HUILE ESSENTIELLE OU ESSENCE ?
Huile essentielle ou Essence
le sens des mots
Novembre 2007 mise à jour novembre 2008
Les termes « huiles essentielles » et « essences » sont deux termes souvent utilisés imprudemment et indifféremment l’un à la place de l’autre, sans réelle maîtrise de leur sens exact. Le flou législatif actuel aidant leur utilisation prête souvent à confusion.
Selon le DORVAULT [4] le terme « essence » ne doit plus être utilisés et il donne à l’huile essentielle (HE) la description suivante : une huile essentielle est un produit volatile et aromatique que l’on retire des végétaux et qui passent à la distillation avec l’eau, ou que l’on peu retirer par expression.
Trois types d’huiles essentielles (HE):
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HE hydrocarburées : HE térébenthine de citron ce sont les plus nombreuses |
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HE oxygénées : HE de rose de menthe et HE solide |
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HE Sulfurées : HE crucifères et liliacées |
Toutes les huiles essentielles sont âcres, très inflammables, très odorantes, solubles dans l’alcool l’éther les huiles et insolubles dans l’eau même si elles lui communiquent leurs odeurs (hydrolat)
Cependant dans un article de la revue prescrire [3], cette revue propose les descriptions suivantes :
- Pour le terme «huile essentielle » :
Une "huile essentielle" est un produit de composition complexe renfermant les principes volatils contenus dans les végétaux (on parle de huile volatile). Plus précisément, une "huile essentielle" est un produit obtenu à partir d'une matière première végétale,
- soit par entraînement à la vapeur. L'entraînement à la vapeur (ou hydrodistillation simple) consiste à immerger la plante dans un alambic rempli d'eau qui est ensuite portée à ébullition. Les vapeurs sont condensées, et l'huile essentielle est séparée par différence de densité.
- soit par des procédés
mécaniques comme pour l'épicarpe des
Citrus.
Les Citrus (oranges douce et amère, citron, mandarine, bergamote, etc.) sont recouverts d'une "peau"
épaisse (le "zeste "). La partie externe de cette "peau" (l'épicarpe) est parsemée de nombreuses glandes translucides qui renferment l'huile essentielle. Industriellement, divers procédés
permettent de dilacérer les zestes et de récupérer l'huile essentielle (par exemple par centrifugation).
L'huile essentielle est séparée de la phase aqueuse par des procédés physiques n'entraînant pas de changement significatif de sa composition. Une "huile essentielle" est donc définie par son procédé d'obtention.
- Pour le terme «essence » :
Les essences ou "essences concrètes" appelées aussi "concrètes", elles, sont obtenues à partir d'une matière première fraîche d'origine végétale, par extraction au moyen d'un solvant non aqueux, suivie de l'élimination de ce solvant par un procédé physique.
Cela signifie que tous les produits commerciaux "volatils" des végétaux ne sont pas forcement des huiles essentielles. Le plus souvent, ce sont des "essences". Ces "essences" ont une odeur caractéristique.
Selon le même article, pour une même plante, "huile essentielle" et "essence" ont généralement une composition chimique différente : les solvants utilisés ont des sélectivités variables, et l'entraînement à la vapeur d'eau est souvent l'occasion de réarrangements moléculaires.
Dans ce cadre on pourrait proposer au législateur marocain, en tant que pharmacien officinal (via syndicat ou ordre) qui interagie avec son environnement professionnel (hélas, en réalité, on en est très loin de cet état d’esprit), de n’avoir comme appellations légales au Maroc que 2 appellations :
Soit : Huile
Essentielle de - - - -
Soit : Essence de - - - - - obtenu par le solvant - --
Les compositions étant différentes, les qualités olfactives et les éventuelles propriétés pharmacologiques ne sont pas les mêmes. La
spécification pour les « essences » du solvant utilisé dans l’appellation légale apportera une plus grande transparence quant aux spécificités du produit
fini.
En plus de ces différences de composition, rappelons que les espèces végétales à huiles essentielles, comme pour la plus part des produits d’origine végétale, présentent fréquemment des variabilités de chimio-types*. Ajoutons à cela l'incidence forte, sur la composition en produits volatils, de l'origine géographique, des pratiques culturales et de la saison de récolte. Sans oublier les problèmes de conservation que posent ces mélanges dont beaucoup de constituants sont labiles et oxydables.
Toutes ces données associées à des données pharmacologiques sérieuses devraient inciter à une utilisation rationnelle autant des appellations utilisées que des produits eux-mêmes
TABLEAU RECAPITULATIF
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Appellations |
Huiles essentielles |
Essences, Essences concrètes ou Concrètes |
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Obtention |
- Soit par entraînement à la vapeur - Soit par procédés mécaniques |
Extraction par un solvant non aqueux puis élimination de ce dernier par des procédés physiques |
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Effet sur le produit obtenu |
- Pas de changement significatif de sa composition - Possibilité de réarrangements moléculaires du à l'entraînement à la vapeur d'eau |
Sélectivité variable des solvants par rapports aux principes volatiles impliquant une variabilité du produit fini en fonction du solvant utilisé. Proposition : on devrait dire « Essence du végétal x obtenu par le solvant y » |
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Variabilité |
chimio-types, l'origine géographique, les pratiques culturales et la saison de récolte |
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* Plantes morphologiquement identiques mais chimiquement différentes
Réf :
1- Prescrire Rédaction "Plantes médicinales. Préciser la partie de la plante utilisée" Rev Prescrire 2006 ; 26 (272) : 379.
2- Prescrire Rédaction "Plantes médicinales. Une composition très variable" Rev Prescrire 2006 ; 26 (273) : 453.
3- Prescrire rédaction "Huile essentielle ? Essence ? Attention au sens des mots" Rev Prescrire 2007 ; 27 (280) :130
4- Dorvault "L’officinal". 23ème édition 1995