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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 19:15

ANALYSE

LA CRISE DE L’OFFICINE EN CHIFFRES

Réflexion au sujet d’une hécatombe 

 12-05-17-LA-CRISE-DE-L-OFFICINE-EN-CHIFFRES.jpg

Des chiffres :

  - Le chiffre d’affaires annuel du pharmacien au Maroc est de 800 000.00 DH,

Un revenu qualifié par le journal « L’ECONOMISTE » de très modeste quand on soustrait l’impôt et les charges. Cela revient à un revenu net d’environ 6 700,00 DH par mois (!)  

Ce chiffre, qui est certainement une moyenne, a été rapporté par le ministre de la santé qu’il a qualifié d’inquiétant lors des VIIe journées pharmaceutiques d’Agadir

  - Dans la région du Souss, 20% des pharmacies sont en cessation de paiement.

Source : Fatiha Nakhli « Souss : La crise des pharmacies d'officine » L’Economiste, n°3785, page16, du 17/05/2012

 

L’avis de l’apothicaire :

Rappel :

L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois

La question qui se pose automatiquement est la suivante : comment en est-on arrivé là ?

Vous pouvez imputer cette situation catastrophique :

       - au prix des génériques,

       - à la baisse des prix du reste des médicaments,

       - à la vente de la parapharmacie, laits et même médicaments hors des officines : autrement dit ; la perte du monopole du pharmacien,

       - à la mise en place des études de pharmacie au sein de la faculté de médecine de Rabat qui a « démocratisé » les études pharmaceutiques,   

        - au nombre de pharmaciens,

        - aux pharmaciens des pays de l’Est,

        - au laxisme du secrétariat général du gouvernement vis-à-vis des faux diplômés, 

        - aux divers circuits parallèles qu’ils soient légaux ou illégaux,

        - au manque de campagnes de communication au profit de la profession,

        - à la situation intrinsèque de nos instances représentatives conseil de l’ordre et syndicats.      

Vous pouvez imputer cette situation à toutes ces raisons à la fois, vous aurez peut être raison, il n’en demeure pas moins que pour nous, les raisons sont ailleurs.

 

Analyse :

         A la base, il y a le décalage entre, la formation universitaire conséquente du pharmacien et les exigences professionnelles légales.

En effet, l’officine est régie depuis toujours par des lois extrêmement restrictives, réduisant de façon draconienne la marge d’action de l’officinal qui se limite dans la pratique quotidienne à la délivrance de médicaments dans les règles de l’art et à la communication de quelques menus conseils. Cette mission paraît dérisoire par rapport à la qualité et à la longueur de la formation de base du pharmacien. Tellement dérisoire qu’un simple technicien peut accomplir correctement une telle mission.

        Par ailleurs, les préparations magistrales et officinales, qui étaient jadis la fierté des officinaux, sont tombées en désuétude, la portée du travail de l’officinal se trouve alors réduite comme peau de chagrin.

Les conséquences de ces constatations sont terribles et sont de 3 niveaux :

       1- Le fait que l’officinal, dans sa pratique courante, n’utilise que peu les compétences acquises sur les bancs de la faculté développe chez lui, au fur des années, une passivité intellectuelle et un abandon de la chose scientifique, vu que cette dernière n’est pas une nécessité absolue dans sa pratique quotidienne. Cela implique une déperdition intellectuelle manifeste.  

Pour compenser cet horizon intellectuel peu motivant (pour ne pas dire médiocre) les potentialités des officinaux, pour ceux qui ont en, vont s‘exprimer dans d’autres domaines :

- dans le cinéma : comme actrice ou metteur en scène

- dans la restauration

- dans la communication : agence d’événementiel, Internet …

- dans les études des relations internationales  

- dans la prédication religieuse (eh oui ça existe aussi …)

- dans diverses affaires : la pêche, l’agriculture, la grossisterie …

- dans l’industrie pharmaceutique : en effet, bon nombre de laboratoires nationaux on été crées par des officinaux chevronnés au début de l’indépendance.     

- et enfin dans rien du tout, pour ceux et celles qui n’ont ni moyens intellectuels ni moyens financiers.

Globalement, du fait de ce décalage entre sa formation et sa pratique, l’officinal a globalement investi tous les domaines sauf un … l’officine !

        2- Autre conséquence importante de la restriction légale du champ d’action de l’officinal c’est son absence affligeante d’un certain nombre de sujets :

    - primo on constate la démission collective de l’officinal de tout sujet qui concerne la santé, laissant aux médecins un monopole de fait des choix thérapeutiques.

