIN.

Le 22 juin 2009 un courrier du laboratoire fabriquant adressé aux pharmaciens annonce la décision du ministère de la santé de remettre sur le marché marocain ces deux spécialités à partir de la mi-juillet 2009 moyennant 2 conditions : 

Le rajout au niveau du conditionnement secondaire de la notice la mention suivante en rouge "produit soumis à prescription médicale". 

  Le rajout au niveau de la notice des mises en garde concernant les accidents immuno-allergiques (agranulocytose et choc) sic


L’avis du pharmacien :
              La noramydompyrine (DCI de ces deux spécialités) est une molécule dont le bénéfice / risque est largement défavorable (lire en particulier la deuxième partie de notre article du 27 avril 09). Elle a été tout simplement mise à l’écart voire supprimée dans plusieurs pays en Europe.
              Le fait de rajouter, au niveau du prospectus, la mention « produit soumis à prescription médicale » ne changera certainement en rien les pratiques de délivrance de ces spécialités au Maroc où on vend facilement des produits tableau C ou A sans prescription (pour différentes raisons notamment économiques)  d’autant plus que le NOVALGINE et le BARALGIN constituent  des spécialités largement utilisées en automédication, elles sont de facto très peu prescrites par les médecins.
              Le fait de rajouter sur la notice la possibilité de survenue d’accidents immuno-allergiques sans préciser qu’il s’agit d’agranulocytoses mortelles dans 10 % des cas n’aura non plus aucun impact sur l’utilisation de ces produits.

              Il est clair que le marché de ces deux spécialités est suffisamment gros pour que le laboratoire fabriquant  mette autant de pression pour leurs remise sur le marché marocain malgré les risques encourus par les patients.
Par ailleurs il y a eu une succession d’événements assez troublante, dont on vous laisse juge, à savoir

    - Au mois d’avril 2009 la direction du médicament annonce le retrait des spécialités précitées

    - Un mois plus tard, Pr. Agoumi, qui était jusquà là à la tête de cette direction, est limogé.

    - Un mois encore plus tard, on annonce la remise sur le marché marocain des spécialités susmentionnées


Pr. Aziz Agoumi
 : pharmacien de formation et il est  enseignant chercheur à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat
Mr Omar Bouazza son remplaçant, est pharmacien de formation avec un master de gestion d’entreprise de l’ISCAE, ex pharmacien chef à la délégation de Sidi Kacem et de l’hôpital semi-publique Cheikh Zaid
En claire on a remplacé un homme de la recherche par un homme de l’entreprise, on peut facilement prévoir l’orientation des décisions futures en matière de médicament au Maroc                 

 
In fine :
 

               Les décisions concernant les médicaments sont souvent complexes, et largement obscures pour le commun des citoyens, car elles impliquent :

     - d’une part la maîtrise de connaissances pharmacologiques trés poussées
     - elles impliquent d’autre part de faire des compromis avec de gros intérêts financiers, économiques et industriels qui constituent de véritables groupes de pressions fort puissants aux effets spectaculaires sur les appréciations et les décisions des fonctionnaires de l’Etat.

Malgré cet état de fait lourd et pesant, le corps médical peut encore réagir à 2 niveaux :  
     - Au niveau individuel : en mettant en avant son éthique et sa conscience professionnelle, cette conscience doit être appuyée par une formation continue pertinente et indépendante
     - Au niveau collectif : là c’est le rôle des institutions représentatives (Ordre et syndicats), qui ne peuvent se recroqueviller uniquement sur des considérations corporatistes. Elles doivent investir impérativement le champ scientifique et technique et donner leurs avis en mettant le patient au cœur de leurs préoccupations        

  
                 

 

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 20:09

EFFERALGAN VITAMINE C & EFFERALGAN 500 MG CP
Attention aux posologies à l’aveugle


Au Maroc la spécialité EFFERALAGAN est disponible sous 3 formes

-          En sirop pédiatrique

-          En cp effervescent sécables à 500 mg

-          Et en cp effervescent sécables à la vitamine C mais qui sont dosés à 330 mg en paracétamol

Ce dernier dosage n’est mentionné que dans la formule du médicament alors que logiquement il doit apparaître en premier sur le packaging.

Au lieu du dosage en paracétamol, le packaging met l’accent sur la vitamine C, qui est dosée à 200 mg seulement, ce qui en fait un argument purement marketing sans importance pharmacologique notable.

La bêtise du pharmacien :

C’est de conseiller l’EFFERALGAN Vitamine C à un adulte à la posologie de 1 Cp 3 fois par jour soit 330 mg de paracétamol 3 fois par jour ce qui est la dose d’un enfant de 16.5 kg (sur la base des 60 mg/kg/jour).

« L’EFFERALGAN vitamine C » est en fait une forme pédiatrique destinée aux grands enfants (de 16 à 40 kg soit entre 4,5 ans et 13 ans). Pour l’utiliser chez l’adulte il faut prendre 2 cp 3 fois par jour ce qui en fait, du coup,  l’un des paracétamols les plus chers du marcher Marocain !!!                 

La bêtise des pharmaciens :

C’est de se comporter comme de vulgaires petits apothicaires à l’esprit strictement mercantile sans avis critique, ni aucun recule, par rapport aux produits qu’ils vendent.

Dans le cas précis de l’EFFERALGAN, le pharmacien en tant qu’officinal doit (oui c’est un devoir) non seulement donner son avis mais aussi peser de tout son poids (à travers ses instances représentatives oh combien absentes) afin de changer la mention « EFFERALGAN VITAMINE C » en « EFFERALGAN 330 MG A LA VITAMINE C » ce qui montrera son attachement sans faille aux intérêts des ses patients en terme de sécurité et d’efficacité des produits qu’il vend  (c’est une attitude que ni Mr J. ATTALI et encore moins Mr E. LECLERC n’ont prévu dans leurs analyses)   

Les officinaux deviendrons ainsi, à travers leurs instances représentatives, un véritable groupe de pression et un Think tank pour les institutions chargées de réglementer le secteur de la santé en général et du médicament en particulier (AFFSSAPS en France, Direction du médicament au Maroc …). Alors qu’aujourd’hui ils ne sont rien d’autre que de simples petits coursiers focalisés sur de petits intérêts mercantiles.

Mais, me diriez-vous, c’est quand même simple de changer une mention sur un carton, encore faut-il le faire … Bon courage.               

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 19:20

RHINOFLUIMUCIL

Attention à l’usage abusif

 

Les Laboratoires SOTHEMA ont dernièrement lancé sur le marché marocain une nouvelle spécialité, qui existe en France depuis 1983, : Le RHINOFLUIMUCIL solution pour pulvérisation nasale au prix de 22,00 DH

RHINOFLUIMUCIL.jpg 

Composition pour  100 ml de solution  

        Acétylcystéine (DCI) ou N-acétylcystéine  --------------     1.0000   g
        Tuaminoheptane (DCI) sulfate                   --------------      0.5000   g
        Benzalkonium chlorure (DCI)                    --------------       0.0125  g

Ce produit est donc une association de 3 molécules :
 
        - le sulfate de tuaminoheptane, un sympathomimétique alpha, c’est un vasoconstricteur décongestionnant par voie nasale
        - le chlorure de benzalkonium, un ammonium quaternaire, c’est un antiseptique 
        - et la N-acétylcystéine qui est un mucolytique,.

 

Analyse critique :

        Classiquement l’acétylcystéine est utilisée par voie orale comme mucolytique dans les toux grasses retrouvée dans plusieurs spécialités notamment l’EXOMUC, et le Mucomyst.
Par voie locale on la retrouve en collyre dans EURONAC comme cicatrisant cornéen. L’utilisation de l’acétylcystéine dans le  RHINOFLUIMUCIL aurait pour objectif de fluidifier les secrétions nasales afin de faciliter leurs écoulement
        L’utilisation du chlorure benzalkonium par voie nasale est à l’heure actuelle discutable  
- si l’objectif est l’antisepsie : cette utilisation est dépassée à l’aune des recommandations de l’AFSSAPS qui visent à supprimer toute utilisation non justifiée des antibiotiques et des antiseptiques par voie locale               
- si l’objectif est une meilleure conservation de la solution de RHINOFLUIMUCIL,  le chlorure de benzalkonium sera considéré alors comme excipent avec un effet notoire et non comme principe actif.
        Mais des trois molécules du RHINOFLUIMUCIL celle qui a le plus d’impact et qui donne le plus d’effets secondaires c’est le Tuaminoheptane : il s’agit d’une amine sympathomimétique volatile donnant une vasoconstriction nasale par ses effets sur les récepteurs alpha.


Il existe plusieurs molécules similaire au tuaminoheptane [éphédrine et apparentés] qui sont tous des sympathomimétiques alpha où on retrouve : Phénylpropanolamine [RUPTON, DENORAL CP], phényléphrine [RINOMICINE] , pseudoéphédrine [RHUMIX, ACTIFED, HUMEX, DOLIRHUME, RHUMAGRIP]
Toutes ces molécules sont destinées notamment à décongestionner le nez, mais elles exposent à des effets secondaires importants  et en particulier
        - Des palpitations, tachycardie, poussée hypertensive, par conséquent produit contre-indiqué en cas d’hypertension sévère
         - Crise de glaucome par fermeture de l'angle par conséquent : produit à éviter chez les personnes âgées ou en cas de doute  
         - Troubles urinaires à type de dysurie et de rétention urinaire.
         - En cas d'administration réitérée (répétée) ou abusive, le sulfate de tuaminoheptane peut provoquer chez l'enfant, par passage systémique : hypothermie, sédation, perte de connaissance, coma ou dépression respiratoire.
         - L’utilisation de façon prolongée est catastrophique, en raison d'un risque de rebond et de rhinite iatrogène. Ce qui entraîne une forme « d’accoutumance » avec un usage abusif. Par ailleurs des instillations répétées et/ou prolongées peuvent entraîner un passage systémique non négligeable des principes actifs.


