Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 19:28

LECTURE OFFICINALE

Immunoglobuline ANTI-D

 

                **************************************************************************************************************

Titre      : « Diagnostique anténatal du groupe rhésus du fœtus à partir du sang maternel »

Auteurs :   SALOUA ACHARGUI, NOUFISSA BENCHEMSI

Revue   :   Espérance Médicale. Octobre 2008. Tome 15. N°151

                 **************************************************************************************************************

    
 On vend souvent le fameux ANTI-D Immunoglobuline, et on s’en rappel généralement pour 2 choses :
   

 

                  D’une part pour le prix qui est de 755,35 DH et qui à lui seul est l’équivalent de 2 bonnes ordonnances moyennes

                  Et d’autre part, et manque de bol, il est souvent en rupture de stock (grrrrrrrrrr)

 

Mais à quoi sert d’abord l’ANTI-D ?

Rien que par respect à son prix il mérite qu’on y jette quand même un petit coup d’œil :

 

En effet, et on y va doucement, ce sont des immunoglobulines qui sont extraites du sang de femmes Rhésus (Rh) négatives immunisées vis-à-vis de l’antigène Rhésus D présent à la surface des globules rouges du fœtus Rhésus positif.

 

Autrement dit on a pris une femme RH (-) qui a eu, en principe, un enfant RH (+), et du sang de cette femme on extrait des immunoglobulines qui se lient aux cellules Rh positives fœtales présentes dans la circulation maternelle. Cela prévient l'activation des lymphocytes B et la formation de cellules mémoire, et donc l'immunisation.
    

Ces immunoglobulines (le fameux ANTI-D à 755,35 DH ) sont donc utilisées pour prévenir la formation d'anticorps (l’immunisation) anti-Rh chez des femmes Rh négatives ayant donné naissance à un enfant Rh positif ou après une fausse couche ou encore après un avortement (sauf si le père est également Rh négatif).

 

L’objectif étant de prévenir la  maladie hémolytique du nouveau-né qui sévie dans des couples ou la mère est RH (-) et le père est RH (+) (c’est à se demander, en passant, s’il faut choisir sa future femme pour ses proportions harmonieuses ou pour son profile rhésus, mais bon l’amour a ses raisons que visiblement la raison ne connaît pas) 

L'injection doit être effectuée le plus tôt possible, dans les 72 heures après l'accouchement ou l'avortement

 

Réf  Internet

http://www.cbip.be/ggr/index.cfm?ggrWelk=/GGR/MPG/MPG_IABD.cfm Octobre 2008  

 

Dans l’article publier dans l’Espérance médicale, les auteurs rapportent ce qui suit :

 

*       L’allo-immunisation Rhésus D reste la principale cause d’anémie hémolytique du nouveau-né

*       Le risque d’immunisation est de 20 % après une seconde grossesse incompatible (Mère Rh-, Père Rh+, Nourrisson Rh+) 

*       Une prévention anténatale (avant l’accouchement) au 3ème trimestre réduit ce risque à 0,2 %, prévention qui est adoptée par la plus part des pays industrialisés.

*       Au Maroc selon une autre étude du centre régionale de transfusion sanguine de Rabat :       

 

Sur 5000 femmes enceintes

100 %

800 sont Rh D négatif

16 %

Sur ces 800 femmes 76 sont immunisées

Donc susceptibles de développer une maladie hémolytique chez leurs nourrissons  

Soit 9,5 %

 

*       Une autre étude marocaine (étalée entre 1999 et 2006, donc sur 7 années) a montré que le nombre de MHNN càd maladie hémolytique néonatale est en augmentation pour les raisons suivantes :

      Manque de suivi médical des grossesses en générale

      Manque de groupage ABO et Rhésus (vu son prix, entre nous c’est une honte)

                    Indisponibilité fréquente de l’ANTI-D (et là ce sont encore une fois des médecins qui en parlent, les pharmaciens eux se comportent comme d’habitude comme des vendeurs )

       Le non respect du délai maximum d’injection de 72 heurs après l’accouchement et de l’inadéquation de doses administrées

 

L’objet du travail des auteurs BENCHEMSI et ACHARGUI, est en fait la mise en place du génotypage Rhésus D dans le plasma maternel pratiqué entre la 10ème et la 40ème semaine d’aménorrhée, ce qui permet de mettre en évidence le groupe sanguin Rhésus du fœtus sans toucher ni le fœtus ni le liquide amniotique

Autrement dit : chez une femme Rh D négatif enceinte d’un homme Rh D positif, on va déterminer plusieurs mois avant la date de l’accouchement le groupe sanguin Rhésus du fœtus qui

*       s’il se révèle positif permettra une prise en charge précoce et appropriée de l’incompatibilité fœto-maternelle en cours

*       et s’il se révèle Rhésus D négatif évitera des injections inutiles d’ANTI-D qui reste un produit dérivé du sang (…) coûteux et souvent non disponible       

 

Ce test dans le plasma maternel est devenu possible grâce à la mise en évidence en 1997 d’un ADN fœtal libre et en quantité suffisante pour déterminer d’une manière non invasive et précoce le groupe rhésus du fœtus (c’est pas mal n’est ce pas). En effet, dés le 2ème trimestre il représente déjà 3,4 % de l’ADN plasmatique présente dans le sang maternel, il va finir par disparaître rapidement après l’accouchement.                    

 

En conclusion cet article milite pour la mise en place de ce test (génotypage Rhésus D dans le plasma maternel), d’autant plus que les résultats des tests réalisés par les auteurs ont été confirmés à 97,8 % après la naissance des bébés.

Octobre 2008-10-24   

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche