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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 14:00


Traduction :
PULMO-FLUIDE un sirop antitussif à base de codéine, un des produits phares de l’automédication au Maroc.
Ici, c'est un véritable croisement entre le liquide pour vaisselle PALMOLIVE et le médicament PULMO-FLUIDE. Mais après tout rien ne ressemble à un « u » qu’un « a » 

On peut facilement imaginer que c’est un croisement entre une liste pour l’épicier du coin et une liste pour l’apothicaire du coin. C’est d’autant plus normal au vu du comportement d’un bon nombre d’officinaux qui se contentent d’être des distributeurs délivreurs de médicaments sans aucun avis critique.      

Ah ! Il arrive des fois dans PharHamster qu’une perle en cache une autre et celle là, elle est à 100 % pharmaceutique, voyons ... 

 

PULMO-FLUIDE ADULTE

Composition pour 100 ml de sirop

TERPINE            

250 mg

Expectorant

EUCALYPTOL   

10 mg

Antiseptique pulmonaire

BENZOATE DE NA   

2000 mg

Antiseptique, Expectorant

GUAIFENESINE       

200 mg

Expectorant

CODEINE

48 mg

Antitussif, Analgésique, Sédatif

TEINTURE D’IPECA

1000 mg

Expectorant

 

1ère Remarque : 

C’est un mélange de produits à visée expectorantes et d’un antitussif, la codéine, cette formulation n’a plus de sens depuis des années et pour cause :
- Soit la toux est productive avec des expectorations et donc l’antitussif n’a pas lieu d’être.
- Soit la toux est sèche et on a besoin que de l’antitussif, l’expectorant alors n’a pas lieu d’être     

2ème Remarque : 

C’est à propos de la teinture d’ipéca, on peut lire texto dans le DORVAULT ce qui suit :
« cette teinture servait à préparer le sirop d’ipécacuanha employé surtout comme vomitif. Ce sirop d’ipéca préparé avec la teinture n’est plus légal (en France bien sur) depuis 1980. Le sirop d’ipéca doit maintenant être préparer avec l’extrait fluide d’ipéca » sic  DORVAULT 23ème édition (année 1995), pages 1754 et 1755. Là, on est plein dans l’Histoire, je vous laisse volontiers le commentaire …

En conclusion : 
                      Il s’agit d’un « fossile vivant » de la pharmacie des années 1970, qui vie encore dans nos rayons grâce à l’atonie intellectuelle légendaires des officinaux. La faute n’est pas vraiment à l’industriel qui ne trouve comme partenaire aucune force de proposition ou juste de réflexion, et qui comme tout investisseur travail en fonction de son environnement à savoir :

- Les lois en vigueur et leur applicabilité : chez nous c’est l’inadéquation complète qui frôle la schizophrénie.
- L’administration et sa mentalité : ah ! chez nous elle est légendaire, et ce sujet me fait toujours penser à un certain film Midnight Express …   
- Organisations professionnelles et leur niveau de compétence : chez nous c’est une hécatombe  
- Société civile et son degré de vigilance : elle bouge, elle bouge mais elle a tellement de chats à fouetter que le pauvre patient consommateur est laisser pour compte, pour le moment.        

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 13:03

BETADINE en gel cutané

Enfin disponible au Maroc

 

Présentation :

BETADINE gel cutané à 10 %   Tube de 30g

PPM      :     32.00 DH 

Laboratoire : LAPROPHAN sous licence MEDA

 

 

          



        L
a polyvinylpyrrolidone iodée (alias BETADINE VIATRIS ), est un vieux produit au rapport bénéfice risque largement positif, existe au Maroc sous forme solution depuis très longtemps, (on a eu même droit à des génériques alors que son prix est à la base déjà abordable : BETANET, POLYDIN, en plus d’une variante en poudre SEPTIL)
          La polyvinylpyrrolidone iodée existe aussi depuis quelques années sous forme de pansements médicamenteux (BETADINE Tulle 10 %). Mais la forme la plus intéressante, et qui aurait due être commercialisée en deuxième lieu après la forme solution c’est la forme gel cutané. Mais, comme d’habitude, les voies des seigneurs du marketing et du bisness sont impénétrables car elles mènent rarement d’abords aux besoins réels des patients.

 

L’avis du pharmacien : 

La polyvinylpyrrolidone iodée en gel cutané est un produit fondamental à notre avis en particulier sur le marché marocain pour les raisons suivantes : 

- C’est une excellente alternative au RIFODERM (lire RIFODERM / RIFASONE )                
- C’est une excellente alternative à l’auréomycine (une vielle tétracycline désuète)  
- La forme gel cutanée est plus intéressante que la forme solution classique dans certains cas, car elle permet un contacte prolongé des tissus avec l’iode en particulier sous pansement (mais attention au passage systémique en particulier chez l’enfant)
- C’est un excellent produit pour les plaies (penser aux circoncisions) et pour les brûlures superficielles peu étendues
- C’est un produit de conseil fondamental pour l’officinal mais aussi un bon atout pour le médecin  

Les limites la polyvinylpyrrolidone iodée : Le risque majeur c’est le passage systémique* de l’iode en particulier dans les situations suivantes :

- Le nouveau-né de moins d’un mois  
- En cas de pansement occlusif sur une surface large (penser aux couches chez les enfants)
- En cas d’applications répétées et / ou sur de larges surfaces notamment chez la femme enceinte (à partir de 2ème trimestre de grossesse) ou qui allaite.    

  * Pour les non professionnels de la santé : le passage systémique c’est tout simplement le passage dans le sang

 

Analyse transversale (ou horizontale)  :  

     - La polyvinylpyrrolidone : de la formule chimique aux diverses applications

            C’est le genre d’analyse qu’on adore à pharamster, car cela permet une lecture horizontale intégrant le plus souvent plusieurs produits avec une même molécule mais qui ont des utilisations complètement différentes (Cf. diméticone). On est là face à des molécules qui ont en plus des applications diversifiées parfois comme excipient, parfois comme principe actif.       

Lexique :

    - DCI                                      :   La povidone iodée
    - La dénomination scientifique  :   La polyvinylpyrrolidone iodée 

   - La dénomination commune    :   La polyvidone (on retrouve ce terme dans des articles)


   

C’est une très une très jolie formule :

- Basée sur la vinylpyrrolidone (vinyle c’est le radical  --CH==CH2, la pyrrolidone c’est le petit cycle azoté qu’on voit sur la formule)
- Cette  vinylpyrrolidone est polymérisée (entre 300 à 400 unités, représenté par le petit n dans la formule) et deviendra ainsi la polyvinylpyrrolidone : une poudre fine, blanche, inodore et sans saveur, facilement soluble dans l’eau et l’alcool  
- Sur cette polyvinylpyrrolidone on va incorporer l’iode représenté dans la formule présentée par les petits cercles rouges entre les cycles de pyrrolidones       

Ainsi préparée la polyvidone est un iodophore elle forme un complexe organique dans lequel l’iode est masqué en grande partie.

La solution de polyvidone iodée (BETADINE solution) est constituée d’une fraction ( 10 % ) d’iode libre dans la solution le reste d’iode étant sous forme complexée le tout constitue un équilibre qui entraîne la libération de l’iode au fur et à mesure de sa consommation         


       - Les utilisations de la polyvinylpyrrolidone :

Ce qui est intéressant avec la polyvinylpyrrolidone, c’est que c'est une molécule multiusage : si elle est utilisée dans la BETADINE comme « réservoir » d’iode,  on va la retrouvée ailleurs, dans un nombre impressionnant de cp, comme excipent (depuis le simple Doliprane CP jusqu’à des formes à libération prolongée, et au total on en a comptabilisé plus de 500 spécialité sur le VIDAL)
cf. A. LE HIR Abrégé de pharmacie galénique, page 78, Editions Masson 2001    

Comme principe actif on la retrouve dans :

             - Le BOLINAN : avec ses grands cp dispersibles, ce produit  n’est rien d’autre que de la polyvinylpyrrolidone 2 g par cp avec comme excipent du saccharinate de sodium, acide citrique monohydraté, silice colloïdale, amidon de riz, cellulose microscristalline et arôme abricot. 
 
C'est un excellent adsorbant, protecteur de la muqueuse digestive, sans effets secondaires ni de véritables contre-indications, qui en plus est radiotransparent.


Malheureusement, le BOLINAN n’est plus disponible dans nos officines depuis quelques années, et on ne sait pas pour quelle raison.

Quand il y a un hic dans la production d’un produit la plus part des fabricants préfèrent s’inscrire avec les abonnés absents, et ce sans réaction de la part des officinaux !         

           




             
- Le DULCILARME  en collyre : ce collyre joue le rôle de lubrifiant et de mouillant à la surface de l'œil et supplée temporairement à l'insuffisance de larmes. La povidone joue ici le rôle d’un réservoir à eau permettant hydratation prolongée de l’œil.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 17:16

Chiffres & Repères :
La grippe A H1N1 Vs les Accidents de la route au Maroc


Un tableau comparatif pharamster 

  

La grippe A H1N1

au Maroc [1]

Accidents de la route

au Maroc [2]

Jusqu’au 23/10/2009

Durant les 8 premiers mois de 2009

Nombre de morts : 0 

 

Nombre de morts : 2.250 morts

En augmentation de 4.77 % *

Nombre total de cas : 197 cas

Nombre de blessés : 67.060

En augmentation de 16.98 % *

- A l’échelle mondiale : le total des morts est estimé à 5 000.