    - secundo le champ de la pharmacologie est complètement laissé au profit de l’industrie pharmaceutique qui reste pratiquement l’unique source d’information sur le médicament au Maroc. Avec une énorme implication dans la formation continue du corps médical, qui de facto, devient orientée, et c’est logique, vers l’intérêt des industriels.

Au final, la santé est accaparée par les médecins, la pharmacologie par les industriels, que reste-t-il aux pharmaciens : lakisse (la caisse) quelle terrible désillusion pour un cadre qui a passé 7 ans de sa vie sur les bancs de l’université !   

       3- Depuis les années 30 du siècle dernier, cet état de fait a perduré sans grands remous, jusqu’au jour où le déficit de la sécurité s’est dangereusement creusé, du fait de l’explosion des dépenses de santé, de la détérioration du rapport du nombre de cotisants / nombre de bénéficiaires. Tout cela, accentué par une crise qui perdure depuis le début des années 2000. On finit par comprendre que la santé n’a pas de prix mais elle a un coût.

Quand on cherche à réduire les dépenses, tout bon manager va viser d’abord les frais non indispensables et les postes à faible rendement : l’officine parait de facto la cible idéale.

Le rapport de Jaques Attali de 2008 intitulé « Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française » marque une tendance globale qui montre que l’intelligentsia politique, économique et médiatique ne tolère plus la faiblesse du « service médical rendu » de l’officinal. Cette tendance ne s’est pas démentie depuis, avec comme conséquence directe la paupérisation de l’officine qui touche la France, lire notre sujet du 23/02/11 « Pharmacie en faillite en France ». Le Maroc est doublement touché du fait du laxisme de nos autorités, de l’état de nos instances représentatives, et de la pauvreté de notre population.

Existe-il encore aujourd’hui des arguments solides pour défendre l’officine ?

       Assurément oui, à condition d’opérer un changement de repère radical. En effet, jusqu’à présent l’officinal mettait le médicament au centre de son activité. Il s’agit d’une erreur stratégique manifeste, ce qu’on doit mettre au cœur de notre activité c’est le patient, l'être humain.

Autrement dit, notre positionnement sur l’échiquier de la santé devrait être clairement défini comme « un défenseur des intérêts du patient » et c’est logique car c’est à lui que nous devons d’une manière directe ou indirecte (sécurité sociale) la rémunération de notre travail. Dénigrer le patient c’est scier la branche à laquelle on est accroché.     

Certes, il ne faudrait pas être dupe, il n’y a aucun angélisme dans notre propos, « le patient » est à l’image du reste de la société : il peut être ingrat, il peut être un mauvais payeur, il peut être exaspérant, il peut être sans civisme,  il peut même être violent … cela ne doit pas  nous inciter à  changer notre raison sociale.     

Concrètement ce nouveau recadrage va nous amener à prendre des positions claires sur un certain nombre de sujets :   

     1- L’avis du pharmacien :

          Ce qui ‘est demandé aujourd’hui à l’officinal ce n’est pas de réciter bêtement le Vidal. Voyons, c’est absurde, d’autant plus que l’information sur le médicament est disponible sur le web. Non, ce qui est demandé ce sont des avis critiques argumentés, indépendants et intègres sur l’utilité de tel ou tel produit ou thérapeutique. En clair, dire honnêtement et courageusement si un produit x a un intérêt pour le patient ou non.

Cette attitude, que nous mettons quotidiennement en pratique, ne nous a jamais fait perdre de l’argent. Absolument pas, elle nous a permis sur le long terme d’installer un climat de confiance qui a été largement payant pour le moment (Dieu merci)        

Tout au long des 68 pages actuelles de ce blog nous n’avons cessé de mettre en avant ce genre d’avis, ça vaut ce que ça vaut sans plus. Mais imaginez si ce genre d’exercice était l’émanation d’un consensus professionnel inter-officinal, cela aurait une telle crédibilité qui rejaillira sur l’ensemble des officines.

Oui il faut avoir le courage intellectuel de dire simplement qu’on n’accepte plus de vendre n’importe quel produit dans nos officine, aussi légal soit-il. Nous avons, collectivement,  notre avis qui doit être pris en compte par nos divers partenaires.