Le rôle du pharmacien :

Le RHINOFLUIMUCIL peut paraître comme un produit bénin, qui certes apporte un véritable soulagement au patient, cependant il s’agit aussi d’un produit qu’on utilisera avec énormément de précautions
     C’est un produit réservé à l’adulte et l’enfant de 30 mois. A ce sujet l’AFSSAPS précise «Les données concernant l'efficacité chez l'enfant sont, à ce jour, limitées. En raison de leur sensibilité particulière aux sympathomimétiques (vasoconstricteur) il est recommandé de n'utiliser Rhinofluimucil chez les enfants de plus de 30 mois, qu'après échec de la désobstruction mécanique par mouchage et lavage au sérum physiologique»
Autrement dit chez l’enfant il faut utiliser d’abord et avant tout l’aspirateur nasal et le sérum physiologique avant toute médication agressive. En claire, même si légalement l’usage du Rhinofluimucil chez les enfants de plus de 30 mois n’est pas contre-indiqué, l’intérêt du patient impose de bannir son usage chez l’enfant.                  
       Les patients doivent être informés que la survenue d'une hypertension artérielle, de tachycardie, de palpitations ou de troubles du rythme cardiaque, de nausées ou de tout signe neurologique (tels que l'apparition ou la majoration de céphalées) impose l'arrêt du traitement.
De même, la surveillance du traitement doit être renforcée en cas d'hypertension artérielle, d'affections cardiaques, d'hyperthyroïdie, de psychose ou de diabète.
       Il est impératif de respecter strictement la posologie, la durée de traitement de 3 à 5 jours

La grosse bêtise du pharmacien
C’est d’associer le Rhinofluimucil avec un autre produit contre le rhume contenant un vasoconstricteur  type : ACTIFED, EPHEDRIL, HUMEX, RINOMICINE, RHUMEX, RUPTON, RHUMAGRIPP, DOLIRHUME.
Le seul produit de cette catégorie qui ne contient pas de vasoconstricteur c’est le RHINOFEBRAL  qui est formulé à base de paracétamol et d’un antihistaminique.

Sources :
- RCP du Rhinofluimucil in AFSSAPS
- Médiquick : Base de données sur le médicament
- BIAM : Banque de Données Automatisée sur les Médicaments
- Mailing Sothema-Zambon : Rhinofluimucil, Mai 2009   
- Autre article sur le même sujet dans ce même blog :

     -  ETUDE  COMPARATIVE  RINOMICINE  VS  RHUMIX

    - LE FROID REND-T-IL MALADE ? Entre idées reçues & physiopathologie 

    - RHUFENE PSEUDOEPHEDRINE & IBUPROFENE   

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 21:04

Nouvelle circulaire de la direction du médicament et de la pharmacie
Au sujet du Métoclopramide & de l’azythromicine

 

      Une récente circulaire de la direction du médicament et de la pharmacie [réf. N° 23 DMP/21/CPV], datée du 25 mai 2009, destinée aux industriels et qui concerne les spécialités à base de métoclopramide & azythromicine a été diffusée.  
      Cette circulaire fait suite à l’avis émis par la Commission Nationale Consultative de Pharmaco-Toxico- Réacto-Matériovigilance et Essais Thérapeutiques réunie le 6 mai 2009 au sujet du métoclopramide et de l’azythromicine

Pour les spécialités à base de métoclopramide* elle demande :

    - Le respect de la posologie par prise usuelle et de la posologie maximale journalière
    - Le respect de l’intervalle temps d’au moins 6 heures entre les prises, même en cas de vomissement et de rejet partiel ou total de la dose ;
    - Si la prescription est destinée à l’enfant, il faut prendre en compte le poids de l’enfant et l’indication.
    - Le métoclopramide est désormais inscrit au tableau A, de ce fait, il est soumis ainsi à une prescription médicale non renouvelable sans avis médical.                                              
* PRIMPERAN, CLOPRAM, METAGLIZ, VOMISTOP, DIGESTINE                                              

Avis du pharmacien :

     - Effectivement, cet avis s’explique parfaitement, le métoclopramide est d’abord un neuroleptique antidopaminergique utilisé comme antiémétique et prokinétique.
On retrouve dans ce même cas le bromopride [MEPRAMIDE] qui ne diffère du métoclopramide que par la substitution d’un atome de chlore par un autre de brome, substitution qui ne change rien aux caractéristiques pharmacologiques de ces deux molécules.
Cette circulaire aurait due donc inclure le bromopride dans ces dispositions 
      - Le métoclopramide comme le bromopride sont des dérivés des orthoanisamides et on retrouve dans cette famille entre autre : le sulpiride [DOGMATIL et ses génériques] et l’amisulpiride [SOLIAN]    

      - Rattacher le métoclopramide à ses origines chimiques permet facilement de comprendre les diverses interactions médicamenteuses de cette molécule, d’autant plus qu’elle est largement associée dans divers traitements*.       
      - La banalisation de l’usage, voir l’utilisation abusive, de ces produits conduit à l’apparition entre autre de symptômes extrapyramidaux à type de dystonies aiguës pouvant se manifester par des mouvements anormaux de la tête et du cou (spasmes faciaux, trismus, crises oculogyres, révulsion oculaire, protrusion de la langue, difficultés de déglutition, dysarthrie, torticolis).
      - Dans la pratique la majorité des ordonnances qu’on reçoit indiquent comme posologie du PRIMPERAN sirop ou du CLOPRAME sirop : une cuillère à soupe (15 ml) 3 fois par jour 
Cette posologie expose le patient à un surdosage évident de 33% par rapport à la dose utile.         
En fait la posologie requise pour le métoclopramide en sirop est la suivante : 1 à 2 cuillères à café par prise (càd 5 à 10 ml), 3 fois par jour.

      - Cette circulaire rappelle que la prescription chez l’enfant se fait sur la base du poids, et non pas sur la base de l’âge. Cette notion devrait être la règle pour tout médicament pédiatrique.
Les mentions : Sirop enfant et Sirop nourrisson constituent un non-sens pharmacologique, ce sont des spécifications purement marketing qui n’ont pas de place sur le packaging d’un médicament sérieux.        


Rappel des interactions médicamenteuses du métoclopramide :  
Association contre- indiquée :
- Lévodopa   : antagonisme réciproque de la lévodopa et des neuroleptiques. Utiliser un antiémétique dénué d'effets extrapyramidaux.
Associations avec effet additif :
- Antihypertenseurs (tous) : effet antihypertenseur et risque d’hypotension orthostatique majoré (effet additif).
- Autres dépresseurs du SNC   : antidépresseurs sédatifs, dérivés morphiniques (analgésiques et antitussifs), la plupart des antihistaminiques H 1, barbituriques, benzodiazépines, anxiolytiques autres que benzodiazépines, clonidine et apparentés : majoration de la dépression centrale et l'altération de la vigilance qui peut rendre dangereuse la conduite de véhicules ou l'utilisation de machines.

PS : Lire notre mise à jour de ce sujet INTERDICTION DU METOCLOPRAMIDE & SES ALTERNATIVES EN PEDIATRIE   

Pour les spécialités pharmaceutiques à base d’azythromicine :

      - Rappeler aux professionnels de santé qu’il est nécessaire d’insister auprès du patient sur le rythme d’administration de l‘azythromicine
      - Insister sur le rythme d’administration de l’azythromicine auprès des professionnels de santé dans le cadre de la promotion de leurs produits.

 

Avis du pharmacien :

On a déjà traité le sujet de l’azthromicine dans un article consacré au MACROMAX intitulé : MACROMAX LA 6EME COPIE D'AZITHROMYCINE (cliquer sur le titre pour afficher l'article en question)

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 21:20

L’association corticoïde & antibiotique
n’aura plus lieu d’être au MAROC

 

Source :

- Bulletin du centre marocain de pharmacovigilance du mois de janvier 2009, vol 6, N°1

- Revue l’officinal, N° 73, page 11, Mars-Avril 2009 

 

La Commission Nationale Consultative de Pharmacovigilance (CNCPV) a décidé de mainte­nir la décision de la Commission du 26 décembre 2007 sur les antibiotiques locaux utilisés en dermatologie, et ce malgré le recours des laboratoires Pfizer qui commercialisent le Rifoderm  

Cette décision stipule ce qui suit :

- Arrêter la commercialisation des spécialités composées d'une association de deux antibiotiques ou d'un antibiotique et d'un corticoïde;

- Demander aux médecins de ne plus prescrire des préparations magistrales à base d'association de deux antibiotiques ou d'un antibiotique et d'un corticoïde;

- Demander aux pharmaciens d'officines de ne plus exécuter les ordonnances des préparations magistrales à base de ces associations;

- Maintenir sur le marché marocain les spécialités à base d'un seul antibiotique, en limitant leurs indications aux infections liées aux germes sensibles à cet antibiotique.

L’avis du pharmacien :

       Cette décision est tout à fait justifiée (voir l’article consacré au Rifoderm), particulièrement pour le rifoderm. Cet arrêt sera  une mini révolution dans les « usages » de la pharmacie marocaine. Il faut rappeler que le Rifoderm est la pommade du pauvre par excellence utilisée presque exclusivement en automédication et qui expose à des catastrophes dues à la présence du corticoïde qui lui a assuré son succès commercial. En effet le dermo-corticoïde permet d’avoir une pseudo guérison car il masque parfaitement les affections dermatologiques. Cette décision va avoir aussi pour effet de rationaliser les prescriptions dermatologiques (cf.Rifoderm)                          

Les autres produits qui sont dans la même situation :

BAYCUTEN, BETNEVAL NEOMYCINE, MYCOLOG PDE, NEOCORT DERMIQUE, CIDERMEX, TOPSYNE NEOMYCINE

 
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 14:44

DEXTRAMOL la 6ème copie de l’association dextropropoxyphène - paracétamol

Analyse de l’offre & Aspects pharmacologiques

 

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POST-SCRIPTUM DU 03/01/2011:

Suite à la Circulaire 284DMP/00 du 29/12/2010 retirant le dextropopoxyphène du marché marocain nous vous invitons à lire aussi notre article daté 03/01/2011 intitulé : SUPPRESSION DU DEXTROPRPOXYPHENE DU MARCHE MAROCAIN  (cliquer sur le titre pour visualiser)  

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L’association Dextropropoxyphène et paracétamol a été lancée à la base sous le nom de DI-ANTALVIC, depuis, plusieurs copies ont été mises sur le marché marocain. Le DEXTRAMOL est la dernière en date.

 

Tableau comparatif* : 

 

Nom Spécialité

P.P.M

EN   DH

Prix

Par unité

Variation

Laboratoire

DI-ANTALVIC

BT 18 GEL 

32.30  

1.79  

100 %

AVENTIS

 

BI-ALGAN 

BT 20 GEL

28.55                   

1.42  

-20 %      

SANOFI

SYNTHEMEDIC

PARADEX 

BT 20 CP

26.50

1.32  

-26 %   

COOPERMAROC

 

BI-SEDAL 

BT 20 GEL

25.00

1.25  

-30 %     

PROMOPHARM

PROPOFAN

BT 20 CP

25.00

1.25  

-30 %      

FRILAB

SYNTHEMEDIC

XALGIX

BT 30 CP

35.00

1.16

-35 %       

SOTHEMA

DEXTRAMOL

BT 18 GEL  

20.00

1.11

-38 %

PHARMA 5

 

* Sauf erreur ou omission

Analyse critique de l’offre  dextropropoxyphène - paracétamol sur le marché marocain :