- En 8 mois seulement, au Maroc nous avons perdu presque la moitié de ce chiffre sur nos routes, sans compter le nombre de blessés.    

Au total :

- 45.100 accidents de la circulation

- en augmentation de 16.61 %

- En moyenne : 11 à 13 morts par jour

 

* Par rapport à la moyenne enregistrée durant les 8 premiers mois des cinq dernières années de 2004 à 2008
[1] Source : Ministère de la santé in le journal Le Soir Echo, n°429, page 9, du 26/10/09
[2] Source : Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) in Journal l’économiste n° 3132 du 20/10/09

Post-scriptum du 15/01/2010
Selon le dernier communiqué en date du ministère de la santé (30/12/09) on eu
           - 2935 cas confirmés de grippe a H1N1
           - et 53 décès, à comparer avec les 3 946 morts des accidents de la route, comptabilisés pour toute l'année 2009*
Sources :  -   Le journal Le Soir Echos N° 486 du 15/01/2010
                 -* Le journal Le Soir Echos N°500 du 04/02/2010 

Lire à ce sujet :

                  GRIPPE A H1N1 & LA PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DU RISQUE SANITAIRE
                  LA VACCINATION CONTRE LA GRIPPE H1N1 AU MAROC

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 13:16
                                           J'ose espérer   



        




       J’
ose espérer que les officinaux puissent se départir de leur immobilisme légendaire de leur passivité intellectuelle au Maroc et malheureusement même en France. Se contentant, le plus souvent, de congrès futiles lieux de rencontres mondaines et de menus marchandages mercantiles.          

         J’ose espérer que le patient devient le cœur de métier de l’officinal. Et que ce patient puisse voir dans son pharmacien son conseillé son allier et sa sécurité, au lieu d’y voir, au mieux ,un simple distributeur de médicament et, au pire, une sangsue se gavant sur le dos de sa santé et des comptes de la sécurité sociale.

         J’ose espérer que l’industriel puisse voir dans l’officinal un véritable partenaire intellectuel, une force de proposition et un contrepoids positif (contrairement à l’avis de mes amis de la « revue prescrire »). Au lieu qu’il ne soit traité que comme un vulgaire détaillant / délivreur de remèdes sans aucun avis critique, ni même aucun avis tout court.

         J’ose espérer que le politique puisse reconnaître dans l’officinal non pas le crétin de service que tout un chacun attaque à sa guise - une fois c’est le patron d’une chaîne de supermarché, une autre fois c’est un intellectuel de gauche imaginant sauver la croissance sur le dos de ces apothicaires, ou encore au Maroc cette fois-ci le patron de la CNOPS qui voudrait équilibrer ses finances de la même sorte, ou encore il y a quelques mois un rapport interne au ministère de la santé publique qui voulait alléger les finances du pauvre citoyen …- non j’ose espérer que le politique puisse reconnaître dans l’officinal à travers ses instances représentatives un allier privilégié et un think tank à même d’intégrer les doléances légitimes du patient, les intérêts économiques vitaux et les objectifs de santé publique.

         J’ose espérer, j’ose espér…, j’ose esp…, j’ose es…, j’ose euh ! Face à l’état affligeant de médiocrité intellectuelle de ma profession j’ai du mal à retrouver le sens de certains mots, alors que nos maux sont eux réels, j’ose quand même ...

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 20:28

R H U F E N E

Pseudoéphédrine & Ibuprofène

 

 

Nom commercial : RHUFENE
DCI : [Pseudoéphédrine 30 mg & Ibuprofène 200 mg] par CP
Présentation : Boite de 20 CP
PPM : 23.00 DH

  

        Il s’agit d’une nouvelle spécialité siglée anti-rhume sans somnolence, autrement dit sans antihitaminique, sauf qu’on remplacé dans la formulation le paracétamol par un AINS l’ibuprofène.

        RHUFENE se place directement comme concurrent du DOLIRHUME [Pseudoéphédrine 50 mg & Parcétamol 500 mg, boite 16 CP, PPM 18.35 DH] et du RHUMAGRIP [Pseudoéphédrine 50 mg & Parcétamol 500 mg, boite 16 CP, PPM 17.00 DH].
        En fait, l’essentiel des principaux effets secondaires de cette catégorie de produits est dû, non pas au paracétamol ou à l’ibuprofène, mais à la présence de Pseudoéphédrine un puissant vasoconstricteur aux effets particulièrement marqués sur le système cardiovasculaire, comme on l’avait déjà expliqué dans un précédent article (cliquer sur le lien) : LES MEDICAMENTS ANTI-RHUME

Ces effets secondaires doivent interpeller tout prescripteur devant des patients développant ou susceptibles de développer des affections cardiovasculaires (hypertension, angine de poitrine, etc …)

 

Rappels sur la Pseudoéphedrine 

- C'est un vasoconstricteur sympathomimétique, comme la phenylephrine, mais contrairement à cette dernière elle agit de manière indirecte en libérant la noradrénaline des terminaisons nerveuses adrénergiques. [ http://www.biam2.org/www/Sub1443.html ]

- Retrouvée avec le même dosage unitaire de 50 mg dans Actifed et l'Ephedryl alors que dans Humex elle est à 60 mg.  
- Dans le Dolirhume, Rhumagrip et Rhufene elle est à 30 mg par cp.

- Elle possède les mêmes effets cardiovasculaires que la noradrénaline, moins marquées certes mais plus prolongées : hypertension artérielle

- Parmi les autres effets secondaires on a : tachycardie, palpitations, vertiges, tremblement, dysurie et faiblesse musculaire.  

- Contre-indiqué en cas de grossesse et de glaucome à angle fermé

- C'est un analeptique respiratoire par action bronchodilatatricre et stimulation des centres respiratoires bulbaires.

- La pseudoephedrine se caractérise aussi par des phénomènes de  tachyphylaxie*.  

- Dans les formulations « anti-rhume » on recherche surtout son effet vasoconstricteur. Mais cela, comme pour la phenylephrine, ne doit pas faire oublier au praticien ses autres effets.      

- A noter que c'est aussi une substance dopante chez les sportifs

 

* Phénomène de tolérance rapide de l'organisme vis-à-vis d'un médicament dont l'efficacité décroît au fur et à mesure des prises, obligeant à en augmenter les doses. Cf. Larousse Médical   

 

D i s c u s s i o n  :

En remplaçant le paracétamol par l’ibuprofène, on pourrait penser qu’on cherche à donner une activité anti-inflammatoire à cette spécialité, cependant :

- A 200 mg par CP l’ibuprofène n’a qu’un antalgique et antipyrétique son activité anti-inflammatoire ne débute qu’à partir de 400 mg par dose.

- Aux doses préconisées dans le RHUFENE c’est donc un antalgique et antipyrétique aux effets similaires à ceux du paracétamol, tout en conservant les effets secondaires gastriques des AINS.

En claire, on a remplacé une molécule par une autre aux effets bénéfiques similaires et aux effets secondaires accentués, la balance bénéfice / risque penche logiquement au profit des produits à base de paracétamol.

On peut se demander pourquoi le laboratoire n’a pas mis 400 mg d’ibuprofène par cp, la raison à notre avis est que cette spécialité est positionnée comme "médication familiale et de conseil", à 400 mg elle serait devenu d’abord un produit de prescription (donc un marché plus restreint)     

Q u e l q u e s  p i s t e s  d e   r é f l e x i o n   : 

       - Pour retrouver un effet anti-inflammatoire à cette spécialité, tout en conservant son positionnement, il aurait été plus astucieux de diviser la quantité de pseudoéphedrine par deux, et de proposer cette spécialité avec deux posologies, une à caractère «médication familiale » à la posologie de 1 cp X 3 par jour volontairement sous dosée en pseudoéphedrine, et l’autre à caractère anti-inflammatoire à 2 cp x 3 par jour visant d’abord la prescription.

       - Autre piste, au lieu de s’attaquer au marché du DOLURHUME et du RHUMAGRIP, il aurait été souhaitable de s’attaquer directement aux formulations contenant des antihistaminiques (ACTIFED, EPHEDRYL, RUPTON, Etc…) en proposant dans la formule un antihistaminique de nouvelle génération donnant moins de somnolence type loratadine, dont le prix a littéralement chuter ces derniers temps (CLARYTINE, CLARTEC, LORACTYNE Etc. … à retenir surtout ZIFAR pour son PPM de 15,00 DH).
Il est tout à fait possible d’imaginer une telle spécialité, sachant qu’il existe déjà une association Pseudoéphédrine 60 mg & Loratadine 05 mg dans le CLARYNASE, elle aura alors donc comme formule théorique par CP :

Pseudoéphédrine 50 mg, Parcétamol 500 mg & Loratadine 10 mg 

A noter que le prescripteur, lui est déjà possible d’utiliser cette association avec un coût raisonnable en prescrivant :

RHUMAGRIP  à la posologie de 1 CP x 3 par jour       PPM 17.00 DH

ZIFAR            à la posologie de  1 CP      le soir         PPM 15.00 DH

                                                                        Coût total 32.00 DH

Ce mode de prescription, donner ici à titre de réflexion théorique, a l’avantage de donner plus de flexibilité au prescripteur au niveau de la posologie et de la durée du traitement pour chaque molécule. En réduisant par exemple la durée de traitement avec le RHUMAGRIP au strict nécessaire (2 à 3 jours) tout en continuant la loratadine           

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 20:19



 Ah non, ce n’est pas une marque de skis marocaine qui vous aura permis de mater la glisse ! 
En fait il s’agit d’un antidiabétique oral générique du DIAMICRON (DCI gliclazide) : le GLYCEMAT dont les fabricants n’ont rien à voir avec la glisse, mais plutôt avec la glycémie qu’ils espèrent mater avec leur spécialité
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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 12:03

 

Source : OPALS – Maroc in Le Soir Echo n°425 page 09 du 20/10/09

 

3 034

Le nombre de personnes atteintes du Sida au Maroc,
depuis 1986 à fin juin de l'année en cours (2009)

 

40 %
des personnes atteintes sont des femmes

 

La tranche d'âge 30-39 ans est la plus touchée avec
un taux de 41 %.

 

 

Il s’agit là de l’entame d’une nouvelle rubrique courte, intitulée « Chiffres & Repères » dont l’objectif est de mettre en exergue des chiffres clefs réactualisés de la santé au Maroc.     

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 13:19

GYNOPHILUS Gélules intra vaginales

Utilisation & limites 

Nouvel emballage au Maroc :

Gynophilus-02.jpg

Gynophilus-03.jpg

Dernièrement on a découvert fortuitement à la suite d’une prescription qu’une "nouvelle" spécialité a été lancée sur le marché marocain le GYNOPHILUS, il s’agit de gélules à utilisation intra vaginale (comme un simple ovule) à base Latobacillus casei variété rhamnosus Döderlein en culture lyophilisée plus connu sous le nom simple de Bacille de Döderlein.  

Présentation :
Gynophilus, Boite de 14 gélules vaginales, non-inscrit à aucun tableau, classer avec la parapharmacie, PPM 69.00 DH

 

    Avant de donner l’avis du pharmacien, il fallait trouvé des informations fiables, ce n’était pas chose facile vu le nombre impressionnant de sites commerciaux qui pullulent sur la toile qui noient l’information pertinente.
Le GYNOPHILUS, pour faire en quelque sorte une extrapolation horizontale, c’est de l’ULTRA-LEVURE (saccharomyces boulardii) avec comme site d’action la paroi vaginale. L’objectif cette fois-ci c’est de restaurer l’équilibre de la flore vaginale, dont l’un des éléments les plus important est le bacille de Döderlein.
   
Globalement l’idée est séduisante, comme touts les concepts basés sur une lutte biologique, espérons que l’efficacité clinique suivra.
Mais avant cela un petit rappel (comme quoi même un produit tout simple nous permet de repréciser des informations fort utiles)        

Rappel : Bacille de Döderlein
 

Lexique à toute fin utile :

- Bacillo, bacille : du latin bacillus [bacille, bacillus], petit bâton. Nom donné à toutes les bactéries en bâtonnet.
- Döderlein : du Professeur chirurgien gynécologue allemand Albert Sigmund Gustav DÖDERLEIN (1860 - 1941) qui a découvert ces bacilles en 1892. 

 
Le vagin est un organe ouvert sur le milieu extérieur, mais aussi protégé des germes dangereux (pathogènes) par une flore commensale*. Ce sont des bacilles qui appartiennent au genre Lactobacillus et que l'on appelle les bacilles de Döderlein ou Lactobacillus casei variété rhamnosus de Döderlein, ou Lactobacillus acidophilus vaginalis. En temps normal, ces bacilles forment un véritable film protecteur à la surface de la muqueuse vaginale. Ils métabolisent le glycogène en produisant de l'acide lactique et du peroxyde d'hydrogène qui acidifient le milieu, empêchant ainsi le développement de nombreux autres germes indésirables. On a constaté que leur nombre devient beaucoup plus important quand le cycle est modifié, notamment pendant la puberté, la grossesse et la ménopause. Le développement des bacilles de Döderlein est sous la dépendance des œstrogènes.   
Source : http://georges.dolisi.free.fr/Terminologie/B/bacillo.htm

* Se dit d'une espèce qui vit au contact d'une autre en profitant des résidus de sa nourriture, mais sans la parasiter.

Les causes du déséquilibre de la flore vaginale

- prise récente d'antibiotiques,
- règles trop importantes,
- pratique de toilette trop agressive,
- utilisation répétée d'antimycosiques.
- utilisation de tampons périodiques (les tampons sont très peut utilisés dans notre région)
- déséquilibre idiopathique ou de cause inconnue


Les symptômes d’un déséquilibre de la flore vaginale

Ces signes ne sont pas du tout spécifiques au déséquilibre de la flore vaginale, ces signes peuvent faire parti aussi du tableau clinique d’une pathologie infectieuse (candidose vaginale, infection à chlamydia, vaginite à trichomonas vaginalis) à savoir :  Démangeaisons, mauvaises odeurs, écoulements plus importants, brûlures, inconfort périnéal, irritations.

L’avis du pharmacien à ce sujet : il est capital d’écarter l’éventualité d’une pathologie infectieuse ou hormonale en consultant un médecin avant de se dire qu’il s’agit d’un déséquilibre de la flore vaginale. Cette information qui pour nous est fondamentale (sauf erreur ou omission) n’est absolument pas précisée dans le prospectus du produit, et c’est d’autant plus grave que le GYNOPHILUS est un produit d’automédication et de conseil !

 

Etude d’efficacité du traitement "biologique" par le Bacille de Döderlein        
      
         Nous n’avons pas trouvé une pléthore d’études sérieuses à ce sujet, et pour cause ce traitement n’est pas catalogué par l’AFSSAPS et on ne le retrouve nulle part dans la revue prescrire ni dans les banques de données sérieuses.

         Toutefois on a fini par trouver une étude publiée dans le BJOG (An International Journal of Obstetrics and Gynaecology) intitulée : Rôle de Lactobacillus casei rhamnosus Lcr35 dans la restitution d’une flore vaginale normale après traitement d’une vaginose. Source bibliographique : Petricevic L, Witt A. BJOG, 2008 ; 115 : 1 369-74.
          Cette étude conclue que l’utilisation de Lactobacillus casei rhamnosus Lcr35 semble améliorer le pronostic des traitements de vaginose et diminuer le risque de récidives. En effet, les vaginites récidivantes sont parmi les plus fréquents motifs de consultation en gynécologie. Les agents responsables sont bactériens (vaginose à Gardnerella vaginalis, Mycoplasma hominis, Ureaplasma urealyticum, Prevotella spp, Peptostreptococcus spp, Mobiluncus spp), candidoses et trichomonases. Les traitements reconnus efficaces sont classiquement le métronidazole et la clindamycine. Cependant, leur efficacité à long terme tend à diminuer, du fait d’un déséquilibre de la flore vaginale normale.

L’avis du pharmacien à ce sujet : la lecture de cette étude tend à montrer l’efficacité de l’administration du Bacille de Döderlein comme traitement adjuvent dans les infections vaginales récidivantes, à notre avis cela apparaît fort logique.


L’avis du pharmacien au sujet du Gynophilus :

Globalement c’est un avis positif, avec quelques réserves :
    - Le prix de 69,00 DH (15 Euro en France) est trop cher pour une grande partie de notre population
    - Le déséquilibre de la flore vaginale n’est pas une pathologie en soit comme c’est suggérer dans le prospectus du produit, c’est en fait la conséquence d’autres situations (toilette intra vaginale et abus d’antibiotiques). On doit insister d’abord sur les causes avant d’entamer un quelconque traitement aussi bénin soit-il    
     - Ecarter l’éventualité d’une pathologie infectieuse ou hormonale en consultant d’abord un médecin. Cette information importante à notre avis, n’est pas mentionnée sur le prospectus.
     - C’est quand même un produit utile comme adjuvent des antibiothérapies agressives et prolongées dans la limite des moyens des patientes.
     - C’est un produit de conseil officinal intelligent si on est sûr de l’absence de pathologie infectieuse ou hormonale       

 

Lire aussi notre article daté du 31/01/2014 : ANALYSE CRITIQUE, GYNOFLOR EN QUESTION cliquer sur le lien

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 12:38

Journée mondiale du lavage de mains !