Pour y arriver, il y a une condition, il faut s’émanciper de notre alignement systématique sur les postions pharmacologiques des laboratoires. Cet alignement quand il est automatique est totalement contre-productif, il transforme l’officinal en un subalterne, qui dès qu’il y a une crise ou une question stratégique (Mediator, dextropropoxyphène, métoclopramide …) se recroqueville dans un mutisme de crétin. Incapable de donner le moindre avis, son rendement intellectuel frôle le zéro pointé, et quand un décideur est obligé de faire des coupes budgétaires, cela tombe logiquement sur le plus faible des intervenants du système de santé.       

      2- Etre une force de proposition :

           Il ne suffit pas de critiquer, notre corporation doit se mouvoir en tant que think tank capable de formuler des propositions concrètes et constructives, et d’être le feedback des divers problèmes rencontrés par nos patients. Il s’agit là d’être un contrepoids positif, et un vrai partenaire du développement de notre secteur dans son ensemble.

           Exemple tout simple : Vous connaissez les sels de réhydratation orale (Diarite®, Biosel®), ils se présentent sous forme de sachets à dissoudre dans un (1) litre d’eau !  Attendez mais c’est complètement inadapté à un usage facile et courant. Ne pensez-vous pas qu’une présentation sous forme de sachets à dissoudre dans 100 ml d’eau, adaptés au biberon et sans perte serait plus logique ? (il suffit de diviser la quantité actuelle par 10). Il faut savoir que les présentations actuelles répondent à des normes de l’OMS qui sont parfaitement adaptées à un pays comme l’Ethiopie (…) et qu’en proposant des sachets à dissoudre dans 100 ml d’eau on ne va rien inventer car cela existe déjà en France.

Reste que personne ne prend l’initiative car le prix étant très faible, les marges des industriels en valeur absolue sont trop maigres pour les motivés à s'y intéresser. Néanmoins, il est de la responsabilité collective des officinaux de demander une telle présentation, quitte à faire du bon lobbying auprès du ministère de la santé. Imaginez (on rêve …) qu’un représentant de notre profession interpelle publiquement le ministre à ce sujet, l’impact que cela pourrait avoir sur l’image de marque du pharmacien est énorme, puisque son positionnement sera étiqueté pro-citoyen.

A noter que pour faire des propositions constructives on n’a pas besoin d’être forcément un as de la pharmacologie, le plus souvent, tout ce dont on a besoin c’est de bon sens et d’honnêteté intellectuelle.

       3- La pharmacovigilance :

           La pharmacovigilance est pour nous un terme générique, on devrait parler « des pharmacovigilances ». En officine la collecte des effets secondaires ne peut en aucun cas se faire sur le même schéma que dans un environnement hospitalier (c’est absurde). C’est pour cela qu’il est capital de développer notre propre réseau (en collaboration avec l’organisme national) avec un interrogatoire spécifique.

Avant d’arriver au centre de pharmacovigilance, les données collectées devront passer d’abord entre les mains de nos propres structures professionnelles qui vont les analyser afin de mettre en valeur au niveau médiatique le travail des officinaux, cette médiatisation aura un double avantage : d’une part valoriser le travail de l’officinal et partant, motiver ce dernier pour faire plus de déclarations.

 

      L’ensemble de ces dispositions tendrait à mettre en place un cercle vertueux, avec un travail officinal valorisé et un pharmacien qui se réconciliera avec les bases de son métier car on lui aura apporté de vraies raisons d’apprendre et de progresser dans son propre domaine. La caisse du pharmacien ne serait plus pointée du doigt vu qu’il apportera à la société une plus-value indéniable.     

Mais il est temps de se réveiller car tout cela, en réalité, n’est qu’un rêve … le rêve d’une profession qui n’existe pas et qui, vraisemblablement, n’existera jamais au vu de l’état lamentable des officinaux tant au niveau financier, qu’intellectuel, que scientifique. Un certain Albert Einstein disait « Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue.», cette phrase devient terrible lorsqu’elle s’applique à ce qui devrait être l’élite du pays.       

Avec l’aimable collaboration de Dr Mouna

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 19:41

Meilleurs vœux pour 2012

BONNE-ANNEE-2012-01.jpg

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 21:43

  

 

En cours de travaux copie 

Prochainement sur PHARAMSTER

       - Lecture officinale : DROSPIRÉNONE (JASMINE®, YASMIN®, YAZ®) ET RISQUES DE TRHOMBOSE VEINEUSES, sur la base de deux études publiées dans le numéro du mois d’avril 2011 du British Medical Journal (BMJ). Au vu de la complexité du sujet, cet article passionnant nécessitera un peu plus de temps pour être affiné.       

- Lecture officinale : LE JEÛNE EN QUESTION, sur la base d’une opinion plus ou moins controversée publiée dans la revue Pour la Science (version française Scientific American) de ce mois de juin 2011.

- Cas d’officine ordonnance : association d’AINS sur proposition de Dr Mouna

- Cas d’officine ordonnance : association d’antihistaminiques

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 16:54

10-12-31-Bonne-annee-2011.jpg

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 20:44

Prochainement    sur   PHARHAMSTER

Clavier.jpg 

      - Dans rubrique médicament : suite à la mise sur le marché marocain d'une 4e copie de LOSARTAN, on vous présentera une synthèse sur cette molécule, avec les traditionnelles filiations chimique et pharmacologique

      - Dans la rubrique lecture officinale : Lecture d’un article paru la revue Pour la Science de juin 2010 au sujet des boissons énergisantes par M NAASSILA directeur de recherche d’unité sur l’alcool & pharmacodépendance de l’Université de Picardie Jules Verne.

      - Dans la rubrique chiffre & repères : Les chiffres du bac marocain. Une caricature suivit d’un commentaire 

      - Dans la rubrique escapade : Un dessin absolument génial paru dans revue prescrire, dôle et terriblement intelligent, à ne surtout pas rater.

Dans la foulée une nouvelle publicité pour le préservatif faite maison, avec des personnages haut en couleur, le texte est déjà rédigé, l’iconographie est en cours ...

PHARHAMSTER est le fruit d’un effort strictement personnel, et à part vous, il n’a ni correcteur attitré ni comité de lecture.

Nos articles sont rédigés de bonne foi, sauf erreur de notre part. L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. En-cours-de-travaux-copie.jpg

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 17:28

Une nouvelle attaque en perspective
contre les intérêts matériels des officinaux


Source le Soir Echo n° 324 du 26/05/2009 page 14


       Il ne se passe jamais une année sans que l’on remette en question la marge de l’officinal, cette fois-ci c’est le directeur des médicaments au ministère de la santé qui annonce qu’une étude est en cours concernant les déterminants des médicaments.
Des sources bien informées annoncent que ce projet comte réduire la marge des officinaux via l’application de « marges dégressives ».


L’avis du pharmacien :

   Les données de base à savoir :  

- La marge brute de l’officinal est 30 %, la marge nette (toutes charges et pertes comprises) varie en fonction de sa bonne gestion entre 8 à 10 %
- Le secteur de l’officine a été l’un des plus grands contributeurs via les divers impôts dans les finances de l’état après les salariés et ce durant des années.
- Récemment la FNSPM*  a alerter sur le fait que 30 % des officines ont fait faillite, cette situation résulte selon la fédération entre autre aux circuits parallèles qui pullulent et qui s’accaparent 30 % du chiffre d’affaire des pharmaciens.
- Le médicament ne represente que 10 % des dépenses de santé au Maroc**.

                                                * Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc 
                                               ** A. Chaouki, Doctinews, page 24, n°12, Juin 2009

  A propos de cette nouvelle attaque :
      S’attaquer à la rémunération de milliers de pharmaciens pour réduire le prix des médicaments est l’une des solutions les plus facile et pour cause : 
      - Pour beaucoup de nos élites le service rendu du pharmacien pour le système de santé n’est pas en adéquation avec sa rémunération. Cette réflexion est normale vu le manque de visibilité au sujet du rôle réel du pharmacien. (Cliquer pour lire le texte intégral)

      - Les instances représentatives (syndicats et conseil de l’ordre) des pharmaciens sont minées par la lutte des clans et les intérêts personnels voir des enjeux politiques qui sont complètement extérieurs aux préoccupations des pharmaciens de base. 
      - La pratique officinale est entachée par divers dérapages échappant à tout contrôle dont une bonne partie incombe aux officinaux eux-mêmes. Réduire la marge de l’officinal c’est hypothéquer sérieusement l’avenir des pharmaciens honnêtes et privilégier l’amplification des dérapages actuels fruits de l’irresponsabilité d’un certains nombre de mes confrères.


       Pharmacien d’officine est devenu un métier ingrat, et surtout un métier précaire facilement attaquable par n’importe quel gouvernement et n’importe quelle instance. Cette précarité est une donnée capitale, en cela je pense à tout ceux de mes confrères qui ont des crédits : crédit auto, crédits immobilier, crédit à la consommation. L’enfer n’est pas ci loin que cela de nous, dans la mesure où il y a un manque visibilité dans le future, évitons toute situation de surendettement     

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 11:14

La déclaration de la TVA & incidence sur la marge du pharmacien

 

Habituellement les sujets sur la fiscalité, la comptabilité, comme vous l’avez certainement compris, ne font pas parties des grandes priorités de PHARHAMSTER  pour la simple raison qu’on les retrouves suffisamment traités dans divers revues pharmaceutiques ou non pharmaceutiques. 

Cependant la question de la TVA et son incidence sur la marge du pharmacien mérite qu’on s’y attarde d’autant plus que si cette année elle ne touche que les pharmaciens ayant dépassés le seuil de 2 M de DH l’année prochaine ce seuil sera abaissé à 1 M de DH ce qui aura pour effet de toucher un très grand nombre d’officinaux. Dans cette perspective PHARHAMSTER vous propose un article paru dans la revue DOCTINEWS sous forme de débat avec en rouges les avis inquiets et en bleu ceux plus sereins Ci-après le texte intégral   

 
Référence : Revue Doctinews - N°8 - Février 2009 pages 34-36

 

          Ce pharmacien de la métropole a bien ses raisons. Selon lui : « la nouvelle loi de Finances 2009 ne leur fait pas de cadeaux. La TVA aurait des incidences sur la marge du pharmacien et sur son bénéfice ».

Une vision non partagée par Mohamed Bennouna, expert-comptable qui exerce pour le compte de plusieurs centaines de pharmaciens. D’après l’homme des chiffres, « rien n’est à craindre ! »

          Et c’est parti ! L’année 2009 est certes une année de débat sur la TVA pour les pharmaciens. Ces derniers, dont le manque de connaissance sur le sujet, restent à la merci des différentes opinions qui circulent sur les médias depuis l’homologation de la nouvelle loi de Finances 2009.

Cette dernière, dans son article 91-I-B, abrogé récemment et qui exonérait les pharmaciens de la déclaration de la TVA, stipule : « certaines opérations sont devenues désormais imposables ». Il s’agit, selon l’article 89, « des ventes en l’état réalisées par les commerçants grossistes et les pharmaciens dépassant les 2 millions de dirhams de chiffre d’affaires par an ».


« Une réforme financière qui risque d’être fatale pour les professionnels du secteur », crient la majorité des participants à la journée du Conseil régional des pharmaciens d’officines du Sud, notamment ceux dont le chiffre d’affaires annuel dépasse le seuil indiqué. La récente réforme fiscale a eu l’effet d’une bombe pour la quasi-totalité des professionnels qui croient que la TVA sur certains produits leur fait perdre des points sur leur marge. En prime : « Nonobstant toutes dispositions législatives et réglementaires contraires, le prix public de vente des médicaments continue d’être réglementé par l’administration », déplore M.Belghazi. Ceci dit, contrairement à la définition de la TVA, « l’Etat veut faire payer la TVA par le collecteur et non le consommateur ».

 

             M.Belghazi et ses confrères avaient peut-être bien raison d’être inquiets, mais pas à tel point d’en faire un drame, surtout que les experts en la matière des finances ne prêtent aucune importance à la déclaration de la TVA. Pour eux, « tout est à la norme et rien ne change sauf que l’Etat décide de récupérer sa TVA auprès des pharmaciens ». En revanche, notre comptable chevronné semble se féliciter de la «nouvelle» qu’il qualifie d’importante. Selon M. Bennouna: « en déclarant la TVA, la marge du pharmacien est intacte. En plus, c’est bénéfique pour le pharmacien ». Comment?


La réponse n’est si simple qu’aux yeux de l’expert. Un petit calcul mental suffit pour s’en apercevoir.
Il explique : « pour un médicament au PPM de 100 dirhams, la marge du pharmacien reste la même. Ainsi, à titre d’exemple, la différence entre le prix d’achat hors taxe d’un médicament déclaré à 7% (PPH HT = 65,10 dhs) et son prix de vente hors taxe (PPM HT = 93,46 dhs) est de 28,36 dirhams. Un chiffre qui représente 30% de marge ».

La formule ? M.Bennouna nous livre ses arguments en chiffres. Calculons ! [Différence (28.36dh) / PPM HT (93,46dh) = 0.30; soit 30% de marge].

TYPE DE PRODUITS

PPM

PPM HT

PPH

PPH HT

MARGE

MARGE EN %

MEDICAMENTS à TVA 7 %

100.00

93.46

70.00

65.10

28.36

30 %

MEDICAMENTS à TVA 20 %

100.00

83.33

70.00

58.33

25.00

30 %


         REMARQUE PHARHAMSTER : si on comprends bien, l’officinal devrais payer alors les médicaments HT au grossisste. Càd  65,10 DH au lieu de 70,00 DH actuellement pour un PPM de 100,00 DH ?   