Il faut noter d’abord que toutes les spécialités précitées sont basées sur la même formule à savoir :

                    Dextropropoxyphène 30 mg + Paracétamol  400 mg             

Sauf dans 2 cas

       Le XALGIX qui lui est relativement sous dosé avec  la formulation suivante :

                    Dextropropoxyphène 32,5 mg + Paracétamol 325 mg

       Le PROPOFAN qui contient en plus de la caféine, suivant la formule : 

                    Dextropropoxyphène 27,0 mg + Paracétamol 400 mg + Caféine 30 mg

Le rôle de la caféine a été déjà expliqué dans un article précédant   (cliquer sur le mot) consacré aux médicaments du rhume. En effet  et comme le montre des études cliniques la caféine a un effet potentialisateur sur les antalgiques et sur le paracétamol en particulier.


Mise à part ces spécificités, le DEXTRAMOL peut être être considéré comme la meilleure offre sur le marché marocain de l’association  dextroppropoxyphène - paracétamol avec un prix modeste. Cependant le petit prix du DEXTRAMOL peut-être considéré comme un avantage ou comme inconvénient :

     - C’est un avantage indéniable quant on sait que l’association dextroppropoxyphène - paracétamol est souvent utilisée avec à des AINS. Un petit prix permet une meilleure accessibilité de ce genre de prescriptions à un large panel de nos patients à faible revenu et sans couverture médicale.

     - Un petit prix peut, paradoxalement, être un inconvénient ; en effet un prix trop bas peut parfois être la raison d’un blocage à cause de la notion subjective de « prix psychologique ».

Le patient en allant acheter son ordonnance a d’emblé en tête un prix en deçà duquel il commence à douter de la qualité même du produit ce qui peut engendrer un effet nocebo (l’inverse de l’effet placebo), il fera instinctivement le parallèle avec d’autres produits de consommation courants. C’est le cas, par exemple, du NOFEBRIL un excellent paracétamol à 7,00 DH la boite de 20 CP dosés à 500 mg. Dans notre région le prix de 20,00 DH du DEXTRAMOL peut être considéré (et c’est absolument subjectif) comme la limite inférieure pour cette classe d’antalgiques à notre avis.

En définitif : le DEXTRAMOL trouvera parfaitement sa place dans le cadre d’une ordonnance avec plusieurs médicaments (notamment des AINS …), par contre si le médecin opte pour une prescription avec un seul médicament (ce qui est non seulement logique, mais vivement souhaitable comme le préconise divers institutions de santé publique) le choix se portera, paradoxalement, sur un produit un peu plus cher afin d’éviter un éventuel effet nocebo dû à la notion subjective du « prix psychologique ».

 

Analyse critique de l’association dextropropoxyphène - paracétamol sur le plan pharmacologique :


      L’intérêt pharmacologique de cette association a été, et est encore, une source de débat intense notamment après son retrait progressif annoncé en 2005 en grande Bretagne, ce retrait a été vivement salué par la revue PRESCRIRE avec comme arguments :

     1- Le dextropropoxyphène est un opiacé apparenté à la méthadone, commercialisé depuis plus de 40 ans en France, expose les patients à des risques de dépression respiratoire, de perturbation de la conduction cardiaque, voire de décès, notamment en cas d'insuffisance rénale ou chez les patients âgés. L'association paracétamol - dextropropoxyphène a une balance bénéfices-risques défavorable [5].

     2- L'association antalgique dextropropoxyphène - paracétamol a une balance bénéfices-risques défavorable sans avantage démontré sur le paracétamol non associé, avec notamment de nombreux décès [1].

     3- On ne dispose pas d'étude ayant comparé l'effet antalgique de l'association paracétamol - dextropropoxyphène à celui du paracétamol seul [2] 

     4- Le risque d'intoxication mortelle a motivé le retrait du marché en Suède et en Suisse [3].

     5- Aux États-Unis, l'association de consommateurs Public Citizen a présenté à la Food and Drug Administration une pétition demandant le retrait des spécialités à base de dextropropoxyphène, au vu des données du réseau Dawn (Drug abuse warning network), qui a recensé 2 110 décès accidentels liés au dextropropoxyphène entre 1981 et 1999 [4].

 

Néanmoins il existe des arguments pour cette association à savoir que :

     - Le 01/02/2005 L’affsaps donne un point d’information où elle indique : « l'Afssaps rappelle que l'association de paracétamol et de dextropropoxyphène n'expose pas à un risque de surdosage, et donc d'intoxication grave, dans les conditions normales d'utilisation. »

     - En 2007, la Commission française de la transparence a considéré que cette association d'antalgiques apporte un service médical rendu (SMR) "important" [6]

              Sources :

1- Prescrire Rédaction "Dextropropoxyphène + paracétamol : toujours là… malgré les risques" Rev Prescrire 2007 ; 27 (288) : 735.
2- Rev Prescrire Octobre  2007 ; 27 (287) : 735.

3- Prescrire Rédaction "Dextropropoxyphène associé : retrait du marché suédois" Rev Prescrire 2005  25 (265) : 665.
4- Public Citizen's Health Research Group "Petition to FDA to ban all propoxyphene" 28 février 2006. Site internet http://www.citizen.org consulté le 27 mars 2006 : 11 pages.

5- Prescrire Rédaction "Dextropropoxyphène : encore des décès" Rev Prescrire 2007 ; 27 (282) : 274.

6- HAS - Commission de la transparence "Avis-Di-Antalvic gélule" 25 avril 2007 : 2 pages.

7- Afssaps - Commission nationale de pharmacovigilance "Compte rendu de la réunion du mardi 28 novembre 2006'' 30 janvier 2007. Site internet http://afssaps.sante.fr consulté le 21/02/2007 : 14 pages.

 

L’avis du pharmacien : 

    Il est vrai que le dextropropoxyphène est un dérivé de la méthadone un puissant morphinique utilisé comme substitutif en cas de dépendance  à la morphine. Au vu de cette filiation tout usage abusif est extrêmement dangereux.

Les formules chimiques sont nécessaires là, car la chimie thérapeutique est le socle de la pharmacologie elle-même à la base de tout protocole thérapeutique

   Cependant l’avis de l’AFSSAPS paraît bien motivé par le fait que dans les pays ou il y a eu le plus d’effets secondaires il y aurait un laxisme dans l’utilisation de ces spécialité. L’affsaps  souligne littéralement qu’en France il s’agit de « spécialités pharmaceutiques qui ne peuvent être obtenues que sur prescription médicale »       

A notre avis, ce débat démontre l’importance de ne pas banaliser l’usage de médicaments. Le médecin traitant devra avoir toute la latitude pour personnaliser ses traitements en  se basant sur toutes les données possibles et ne pas se contenter des fiches posologiques rédigées par les services marketing des laboratoires.


Au niveau notre propre expérience - quelques bonnes années d’exercice - alors qu’on a été témoin d’un nombre important de cas d’effets secondaires avec les COXIB, les AINS, les quinolones, des cas d’allergies divers et variées, on n’a jamais eu à constater un quelconque problème tangible (à notre niveau) avec l’association dextropropoxyphène - paracétamol. 

Note déontologique : ici c’est un simple témoignage qui n’a de valeur que sa valeur intrinsèque, à ne pas ni prendre ni à citer comme référence.


En toute bonne foi, on peut considérer que l’association dextropropoxyphène – paracétamol a tout a fait sa place dans l’arsenal des thérapeutiques anti-douleurs moyennant de sérieuses précautions à savoir :    

       - Faire attention lors de la prescription chez la personne âgée ou l'insuffisant rénal

       - Faire attention chez les personnes susceptibles de développer une insuffisance respiratoire en particulier les asthmatiques

       - Faire attention à l’association avec d’autres opiacés qui se cachent, entre autre, dans les médicaments du rhume et des affections respiratoires (Codéine, tramadol, codéthyline, Pholcodine)

       - Ne pas se baser uniquement sur le nom commercial mais d’abord sur la DCI est une sage approche.   

       - Faire attention à l’association avec les antihistaminiques et les psychotropes

       - Veiller au respect stricte des posologies

       - Enfin, et comme d’habitude, ne pas banaliser la manipulation d’un médicament même s’il est utilisé depuis l’antiquité ; un médicament reste un produit dangereux son usage obéit à des règles strictes à ne pas confondre un produit de consommation courrant.

A lire sur ce meme blog : CAS D'OFFICINE DEXTROPROPOXYPHENE + BROMAZEPAM

Entre nous :

Tous ces débats se passent dans l’absence de toute contribution des pharmaciens d’officine, et on ne parle pas ici des mes collègues marocains car depuis longtemps ils ont opté, Dieu merci, pour une stratégie basée sur l’abstinence totale de tout effort intellectuel, non on parle ici de mes collègues français qui sont, eux aussi, frileux à donner leur avis.

Comment ne pas comprendre l’analyse de J. ATTALI ou l’attitude d’E. LRCLERC vu qu’avec un bac plus sept minimum, l’intérêt du pharmacien d’officine se limite au marchandising, à l’achalandage et à quelques menus conseils.  

Si on arrive à mettre réellement l’intérêt du patient au cœur de notre métier au lieu du simple médicament, de facto notre comportement professionnel changera vers plus d’efficience et de générosité intellectuelles et une amélioration conséquente du service rendu par les officinaux à la société.

A lire : « Le rôle du pharmacien d’officine »           

Suivi post-rédactionnel du 07/10/2009 

L’association Dextropropoxyphène – Paracétamol en chiffres

Source : M. A. Belaïche  L’officinal n°75 pages 24-25 juillet - Août 2009


Historique :

45 ans     : durée de sa commercialisation en France.
22 ans     : durée de sa commercialisation au Maroc.
30           : nombre de spécialité en France à base de Dextropropoxyphène – Paracétamol          
7             : nombre de spécialité au Maroc à base de Dextropropoxyphène – Paracétamol
2004       : date de retrait du marché du Di-antalvic au Danemark et au Royaume-Uni
2009       : retrait dans un délai d'un an du Di-antalvic dans tous les pays du marché commun  

 

Le marché des antalgiques à base Dextropropoxyphène – Paracétamol au Maroc [1]

77 900 000 de dirhams : dépenses consacrées à l'achat de Dextropropoxyphène – Paracétamol.
2 600 000 : nombre de boites consommées par an (5,4% du marché des antalgiques en volume)
49 000 000 de dirhams : chiffre d'affaires par an (6,3% du marché des antalgiques en valeur),
70,3% des antalgiques pallier II en volume et 78,6% en valeur.

 

Pharmacovigilance hors Maroc [3]
- 300 à 400 décès par an en Angleterre pour une population de 60 millions d'habitants dus à des surdoses à la fois accidentelles et volontaires (suicides pour 20% de ces décès).
- 200 décès par an en Suède pour une population de 9 millions d'habitants.
- 65 décès par an en France pour une population de 65 millions d'habitants.