 

C’est malheureusement sérieux et pour cause notre source n’est autre que l’UNICEF http://www.unicef.fr/contenu/actualite-humanitaire-unicef/journee-mondiale-du-lavage-de-mains-2009-10-13

 

Ce jeudi 15 octobre, plus de 80 pays participeront à la journée mondiale du lavage des mains. On se devait de vous en parler, même si les commémorations ne sont pas une panacée à pharamster, car c’est en même temps badin et triste à la fois :

- badin : parce que le geste en lui-même paraît si naturel que en faire une journée mondiale est si étonnant pour beaucoup qu’on aurai pu l’insérer dans la rubrique escapade      

- triste : parce qu’à cause du non lavage des mains des millions d’êtres perdent leurs vie.

L’UNICEF rappel que : « Se laver les mains avec du savon et de l’eau est l’une des interventions les moins chères et les plus faciles pour éviter le décès de nombreux enfants de moins de 5 ans. Un moyen de réduire de plus de 40% les décès liées aux maladies diarrhéiques et de près de 25% les cas de maladies respiratoires aiguës »

Cette réalité triste fait partie malheureusement encore du quotidien du corps médical au Maroc. C’est un exemple flagrant du décalage, voire de faille astronomique, entre les moyens technologiques dont nous disposons actuellement et le niveau de développement humain de notre population. Par la même occasion cela pose le grand problème de la transmission de l’information et de l’adéquation de ces moyens à ce triste et honteux niveau de développement humain d’une partie qui est loin d’être négligeable de notre population.                 

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 21:23

Traitement des candidoses buccales

Spécificités du marché Marocain

 

        Il y a quelques années le traitement classique des candidoses buccales au Maroc était la Nystatine avec la spécialité Mycostatine sirop et son générique Mycopharm qui avaient toutes les deux un prix  accessible pour la population qui variait entre 20 à 30 DH.
        Malheureusement, la production de ces deux spécialités a été suspendue sans aucune explication de la part des laboratoires fabricants, comme d'habitude, laissant le corps médical avec des alternatives qui sont onéreuses voire compliquées à mettre en œuvre. 
(NB la spécialité Mycostatine reste disponible sur le marché marocain uniquement sous forme de Cp vaginaux)  

 

Les traitements actuellement disponibles aux Maroc des candidoses buccales chez l’enfant se limitent à 2 produits seulement le miconazole par voie orale (Daktarin Gel Buccal) et l’amphotéricine B (FUNGIZONE Suspension)


Analyse critique : 

 








Le miconazole Daktarin gel buccal :

Présentation : Tube 40 g avec cuillère-mesure.  PPM 79.30 DH

                 - Un produit efficace qui est handicapé par
                 - Le prix qui est relativement cher pour une affection relativement bénigne
                 - Les effets secondaires systémiques et les interactions médicamenteuses sont relativement importants.   




L’amphotérecine B : Fungisone 10 % en suspension :

Présentation : Flacon 40 ml  PPM 52.50
                  - Un produit intéressant
                  - Moins d’effets secondaires et d’interactions médicamenteuses que le miconazole 
                  - Moins cher que le Daktarin de 33 %


      Tel qu’il est présenté au Maroc le Fungizone ne peut être, théoriquement, utiliser que chez l’enfant de plus de 30 kg (environ dix ans) comme c’est spécifié sur son prospectus. 

NB : en France il existe bien une forme pédiatrique spécifique qui ne diffère de l’autre en fait que par la pipette doseuse de 1 ml

      Or en consultant la monographie de cette spécialité (Vidal, EsculapePro, Biam etc …) on se rend rapidement compte que l’amphotéricine B est tout à fait utilisable chez le nourrisson à la dose de 50 mg / Kg / 24 heures. Cette dose quotidienne est à répartir en 2 ou 3 prises en dehors des repas, pendant 15 à 21 jours.
L’interdiction d’utiliser la spécialité FUNGIZONE chez l’enfant de moins de 30 kg ne serait due qu’à l’absence d’une pipette … ?!!! et pour cause la cuillère à café est absolument inadaptée pour ajuster les posologie chez l’enfant en bas age 

 

Question 1 : Comment utiliser la présentation de Fungizone disponible au Maroc pour un nourrisson ?
 - Pour un nourrisson de 9 kg (environ 12 mois)
 - Il aura besoin de 9 kg x 50 mg soit 450 mg d’amphotérecine B par jour à repartir en 3 prises soit 150 mg  d’amphotérecine B trois fois par jour

Question 2 : Mais comment va t ont utiliser concrètement le fungizone ?
Un Flacon de Fungizone de 40 ml contient 4 g d’amphotérecine B
                                               X ml contient 0.150 g d’amphotérecine B
                                               X = (40 x 0.150) / 4 = 1,5 ml dose à administrer 3 fois par jour   
                                               En claire en calcule la dose par poids puis on calcule l’équivalent en ml

Question 3 : Mais comment peut-on prélever précisément 1,5 ml ?
   