D’où, notre expert nous démontre que rien ne change au niveau de la marge du pharmacien par type de produits. Idem pour les médicaments déclarés à 20% et même les produits diététiques et paramédicaux. Pour ce qui est du bénéfice annuel réalisé, l’expert comptable nous invite à nous soulager : « encore une fois, rien à craindre ». Paraît-il, il est décidé à nous étonner davantage. D’après lui, « la TVA a toujours existé sur les produits, sauf qu’à partir de maintenant, les pharmaciens sont sollicités à la collecter, la déclarer et à la remettre à l’Etat.» Un acte citoyen à encourager, sachant que : « en déclarant la TVA, les officines la récupèrent de façon indirect sur la déductions de toutes les TVA qu’on leur facture ».


Dans ce contexte, la déduction de la TVA qui prend naissance le mois qui suit le paiement intégral des factures des fournisseurs, s’effectue sur :
« les achats de marchandises, les immobilisations à l’exception des voitures de tourisme et à la condition de les conserver pendant 5 ans et sur les frais généraux hors les frais de voitures, les cadeaux, dons et libéralités et sur les frais de mission, de réception ou de représentation».
En ce qui concerne le règlement en espèce la loi dit : « les achats, travaux ou services, la déduction n’a lieu qu’à partir de 50% du montant de toute opération supérieure à 10.000 dirhams, dont le règlement n’est justifié ni par chèque barré non endossable, ni par effet de commerce, ni par virement bancaire ou moyen magnétique.», promulgue le même article qui stipule, également, que « l’activité du Pharmacien comprend l’achat et la vente de produits taxables et des produits exonérés et en vertu de l’article 104, le montant de la TVA déductible est effectué d’un prorata de déduction ».

A vrai dire, « rien n’a changé. Il n’existe aucune incidence ni sur la marge ni sur le bénéfice du pharmacien».

 

Les dessous de la nouvelle réforme fiscale

           Affrontés à cette réalité, les pharmaciens doivent prendre conseil auprès des experts. Et pour accompagner ces changements dans la gestion de l’officine et qui effectivement donnent aux pharmaciens un surplus de travail, il existe sur le marché des logiciels très pointus capable de transformer leur casse-tête en un jeu d’enfant.

Ces outils leur permettent de réaliser leurs déclarations en un clic. Aujourd’hui, « les officines sont contraintes d’établir des lettres d’options pour le régime des débits, l’inventaire des stocks par taux de TVA afin de la récupérer selon les marges prédéfinies par les articles réformés et surtout ajuster la liste des clients débiteurs au 31 décembre 2008 et les convertir en stocks suivant les familles tarifaires et par taux de la TVA ». Et pour les obligations de 2009? « Les officines doivent fournir aux autorités compétentes, en prime de la déclaration normale du 4ème trimestre 2008 avant fin janvier de l’année en cours, les dépôts de l’inventaire du fisc par taux de la TVA et de la balance des clients débiteurs avec paiement de la TVA correspondante en cas d’option », poursuit M. Bennouna.

Toute une paperasse, délicate à réaliser au cours du premier mois de la nouvelle année

 

Les nouvelles obligations

Avant le 30 janvier :

• Déclaration d’existence pour les nouveaux assujettis (inutile si vous payez pour la para)

• Déposer le stock au 31/12/2008 (exonération ou crédit d’impôt?)

• Déposer la liste des crédits clients non perçus

Entre le 1er et 30 avril :

• Acquitter la TVA du 1er trimestre

 

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 20:03

Préambule

Pharamster est un blog qui se veut être indépendant, avec comme axes de réflexion

    - Des analyses  critiques des médicaments et des thérapeutiques d'un point de vu officinal

    - Des sujets d’ordre général relevant de la santé 
          
De façon générale pharamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi.
Et face à toute erreur ou oubli, éventuels, pharamster reste ouvert à toute critique ou rectification dans l’intérêt de tous. D'ailleurs nous considérons que ce n’est qu’à travers les échanges d’arguments que l’on arrive à s’approcher de la vérité   

Merci pour votre visite     

Début 01 / 11 / 2008

Les rédacteurs de PHARAMSTER déclinent toute responsabilité quant à un éventuel mésusage des informations de ce blog.
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