 

Pharmacovigilance au Maroc [2]
- 1 seul décès en 13 ans: il s'agit d'une personne âgée de plus de 70 ans qui a pris une association Dextropropoxyphène – Paracétamol + Atarax (Hydroxyzine DCI) à fortes doses dans un but suicidaire.
- 53 intoxications non mortelles sur les 15 676 intoxications médicamenteuses recensées au niveau du Centre Marocain Anti-poison, au cours des 13 dernières années.


1- Données obtenues auprès de l'industrie pharmaceutique
2- Données obtenues auprès du Centre Marocain Anti-poison

3- Communiqué de l'Afssaps in l’officinal n°75 pages 19-23 juillet-Août 2009

   

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 17:36

LES IMPORTATIONS DES MEDICAMENTS
nouvelles précisions au 30/04/09

 

                 

Deux journaux marocains viennent d’évoquer la question de l’augmentation des importations des médicaments déjà mentionnée dans un article sur ce blog :

 

Le journal Le Soir Echos  explique dans son édition du 30/04/09 que « L’augmentation des traitements de cancers et autres maladies chroni­ques est loin d'être la seule explica­tion de la croissance des importa­tions de médicaments, durant le premier trimestre 2009.
Les autorisations d'importation supplémentaires accordées par le ministère de la Santé sont un fac­teur indéniable de cette tendance.

En effet, les laboratoires pharmaceutiques filiales de multinationales bénéficient du feu vert de l'Etat pour importer de nouvelles marques. Ces autorisations portent sur des principes actifs fabriqués au Maroc depuis des décennies. Preuve en est, une étude du Boston Consulting Group, réalisée pour le compte de l'Associa­tion marocaine de l'industrie pharmaceu­tique (AMIP). Cette enquête montre que la majorité des AMM accordées concernent des médicaments à base 
                    -  En première position d'amoxicilline
                    -  En deuxième position arrive l'Oméprazole
                    -  Et enfin le paracétamol.

De ce fait, les laboratoires maroco-marocains se sentent directement menacés. Ce recours à l'importation est une résultante directe du contexte international. En effet, les multina­tionales pharmaceutiques sont confrontées à des pertes non négligeables, dues à l'essor des médicaments génériques, suite à la tombée de plusieurs brevets dans le domaine public. De ce fait, les géants pharmaceutiques mondiaux sont dans l'obligation de réduire leurs coûts de production à l'international. Et cela passe par la concentration de la fabrication dans les sites les moins coûteux possibles. »


Une note du rapport de l'AMIP publié à l'issue d'un forum national tenu le 25 avril dernier montre que si ces multinationales maintiennent des sites de production au Maroc, «ce n'est qu'en raison de la contrainte réglementaire d'autorisation d'avoir une usine car l'économie d'échelle ne le justifie pas en réalité»,.


Des sources proches du secteur, parlent d'une réduction voire d'un arrêt de la production de certaines filiales de multina­tionales. C'est le cas du Suisse Roche qui a vendu son usine au Maroc.

Le journal marocain l’Economiste quant à lui rapporte qu’en février dernier, les industriels marocains ont demandé à la ministre de la Santé de geler les autorisations d’importation portant sur les molécules produites localement. En clair, «face à un produit fabriqué localement en 2 ou 3 similaires, nous avons demandé à la ministre de ne pas accorder de dérogation d’importation, pour maintenir la viabilité des investissements des industriels marocains», précise Ali Seddrati, président de l’Amip. Souhait que la ministre de la Santé dit «comprendre parfaitement».

Sources : Le Soir Echos n° 307 du 30/04/09

              L’Economiste n°3015 du 30/04/2009

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 19:26

 

arrêt de commercialisation des spécialités
BARALGIN & NOVALGINE

 

               Attention lire à propos de ce sujet la mise à jour du 07/08/2009

                   "Remise sur le marché marocain des spécialités NOVALGINE & BARALGIN"

Le site Pharmacie.ma à annoncé l’arrêt de commercialisation des spécialités à base de NORAMIDOPYRINE à savoir toutes formes comprises : BARALGIN & NOVALGINE

 

L’avis du pharmacien :

Ce n’est pas trop tôt, cette décision devait être prise il y a une dizaine d’années, mais face à la démission des officinaux de tout débat scientifique, se contentant seulement des mièvreries mondaines, cela a traîné des années durant, exposant des centaines de milliers de nos concitoyens à des agranulocytoses mortelles qui passent le plus souvent en silence.


Certes on n’aime pas sur pharamster tirer sur les épaves néanmoins en juin 2005, déjà, on avait rédigé un petit texte sur les pyrazolés vendus au Maroc. Un texte qualifié de dérangeant transgressif et donc impubliable. Désolé pour les âmes politiquement correctes, voici ce texte qui met en évidence la démission intellectuelle des officinaux de toute démarche scientifique et ce depuis des années et des années. Laissant à d’autre le droit de réfléchir et de décider sans qu’ils aient le moindre avis se contentant d’être de simple livreurs (ou délivreurs) de médicaments.           