Avec une simple seringue de 2.5 ml (qui coûte au maxi 2.25 DH)

 

Conclusion :
Le cas du FUNGIZONE démontre de façon très claire que l’on ne peut plus travailler avec des posologies basées sur les fameuses cuillérées à café et cuillérées à soupe. Non les posologies doivent être exprimées en ml à charge au pharmacien de proposer le moyen d’administration le plus adéquat, et en général des seringues de 2.5, 5, 10 ou 15 ml sont disponibles permettant une administration précise et facile des formes liquides orales (après leurs avoir ôter les aiguilles bien sur).

Sur ce sujet lire absolument sur les pages de ce blog : CUILLERE A CAFE & CUILLERE A SOUPE
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Pour mieux cerner l'aspect clinique des candidoses buccales, on vous propose comme annexe un extraît d'un excellent article paru dans la revue marocaine "L'ESPERANCE MEDICALE" de juillet 2009

SEMIOLOGIE DES CANDIDOSES BUCCALES

Source : L. Zougaghi et coll. Infection cutanéo-muqueuses  à Candida albicans : étude clinique, Espérance Médicale. Juillet 2009. Tome 16. N° 160. P 335-338


Les candidoses buccales font partie des candidoses cutanéo-muqueuses le plus souvent aiguës ou  subaiguës. Elles sont particulièrement fréquentes aux âges extrêmes de la vie et chez les  sujets immunodéprimés

La perlèche uni ou bilatérale

Intertrigo de la commissure labiale, la perlèche peut s'étendre à la peau adjacente et au reste de la lèvre.

Sur le versant cutané, la peau est rouge,  parfois fissurée et encroûtée et les lésions  se prolongent sur le versant rétro commissural et la face interne de la joue.

Cette perlèche peut être isolée ou associée à d'autres formes de candidoses  chroniques. En général, elle est bilatérale, tenace et récidivante. Elle peut prendre un aspect verruqueux, jusqu'à réaliser une véritable papillomatose simulant un épithélioma. Le diagnostic repose alors sur la biopsie.

Le diagnostic différentiel peut se poser avec les perlèches d'origine streptococcique, syphilitique, herpétique ou nutritionnelle.

La glossite

Il s'agit d'une glossite dépapillante diffuse qui débute au niveau du sillon médian puis s'étend à toute la langue.
Cette forme est souvent due à la prise d'antibiotiques à large spectre ou à l'association de plusieurs antibiotiques. Les signes cliniques sont plus marqués car il existe de nombreuses érosions sur une intense inflammation.

Le diagnostic différentiel peut se poser avec la langue géographique, langue noire villeuse et les glossites carentielles ou métaboliques.

La langue noire villeuse est une forme particulière de glossite due à une hypertrophie des papilles filiformes de la face dorsale de la langue, prenant par oxydation de la kératine, une teinte brune voire noire. Elle est classée le plus souvent, à tort, dans les mycoses. En effet, la recherche de Candida est le plus souvent négative et elle résiste aux traitements antifongiques classiques.

La culture mycologique retrouve parfois Geotrichum candidum, sans que son rôle pathogène dans la survenue des langues noires puisse être affirmé.

Les stomatites

Inflammation aiguë ou chronique de la muqueuse buccale, elles peuvent se présenter sous plusieurs formes:

- Stomatite érythémateuse : au niveau des gencives et du palais, la muqueuse devient brillante, rouge, vernissée et douloureuse.

Le diagnostic différentiel peut se poser avec d'autres affections inflammatoires de
la muqueuse buccale, les leucoplasies, le
lichen plan.

- "Muguet" ou forme pseudomembraneuse : il s'annonce par une sensation de brûlure, de goût métallique ou de sécheresse buccale, suivie de l'apparition de macules rouges réalisant une stomatite érythémateuse diffuse avec des dépôts d'enduits blanchâtres qui se détachent facilement au raclage, sans faire saigner la muqueuse. (figl) En absence de traitement, le muguet peut s'étendre au pharynx et être responsable d'une dysphagie nette avec un risque de passage à la chronicité et/ou à l'extension. C'est la forme la plus fréquemment rencontrée, surtout chez les jeunes enfants, les personnes âgées et les immunodéprimés (1.3.4)

Les formes hyperplasiques (ou hypertropniques)

Elles peuvent réaliser un aspect pseudo tumoral : c'est le granulome moniliasique. Elles se rencontrent n'importe où dans la cavité buccale, en particulier en pleine joue ou sur la langue. La biopsie permet de trancher en cas de doute diagnostique avec le carcinome épidermoïde.

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