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PHARAMSTER Un regard officinal indépendant sur les médicaments

Les pharmaciens québécois réalisent par leur travail une économie de 500 millions de dollars par année pour le système de santé canadien

19 Septembre 2018 , Rédigé par Amster

Les pharmaciens québécois réalisent par leur travail
une économie de 500 millions de dollars pour le système de santé canadien

 

 

        Dans sa lettre hebdomadaire n°456 du 17/09/2018, le site pharmacie.ma nous apprend que :

             - « D’après une étude commandée par l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) qui a été à l’origine du rapport «Fréquence, nature et effets des conseils prodigués par les pharmaciens communautaires au Québec», le pharmacien d’officine permet une économie de 500 millions de dollars au système de santé au Québec. »

             - « Dans 77% des cas, la consultation du pharmacien au comptoir évite au patient de recourir à un autre professionnel de santé, à raison de treize consultations par jour en moyenne »

             - « 89% des patients estiment que le recours au pharmacien a permis de réduire leur anxiété et leurs problèmes de santé ont été rapidement résolus et 26% des patients ont même déclaré que l’intervention du pharmacien leur a permis d’éviter un arrêt de travail. »
 

       Le site de Radio Canada précise à ce sujet dans un article du 12 septembre 2018 :

             - «  L'enquête révèle que dans 77 % des cas, les conseils donnés par les pharmaciens ont évité l'utilisation d'au moins une autre ressource du système de santé. »

             - « Ces résultats indiquent que les pharmaciens communautaires sont bien outillés pour gérer la grande majorité des consultations initiées par les patients et qu'ils pourraient participer de manière plus systématique au triage en première ligne étant donné, d'une part, leurs compétences et, d'autre part, leur grande disponibilité »

            - « De plus, 26 % des patients qui ont consulté leur pharmacien ont évité de s'absenter du travail et 93 % des usagers ont fait part de leur satisfaction des services reçus. »

Source : Les consultations en pharmacie représenteraient 500 millions de dollars

 

L’avis du pharmacien ... marocain :

Vu du Maroc … c’est Alice au pays des merveilles. Plus sérieusement, les éléments didactiques clefs de cette étude qu’il faut souligner sont les suivants : 

  • - Les pharmaciens québécois sont bien outillés pour gérer la grande majorité des consultations initiées par les patients.
  • - Ils participent de manière quasi systématique au triage en première ligne étant donné, d'une part, leurs compétences et, d'autre part, leur grande disponibilité 
  • - Les pharmaciens québécois font des consultations officinales. Oui on parle bien ici de consultation, et non de menus conseils « cosmétiques » qu’on prodigue. On parle aussi de triage de proximité, c’est un rôle d’orientation et d’aiguillage du patient.   
  • - Les consultations officinales des pharmaciens québécois n’ont pas mis au « chômage » les médecins québécois. Au contraire cela permet d’éviter la redondance des demandes auprès des structures sanitaires, ce qui permet à ces dernières de se recentrer sur l’essentiel.
  • - A ne pas douter que depuis l’entrée en vigueur au Québec de la Loi 41, le rôle du pharmacien a été complètement redéfini. C’est presque un autre métier, où la délivrance du médicament n’est qu’un outil et non une finalité, au service du patient.

 

Le Maroc, depuis longtemps,  suit de manière aveugle et surtout maladroite le système français qui est complètement inadapté à la réalité marocaine. Et on se rend compte, de plus, que ce système est rigide et dispendieux à la foi.

L’expérience officinale québécoise, doit nous permettre de repenser le métier d’officinal au Maroc. Toutefois certains impératifs doivent être respectés, et ce n’est pas gagné (loin de là … !) :

  • - Outiller l’officinal en terme de formation et de cadre législatif. Or la formation est dominée par les laboratoires pharmaceutiques et naturellement elle se trouve orientée vers leurs propres intérêts. Le cadre législatif lui, au vu de la médiocrité de nos élus et de la gabegie de notre administration, évolue de manière maladroite et à la vitesse d’un gastéropode.
  • - Toute évolution réussie implique impérativement l’adhésion massive des intervenants, ici les officinaux. Or … vu l’attitude et le comportement bassement mercantile et fortement individualiste des officinaux chez nous, les notions de  « santé publique » de « bienêtre  commun » de « développement intégré » ou encore de « progrès collectif » sont surréalistes pour le commun de nos officinaux

En absence de ces impératifs, on peut au moins espérer, car l’espoir fait vivre …, une hypothétique prise de conscience. Cette dernière reste fort improbable au vu l’état lamentable de la société marocaine actuelle, caractérisée d’une part par la surenchère de rituels anachroniques et d’autres par l’absence de valeurs. Cela fait de notre société un exemple d’hypocrisie humaine. Difficile dans ce cas de faire adhérer l’officinal à un quelconque projet de développement sociétal.            

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