 
Auparavant, on peut se poser la question à qui la faute si les pyrazolés ont continué à exister sur nos rayons en 2009 ?  
Paradoxalement cette situation n’est pas due uniquement aux industriels car ces derniers travaillent en toute légalité avec des textes bien établis, par contre ils ne trouvent en face d’eux aucune forme de contrepoids ni force de proposition scientifique à même de mieux recadrer leur activité dans l’intérêt du patient.
Redéfinir les stratégies industrielles sur la base des besoins réels du patient, garantit à long terme une meilleure qualité des produits, des argumentaires pharmacologiques solides et enfin des prix compétitifs. Tout cela consolidera la position de notre industrie au niveau national et international  

Etre une force de proposition c’est un des rôles majeurs du pharmacien d’officine, dans l’intérêt de nos patients mais aussi dans l’intérêt, à long terme, de notre industrie donc de la filaire du médicament toute entière       

      


 

Les pyrazolés  vendus au Maroc

                                                                            Juin 2005


Les pyrazolés sont vendus au Maroc sous la dénomination de 3 spécialités : BARALGIN, NOVALGINE & BUTAZILIDINE  

 

           - BUTAZOLIDINE  DCI  phenylbutazone un des derniers anti-inflammatoires rescapés de la famille des pyrazolés.  

            - La composition du BARALGIN et du NOVALGINE est strictement la même. Il s’agit du métamizol sodique (DCI) qui n’est autre que la noramidopyrine méthane sulfonate sodique. Il s’agit d’un analgésique antipyrétique dérivé des pyrazolones. Ces deux spécialités sont produites par le même laboratoire   

            - Le dénominateur commun, le plus remarquable, de ces trois produits n’est autre que leurs effets hématologiques représentés essentiellement par une agranulocytose complète mortelle dans 10 % des cas. Effets qui sont évoqués en cas d’apparition de fièvre et/ou d’angine et/ou d’ulcérations buccales et/ou de purpura et qui imposent l’arrêt immédiat du traitement et l’orientation du patient en urgence vers une structure hospitalière

En fait le BARALGIN et le NOVALGINE ne différent que par les mentions portées sur leur packaging :
En effet si sur la boite du NOVALGINE on a mis la mention analgésique antipyrétique, sur celle du BARALGIN on retrouvera la mention antispasmodique analgésique

 

Il est fort utile de nuancer l’effet "antispasmodique" de la noramidopyrine effet qui est loin d’être clairement établi. Heureusement que le fabriquant se rattrape sur le prospectus où il n’est plus question d’effet antispasmodique mais d’effet sur « la douleur spasmodique » ce qui revient à un effet antalgique, l’effet antispasmodique n’étant absolument pas établi. Moralité le packaging (ou l’habit) ne fait pas le moine. 

 

Pour comprendre pourquoi la mention « antispasmodique » a été portée sur le BARALGIN M il faut revenir au Vidal édition de 1994. En effet la composition du BARALGIN M qui en France s’appelait «BARALGINE A LA NORAMIDOPYRINE » est la suivante par comprimé :

             ► Métamisol sodique (DCI)

                 ou noramidopyrine méthane sulfonate (DCF)       ………………… 500    mg

             ► Pitofénone chlorhydrate (DCI)                           …………………     5    mg

             ► Fenpiverinium Bromure (DCI)                            …………………     0,1 mg

Les véritables antispasmodiques de cette formule sont en effet : le pitofénone antispasmodique papavérinique et le fenpiverinium antispasmodique atropinique ces deux composants ont été supprimé du BARALGIN M tout en conservant sur le packaging la mention antispasmodique. Rien de grave, c’est juste un « petit oubli »

La mention « à la noramidopyrine » qui est obligatoire, en France, sur tout emballage de médicament contenant cette molécule n’a pas lieu d’être dans notre pays

   

 

 

 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 22:58

Industrie pharmaceutique :
4 conventions signéeS
& UN LABORATOIRE NATIONAL CERTIFIE BPF 



Quatre conventions signées : 

Les 2e Assises nationales de l’industrie pharmaceutique du 29 mai prochain verront la signature de quatre conventions.

-  La première, signée avec l’OFPPT, portera sur la création d’un cycle professionnel diplômant.

-  La deuxième, avec la faculté de pharmacie, mettra en place un diplôme spécialisé dans l’industrie de la pharmacie.

-  La troisième convention sera conclue avec l’Anapec

-  La quatirème avec le ministère de la Santé.

Source : le journal l’Économiste du 21/04/09 n° 3008


De toutes ces conventions celle qui apparaît intéressante à notre avis c’est celle qui sera conclue avec la faculté de pharmacie 
Sujet similaire

Laprophan certifié BPF ou GMP

Le laboratoire marocain Laprophan vien­t de décrocher le prestigieux cer­tificat européen de «Bonnes Pratiques de Fabrication» (BPF), une distinction lui permettant de commercialiser ses produits en Europe. Cette homologa­tion, accordée par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire pour les Produits de Santé (AFSSAPS), constitue une re­connaissance internationale pour la qualité de fabrication. Ce certificat a été délivré par l'Agence française après un long et complexe processus de contrôle de qualité.

Il s’agit d’une bonne nouvelle non seulement pour les exportations marocaines, mais une reconnaissance intrinsèque de la qualité des génériques marocains.

Il faut dire aussi,  que souvent l’industriel marocain est obligé d’aller chercher une reconnaissance en France et en Europe pour consolider son statut au niveau national.   

Source : la revue DOCTINEWS n°9 page 13 mars 2009


PS : Avec cette nouvelle, si on était en France on aurai dit cocorico, mais comme on est au Maroc alors ça sera couscousrico

 

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